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Roger Excoffon | Le gentleman de la typographie

David Rault

dans lire | typo | voir

Voilà un bouquin sympa qui a l'énorme avantage d'être disponible en papier. Ou, tout de suite, en PDF (…et donc lisible sur un Mac ou un iPad).

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Que les choses soient claires, je ne suis pas un fan des typos de Roger Excoffon pour la bonne raison que je ne les connaissais pas en détail, pas réellement séduit par leur graphie, leur architecture. Mais le gros apport d'un tel bouquin est de faire tomber tous les a priori

C'est en discutant avec Brice You qui est un fanatique intégral de ce typographe que j'ai commencé à jeter un oeil sur ces typos. C'est Brice à nouveau qui m'avait signalé le premier livre en PDF de David Rault, Guide pratique de choix typographique (voir cette chronique sur urbanbike) qui m'a permis de mieux cerner le personnage parmi tant d'autres créateurs.

Aujourd'hui, je ne suis pas encore passé à l'acte (utiliser du Excoffon dans mes propres missions) mais, à tout le moins, je le découvre plus encore et la sortie de ce livre, Roger Excoffon, Le gentleman de la typographie, vient agréablement compléter le peu que je savais sur ce personnage.

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Ce bouquin a une singularité, celle de faire parler pas mal de personnes qui l'ont connu dont Yves Perrousseaux (qui vient juste de le rejoindre pour, je leur souhaite, continuer leurs longues discussions), Robert Massin et bien d'autres.

D'ailleurs, Jean-François Porchez écrit exactement, je le confesse, ma perception d'il y a encore quelques mois…!
À mes débuts, alors étudiant, durant la fin des années 1980, les Mistral, Banco et Choc étaient dans le panier des alphabets ringards qu’il ne fallait pas employer pour autre chose que de s’amuser à reproduire la vitrine provinciale d’une boucherie, d’un boulanger ou d’un coiffeur. C’était en tout cas le message des graphistes en vue de l’époque, des professeurs de graphisme, des journalistes, etc. Pour reprendre un discours léger, mais bien rodé dans le milieu des agences et des studios de l’époque : les alphabets d’Excoffon n’étaient pas modernes.

C'est tout l'intérêt du livre de David Rault, remettre dans son jus, son époque le travail de cet autodidacte, le restituer et nous le faire découvrir…

Bref, je ne vais pas en dire plus.
Si vous êtes graphiste, ce second opus de David Rault doit impérativement rejoindre son Guide pratique de choix typographique — que vous avez, rassurez-moi, à portée de clavier ou de main…!

Seul petit point auquel on s'habitue très vite, le livre est en anglais et français et il vous faudra parfois sauter une page pour poursuivre votre lecture…

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Le livre se trouve en vente en ligne sur adverbum.fr. Et, souvenez-vous, en version papier ou PDF…!!

le 02/07/2011 à 12:20 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Bois des Moutiers à vendre

Et zut…!

dans ancres | groummphh | potager

Si vous avez parcouru ce billet Ballade à Varengeville sur mer, j'avais évoqué un parc très chouette bourré de rhododendrons.

Eh bien, j'ai découvert hier que cet ensemble était à vendre en lisant le Monde sous la plume de Michel Guerrin

Le site est magique, mais il est menacé. Ou plutôt son avenir est flou. Ça ne se voit pas, tant la maison comme le jardin sont limpides. Le Bois des Moutiers se visite tout l'été, les touristes viennent de loin, la maison est habitée par une famille, le parc de 12 hectares est bien entretenu, l'ensemble est classé monument historique. Mais la propriété est à vendre. Parce que la famille Mallet, qui a créé Le Bois des Moutiers en 1898, et qui le possède toujours, ne s'en sort plus.
Les Moutiers sont déficitaires. Cela étonne, tant les atouts sont grands. D'abord le décor est majestueux : la commune de Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime), qui surplombe la fragile falaise de craie et la mer, un site touristique où ont créé Monet, Miro, Breton, Prévert, Georges Braque, ce dernier enterré dans le cimetière marin.

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Bref, groummphhhh…! Aussi, si vous avez l'occasion de passer dans le coin, n'hésitez-pas. Et je suis assez d'accord avec une phrase de l'article : On a perdu du public au profit d'autres jardins, parfois médiocres, qui ouvrent uniquement ce week-end et sont gratuits. Absolument, nous avons fait demi-tour devant des jardins plus beaux en photo sur papier glacé qu'en vrai…
Préférez l'original…!

le 02/07/2011 à 08:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

3 x 20 ans

Chronique d'une vieillesse non-annoncée

dans vincent | voir

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


Le billet de JC d'hier concernant les bâtons dans les roues (vous avez signé…?) m'a fait songé à un film fort sympathique qui sort bientôt sur nos écrans (courant juillet en France) et dont j'ai assisté dernièrement à l'avant-première, invité par un membre de l'équipe. Ca s'appelle 3 x 20 ans et c'est réalisé par Julie Gavras.

À travers les portraits d'Adam et Mary, un couple de presque sexagénaires (joués par une Isabella Rossellini très classe et le bon William Hurt), elle mène une réflexion sur le temps qui passe (forcément) trop vite, les rapports entre générations et la place des personnes âgées dans la société.

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Dis comme cela, ça semble totalement rébarbatif ; mais Gavras (bien aidée par ses deux acteurs principaux qui font de l'excellent boulot) a évité tous les écueils et poncifs du genre pour livrer une comédie douce-amère, intimiste, romantique mais sans guimauve, qui pose beaucoup de bonnes questions sans pour autant se prendre au sérieux.

L'histoire commence lorsqu'Adam, architecte reconnu, reçoit un hommage pour ses ouvrages fort novateurs… mais également fort datés. Loin de se réjouir, sa femme Mary ressent cela comme un enterrement prématuré, ce qui déclenche chez elle une brutale prise de conscience suivie d'une "crise de la soixantaine" : elle réalise soudainement qu'ils font maintenant tout deux partie de la caste des "seniors", des "vieux".

Elle décide alors de faire face et multiplie les rencontres et expériences pour trouver la meilleure façon d'assumer ce nouveau statut. Adam, lui, préfère ignorer les nouvelles lubies de son épouse et, tentant de renouer une dernière fois avec sa gloire passée, se réfugie dans le travail. Petit à petit, ils s'éloignent l'un de l'autre, sous les yeux inquiets de leurs enfants…

Humour de bon aloi (ha, les octogénaires expliquant à un architecte ce qu'ils attendent vraiment d'une maison de retraite) et petits détails narratifs amusants (les accessoires de "retraité" dont Mary parsème la maison) viennent en contrepoint de thèmes plus sérieux, parfois simplement évoqués (le jeunisme, les grandes illusions perdues, les compromis, la constance dans un couple, le jeu de la séduction, l'inéluctable de la mort, etc.).

Le résultat est un film bien équilibré entre comédie et drame, efficacement filmé et finement monté. Par ailleurs, excellente idée d'avoir fait du personnage principal un architecte associé : non seulement c'est assez rare dans le cinéma, mais cela permet une petite incursion intéressante (et non dénuée d'humour) dans ce milieu assez méconnu (et ça permet de glisser quelques vacheries supplémentaires à propos des maisons de retraites !).

Evidemment, comédie romantique oblige, tout se termine (plutôt) bien et on en sort d'excellente humeur, prêt pour aller débattre un peu et refaire le monde autour d'un verre. Bref, à aller voir un soir d'été… à deux, bien entendu.

3x20ans

le 02/07/2011 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #