Terrassé par les pollens comme chaque année dès le zoli mois de mai, je n’ai pas pour autant souhaité manquer une phase essentielle de notre mini construction.
On m’a régulièrement vanté la qualité d’équipes venues du continent mais nous avons signé avec des artisans de #BelleÎleLand dont des voisins pour deux d’entre-eux…
Ce n’est pas toujours idyllique en terme de délais car il faut faire avec …la météo (…je passe sur les tempêtes, le vent et les journées de drache continue), la disponibilité des uns et des autres et les approvisionnements par voie maritime…
Une ferme…?
Pour une maison avec un toit à deux pentes, il y a deux options, grosso modo : une charpente industrialisée en bois ou sa version traditionnelle.
Nous avions envie d’une ferme centrale avec des pannes rejoignant les deux pignons, un bel ouvrage visible depuis notre lieu de vie. Peu de contraintes dans ce projet de 30 ㎡ : pas d’étage, un unique volume, pas de fenêtres de toit, juste une souche pour la passage du conduit de fumées du poêle à bois.
Et donc, au centre, une ferme avec son entrait retroussé qui meuble quasiment à elle seule cet espace.
D’emblée, nous avons fondé notre projet sur l’adhésion d’un maçon, taiseux et rigoureux, reconnus de tous.
Jean-Luc est intervenu à son heure et en fonction de la météo fin novembre et s’est occupé quasiment seul du terrassement et de la dalle. Philippe est arrivé ensuite pour assembler les parpaings, assurant un parallélisme parfait de la construction avec le respect des renforts nécessaires pour la charpente.

Anthony avait un créneau fin mai pour intervenir. Son unique problème était la ressource : allait-il trouver du Douglas ? Impossible pour un artisan de stocker du bois.
Aussi nous a-t-il proposé du Pin classe 4, le seul disponible dans les sections nécessaires à cette période chez son fournisseur à Lorient.
Banco.

Le bois devait arriver en fin de semaine mais, mardi matin, un SMS annonçant la livraison à 10:15 ! Et à l’heure dite, dépose du bois.
L’intervention du charpentier démarra le lundi suivant après un second SMS pour nous avertir de son arrivée à …09:30.
Anthony, dès son arrivée, nettoie intégralement la surface de la dalle, petit coup de burin pour faire sauter les reliquats de mortier, balaye et termine par un coup de soufflette à la fin…

Puis, Antony organise méthodiquement son établi, ajoutant sa radio Makita dans une ouverture d’une fenêtre à venir, radio branchée sur… France Musique.

Cette préparation du sol — qui peut paraître incongrue — est logique : la première phase est de dessiner le tracé de la ferme au sol à l’échelle 1.

Muni d’un corde à frapper, nous voici à tracer — à la craie — la ferme au sol, à corriger. Bref : à dimensionner ce qui sera demain dans les airs.
Le tracé sera d’ailleurs renforcé par deux fois au crayon de bois car la pluie menace et pas question qu’elle efface notre plan à l’échelle.
De plus, ce tracé est indispensable pour que nous puissions apprécier la projection de la ferme, la hauteur de l’entrait (…on le retrousse à quel hauteur…?), évaluer le débordement du poinçon, le volume de toutes les pièces de bois qui vont composer cette charpente, l’épaisseur du voligeage avec les ardoises, etc.
Tout y reporté : de la section des sablières sur lesquels les arbalétriers vont s’appuyer jusqu’à l’épure des blochets…

La construction de ce lego démarre avec les angles exacts et les valeurs au mm.

Pas d’improvisation en mode artiste inspiré et correction à la masse à l’arrivée…!
C’est le début de la découpe des différentes pièces de bois… sur le tracé (et sur des cales).

J’ai particulièrement apprécié de ne voir que les outils nécessaires à chaque opération, au prix de quelques allers et retours dans une camionnette impeccablement rangée (…chaque outil a sa place).

Et ça a du sens : pas de mauvaise surprise, découverte d’un outil sale ou défaillant, voire …absent.
Le soir ou après l’usage ponctuel d’un outil, nettoyage de ce dernier et coup de soufflette. Pas question de bosser au milieu d’un océan de copeaux…!!

