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Suicide écologique, mode d’emploi

Passionnant… Le dernier livre de Jared Diamond : Effondrement

dans lire | potager

Ce ne sont pas les quelques averses qui m’ont incité à le lire mais une relative plage de temps libre… Et, comme d’habitude, je suis allé me ruiner à la librairie l’usage du monde qui tire son nom du livre fameux de Nicolas Bouvier…!
J’ai enfin commencé à lire Effondrement que j’avais découvert via un long papier de La Recherche

Aussi, entre balades, averses (!) et missions en attente, je suis plongé dans ce gros volume de plus de 640 pages. Il faut avouer que le sujet est actuel.

Il s’agit de l’écocide, une notion que Jared Diamond juge plus dévastatrice qu’une épidémie ou une guerre nucléaire. Et son livre est l’exemple de précédents effondrements passés ou en devenir… Des Vikings aux habitants de l’île de Pâques ou les Mayas pour le passé…

Mais c’est quoi l’écocide…? Au lieu de tuer une culture ou une civilisation comme pour un ethnocide, là c’est l’environnement quotidien qui est systématiquement pillé et sur-consommé. Au point de créer les conditions parfaites d’un suicide environnemental… Tout rapport avec des signes avant-coureurs de notre propre actualité n’est absolument pas fortuit…!

D’ailleurs, le chapitre sur l’île de Pâques est une démonstration particulièrement inquiétante de ce qui peut nous arriver… Car il y avait bien des arbres sur cette île à l’origine comme en témoigne une analyse assez poussée sur trente mille fragments de charbon de bois — via des carottages effectués dans des fours et des tas d’ordures — par Catherine Orliac, une archéologue française. Mais une exécrable gestion des ressources associée à des coutumes religieuses consommatrices de bois et un manque de clairvoyance des élites a conduit à une déforestation totale de l’île… Du coup, plus de bois pour fabriquer des bateaux de pêche ou des cordes, l’impossiblilté de se chauffer, plus de protection au vent des cultures agricoles, de création naturelle de compost, etc. Cela a entraîné quelques conséquences dramatiques en fin de course dont la quasi disparition de la faune et un passage au cannibalisme pour simplement survivre…

Sachant que cette île est isolée (3700 kilomètres à l’est du Chili…), difficile d’aller chercher du secours ailleurs (je recommence, toute ressemblance avec notre planète n’est absolument pas fortuite…)…
Néanmoins, Diamond tempère en conclusion cette explication en insistant sur neuf autres points favorisant la déforestation dont la situation et la géographie même de cette île.

Enfin, Jared Diamond insiste bien sur un point…
Je le cite :

Par ailleurs, je ne connais aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait attribuable qu’aux seuls dommages écologiques, d’autres facteurs entrent toujours en jeu. Lorsque j’ai formé le projet de cette enquête, je n’avais pas mesuré l’ampleur de sa complexité, naïvement convaincu que je n’aurais à traiter que de dommages environnementaux. Je suis finalement parvenu à définir une grille d’analyse constituée de cinq facteurs potentiellement à l’œuvre que je prends désormais en compte quand j’entends comprendre tout effondrement environnemental éventuel.
Quatre facteurs — dommages environnementaux, changement climatique, voisins hostiles et partenaires commerciaux — peuvent se révéler significatifs ou pas pour une société donnée. Le cinquième facteur — les réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux — est toujours significatif.

Bref, ce livre est passionnant, accessible à tout lecteur un peu curieux, particulièrement documenté (très étayé), ironique et parfois drôle. L’auteur n’est jamais pontifiant, n’hésite pas à rappeler qu’il existe d’autres grilles de lecture possibles mais argumente toujours avec méthode. Et s’avère particulièrement convainquant…

Effondrement
Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie
Jared Diamond
Gallimard
9782070776726 | 29,50 €

 

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Je continue à le lire…

••• edit | décembre 2024 | Je me répète : peu importe si l'hypothèse à propos de l'île de Pâques soit discutée, c'est l'orientation du livre qui est passionnant…

le 21/08/2006 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Belle-île | Jardin La Boulaye

J'ai deux vallons

dans ancres | dans mon bocal

Imaginez un premier vallon à 800 mètres de la côte sauvage de Belle-île, entre Locmaria et Bangor (au Grand Cosquet exactement, vers Pouldon)… Un endroit bourré d’ajoncs, genre deux mètres de haut. Un second vallon tout aussi mal entretenu, abandonné.
Imaginez un couple qui décide, il y a une bonne dizaine d’années, de paysager l’ensemble en jardin. Tâche incroyable, de la terre à déplacer, des allées à tracer, des arbres à sauver, des endroits immenses à débroussailler ou à replanter avec des espèces capables ne pas être grillées par le sel transporté par les tempêtes ! Bref, une entreprise de titan conduit par une femme énergique, Véronique de Laboulaye

Mais aussi des découvertes… Car, il y a plus de 100 ans, ces vallons étaient entretenus par les insulaires. Aussi, en défrichant ces vallons, les jardiniers ont retrouvé des murets, des limites de propriété, un lavoir, des carrières… et même l’ancien chemin du facteur…!

Aujourd’hui, ces vallons se sont transformés en de véritables jardins, avec des vues subtiles, des perspectives, des arrières plans… Oh, il reste encore du travail mais tout prend forme et vous pourrez contempler des murets anciens (superbes…) entourant un œuf gigantesque réalisé en pierres sèches, des sculptures étranges (…dont une bougeant au gré du vent) des réserves d’eau, des cascades (au printemps)…
Et même un improbable labyrinthe en ajonc…! Sans oublier des tas de variétés de fleurs, d’arbustes et arbres supportant le milieu salin.
Bref, un enchantement pour tous ceux qui aiment les jardins sortant de l’ordinaire.

Quelques images brutes de décoffrage…

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La visite dure une bonne heure et demie, en petit groupe, accompagnée de la créatrice du jardin, sécateur en main.

Attention, visite uniquement sur rendez-vous, aux moments où la lumière est la plus intéressante. Les adultes payent symboliquement 5 euros chacun, les enfants rien…

Jardin La Boulaye
Le Grand Cosquet
02 97 31 76 09

Une chose est sûre, je vais y retourner…

note : pour ceux qui regardent via Geoportail.fr, cherchez Locmaria (56), puis déplacez-vous sur la gauche jusqu’à Pouldon… D’ailleurs vous verrez même le labyrinthe dans son état d’il y a deux ans.

le 20/08/2006 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Belle-île | Objets abandonnés

Avez-vous un propriétaire…?!

dans ancres

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Même dans des endroits à priori pas trop touristiques, c’est fou ce que l’on trouve comme objets abandonnés
Après avoir oublié ses collègues de bureau, sa famille, ses animaux de compagnie, son cerveau, certains touristes (…appelons-les comme cela même si le qualificatif de porc me vient spontanément à l’esprit…) ont tendance à se croire partout en pays conquis dès qu’ils sont sortis de leur environnement…
Et pas qu’à l’étranger.
Dès lors, pas de surprises, ils laissent des traces de leur passage à tout instant, persuadés que les autochtones ne sont là que pour les ramasser et les remercier pour tous ces présents délicats… Bref, le monde devient, de fait, une vaste poubelle suite à leur voyage… Et difficile de leur faire comprendre quoi que ce soit : ils sont en-va-can-ces, cerveau compris…!!

Entre la dame avec son petit chien qui oublie de ramasser les déjections de son quadrupède — celui qui vient juste de se soulager devant votre table, les parents infoutus de canaliser l’énergie de leurs mômes qui balancent à qui mieux mieux du sable sur leurs voisins immédiats, les petits tumulus bordés de papier “AC” le long des chemins côtiers — aux effluves en compétition avec la flore locale, certaines fois on se retient pour ne pas massacrer ces bipèdes aux neurones oxydés…

Et ne croyez pas que ces petits présents sont uniquement le faits des messieurs
Là, c'est un petit souvenir féminin trouvé ce matin sur la plage à deux pas de ma serviette… de plage !

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Je partage en partie les sentiments — parfois virulents — d'Agnès vis-à-vis de l'attitude de cette catégorie de touristes. J'ai découvert son blog via celui de Breno.

le 19/08/2006 à 15:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #