Vivre sur une île, c’est s’habituer de facto au confinement.

Ceux qui viennent aux beaux jours ont tendance à l’oublier. Être retardé par une tempête leur est parfois donné comme une expérience ultime à vivre, le retour dans un ferry bousculé par des paquets de mer un terrible souvenir…
Mais quand c’est le quotidien, on vit avec, on s’organise pour supporter une rupture prolongée des liaisons maritimes ou des conditions climatiques …moins confortables, les deux généralement liées !
D’ailleurs, quand on quitte le continent, hormis un plein juste avant de traverser, on essaye de rentrer avec tout ce qu’il est facile de trouver en ville…! On part avec des listes de trucs parfois prosaïques, car, ici, pas d’Apple Store à proximité…!
L’an passé, pour arriver à temps en Espagne, nous sommes passés juste entre deux tempêtes bien velues ! Pas question d’oublier quoi que ce soit, pas de demi tour possible…
Idem cet hiver pour se retrouver confiné chez soi sous une pluie battante des jours durant.

Pendant ce temps là, la nature redémarre avec force.

Les oiseaux nous réveillent de bon matin, les insectes survolent à nouveau les prairies constellés de fleurs des champs, les fourmis se baladent (…vous l’avez vue dans le cliché précédent…?!), les petits lézards s’approchent sans crainte du promeneur qui repose ses jambes au soleil…
Quelques vues en partage de ce matin…
Les ficoïdes invasives sont en fleurs sur les parties les plus abritées, les ajoncs allument le feu…!!

Mais il suffit de regarder le long du chemin…

Voire, sur le chemin peu piétiné…

Avec l’interdiction de sortir plus d’une heure de chez soi et effectuer un parcours à 1000 mètres de chez soi limite bien entendu les possibilités de balades…

Je ne vais pas faire dans le lyrisme émerveillé et béat mais être présent à cette période est l’un des rares réconforts, sachant que, demain, tout peut s’arrêter.


Grâce au coronavirus (sic…!), nous pouvons certes approcher quotidiennement le rivage mais uniquement en empruntant des chemins vicinaux qui côtoient ce dernier.

NB : oui, j’ai ressorti le 100 Macro de mes tiroirs…
À suivre pour vous remonter le moral…
C’est peut-être le moment de reprendre la plume (…ou le Stylet), la période que nous traversons collectivement, mondialement est propice à l’introspection.
Dans mon cas, cela ne change pas grand chose à mon quotidien.
Néanmoins, selon l’humeur et la lumière de la journée, selon ce que j’ai envie d’écrire, je change littéralement …de place.
J’ai la chance de disposer de tas d’emplacements plus ou moins confortables — meme si restreints en surface — dans notre logement : entre …mon lit (…j’ai démarré ce billet dedans un soir, le iPad posé sur mes genoux avec Nebo et un pencil…!); un bureau dans la même pièce ; un pong dans le séjour (où je finalise ce billet).
Je peux me poser dans l’un des autres pong du séjour ou dans celui situé à quelques centimètres de la Box sur le palier. Voire dans un vieux fauteuil de cuir usagé, unique rescapé de notre lointain bureau de la rue du Mont-Thabor.
J’écris pour…
- partager des nouvelles avec notre fils resté à Paris ;
- échanger avec les copains souvent très éloignés (…merci internet);
- correspondre avec les plus âgés — ci et là — qui apprécient de recevoir un signe de vie, une photo.
- rédiger une chronique pour urbanbike…
- mais aussi pour coucher par écrit mes états d’âme qui peuvent, comme ici, se muer en billet…
Par contre, impossible pour le moment de me concentrer sur mes projets. Je pense que cela ne va pas durer, que je vais arriver à en dérouler un en particulier en mode “puzzle”.
Enfin, j’écris exclusivement sur des …écrans.
Pas de petit carnet d’une taille improbable, à la couverture retenue par un élastique (…même si j’en aperçois du coin de l’oeil), pas de stylo avec une couleur d’encre particulière…
Parfois au crayon de bois sur un bloc de feuilles détachables des plus communs …ou au recto d’une enveloppe, quelques notes…
Sur iPad, Nebo reste la manière — j’insiste : pour moi — la plus chouette de rédiger car je calligraphie à la main, au crayon numérique. Et ce, même si mon vieil iPad se décharge à vitesse grand V.
Mais, clairement, la machine à écrire la plus sollicitée reste mon …iPhone vu qu’il m’accompagne partout.
Cela ne sera pas une surprise pour vous lecteur de rappeler que j’écris essentiellement mes premiers jets sur Drafts.
D’ailleurs voila un projet que j’ai mis de coté, une série de billets sur cet outil pour une prise en mains progressive. Je teste en ce moment la version macOS sur le MacBook Air de ma fille et c’est épatant d’employer des scripts, des actions qui tournent sous iOS…! Sans oublier la synchronisation de mes notes.

Pour finir, je termine mes billets pour urbanbike dans iA Writer sous macOS. Et ce avant de les déverser dans ce blog.
Bref, en rédigeant ce texte et avant d’aller me dégourdir les jambes, cela me donne de l’énergie pour reprendre quelques bribes griffonnées, cesser de ne voir le monde qu’au travers du coronavirus.
À ce propos, je vous engage à lire ceci que j’ai retweeté d’ailleurs… “Nuestra misión ante el coronavirus es sobrevivir y no contagiar” | Sociedad | EL PAÍS
Millones de personas en cuarentena recurren a chats, memes, gifs, mensajes de Twitter y Facebook, pero el miembro de la simulación Mars 500 sugiere que lo más útil es escribir cartas o mails largos y recontactar a amigos y familia. En su caso, no tenían acceso a teléfonos ni Internet y se comunicaban solo a través de misivas que enviaban al psicólogo de la ESA y que él entregaba a su familia y amigos. “Escribir mensajes largos y cartas ayuda a reflexionar, a hacer introspección y permite un extra contacto humano pero más profundo que el que podemos tener hoy a través de Whatsapp”.
C’est bien pour cela que je retrouve ma meilleure capacité de concentration en utilisant un crayon, certes numérique, et en calligraphiant à la main, certes sur une feuille de papier infinie… j’ai un réel plaisir à dessiner mes mots, à écrire…
Avec en plus, l’épatante conversion de mon écriture manuscrite en caractères d’imprimerie à la fin…
Mais le principe est le même… En tous cas, au lieu d’écrire des petits messages sur les réseaux sociaux, déroulez vos réflexions, biffez, raturez, mais prenez le temps d’approfondir.
Puis expédiez vos longues missives (via le net ou par la poste) à vos amis et proches au lieu de poursuivre ces parties de ping-pong numériques dans WhatsApp ou Twitter. Qui ne laissent pas le temps de déployer certaines idées aussitôt trollées (…pour rire, certes) mais bien tuées sur le coup.
À suivre !
Analysons les aspects agréables de ce confinement : ne plus serrer des tripotées de mains moites, ne plus faire la bise …avec l’éternelle question du nombre (!), ne plus devoir supporter — à bout portant — l’haleine de chacal de telle personne, ne plus avoir à esquiver les gestes tactiles de ce type qui cherche à vous mettre en confiance, ne plus redouter de rencontrer tel autre qui éprouve toujours le besoin impératif de vous parler à 10 centimètres !
Aussi j’approuve, que dis-je, j’apprécie de respecter cette distance dite de distanciation sociale ! Même que 1 mètre, c’est un peu léger, je la double, voire la triple, sans problème.
Cela n’empêche nullement de se parler : j’apprécie de faire un long signe de la main à mes proches voisins, cela ne nous retient pas d’échanger quelques informations locales tout en restant à distance.
Ça ne change rien à nos habitudes
Confiné (ou con fini, peu importe), je le suis (nous le sommes !) depuis des décennies.
Nous en discutions avec Lukino (mon coauteur) au téléphone. Nos jobs respectifs nous ont habitués à travailler chez nous, à passer des journées de charrette pour finir nos missions, travaux, urgences, tenir nos deadlines.
Et cela ne nous a jamais interdit d’avoir une vie de famille intense. Mieux, d’y participer au côté de nos compagnes elles-mêmes engagées dans leurs activités de toubibs ou d’architectes. Courses, ménage, enfants, rien de cela ne nous est étranger.
Alors ce confinement ne change rien à nos vies « d’avant » si ce n’est qu’il nécessite un peu plus d’organisation et beaucoup plus de vigilance.
Rester figé à la maison nous permet aussi de finir de nous installer. Du coup, cela nous permet de tester de nouvelles configurations spatiales et ne pas hésiter à modifier la disposition de telle pièce à vivre : vu l’absence de vie sociale pour les mois à venir, autant investir le séjour d’une manière plus utile pour le petit groupe d’individus qui sont présents au lieu de dédier de la surface à un lieu de représentation !
Comment ? Mais en déplaçant meubles, tables, chaises histoire d’optimiser chaque espace et proposer à chacun un coin pour bosser ou simplement se détendre.
Coté distractions, relire toute la bibliothèque nous demandra plus d’une vie !
Par contre, écrire des petits messages aux copains, échanger avec tous ceux coincés également sur la planète est salutaire… pour eux mais aussi pour nous !
À suivre…