Peu-à-peu, la charpente prend forme (je ne montre que quelques clichés…!)…

Chaque étape est agrémentée d’une explication : cela permet de prendre collectivement les décisions au lieu de découvrir le résultat à la fin. C’est ce type de chantier que nous aurions aimé suivre naguère, jeunes architectes…!

D’autant qu’Anthony n’a pas lésiné sur ses compagnons : des outils électriques fiables, qui réduisent une partie de la pénibilité de ce métier.
En revanche, pas d’assistance pour transporter les pannes et autres pièces de bois mais une chorégraphie réfléchie et sécurisée pour chaque action. Pas question de se balader au-dessus du vide sur une passerelle qui n’a pas été assurée par un serre-joint, etc.

Je glisse sur les dernières étapes.
Cela va de la présentation de tous les éléments de la ferme…

Suivi d’un rabotage, ponçage, chanfreinage…

Et, finalement, assemblage de la ferme complète…

Qui finit au bout d’un bras articulé pour être posée au millimètre (!!) à l’aide de deux copains, juste avant la tombée de la nuit…

Reste ensuite à placer les pannes les jours suivants…

Et ne lire que la structure en bois sur fond de ciel…!

À la fin, une chouette charpente que je vois depuis chez nos enfants, structure qui joue avec le soleil, finit de sécher.

La prochaine étape…? Jean-Luc pour maçonner la souche de cheminée et les chevronnières. Puis Pacifique avec son Manitou fraîchement réparé pour assembler la couverture en ardoises…

