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Ventilateur… au minimum !

Vivre dans le Sud avec des pointes de chaleur

dans architecture | dans mon bocal | groummphh

Dans une vie antérieure, mes préoccupations étaient autres : comment vivre — et même travailler — avec des températures fraiches chez soi, à 17° ! Et, de facto, ne pas se ruiner en chauffage !

Maintenant que j’accompagne ma fille dans le sud de l’Europe, ma préoccupation s’est transformée en comment survivre à des températures élevées (…et, toujours, sans se ruiner pour rafraichir l’espace habité…).

Jusqu’à présent, hormis une longue mission de graphiste en Algérie naguère sous une chaleur écrasante (associée à une réduction drastique de l’eau courante sanitaire, je vous laisse imaginer…), j’ai le souvenir récent d’un étouffant 35° à Tolède mais également à Cordoue la même année lors des processions mi-avril…

Si notre fille est déjà upgradée pour résister aux températures du Sud, nous… pas !
Et je pense être le moins adapté…!

Le choix du logement est clé

C’est un truisme mais les préoccupations évoquées ici sont à destination de ceux qui occupent des logements construits entre les deux guerres ou lors de la reconstruction jusqu’aux premières règles thermiques dès 1974.

L’immeuble où ma fille a un logement a été construit antérieurement… Naguère, au sud de la vieille ville de Aix-en-Provence, c’était des champs, des vergers jusqu’à l’Arc (petit cours d’eau). Et puis, une autoroute a été projetée ainsi que des premiers groupes d’immeubles…

L’ensemble de la résidence est correcte avec une structure porteuse en béton d’assez bonne qualité, les plans intérieurs corrects et, surtout, une vue sans vis-à-vis sur la Sainte-Victoire au loin1. Le tout proche du campus universitaire, dans un coin calme et desservi par des lignes de bus (…non, je ne vous fais pas l’article !).
Mais le tout projeté sans se soucier de possibles problèmes énergétiques. Et sans anticiper le réchauffement climatique. Qui aurait pu prévoir, hein ?!

Bref, on assume totalement ce choix d’autant que mi-2019 (et )pas plus qu’aujourd’hui), trouver un logement étudiant était loin d’être aisé.

Si l’hiver dans le Sud se déroule bien dans ce logement (le passage de l’eau chaude dans les tuyaux du chauffage collectif posés en astragale suffisent à maintenir une température raisonnable), l’été démontre clairement les limites thermiques d’une tour en béton…

Se souvenir que c’est le concept de chauffage central qui est récent… Ou lire le livre de Richard Weston, Les grandes idées qui ont révolutionné l’architecture dont j’avais réalisé la couverture pour les éditions Dunod il y a dix ans…!
Pour les plus curieux, un oeil sur le second volet de Vivre avec des températures réduites…? en 2014, le troisième. Ou le dernier de cette série…! Mais là, je vous ai déjà saoulé…

Climatisation ?

Avec le réchauffement climatique, nombre de ses voisins ont opté pour l’ajout d’une climatisation dans leurs appartements. Ce n’est pas d’actualité pour nous car il nous semble qu’il y a des solutions collectives à privilégier, à mettre en place.

Ça va de la couleur des volets (…blanc, ce serait pas mal) à l’exploitation des toitures terrasses, voire les surfaces verticales continues des façades sud sans vis-à-vis (idéales en mode capteur). Ou encore des balcons.

Il faudrait entrer dans des discussions sans fin lors des réunions de copropriété : oublions pour le moment.

Alors comment faire sans ?
Sans Clim, sans isolation intérieure, avec des volets métalliques qui absorbent la chaleur mais dont la couleur et l’esthétique sont définis par le règlement de copropriété.

Comme je me retrouve seul quelques jours au moment de la montée fulgurante des températures (…on attend 36° aux dernières nouvelles), je livre dans ce billet des réflexions que d’aucuns peuvent qualifient de « à lak »..!

Je ne reviens pas sur le besoin vital de s’hydrater, perdre du poids, ventiler, fermer les volets pour éviter que les fenêtres se transforment en capteurs thermiques, etc.

Ton appartement, tu compartimenteras…

L’histoire de l’architecture rappelle que l’on vivait différemment en fonction des saisons. Qu’il n’y avait pas un lieu dédié à une fonction précise2 comme dans les programmes immobiliers actuels…

Il est peut-être bon d’envisager à nouveau un nomadisme dans son logement en fonction des saisons… si cela est possible, CQFD.

En fonction de l’exposition solaire, nous sommes parfaitement conscients que vivre dans des pièces plein sud peut être compliqué l’été mais hyper agréable l’hiver !

L’appartement occupé par ma fille est essentiellement orienté Est avec également une petite ouverture Nord.

Rappel : sensible à la chaleur, temporairement seul, j’en profite pour déambuler entre deux zones : jusqu’à midi dans la partie commune Est puis, l’après-midi, dans un petit volume qui sert également de bureau au Nord.

La façade Est est ventilée le matin (…comme je me lève tôt, cela ne me demande aucun effort de le faire dès 04:30) mais s’avère naturellement étouffante dès 11:00 si l’on y prend pas garde.

Je joue avec l’occultation des volets métalliques et l’entrebâillement des fenêtres à double vitrage qui, elles, ne sont pas d’origine.

Je rappelle au lecteur que cette tour en béton est peu isolée (euphémisme) et exposée sur 270° sans vis à vis !
Est-Sud, Ouest…! Pas l’ombre d’un arbre ou d’un autre bâtiment…!

Cela sous entend que la température intérieure dans cette structure en béton grimpe vite et peut avoisiner la température indiquée par les prévisions de Météo France à l’ombre…!

Un unique oasis de fraicheur

Vouloir abaisser la température intérieure de tout l’appartement est absurde. Sauf si l’on s’équipe d’une clim dans tout le logement…

Comme ces épisodes de chaleur restent pour le moment (hihi…!) limités et à défaut d’une réflexion globale sur la peau de l’édifice, essayons juste de nous adapter et de privilégier pour quelques heures une oasis, une pièce fraiche.

Choisir une pièce pas (trop) exposée aux rayons du soleil si possible et ventiler…

Si votre logement est isolé, parfait…
S’il est en en beau béton, il faut ruser…!

La solution que j’ai fini par adopter en tâtonnant est…

  • Choisir une pièce peu exposée que l’on peut temporairement calfeutrer
  • Opter pour un ventilateur
  • Trouver un dispositif pour souffler des frigories (le contraire des calories…!)

Il ne s’agit pas d’abaisser la température en consommant de l’énergie, juste de rendre une pièce un peu plus agréable à vivre le temps que la bouffée de chaleur météorologique passe…!

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J’ai opté pour la pièce au Nord pas trop exposée au rayonnement solaire (mais avec un mur en beton sans isolation).

Après, c’est du bricolage : un vieux ventilateur à trois vitesses qui nous suit depuis quelques décennies… Vitesse minimum et en mode non oscillant…

Accroché à une chaise pliable Ikea, un filet à provisions en coton (le filet à mailles)…!

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Ce filet à une trentaine de centimètres des pales sert de panier à des blocs de congélation refroidis la nuit dans le compartiment ad hoc du réfrigérateur.

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Ou à un gros récipient en verre (avec couvercle hermétique) rempli aux 3/4 d’eau du robinet3 (et refroidi de la même manière).

Une seule contrainte : régulièrement remplacer cette source froide pour maintenir l’impression de fraîcheur…!

Est-ce que ça fonctionne…?

La différence n’est pas colossale, de l’ordre de 3° à 4° par rapport aux autres pièces de l’appartement, un honnête 25° quand les informations météo affichaient 32° à l’ombre (…je n’ai pas d’outil pour calculer la température de surface des murs en béton qui sont, eux, exposés plein pot).

Et, essentiel, mon corps ressent bien cet écart !

Test ultime lundi avec 37° attendus (à l’ombre), prévision qui m’a conduit à réaliser ces quelques expérimentations, histoire de survivre !

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  • Test dans le couloir… on oublie même si le couloir était frais…!

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  • L’idée est que le flux lèche le bloc de congélation… qui ne doit pas lui faire obstacle comme dans l’image qui suit…

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C’est tout et à vos risques et périls…!!


  1. Sans vis-à-vis du fait du passage à l’Est d’une ligne de chemin de fer qui relie Aix-en-Provence à Marseille en passant sur un viaduc mono-voie… ↩︎

  2. D’où des expressions comme dresser la table même si cela peut être associé au nomadisme de la Cour qui passait d’un château à un autre… ↩︎

  3. Pas plus, jamais à ras bord…! ↩︎

le 25/06/2023 à 22:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #