Ce matin, à peine réveillé (trop tôt), je regarde longuement dans le rétroviseur de l’année écoulée.
Je repère mes nombreuses erreurs, hésitations, l’énergie souvent déployée pour des résultats nuls…!
Mon obstination à ne pas mettre de coté certaines applications prometteuses, séduisantes mais limitées en terme d’export ou d’import !
Ironiquement, je constate mon incapacité à faire des choix, ce besoin de tout concilier au lieu de trancher…! En calligraphiant ces lignes avec Nebo, il m’apparait évident que je dois éviter de me disperser.

Le choix n’est pas compliqué.
Je dois cesser de ménager la chèvre et le chou.
Si je conserve Drafts pour rédiger au quotidien, j’opte pour Ulysses pour assembler mes fragments de texte.
Sur iPad, je vais poursuivre avec Nebo d’autant que j’aime calligraphier (j’y reviendrais)…
Alors ? Paradoxalement, c’est limpide :
- Sur iPad : Nebo avec export de chaque premier jet vers Drafts
- Sur iPhone et Mac, Drafts en mode Dictée ou clavier
- Enfin, export de ces feuillets balisés en markdown vers Ulysses.
En résumé, je dois cesser de papillonner sur les divers outils disponibles…
Bref, vais-je y arriver…?!
Réponse dans un an… si je suis toujours de ce monde…!
Avertissement : ce qui suit est mon ressenti vis-à-vis de l’application Journal proposée par Apple depuis iOS 17.2 et n’est absolument pas un essai produit comme vous devriez pouvoir le lire sur de vrais supports généralistes rédigés par des pros de l’information technologique.
Les réflexions, ici, n’engagent que ma pomme.
Je rentre dans le vif du sujet immédiatement : tenir un journal intime, un carnet d’observations, de voyage ou de notes n’est pas un narratif continu comme peut nous le suggérer l’application proposée par Apple.
Nombre de repentirs, précisions, souvenirs d’une situation donnée, détails d’une conversation nécessitent du temps pour que les faits s’assemblent.
Ce billet de blog est quasiment articulé sur ce point de vue.
Certes, l’application Journal proposée par Apple est d’une simplicité extrême, mais peut-être trop simpliste justement !
De suite, ce premier panneau m’interpelle…

Ce questionnement n’est pas peut-être pas inutile si l’on découvre cet exercice — et il est possible dans les préférences de le désactiver — mais est-ce que cela doit passer par le truchement d’une application dédiée ?!

Notez que les options d’import des photos sont modulables…

Je poursuis : pour l’heure, n’importe quel traitement texte capable d’intégrer des photos peut prétendre au même objectif, de Pages à Ulysses.
Certes, enquiller une succession de textes, avec la date du jour, est une façon de concevoir un journal.
J’ai l’impression que les développeurs de cette app se sont basés sur une vision analogique, celle du cahier papier dont l’on noircit les pages au fur et à mesure du temps qui passe. Bien loin de moi l’idée de fustiger cette pratique qui fonctionne parfaitement sans électricité, ni connexion Internet…!
Technique efficace qui a donné lieu à nombre d’œuvres épatantes, des récits d’avant-guerre de Patrick Leigh Fermort aux marches de Bernard Ollivier en passant par les expéditions de Redmond O’Hanlon…
Or, depuis l’avènement des outils numériques et de l’usage quasi universel des smartphones, il est possible d’insérer un complément d’information au sein de paragraphe au lieu de faire des renvois comme sur un carnet papier, voire coller sur une page papier une autre note papier.
Je pense instantanément à un écrivain en particulier…!
Proust parlera d’ « ajoutages », de « becquets », de « surnourriture » ou de « réinfusion » et l’on connaît ces pages, ornementées de « paperolles », des papiers collés sur les pages pour enrichir le premier jet de l’écriture.
De facto, il est facile de modifier le contenu de son texte en cours d’élaboration.
Hormis un auteur auteur très médiatique qui déclare — avec un certain mépris — que seul l’usage d’un véritable carnet papier est la marque des vrais aventuriers (…lui, CQFD), les traitements de texte nous permettent de nous affranchir de l’obligation d’écrire en continu pour revenir cent fois sur l’interligne…!
Or, ce qui me gêne dans cette première version de l’application Journal — qui, notez-le, n’est disponible pour le moment que sur iPhone —, est son manque de souplesse pour le rédacteur (…je n’évoque pas même le formatage du texte qu’il faut chercher…).
En effet, si je souhaite relater le contenu passionnant (!) de ma journée, je ne vais pas toujours rédiger un unique feuillet consignant mes aventures.
De fait, je préfère — pour ma part — morceler les évènements de la journée en une série de notes horodatées, chronologiques.
Le tout soutenu, illustré par une ou plusieurs photos.
D’ailleurs, c’est ce qui m’a agacé…! Évoquons l’import des clichés…

Si je génère une nouvelle note dans Journal, je peux y coller des photos…

Problème : comme j’écris souvent en différé, mes clichés ne sont pas du 13 décembre…

Et c’est à moi d’aller rechercher la date dans… l’app Photos puis de l’appliquer à ma note de Journal…!

Même changer cette date est assez sioux…

Et ce au lieu de proposer une interface qui pourrait lire les EXIFs de l’image (prise ici sur l’iPhone…)… Je m’arrête là…!!

À la fin, la note se recale bien chronologiquement mais sans prendre en compte l’heure de la prise de vue…

Même si vous n’affichez plus les suggestions d’écriture (voir plus haut pour les désactiver dans les préférences), vous pouvez les appeler…

Une option intéressante de Journal est la possibilité d’afficher toutes les entrées ou exclusivement celles disposant de photos ou des pensées…!

Souvenez-vous également que les photos en mode Paysage seront tronquées…

Dans Journalme manque cruellement une information : l’heure de la création de la fiche que je suis en train de rédiger…

…information qui serait pratique.…
C’est une première version…
Bon, c’est clairement la première version d’un produit sur lequel Apple va certainement revenir.
Je suis convaincu que de nombreux d’utilisateurs d’iOS vont tester ce carnet de notes et ne pas y trouver les défauts ou freins que j’y vois.
Proposer un tel produit peut d’ailleurs créer de nouvelles vocations. Ou, à tout le moins, se lancer dans une phase d’introspection personnelle, l’écriture étant un moyen extraordinaire pour s’interroger, réfléchir.
Pour ceux qui souhaitent un outil plus élaboré, développé sur une décennie, je leur conseille Day One, une application imaginée par Paul Mayne et que j’emploie depuis sa sortie, application qui tourne sous Android et Macintosh et sur laquelle je me suis déjà pas mal épanché positivement dans ce blog…!