Pour l’instant, les bois de la charpente sèchent au soleil, la pluie n’est pas un problème.
Et c’est beau… Presque envie de tout recouvrir de panneaux de verre…!
À suivre…
Dans une vie antérieure, mes préoccupations étaient autres : comment vivre — et même travailler — avec des températures fraiches chez soi, à 17° ! Et, de facto, ne pas se ruiner en chauffage !
Maintenant que j’accompagne ma fille dans le sud de l’Europe, ma préoccupation s’est transformée en comment survivre à des températures élevées (…et, toujours, sans se ruiner pour rafraichir l’espace habité…).
Jusqu’à présent, hormis une longue mission de graphiste en Algérie naguère sous une chaleur écrasante (associée à une réduction drastique de l’eau courante sanitaire, je vous laisse imaginer…), j’ai le souvenir récent d’un étouffant 35° à Tolède mais également à Cordoue la même année lors des processions mi-avril…
Si notre fille est déjà upgradée pour résister aux températures du Sud, nous… pas !
Et je pense être le moins adapté…!
Le choix du logement est clé
C’est un truisme mais les préoccupations évoquées ici sont à destination de ceux qui occupent des logements construits entre les deux guerres ou lors de la reconstruction jusqu’aux premières règles thermiques dès 1974.
L’immeuble où ma fille a un logement a été construit antérieurement… Naguère, au sud de la vieille ville de Aix-en-Provence, c’était des champs, des vergers jusqu’à l’Arc (petit cours d’eau). Et puis, une autoroute a été projetée ainsi que des premiers groupes d’immeubles…
L’ensemble de la résidence est correcte avec une structure porteuse en béton d’assez bonne qualité, les plans intérieurs corrects et, surtout, une vue sans vis-à-vis sur la Sainte-Victoire au loin. Le tout proche du campus universitaire, dans un coin calme et desservi par des lignes de bus (…non, je ne vous fais pas l’article !).
Mais le tout projeté sans se soucier de possibles problèmes énergétiques. Et sans anticiper le réchauffement climatique. Qui aurait pu prévoir, hein ?!
Bref, on assume totalement ce choix d’autant que mi-2019 (et )pas plus qu’aujourd’hui), trouver un logement étudiant était loin d’être aisé.
Si l’hiver dans le Sud se déroule bien dans ce logement (le passage de l’eau chaude dans les tuyaux du chauffage collectif posés en astragale suffisent à maintenir une température raisonnable), l’été démontre clairement les limites thermiques d’une tour en béton…
Se souvenir que c’est le concept de chauffage central qui est récent… Ou lire le livre de Richard Weston, Les grandes idées qui ont révolutionné l’architecture dont j’avais réalisé la couverture pour les éditions Dunod il y a dix ans…!
Pour les plus curieux, un oeil sur le second volet de Vivre avec des températures réduites…? en 2014, le troisième. Ou le dernier de cette série…! Mais là, je vous ai déjà saoulé…
Climatisation ?
Avec le réchauffement climatique, nombre de ses voisins ont opté pour l’ajout d’une climatisation dans leurs appartements. Ce n’est pas d’actualité pour nous car il nous semble qu’il y a des solutions collectives à privilégier, à mettre en place.
Ça va de la couleur des volets (…blanc, ce serait pas mal) à l’exploitation des toitures terrasses, voire les surfaces verticales continues des façades sud sans vis-à-vis (idéales en mode capteur). Ou encore des balcons.
Il faudrait entrer dans des discussions sans fin lors des réunions de copropriété : oublions pour le moment.
Alors comment faire sans ?
Sans Clim, sans isolation intérieure, avec des volets métalliques qui absorbent la chaleur mais dont la couleur et l’esthétique sont définis par le règlement de copropriété.
Comme je me retrouve seul quelques jours au moment de la montée fulgurante des températures (…on attend 36° aux dernières nouvelles), je livre dans ce billet des réflexions que d’aucuns peuvent qualifient de « à lak »..!
Je ne reviens pas sur le besoin vital de s’hydrater, perdre du poids, ventiler, fermer les volets pour éviter que les fenêtres se transforment en capteurs thermiques, etc.
Ton appartement, tu compartimenteras…
L’histoire de l’architecture rappelle que l’on vivait différemment en fonction des saisons. Qu’il n’y avait pas un lieu dédié à une fonction précise comme dans les programmes immobiliers actuels…
Il est peut-être bon d’envisager à nouveau un nomadisme dans son logement en fonction des saisons… si cela est possible, CQFD.
En fonction de l’exposition solaire, nous sommes parfaitement conscients que vivre dans des pièces plein sud peut être compliqué l’été mais hyper agréable l’hiver !
L’appartement occupé par ma fille est essentiellement orienté Est avec également une petite ouverture Nord.
Rappel : sensible à la chaleur, temporairement seul, j’en profite pour déambuler entre deux zones : jusqu’à midi dans la partie commune Est puis, l’après-midi, dans un petit volume qui sert également de bureau au Nord.
La façade Est est ventilée le matin (…comme je me lève tôt, cela ne me demande aucun effort de le faire dès 04:30) mais s’avère naturellement étouffante dès 11:00 si l’on y prend pas garde.
Je joue avec l’occultation des volets métalliques et l’entrebâillement des fenêtres à double vitrage qui, elles, ne sont pas d’origine.
Je rappelle au lecteur que cette tour en béton est peu isolée (euphémisme) et exposée sur 270° sans vis à vis !
Est-Sud, Ouest…! Pas l’ombre d’un arbre ou d’un autre bâtiment…!
Cela sous entend que la température intérieure dans cette structure en béton grimpe vite et peut avoisiner la température indiquée par les prévisions de Météo France à l’ombre…!
Un unique oasis de fraicheur
Vouloir abaisser la température intérieure de tout l’appartement est absurde. Sauf si l’on s’équipe d’une clim dans tout le logement…
Comme ces épisodes de chaleur restent pour le moment (hihi…!) limités et à défaut d’une réflexion globale sur la peau de l’édifice, essayons juste de nous adapter et de privilégier pour quelques heures une oasis, une pièce fraiche.
Choisir une pièce pas (trop) exposée aux rayons du soleil si possible et ventiler…
Si votre logement est isolé, parfait…
S’il est en en beau béton, il faut ruser…!
La solution que j’ai fini par adopter en tâtonnant est…
- Choisir une pièce peu exposée que l’on peut temporairement calfeutrer
- Opter pour un ventilateur
- Trouver un dispositif pour souffler des frigories (le contraire des calories…!)
Il ne s’agit pas d’abaisser la température en consommant de l’énergie, juste de rendre une pièce un peu plus agréable à vivre le temps que la bouffée de chaleur météorologique passe…!

J’ai opté pour la pièce au Nord pas trop exposée au rayonnement solaire (mais avec un mur en beton sans isolation).
Après, c’est du bricolage : un vieux ventilateur à trois vitesses qui nous suit depuis quelques décennies… Vitesse minimum et en mode non oscillant…
Accroché à une chaise pliable Ikea, un filet à provisions en coton (le filet à mailles)…!

Ce filet à une trentaine de centimètres des pales sert de panier à des blocs de congélation refroidis la nuit dans le compartiment ad hoc du réfrigérateur.

Ou à un gros récipient en verre (avec couvercle hermétique) rempli aux 3/4 d’eau du robinet (et refroidi de la même manière).
Une seule contrainte : régulièrement remplacer cette source froide pour maintenir l’impression de fraîcheur…!
Est-ce que ça fonctionne…?
La différence n’est pas colossale, de l’ordre de 3° à 4° par rapport aux autres pièces de l’appartement, un honnête 25° quand les informations météo affichaient 32° à l’ombre (…je n’ai pas d’outil pour calculer la température de surface des murs en béton qui sont, eux, exposés plein pot).
Et, essentiel, mon corps ressent bien cet écart !
Test ultime lundi avec 37° attendus (à l’ombre), prévision qui m’a conduit à réaliser ces quelques expérimentations, histoire de survivre !

- Test dans le couloir… on oublie même si le couloir était frais…!

- L’idée est que le flux lèche le bloc de congélation… qui ne doit pas lui faire obstacle comme dans l’image qui suit…

C’est tout et à vos risques et périls…!!
Dimanche, balade sous la Sainte-Victoire.
Comme mon tendon (…celui qui porte mon quatrième prénom… j’en ai cinq…) est con… valescent, je lâche ma tribu pour monter seul vers les carrières de marbre (que je n’atteindrais pas).

Pas question d’accélérer (!!) dans la montée. Je prends le temps, j’évite les cyclistes qui, eux, redescendent ce chemin à fond.
Depuis une semaine, gros travail d’élagage dans ce massif.
Arrivant près d’une ruine (bergerie…? Ou simple abri pour les personnes qui entretenaient naguère les oliviers voisins…), ruine que j’affectionne depuis ma première balade dans les parages en 2019.
Je découvre son écrin végétal modifié.
- ici en septembre 2O21
- hier 27 novembre 2022
Dès lors, je m’attarde.
- l’endroit est superbe à chaque saison (janvier 2022)
- hier…
Un premier passage pour la vue un peu plus haut sur ce chemin sur la plantation d’oliviers puis, quinze minutes plus tard, une nouvelle reconnaissance au sein de cet espace devenu plus lumineux par le travail des élagueurs !
- Il y a quelques semaines…


- hier…
Et, comme d’habitude, mon imagination me pousse à… imaginer !
La toiture ?
Bois ou poutrelles métal, une partie carrément vitrée ou pas ?
Toilettes + point d’eau au fond du volume sur vide sanitaire ?
Le reste reposant sur un plancher bois.
Les huisseries fines en alu noir (ou vert foncé) ?
Vitrage (double) plein pot…?
- en 2020
- hier…
L’essentiel : un canapé-lit face au Sud sur cette vue qui donne sur un olivier.
Quelques étagères en bois, avec des livres, une couette, un pull…
Si le toit reste en partie vitré, un dais blanc mais opaque pour masquer le soleil le jour et laisser la vue sur les étoiles la nuit.
Et quid de la petite fenêtre à l’Est…?

Celle qui donne sur ce paysage…

Me voila transporté dans mon méta-vert (!!) portatif en situation !

Au bout d’une demi-heure, mes pieds reprennent doucement le chemin des terres rouges pour rejoindre mes proches, de légères fragrances m’accompagnent.

Et je continue à me projeter ici… comme je l’ai fait mille fois ailleurs.
Rappel : les architectes ne s’ennuient jamais.
Même coincé dans une soirée ennuyeuse, une fête sans éclat, nous vagabondons dans l’espace…
Désolé #Zuck, pas besoin de technologie pour rêver…
C’est tout…