Encore deux bouquins parus ces dernières semaines chez Eyrolles, mis en parallèle ici et qui sont deux manuels de survie. En cette période de crise (que ceux qui n’ont aucun souci lèvent le doigt…! Tiens, personne à l’horizon…?!), il n’est pas inutile d’avoir le programme de ce qui attend les nouveaux entrants sur le marché. Mais ceci concerne aussi les professionnels installés qui commencent à recevoir du courrier bleu (sic…!).
Le premier — et le plus complet— est la seconde édition de Profession graphiste indépendant (voir cette chronique sur urbanbike de la première édition) de Julien Moya et Éric Delamarre (auteur de Profession photographe indépendant — (voir cette autre chronique sur urbanbike)).
Bref, jamais il n’a été aussi difficile de démarrer une carrière de graphiste indépendant et cet ouvrage est un excellent guide dans le parcours du combattant que va devoir suivre à l’insu de son plein gré le futur indépendant… Je ne suis pessimiste par nature, c’est juste mon quotidien.
Le premier chapitre porte sur cela d’ailleurs : êtes-vous taillé pour être indépendant…? On ne s’improvise pas indé même si c’est trop souvent le cas, la boîte qui vous employait vient de vous virer ou de fermer (ou les deux).. Aussi, comprendre de quoi votre nouveau quotidien va être composé n’est pas un luxe.
Ensuite, deux autres chapitres se succèdent sur le statut professionnel, côté fiscal puis social. Le fait d’opter pour un statut d’auto-entrepreneur, Maison des Artistes ou graphiste libéral a des implications différentes et, surtout, nécessite des démarches bien particulières. Cela se traduit en amont comme en aval par des procédures dont il faut impérativement comprendre toutes les implications.
Pas question de voir plus tard hormis se créer des tas d’occasions de rédiger de beaux courriers explicatifs et perdre un temps fou à régulariser une situation. Bien entendu, la question du droit d’auteur des œuvres est abordée mais je préfère nettement insister sur les trois deniers chapitres…!
Le métier en pratique (en gros comment trouver, satisfaire ses clients et les conserver…!)
L’argent (ben oui, c’est le nerf de la guerre, essayer de se vendre à un prix raisonnable qui sera toujours trop élevé (re sic !)…)
Les bonnes pratiques à l"épreuve du feu (ce chapitre est fondamental mais ne liste pas le nombre impressionnant de situations même si les plus fréquentes sont illustrés — l’inventivité de certains propects en cette matière est loin d’être épuisée…!)
En lisant ce bouquin, vous aurez une assez bonne vue des conditions dans lesquelles vous allez évoluer (courage…!). On est loin de l’univers des bisounours, que ce soit clair pour vous dès le départ. L’auteur de ses lignes le découvre encore à ses dépends après 30 ans de navigation professionnelle.
Bref, livre hautement recommandable et recommandé pour tous ceux qui ont du talent mais qui ont juste oublié (…c’est ballot) que l’important est surtout de savoir le vendre et, accessoirement, pouvoir en vivre. Et là, c’est pas gagné… D’ailleurs, les interviews des professionnels qui ponctuent ce livre ne sont pas anecdotiques.
Profession graphiste indépendant Statuts sociaux et fiscaux, droits d’auteur, aspects commerciaux, pratiques à l’épreuve
Julien Moya et Éric Delamarre
Eyrolles | 26 € | 256 pages
9782212134940
Le second livre Métier Web Designer est une réflexion sur les approches du métier face au client. Au contraire de l’ouvrage précédent qui s’attelle à traquer tous les pièges à éviter dans le cadre d’une activité indépendante en France (Urssaf, Cipav, RSI, impôts, retraite…!!), cette traduction de l’américain n’est qu’une longue réflexion méthodologique.
Bien sûr, vous allez retrouver des chapitres a priori communs comme trouver des clients, facturer son travail ou se faire payer mais on est loin de l’aspect pratique et prosaïque de Profession graphiste indépendant, plus dans un {très} beau cours théorique. Sauf que l’on est pas dans le même univers culturel ni dans le même rapport avec l’argent…!
Bref, plein de bonnes informations, idées, concepts à prendre pour lisser sa démarche, caler son discours face aux clients. Mais pour le concret, y associer le précédent bouquin me semble indispensable (…c’est mon avis et je le partage…!).
Métier Web Designer
Mike Monteiro
Préface d’Erik Spiekermann
Eyrolles | 12 € | 140 pages
9782212135275
La formule est éculée (…non, ce n’est pas un gros mot) mais à défaut de soleil, ces deux productions venues par la Poste de Tarbes et de Sanary m’ont pas mal donné la…
pêche…? Mauvaise formule !
patate…? Tssssss…!
Le moral, voilà !
Deux confitures à partir des mêmes ingrédients (…même si quelques centaines de kilomètres séparent les lieux de production et de fabrication…!).
Celle de Dominique arrivée la première la semaine dernière est épicée. Elle est travaillée avec de la cassonade à 50 % du poids du fruit frais (fruits de son jardin), un jet de citron pour l’acidité, de la vanille de Tahiti, un soupçon de rhum. Et une pincée de cumin et de cannelle.
C’est un régal pour mes papilles. Sur une tranche de pain complet grillé avec une légère (hi,hi !) couche de beurre salé, c’est un régal.
Celle de Renaud arrivée lundi propose une mise en avant du fruit lui-même. Les abricots ont été cueillis quelques jours dans son jardin avant avant d’être traités au blender. Renaud nous avait déjà régalé d’une exceptionnelle confiture de figues (voir cette chronique sur urbanbike).
Mon jury féminin a nettement préféré la version de Renaud qui est un poil moins liquide et qui rend hommage au fruit… tout en descendant tranquillement le pot de Dominique…!. Pour ma part, je préfère la version épicée mode Dominique même si je me délecte de la version de Renaud. Bien entendu, impossible de trancher car chaque préparation a des arguments gustatifs en plus de la fraîcheur (…à peine 15 jours entre production et consommation là…!).
Bref, il n’y a pas de vainqueur mais bien deux écoles avec, au bout, des confitures qui n’ont strictement rien à voir avec celles acquises dans le commerce. Pas d’excès de sucre, pas cette consistance figée de fruits au goût neutre.
Rien à voir non plus avec ces produits à la manière de, avec habillage graphique à l’ancienne et la promesse — souvent vaine — de retrouver la confiture de nos grand-mères.
Dans les deux cas, un choix assumé qui procure un vrai plaisir en bouche. Inutile de mettre des kilos de confiture sur la tartine même si c’est souvent difficile de modifier ses habitudes…! À ce propos, j’ai suivi les conseils de mon ami Jean-Denis en démarrant d’abord chaque dégustation par de simples tartines, histoire de ne pas me ruer sur ces pots. Une fois rassasié, j’ai alors appliqué la confiture, ce qui permet de prendre le temps de réellement apprécier le parfum des fruits comme les tonalités délicates des épices.
Bref, je vous le dis tout net : avoir des amis de cette qualité est une chance…!
Billet réalisé par étapes car entre-coupé de missions à finir et d’informations inattendues. Certes, je vais montrer mes clichés, non par auto-promotion (sic…!), mais pour exposer les outils, quelques traitements ou manières de procéder.
Je me suis inscrit sur instagram il y a 66 semaines (…c’est l’info qui est affichée en regard de ma première vue). Et cela fait quelques jours que je l’utilise. Mon premier cliché de 2011 reflète assez bien l’idée que je me faisais de ce service…!
@urbanbike
En gros, instagram vous permet de prendre des photos à tout moment et de les partager avec vos amis. Ces images peuvent recevoir un effet emprunté à l’un des nombreux filtres disponibles. Parfois, le résultat est amusant. Parfois, non.
Se souvenir également que les images postées peuvent provenir d’un album photo partagé via iTunes (et donc réduites en taille) ou bien du capteur d’un iPhone. Ce qui a également changé, j’insiste, c’est l’arrivée du 4s. Je vais y revenir.
La première fois, j’avais essayé rapidement les filtres proposés sur quelques images, utilisé d’autres applications pour prendre des photographies (notamment Camera+). Et puis j’ai laissé tomber.
Le rachat du concept par Facebook m’a donné l’envie d’explorer d’autres pistes comme celle du pudding.to. Sur cette plateforme coréenne, j’ai croisé deux connaissances, ajouté un grand nombre d’images par jeu. Mais aussi parce que leur dispositif est très bien fait, j’ai conservé mon compte. L’ensemble progresse bien et les images que j’y trouve sont très typées… Il est de plus possible de réaliser un montage en grille sans difficulté et de retrouver ce dernier dans l’album.
@urbanbike
J’ai testé également path quelques semaines avant de fermer mon compte. Esthétique mais lourd ou trop sophistiqué pour mon usage. Entre temps, j’ai basculé vers le 4s.
Récemment, j’ai croisé sur Twitter Jean-Claude, un habitant de ma ville et de ma génération (…eh oui, nous sommes l’un comme l’autre d’une époque aux prénoms-composés…) et grand défendeur d’instagram…! Nous avons pris le temps de nous voir en vrai autour d’un verre à deux pas de la cathédrale Saint-Louis.
Bien sûr, je suis venu en Brompton…
Du coup, boosté par son enthousiasme communicatif, j’ai lancé à nouveau instagram.
Une chose est claire : je n’arrive pas à employer les filtres ni à l’appareil intégré de cette application. Certains traitements de pudding.to comme Charcoal ou Satin me semblent plus utilisables. Mais j’avoue avoir du mal avec les effets prêts à l’emploi en général – relire cette chronique sur urbanbike.
En ce moment — présentement ! — j’utilise nofinder qui me permet de shooter d’instinct sans écran de contrôle même si cette notion s’avère relative avec l’expérience. Ou, en prenant mon temps, avec 645 PRO. Voire utiliser les capacités de traitement doux de l’excellent Camera+. Ou recourir à CameraSharp.
Ce flux de notes photographiques issu de ces applications se range dans l’album de mon iPhone. Et, en fonction de mon humeur, je peux abreuver — ou non — le fil d’instagram ou de pudding.to. J’élimine impitoyablement les clichés insignifiants même si certaines de mes images peuvent répondre à ce qualificatif…! Réaliser du post-traitement si besoin, est, etc.
Nofinder me permet d’obtenir des images très desséchées, 645 PRO d’enregistrer des photos JPG nettement plus travaillées avec, de plus, un TIF que je peux glisser dans Lightroom et retraiter ultérieurement.
Le seul intérêt d’employer un iPhone 4s, hormis la qualité du capteur est sa résolution. Avec 10 MP — plus que mon vieux Canon 350D — on peut enregistrer assez de pixels pour des usages ultérieurs : 2448 par 3364 pixels parfaitement exploitables pour une couverture de livre… Et l’avantage du iPhone reste son poids, sa compacité et sa relative rapidité de mise en oeuvre. Bref, l’avoir sur soi n’est pas contraignant même si je resté attaché à mon reflex (lire cette chronique sur urbanbike).
@urbanbike
Avec ces deux outils de prise de vue dans une même boîte à pixels, je realise des prises de vue selon ce qui me passe par la tête et je publie quand cela me chante — au risque de saouler les personnes qui me suivent — via l’application dédiée de chaque service sur l’iPhone. De fait je cherche un fil d’Ariane entre les photos réalisées dans les dernières 24 heures, une narration farfelue qui ne fait sourire que moi.
Reste ensuite à partager.
Sur instagram comme sur pudding.to, si vous suivez quelques personnes et inversement, vous obtiendrez des appréciations, voire un commentaire. La réciproque est vraie à condition d’éviter d’être complaisant. Soit vous aimez vraiment l’image, soit ne dites rien !
Rechercher par contributeur ou par mot-clé…
Une option est d’ajouter des mots clés précédés d’un signe “#” sur instagram. Cela permet de qualifier/marquer l’image que vous publiez (ou celle que vous commentez). Reste ensuite à utiliser l’option explorer et tenter une recherche. Le mot cuisine vous invite à découvrir des milliers d’images ! Mais cela vous permet également de découvrir toutes les images d’un contributeur.
Ainsi via le mot clé Traitement…
Privé ou public…?
Instagram propose dans les préférences de rendre vos images privées et donc exclusivement accessibles à ceux qui vous suivent. Tout dépend bien sur du type de clichés, je conçois très bien qu’il soit raisonnable de masquer des scènes ! Pour ma part, je m’en moque.
En remontant les vignettes, vous pouvez charger plus d’images…
À quoi ça sert…?
D’ailleurs, qu’attendre d’une telle démarche de publication de ses images ? À mon sens, le plus sain est de ne rien attendre, tracer son chemin sans quémander les appréciations des uns ou des autres. Chacun exprime son univers, c’est ce que j’ai écrit sur behindtheleaves naguère.
À noter qu’Instagram propose la possibilité de publier simultanément sur Twitter, Facebook et tumblr la même image. Ou encore sur Flickr ou Foursquare. Je le fais rarement mais cette option est pratique.
Voilà, c’est de la véritable publication instantanée, je ne sais pas encore si je ne vais pas m’arrêter dans deux jours ou deux mois. Mais, pour le moment, cela m’amuse.
Une autre solution indiqué ce jour (samedi) par l’ami Florian est l’application Pinstagram sur iPad…
@urbanbike
Et les traitements…?
Sur iPhone, soit j’exporte directement l’image telle stockée dans Photos avec juste un coup de recadrage pour me conformer au format carré… Pudding.to propose peu d’effets mais j’utilise parfois Charcoal ou Satin comme précisé plus haut.
Soit je passe temporairement par Camera+…
@urbanbike
J’importe les quelques images souhaitées et corrige la balance des blancs…
@urbanbike
Bien sûr, il est possible d’employer un des nombreux effets proposés mais ce ne sont pas des rendus que j’apprécie. Ensuite, export vers l’album d’une version traitée des images (l’original est conservé si vous le souhaitez) et envoi vers le service de publication en ligne.
Sur iPad, les choses sont réellement différentes même s’il n’y a pas de version iPad de ces services. Aucune importance, chargez les quand même…! Du coup, soit j’exporte mes images en puisant également dans Photos, soit ces vues transitent par Laminar (voir cette chronique sur urbanbike). J’ai également testé PhotoToaster qui précise qu’il exporte vers intagram…
@urbanbike
Vrai. Ne pas oublier, par contre, de recadrer au rapport 1/1 votre image avant export vers intagram sous peine d’avoir deux belles bandes blanches latérales. Vous pouvez utiliser des effets prêts à l’emploi. Ou, mieux, réaliser les vôtres par enregistrement de plusieurs effets dans un set personnel, une prévisualisation étant disponible en petit pour chaque filtre.
Idem depuis snapseed sur iPad…
@urbanbike
Même recommandation, on taille avant au format 1/1. Et une petite réaccentuation ne fait pas de mal…
J’utilise également d’autres applications. Ainsi j’ai essayé Grid Lens (pondu par les développeurs de Phoster et un peu étonnant à prendre en main) pour construire des grilles d’images comme dans pudding.to, etc. Tout dépend de ce que vous souhaitez obtenir comme rendu. Grid Lens permet de construire des grilles personnalisées à cases multiples, d’exporter l’image finale (au rapport souhaité) dans Photos…
Dans mon job de graphiste, il est intéressant de connaître ces outils en vue d’un résultat donné même si la demande est rare…!
Pour conclure…
Contrairement à mes présupposés de 2011, il y a bien des aspects sympathiques dans cette mise en ligne numérique de nos vies. La volonté de partager un moment vécu à plusieurs (balade, restaurant, musée ou rencontre…), un événement improbable ou cocace porté à la connaissance d’un groupe d’amis.
Ou, dans ma pratique, des notes graphiques, des fragments d’image — j’ai entendu à la radio cette semaine quelques interviews qui m’ont contaminé (sic…!) et je me suis retenu pour ne pas hurler de rire — qui me permettent de matérialiser une piste de recherche mais également de mémoriser une exploration urbaine, un territoire, un sentiment, une émotion…
En résumé, je capture dans ma boîte à pixels des trucs qui m’amusent, que je bricole ensuite. Ou pas…!
Pour finir…
J’ai également découvert qu’instagram est un excellent prétexte pour sortir en petit comité, visiter un quartier, un bâtiment… Je ne suis pas encore arrivé à cette étape mais si le prétexte à réaliser des images est une façon ludique de décoller de derrière son écran, alors pourquoi pas…!
Voilà, amusez-vous et fiez-vous à votre propre regard. Et ce, qu’il fasse beau ou mauvais…! Action…!
Comment utiliser une petite fonction bien pratique pour corriger la surexposition de ses images (et qui n’est pas un effet)…
Voilà, je ne sais pas si ce billet vous incitera à basculer vers la publication en ligne de vos clichés (est-ce utile à vrai dire…?) mais certaines images peuvent avoir des effets secondaires par temps de pluie continu…!
@urbanbike
Dimanche soir : merci à Jean de m’avoir signalé Statigram qui propose un suivi statistique de votre compte instagram. Je signale également que PhotoToaster et snapseed tournent aussi sous iPhone, ce qui permet de nettoyer, accentuer et tailler très rapidement ses vues…