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Photo : catalogue ou notes chronologiques ?

À titre personnel, Day One…

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Ce rapide billet est une suite à ce que j’avais écrit une année déjà… urbanbike | Cataloguer ses clichés avec Day One, pourquoi pas…?! et urbanbike | Cataloguer ses clichés avec Day One, pourquoi pas…?! | 2

Pourquoi ?!!
Je vois passer du coin de l’oeil de très chouettes articles sur Peakto, l’un chez François, l’autre sous le clavier de Florian

Florian écrit : « Peakto est le nouveau catalogueur photo intelligent de l’éditeur français Cyme (ex Aquafadas), déjà concepteur d’Avalanche. L’application offre une vue générale sur les bases d’images de plusieurs logiciels spécialisés et propose des méthodes de tri et de recherche basées sur l’analyse des contenus. »

François est plus radical… : « Il n’y a plus si souvent que cela des programmes qui vous apportent une émotion, quelque chose de nouveau qui vous surprend vraiment, quelque chose à quoi tous les autres n’avaient pas pensé. »

Whaouuuuu…!!

Bien entendu que cela m’interpelle…!
J’ai naguère utilisé Lightroom, feu iView Media Pro puis basculé sur CaptureOne.
Sauf que…

Un iPhone, trois optiques, quoi d’autre…?

Oui, il y a un gros mais, un énorme bémol
Depuis mon passage au iPhone 13 (le 11 était épatant…), j’ai carrément « cessé » de prendre des clichés avec nos vieux Canon.

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Plusieurs raisons : la première évoquée ici : urbanbike | Boites à pixels | Canon R3 ou iPhone 13 ?. La seconde (…merci au fidèle copain helvète pour son antique 7D…) est du à un réel souci d’intendance :
Vivre dans plusieurs lieux (mais pas que), me déplacer avec un sac à dos m’amène à faire des choix de plus en plus drastiques (sans oublier le fait que l’optique, le connecteur ou le pied photo dont j’aurais besoin est ailleurs…)…
Une dernière raison est notre lot à tous : je vieillis (eh oui…!) et démarre une existence de bibelot fragile

Autant j’encaissais sans (trop de) problèmes le poids d’un sac photo chargé de quelques optiques, autant mes jambes et mon dos m’ont, collectivement, adressé un ultimatum…!
« Si tu ne veut pas opter de suite pour un déambulateur, ménage-toi. »

Lors d’un passage à Boulogne-Billancourt, j’avais eu un échange amusé avec Frank Horvat. Les dernières années de sa vie, il n’employait plus qu’un appareil numérique léger…
Et ce passage au numérique, il l’appréciait…!

« En l’espace de quelques années, les ordinateurs ont transformé presque toutes les activités humaines, de l’art à la guerre en passant par les affaires, l’amour, la nourriture, la médecine, la police, la prostitution et les transports. Les derniers à monter dans le train étaient les photographes, pour des raisons étranges, comme le fait de regretter l’obscurité et l’odeur du laboratoire. Pas dans mon cas ! Pour moi, la numérisation a été une libération des tâches répétitives et ennuyeuses, comme mesurer la lumière et la distance, bracketer, ombrer, repérer, classer, etc etc. L’inconvénient, bien sûr, c’est que la photographie est (apparemment) devenue si facile, que la vraie difficulté, de nos jours, est de faire en sorte que les gens regardent tes photos - tout simplement parce qu’il y en a des milliers de milliards sur Internet ! Mais c’est précisément le genre de défi que j’aime relever, à la fois avec An Eye on the Fingertips, mon projet en cours, et avec le présent site Web. »

Je n’avais pas compris sur le coup (…d’autant que Frank me dépassait d’une large tête, me semblait indestructible…) son choix assumé du compact qui laissait de coté son prodigieux 80 mm.
Désormais, je comprends dans mon propre corps le soulagement qu’il a éprouvé à se passer de ses lourdes optiques…!

Mémoire et catalogue

Bref, le seul appareil photo que je trimballe quotidiennement est un iPhone (…axiome de Lukino…!)

Bref, j’en avais parlé ici : urbanbike | iPhone 13, attendre ou pas ?!. Je n’ai pas attendu…

À ce jour, plus de 45 000 images se bousculent dans mon iPhone, toutes stockées à distance dans le Cloud d’Apple.

Mais comment retrouver les photos prises à San Lorenzo ou au Thoronet ?

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Pour les photos récentes prises exclusivement au iPhone, facile via l’app Photos.
Mais pour les précédentes ?

C’est ici que mon fidèle Day One sous iOS intervient !
Une recherche sur le nom de la cité…

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Un affichage des entrées et donc de lales dates de prises de vue.

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Puis, accessoirement, un tour dans nos archives photo stockées et clonées sur plusieurs disques de 6To pour atteindre les fichiers, JPG, RAW ou HEIC pris le jour dit.

Je ne reviens pas sur cet aspect : un dossier par jour mélangeant tous les formats mais également les rares vidéos que je rangeais à part…

Bref, en conclusion, je vais poursuivre l’aventure1 avec Day One et, toujours, un simple iPhone…

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…le talent en moins : avoir approché Horvat quelques années ne m’a pas insufflé le sien…!

À suivre…!


  1. Je songe même à vendre mes optiques et accessoires désormais inutiles… Mais cette décision est suspendue aux envies de ma fille qui m’a accompagné des années sur les sentiers côtiers, lire urbanbike | De la douceur dans les pixels… ↩︎

le 26/06/2022 à 13:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Ras le chiffon des salles de bains et cuisines idéales !

Invisibilité et entretien

dans architecture | dans mon bocal | mémoire | vieillir

Quelques notes décousues, foutraques et amusées à propos des maisons contemporaines présentées dans les revues ou sites web…
Ces reportages léchés qui ont la fâcheuse habitude de faire passer nos propres logements pour des placards !

Cela fait des années que je ne peux m’empêcher de me gausser devant certains reportages !
Les réalisations tape à l’oeil, surdimensionnées, aux linéaires vitrés impressionnants, sont mes cibles préférées.

Inversement, je reste bouche bée devant les projets astucieux réalisés dans des contextes urbains compliqués. Ou face aux réhabilitations épatantes qui allient enveloppe architecturale d’origine et matériaux contemporains, des partis-pris audacieux assumés de toute beauté (…en Italie et Espagne notamment).
Le tout sous le couvert d’une réglementation moins tatillonne et le savoir-faire de professionnels aguerris.
Accessoirement… avec quelques moyens…!

Mode et déco

Ces réalisations récentes sont les catalogues des tendances du moment…
Leurs images — véhiculées par nombre de revues d’architecture ou de décoration intérieure — nous vendent du rêve, apportent des idées, ouvrent de nouvelles perspectives.

Tout gamin, j’ai été biberonné aux réalisations de Richard Neutra et Frank Lloyd Wright

Ces revues iconiques d’architecture intérieure me font irrésistiblement penser à… Point de Vue1 ou Images du Monde que ma grand-mère paternelle et ses soeurs feuilletaient jadis, s’extasiant devant les robes et les ors des têtes couronnées…

Leurs reportages donnent irrésistiblement envie de décliner ces solutions dans nos propres espaces, des plus… étranges aux options nettement plus révolutionnaires.

Des inspirations pas toujours heureuses : ainsi la mode des galets ou du minéral dans les douches ou autour des baignoires, des réalisations compliquées à nettoyer… Ou encore ces baignoires catafalques, vasques avec tuyauteries déportées, etc.

Qui n’a pas fantasmé devant une incroyable salle de bains avec vue s’ouvrant sur un univers végétal harmonieux ?
Contraste brutal en pénétrant à nouveau dans la notre, aveugle, aux dimensions exiguës2…!

Un monde hors sol

Les clichés de ces réalisations manquent singulièrement de vie, de désordre, nous donnent à voir une image idéale de l’existence d’un groupe social privilégié.

Parfois, le ou la propriétaire se met en scène, seul(e) ou avec un animal de compagnie.
Les enfants sont absents, cette discrétion s’explique aisément notamment dans des contrées où les kidnappings avec demandes de rançons ne sont pas rares3.

Les jardins qui entourent ces lieux sont magnifiquement entretenus, l’herbe rase, les plantations exubérantes.

Tout est luxe, calme et volupté…!
Les piscines remplies d’une eau cristalline ; les véhicules haut de gamme parfaitement lustrés et alignés… Quelques beaux fruits choisis pour leur touche de couleur sont habilement posés dans ces gigantesques cuisines laboratoires4 d’où rien ne dépasse, impeccablement rangé…

Bref, un monde à l’opposé du mien… Je me retourne et je vois les pots de couleur qui s’entassent à coté des bols et des ustensiles utilisés quotidiennement pour cuisiner…!
À ce propos, dans ces grandes unités, on voit rarement des personnes en train de préparer un repas ou faire la vaisselle…

Sur les photos de ces volumes sublimes, pas la moindre trace de doigt, aucun dépôt de poussière, aucun lit aux draps froissés, aucune salle de bains en désordre.

Mais comment font-ils…?!

Qui tient le chiffon ?

Ces lieux sont très exceptionnellement entretenus par les propriétaires eux-mêmes.
Une fausse manipulation d’un tampon jex et c’est une chemise chiffonnée, un ongle manucuré brisé. Je galèje…

Le secret ? Des domestiques… généralement invisibles5 comme les photos le démontent par la simple absence de ces rouages essentiels.

Le must reste le couple de domestiques. Lui pour conduire la voiture (oui, c’est très sexué) et entretenir le jardin ; elle pour s’occuper de la maison et cuisiner… Pour les très grosses unités, on croise beaucoup de personnel, voire des vigiles…

Plus sérieusement, c’est une question de statut social.
Au Mexique où j’ai vécu tout gamin, il est inconcevable que la señora fasse quoi que ce soit dans la maison…
Et même si elle s’y essaye, elle se fait engueuler par le personnel de maison qui lui rappellent que c’est leur job…

Ce système d’avoir du personnel de maison n’est pas réservé aux… maisons. Lors du démarrage de la pandémie en 2020, nombre de couples qui avaient l’habitude d’être servis se sont retrouvés totalement paumés dans leur propres logements, leur personnel étant parti ou malade.
Et eux, en détresse, incapables de sortir les poubelles ou cuisiner…!

Où sont-ils…?

Ces esclaves modernes sont relégués (au mieux) dans un petite pièce attenante.
Au mieux, j’insiste.

Dans les projets pharaoniques que je scrute quasiment chaque jour (…et que je relaye rarement tellement leur faste est à des années lumières de notre propre univers…), j’aime localiser sur les plans la place6 laissée aux domestiques…

Elles est significative de l’importance (respect…?) que l’on leur accorde…
Quelques exemples…?

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En Europe, le personnel est généralement plus à l’aise, voire dispose de son propre pavillon sur la propriété7. Ou loge dans le hameau voisin, ne vient que quelques heures.

Est-ce monstrueux ?
Oui ou non dès lors que nous l’analysons selon nos standards. Mais c’est nettement plus complexe (même si toujours sidérant) quand on l’expérimente soi-même à l’étranger8

À suivre…!


  1. Aucune ironie dans mes propos, petit rappel historique… ↩︎

  2. Je reste sensible à des solutions modestes vu le coût de la construction, aux petites salles de douche astucieuses avec Tancarville intégré ou sèche serviettes astucieux…! ↩︎

  3. Nombre de lecteurs méconnaissent la situation en Colombie, Brésil ou Mexique…! ↩︎

  4. Pour l’absence de hotte dans les cuisines que je fustigeais régulièrement, merci au copain qui m’a informé de la commercialisation de nouveaux dispositifs d’aspiration…! ↩︎

  5. Ainsi, très récemment, ce splendide exemple d’esclavage domestique au Brésil. Cet autre, plus ancien, au Liban… Des cas d’esclavage moderne avérés (et jugés), même en France↩︎

  6. La vie d’un seul lit ne doit pas nous égarer : comme dans les studettes des sports d’hiver, le principe des lits superposés permet d’entasser le personnel… ↩︎

  7. Souvenir d’un couple d’amis qui s’était retrouvé, suite à un revers de fortune, gardiens d’un château en vallée de Chevreuse… ↩︎

  8. Pour ma part, je n’ai jamais oublié… Louisa qui s’est occupé de ma pomme en Algérie puis au Canada ; Angela qui a été ma mère de substitution au Mexique… ↩︎

le 17/05/2022 à 09:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Vues aériennes | l’implacable illustration des 70 ans écoulés

Territoires grignotés, urbanisés

dans dans mon bocal | groummphh | mémoire | vieillir

Un de mes vieux copains développe à temps perdu une application qui fonctionne sous iOS.
L’une de ses nombreuses caractéristiques est proposer un simple basculement entre photos aériennes anciennes et récentes pour une localisation donnée…

Par curiosité, j’ai revisité des lieux où je me rends fréquemment, mais également des territoires de mon enfance.

Les photos aériennes les plus anciennes appartiennent au fond de l’IGN et ont été prises dans les années 50/60…

À la louche, histoire de fixer une échelle de temps, disons qu’elles donnent à voir l’état des villes et des campagnes il y a soixante-dix ans. Quasiment mon âge…

Actuellement, je passe un peu de temps à Aix-en-Provence, ma fille y fait une seconde licence après un master d’Espagnol…

Aix-en-Provence

Je place en tout premier lieu (ce sera la seule) une carte IGN de 1950. Aix-en-Provence est en haut (…en passant, pour en savoir plus sur cette ville, baladez-vous sur le site de Damien Pachot)…

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Maintenant que vous avez le contexte, j’ajoute cette photo aérienne des années 50 située exactement sur la même zone géographique

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L’espèce de serpent qui circule en bas de cette photo est la rivière l’Arc…
Si vous êtes attentif, vous pouvez également lire le tracé de la ligne de chemin de fer qui passe au Sud-Ouest puis descend vers le bas de la photo, enjambe, via un viaduc, l’Arc en réalisant une superbe courbe…

Tadaaaa…
Maintenant, vue aérienne récente…

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Je vous laisse reprendre votre souffle et méditer…
La vielle ville d’Aix-en-Provence ne s’est pas déplacée, l’Arc non plus, une autoroute le longe…
Les champs ont disparu, la ville s’est étendue vers le sud, vers l’Ouest.

Mejannes-le-Clap

Il y a une quarantaine d’années (plus…?!), jeunes étudiants en architecture, nous nous étions retrouvés à Mejannes-le-Clap. Je me souviens que nous y étions repassés il y a dix ans et, choc…

Pour en avoir le coeur net, deux clichés…

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C’est le moment de relire urbanbike | Sur les chemins noirs | Sylvain Tesson

Péronville

Tous les villages n’ont pas subi ce même type de développement…

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Je restitue la position de la grange de… la fille de la soeur de ma grand-mère (!) et son allée de Dahlias…

Quid dans 20 ans…?!

J’ai regardé d’autres villes ou villages que je connais particulièrement bien : Suresnes, Versailles où nous avons fait nos études d’architecture, la communauté de communes de Belle-Île en mer, etc.

L’idée est de simplement constater — par le basculement d’une vue aérienne vers une autre — ce qui a changé en l’espace de 70 ans.
Et d’imaginer ce que que cela risque de donner dans vingt ans si ça continue de plus belle…

Ce qui me frappe, c’est l’artificialisation des sols, la perte visible des espaces agricoles, des haies qui séparaient les champs, la percée des voies de circulation et la place prise par la voiture dans le paysage…

Pour conclure, pas de discours, je préfère laisser le dernier mot à Sylvain Tesson (sur les chemins noirs)…

“Une batterie d’experts, c’est-à-dire de spécialistes de l’invérifiable, y jugeait qu’une trentaine de départements français appartenait à « l’hyper-ruralité ». Pour eux, la ruralité n’était pas une grâce mais une malédiction : le rapport déplorait l’arriération de ces territoires qui échappaient au numérique, qui n’étaient pas assez desservis par le réseau routier, pas assez urbanisés ou qui se trouvaient privés de grands commerces et d’accès aux administrations.”

le 11/05/2022 à 17:45 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #