Pour mémoire, « l’iPad n’a aucun interêt, c’est juste un écran de consultation. »
Je me souviens de ces petites phrases assassines prononcées par quelques experts autosuffisants lors de l’annonce du iPad en 2010. Je me souviens des jeux de mots sur son nom, le mépris qui a accompagné ses premiers pas.
Aujourd’hui en 2015, nous avons la chance de suivre le développement d’une belle brochette de traitements de texte qui font assaut d’intelligence et de réflexion pour nous permettre de nous dépasser sur cet… écran de consultation.
Je n’ai aucune nostalgie vis à vis de mes anciens outils, que ce soit la composphère IBM sur laquelle j’ai brisé mes ongles une décennie durant. Ou encore la grosse machine à écrire orator qui ne servait qu’à ajouter des titres aux slides et qui déplaçait la table à chaque retour chariot.
Ma machine à écrire en 2015 n’a pas de touches, pas de papier, pas de ruban, une autonomie de folie. Elle est légère, réactive, multi-claviers et se joue de balisages exotiques.
Après Ulysses for iPad qui arrive dare-dare au niveau de Ulysses for Mac, après Drafts 4 qui s’avère encore plus essentiel pour prendre des notes, après Day One qui poursuit sa mue pour devenir un épatant traitement de texte, voici Editorial qui s’enrichit à son tour d’une flopée d’options confortables.
Et je n’ose imaginer ce qui mitonnent les développeurs de Byword, TextCenter, iA Writer Pro (…je lui préfère encore et toujours iA Writer), Nebulous Notes ou encore 1Writer, voire Daedalus touch.
Écran de consultation, quelle blague quand même !
Mon iPad est devenu mon plus fidèle confident, pas une note ne lui échappe, de jour comme de nuit, à la maison ou en balade.
Sa capacité à expédier mes fragments sur iCloud ou DropBox, à les partager entre toutes les applications citées me permet de changer d’environnement selon mes humeurs.
Bien entendu, il manque encore des pièces dans ce puzzle mais ce qui est amusant est de savoir que ces pièces s’écrivent, se codent, se déploient…
2015 s’annonce bien…
Avertissement : au départ, ce texte etait simplement rédigé pour mon propre usage (…mes amis savent à quel point je suis distrait et ai besoin de rédiger le peu que je découvre pour ne pas l’oublier trop vite). Et puis, je me suis dit que c’était ballot de ne pas le partager…
Tant pis pour vous…!
Écrire fait souvent appel à des notes mais nécessite également d’alimenter le texte en cours avec des informations précises (…un évenement historique ou la position de tel bouton sur telle machine, le besoin de consulter une photo que l’on a pas sous la main, etc.), texte qu’il faudra renseigne par la suite… Une note permet du coup de rappeler — sans interferer avec le flux déjà rédigé — ce qu’il faut ajuster. Et à quel endroit…!
Ces notes de travail peuvent être placées en commentaires avec ce type de balise HTML <!-- commentaire --> mais sont souvent exportées avec le texte final et, de facto, pas très confidentielles…
Les quelques solutions et balises proposées par les développeurs de Ulysses permettent d’en sélectionner certaines pour son propre usage. Ainsi, n’étant pas fan des notes externes, je préfère les insérer dans mon flux de texte. En parallèle, Ulysses nous permet de créer ses propres thèmes. Aussi, pourquoi ne pas associer les deux
Avant de poursuivre mes travaux d’écriture sous Ulysses for Mac et Ulysses for iPad, j’ai pris le temps de réfléchir (…imparfaitement mais c’est du brut de fonderie qui convient à ma pratique) à un nouveau thème, un fichier de coloration syntaxique pour écrire.
Coloration syntaxique et méthode d’écriture
Bizarre de commencer par ceci mais se soucier de son confort sur sa machine à écrire praticipe également de l’écriture.
Avant la saisie sur l’écran d’un iPad, la couleur de l’encre, du papier avait un rôle. Pourquoi en serait différemment pour la saisie numérique ?!
Dans mon cas, c’est la coloration syntaxique que me propose Ulysses qui m’a incité à prendre cette fonctionnalité en compte, la réinterpréter pour mon usage.
Besoin de distinguer dans Ulysses ce qui est balises Markdown ou MultiMarkdown de tous les autres éléments de ma structure d’écriture. Je m’explique…
- les zones marquées balisées ainsi
::marquées:: (…zones à relire, revoir, réécrire, préciser…)
- les points à supprimer balisés ainsi
||à supprimer|| (les bouts de texte qui seront supprimés lors de l’export mais qui restent néanmoins dans le texte source car ce premier jet est parfois porteur d’une saine colère, la suppression fonctionne comme un repentir…)
- les notes (mes blue-note…!) qui sont bien des notes dans le texte, des questions, des informations, un numéro de téléphone, une humeur. Elles sont insérées mais, comme les textes à suprimer, elles ne seront jamais exportées, juste conservées dans le texte source et leur léger surlignage bleu me permet de les identifier sans souci
Ces notes ou commentaires peuvent s’insérer dans un paragraphe (inline) avec la balise ++ ou fonctionner comme un paragraphe indépendant en démarrant par la balise %%. Et bleu pour les repérer dans mon flux tout en sachant que, jamais, elles ne seront l’objet d’un export, juste conservées au sein de Ulysses for Mac et iCloud.

Un appui sur les options d’export permet de vérifier cette réalité dans la fenêtre de visualisation.

Bien évidemment, j’ai du corriger ma prose de départ pour la partager ici…!
Derniers points :
- seules les balises de suppression
|| peuvent s’associer à ces notes bleues, l’attribut barré ayant été ajouté à dessein.
- penser à prendre une espace avant ou après dans la sélection à supprimer, voire la balise de tête s’il s’agit d’une énumération.
Dans le format .fountain, il est possible dans des outils de texte comme SlugLine de conserver des notes qui ne seront pas exportées dans le tapiscript final du scénario. Je suis convaincu d’avoir eu l’envie de retrouver cette facilité dans Ulysses for Mac et Ulysses for iPad…!
Note de fin : Et pourquoi blue-note… vu que toutes les balises sont violettes ?!
Il y a plusieurs explications en mode gag (désolé, je ne me refais pas) qui vont des bleus à l’âme aux notes bleues du jazz (les fameuses blues notes). Ou encore les bleus, qui sont des esquisses de dessin. Ici, mes petites notes bleues qui commencent à parsemer mes textes sont souvent des questions posées (ou pas) qui, malheusement, ne seront suivies d’aucune réponse, les protagonistes ou témoins étant décédés…
Pratiquement deux années à vider ce goulp…
J’ai renoncé à enregistrer mes allers et retours à la déchetterie. Je dois allègrement dépasser la trentaine de déplacements à vider méticuleusement dans les bennes dédiées.

Un ce matin, deux autres hier.
Comme d’habitude, du vrac, beaucoup de vrac : vieux abats-jours déglingués, trois tonnes de torchons limite moisis, de la literie, une table en métal (…qui a trouvé un nouveau propriétaire)… Une autre devait suivre mais je n’avais pas les clés pour la démonter.
Et puis il y a le prochain chargement qui commencer à s’entasser dans le garage…
Cette fois-ci, il s’agit des produits toxiques qui ne sont collectés qu’un jour donné : vieux détachants, produits non identifiés mais avec quelques symboles clairs, solvants, produits ménagers en fin de carrière, piles usagées, ampoules vrillées…

Pots de peintures, bidons d’huile moteur…

J’accumule le long de la porte du garage cet héritage (sic…!) en nombre…

En faisant un dernier tour, je tombe sur un ultime spot que j’avais délaissé… Joie et bonheur.
Cela aura nécessairement une fin. Ou pas…!