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Sus à l’e-mail, cet importun !

Chronique ordinaire | Première version de cette chronique publiée sur 01net en septembre 2000

dans groummphh

Le téléphone vient tout juste de nous laisser en paix, c’est au tour des messages électroniques de nous bouffer la journée. Halte au diktat !
Dring !
« Allô, c’est Marcel ? »
« Ah ! bonjour Marie-Sophie, je suis très occupé et… »
Et impossible d’échapper à Marie-Sophie, ses nouvelles mille fois ressassées, sa litanie d’événements crus époustouflants mais surtout futiles. Ce temps-là est bien fini. Avec la présentation du numéro, l’identification du correspondant si son nom figure dans le répertoire, le renvoi vers le répondeur intégré pour les indésirables, nous piégeons les importuns au lieu d’être piégés par eux.

Si l'on arrive à échapper aux appels téléphoniques superflus, on n'est pas à l'abri des e-mails. Les messages importants disparaissent dans la marée des envois Limpidol ou Post-it, des spams, des alertes virales à 90 % bidon, des infos techniques produits, des communiqués de presse, des réponses issues des forums, des abonnements aux lettres gratuites effectués par des proches bien intentionnés... Soit on se transforme en tamis de bonne qualité, soit on est débordé.

C'est sans parler du sans-gêne des émetteurs. Depuis qu'ils ont une connexion permanente à haut débit - ADSL, ligne spécialisée, SDSL ou même routeur Numéris -, ils n'arrêtent pas ! Ces importuns-là comptent bien sur votre propre connexion permanente et sur les alertes clignotantes et sonores de votre logiciel de mail pour solliciter votre attention à tout instant.

Même doté d'une force morale exceptionnelle, il est difficile de ne pas s'interrompre pour voir de quoi il retourne. Identifier l'enquiquineur n'empêche pas de lire sa prose inepte. Seul réflexe à acquérir : ne pas répondre ! Le moindre signe de vie vous garantirait trois autres missives affligeantes dans l'heure. A croire que certains confondent outil de communication avec psychothérapie numérique.

Mais savez-vous que l'on peut échapper au diktat des e-mails ? Il suffit de désactiver l'interrogation automatique de sa boîte (ou ses boîtes) aux lettres. Et d'interdire à votre logiciel de courrier électronique toute forme de signal à l'arrivée d'un message. La meilleure règle d'hygiène, c'est d'interroger ses boîtes à son rythme. En plus, ça rappelle les connexions par modem, quel bonheur pour un nostalgique de mon acabit.

Ajoutez à cela une bonne pile de scripts qui poubellisent tout ce qui n'est pas essentiel, vous échappez à 95 % des messages reçus ! Ne sombrez pas dans l'autisme pour autant. Les e-mails vraiment importants, répondez-y dès que vous les découvrez... sans oublier de les lire jusqu'au bout avant d'écrire.

Une telle thérapie de choc vous vaudra bien quelques coups de fil pénibles. Ce sera l'occasion de faire un peu de pédagogie, aussi bien pour les vrais casse-pieds que pour les amis qui confondent travail et loisirs. A ce propos, je me demande souvent combien d'entre eux bossent au ministère des Phares et Balises... parce que moi, avec mes deux fois 35 heures par semaine, j'ai pas le temps de pousser l'e-mail comme d'autres la chansonnette.

La preuve ? Ce matin, j'étais avec mes enfants sur la plage de Donnant. Avec un coefficient de marée de 108 à 12 h 05, on n'a jamais tant vu de rochers et de trous d'eau à marée basse... Mes e-mails pouvaient bien attendre la fin du jusant.

le 13/07/2006 à 11:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Signes d’impatience, signes d’émotion

Chronique ordinaire | Première version de cette chronique publiée sur 01net en septembre 2000

dans groummphh

L’électronique de poche n’a pas encore délogé le calepin de nos grands-pères. C’est instinctif, émotionnel… et rationnel.

Rappel de cette publication ici-même.

  • Eh ! Maurice, t’as pas l’adresse de Gaston ? Je la trouve plus.
  • Tu me connais, je suis le mec superorganisé. Le temps de booter mon Tuba VII — tu sais ? je l’ai acheté à New York la semaine dernière pour remplacer mon vieux Tuba Vsb que j’avais plié en Tunisie — et je te donne ça…
  • Laisse tomber Maurice, je vais la retrouver dans mon carnet.
  • Attend. Il a presque fini de charger l’OS. Ouais ! Il rame un peu ; pourtant, j’ai pris la carte Flash de 32 méga en option…

Petit silence.

  • Je me souviens. Je l’avais écrit en vert… Sur une page de gauche… Vers novembre.
  • J’y suis presque ! La base de données vient de démarrer. Je saisis le prénom… G, A, S, T, O, N et…
  • Maurice ! C’était le 23 novembre, le jour de l’anniversaire de mon fils, je l’ai retrouvé.
  • T’es sûr ? Moi, j’ai quatre Gaston dans mes relations. Je regarde les fiches et je te file son mail.
  • Merci Maurice. Je l’ai, et j’ai même le code de sa porte.

Maurice fait un peu la gueule, son Tuba VII n’a pas pédalé assez vite.
Sacré Maurice ! Je l’envie un peu !
Il a toujours le dernier outil à la mode glissé dans sa poche. Et que je te consulte les cours du Nasdaq à coup de fonction WAP intégrée, et que je te bichonne la superbase de données des copains, et que je te fais des recherches graphiques sur les rues de Paris.

Je me demande bien ce que j’ai à garder encore ce tas hétéroclite de feuilles, ce magma prisonnier d’une couverture de cuir fatiguée. Certaines pages sont grises de noms, de ratures, de numéros dans tous les sens. Beaucoup sont devenues quasi transparentes à force de les peloter. Je ne parle pas du crayon noir, compagnon rarement taillé qui m’oblige parfois à graver une information. Et l’élastique ? Celui qui ferme ce calepin ventru, truffé de cartes de visite, de notes, de tickets. Quand je le retire, c’est une photo de ma fille qui surgit de cet amas désordonné. Bon point, l’odeur est un poil acide, agréable.

Alors ? Suis-je snob ? Dépassé ? Archaïque ?

Est-ce ma façon de résister, oui, peut-être, mais à quoi ?
Qu’est-ce qui m’empêche de flanquer le tout à la poubelle ?

Le Tuba VII, comme ses concurrents, possède un petit clavier confortable, un écran couleur hyperfin, bien contrasté. Il a une mémoire d’éléphant capable d’avaler mille fois mes gribouillis, une autonomie fabuleuse. Sa carrosserie hyperlégère est assez solide pour l’empêcher de finir en compression de César même quand je l’oublie dans ma poche arrière.
Alors ? Qu’est-ce qui m’arrête ?

Ne plus écrire ? Mais ce serait une bénédiction !
Je passe parfois cinq minutes à me relire.

Ne plus calligraphier ?
Mon écriture trahit mon humeur, mes émotions.

Ne plus entendre le crissement du crayon sur la feuille, ne plus respirer l’odeur de l’encre de mon stylo ?

Aujourd’hui, la plume en plastique du machin japonais qui me sert à écrire se déforme tant et plus… sans effluves à la clé.

C’est un peu de tout ça. Mais aussi une façon de me prouver que je suis bien vivant, que je sais encore écrire ; OK ! de plus en plus mal. Avec mon calepin, je n’annule rien, je ne gomme rien, je ne supprime rien… je biffe !
Mieux, je pourrai lire demain, si je le veux, si je le peux !, ce que j’ai rayé aujourd’hui. Je conserve assez de traces, assez d’indices pour revivre ce que j’ai ressenti à cet instant.
Et sur ce point, le Tuba VII est carrément trop binaire. Allez, j’attendrai encore la version MLXIII.
Ou la suivante.

Note de fin : depuis l’arrivée de l’iPhone (et un quart de siècle au passage), je suis passé à Contacts et j’y ajoute toutes les notes dont j’ai besoin (…même les chiffres du digicode)…
Pourquoi en suis-je arrivé là…?
Pour les mêmes raisons que vous : plus de poches ou de sac photo, un carnet bétement égaré, un écran qui me sert à tout et une vitesse de traitement des infos qui dépasse Tuba VII et même sa version MLXIII…!
Et quand bien j’écris des infos avec le style qui me tombe sur la main, j’ai pris le pli de retranscrire mes gribouillis dans Contacts (qui se synchronise entre l’iPhone, l’iPad et le Mac).
Aucune Technostalgie, je suis devenu pragmatique…

le 11/07/2006 à 11:27 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Nouveau dieu

Il se murmure qu'au Brésil…

dans voir

image

C’est ce que j’ai reçu par courriel (merci François et Daniel…)
Je ne sais pas qui a fait ce photomontage mais il est de circonstances…

Note du 14/07 : a lire ce billet avec un sentiment général que je partage…

le 09/07/2006 à 09:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #