Je lis dans les gazettes les propos de nombreux experts et je ne résiste pas à ajouter mon petit caillou de simple utilisateur dans la mare !
Je vais raisonner avec les quelques éléments dont je dispose, les nôtres !
Dans le désordre :
- Nous avons un espace de stockage familial de 200 Go dans le cloud Apple partagé par nous quatre (…à moitié occupé)
- Je n’ai pas les finances pour m’offrir le dernier grand format iPhonesque avec 256 Go de Stockage et des optiques plus lumineuses
- Mon propre iPhone 7+ de 128 Go fonctionne parfaitement et est utilisé quotidiennement plus de 80 % de mon temps quand j’ai le nez sur un écran
- J’emploie la bêta du prochain iOS dessus et elle fonctionne sans souci
- J’ai toujours 40 à 50 Go de libres sur ce iPhone 7+ dès que je fais le ménage des photos (… nos visuels sont alors stockés sur des disques durs à plateaux de 3 To)
- Ma fille aimerait bien (!!) récupérer cet iPhone 7+ à deux optiques par la suite, ce après avoir récupéré naguère mon ancien iPhone 6s+
- Son vieil iPhone 6s+ fonctionne parfaitement (increvable)
- Ma moitié est ravie de son iPhone 5s tout aussi antique et n’évoque plus son Nokia depuis que la 4G est dispo en Espagne (le recharge tous les trois jours)
- Mon fils s’est fait voler son iPhone 6s+ et a acquis d’occasion un 6s de base sur un site de produits d’occasion.

Quelles conclusions tirez-vous de cette liste d’informations ?
- Qu’Apple se casse la gueule ?
- Que notre tribu est désargentée ?!
- Que l’on se fout de la nouveauté car nous avons l’expérience de la tenue dans le temps des iPhones ?
- Que nos iPhones (dé)passés suffisent à nos besoins ?
- Que c’est nettement plus l’iOS (et son univers pratique) qui nous intéresse que le dernier écran disponible ? Même si c’est tentant…
Bref, le fait de laisser passer une génération (…ou 2, voire 3 ou 4) n’a rien de catastrophique, tout dépend des usages réels et non ceux supposés, voire entretenus par le marketing.
Et c’est en cela que je ne pense pas qu’Apple se casse la binette, juste que leurs iPhones (contrairement au taux de remplacement des écrans d’autres plateformes que je vois chez des amis) sont solides, fiables et que le remplacement est souvent du à une mauvaise chute (et encore) ou, malheureusement, à un emprunt non désiré.
Okay, nous sommes également soigneux, ce qui aide à les conserver en bon état (coques Apple en cuir, surfaces de protection des écran…)

Car il y a un effet de fidélité à l’univers stable proposé par la pomme, un vécu ultra positif. Et une sacré fiabilité.
En tous cas, ces iPhones dépassés nous permettent de prendre quelques clichés, de nous repérer ici en Espagne.
Et même d’écrire dans Drafts des notes à l’université (ou d’humeur en ce qui me concerne), de nourrir Day One quotidiennement…
C’est tout.
Parenthèse : en décidant de me déconnecter quelques jours de Twitter, je prends — à nouveau — conscience de mon addiction aux news en mode télégraphique mais également que je peux aisément retrouver du temps en m’en détachant durant un long week-end… Voire plus.
En quittant Salamanca et en se dirigeant plein sud vers Cáceres, bien avant Plasencia, il y a Béjar puis la Puerta de Béjar qui tutoie les 1000 mètres d’altitude.
Nous nous y étions jamais arrêtés jusqu’à présent quand nous descendions à Cáceres ou remontions de Sevilla.
Mais, il y a quelques semaines, nous avons décidé de nous rendre au Monastère de Yuste pour découvrir l’endroit où Charles Quint — alias Carlos V ou encore Carlos I de España — en pleine possession de ses moyens, encore jeune, a décidé de se retirer après avoir renoncé à la couronne et à ses privilèges.
Cette envie nous est venue après une passionnante visite de l’Alcazar de Sevilla conduite par notre guide francophone, Marina. C’est elle qui nous a fait découvrir les acteurs de ce gaspacho architectural — pour reprendre ses termes — en évoquant tant Carlos V que Pedro 1er. Et donc la retraite de Charles Quint au Monasterio de San Jerónimo de Yuste.
N’oubliez pas le relief…!
Depuis Salamanca, la distance vers Yuste, à vol d’oiseau, n’est que de 95 kilomètres mais, en réalité, il faut en parcourir plus de 170…!

Pourquoi ?
Les reliefs montagneux d’Espagne, et particulièrement en Castilla y León comme en Extremadura — n’hésitez pas à zoomer dans cette carte référencée qui est l’œuvre de l’IGN espagnole — nous obligent à emprunter la Ruta de la Plata (…désormais, c’est une autoroute gratuite et confortable) pour descendre jusqu’à Plasencia, histoire de contourner quelques Sierras encore enneigées en cette saison …avant de remonter ensuite au …nord-est vers Cuacos de Yuste.

Plasencia avec ses chênes liège est l’indispensable étape d’autant qu’il n’y a pas de réseau routier hyper étendu par ici et l’usage de véhicules 4x4 souvent indispensable dès lors que l’on quitte les principaux itinéraires.
On oublie trop souvent qu’il y a de sacrés reliefs en Espagne. Salamanca est à 798 mètres d’altitude (sur un gigantesque plateau), Plasencia n’est qu’à 406, Béjar entre les deux à 953 !
Tout comme cette image d’Épinal d’une Espagne aux températures torrides. C’est vrai (!!) mais parfois avec de sacrées amplitudes ! De -12° à + 30° annuellement à Salamanca. Ces derniers mois, il était courant d’avoir une température négative le matin et se retrouver à 20° l’après-midi. Et avec le réchauffement climatique et la sécheresse qui se déploie, pas fini d’encaisser ces amplitudes. D’ailleurs, pas de neige cette année à Salamanca, que de la neige fondue sous forme de pluie…
Yuste
Le Monasterio de San Jerónimo de Yuste est situé à quelques kilomètres à l’ouest de Cuacos et mérite amplement le détour et ces 170 kilomètres parcourus…
Cadre architectural splendide (rappel, les photos sont interdites dans tous les sites du patrimoine national espagnol), on comprend pourquoi Charles Quint s’est retiré ici en se baladant dans les deux patios, en appréciant les vues sur le paysage environnant qu’il avait depuis ses appartements.


Ce roi y est mort à plus de 58 ans après une vie particulièrement remplie mais usé par une maladie insidieuse, la goutte. D’ailleurs, on peut voir un fauteuil spécialement étudié dans ses appartements.

Sans oublier un sentiment de tristesse après avoir perdu son épouse, Isabel de Portugal dont il était réellement amoureux et dont un tableau peint par le Titien était accroché dans ses appartements à Yuste — tableau désormais au Musée du Prado.
Depuis Yuste (519 mètres), nous avons poursuivi notre route jusqu’à Guijo de Santa Bárbara, au nord de l’Estrémadure pour y passer une nuit fraîche et paisible à …876 mètres d’altitude.

L’occasion de rappeler qu’il existe nombre de piscines naturelles au pied des sierras (de fait, des torrents dont des rétrécissements et donc des retenues d’eau artificielles ont été créés par la main de l’homme) qui sont autant de lieux de baignade dès que les températures partent en flèche…!

On en trouve à 200 mètres à pied de Guijo de Santa Bárbara ou encore non loin de Cuacos de Yuste, le Lago indiqué étant une imposante plage artificielle avec restaurants, parkings, campings…

Béjar
Le lendemain, nous avons fait la route en sens inverse, revu les allées bordées de palmiers de Torremenga, puis après être repassés par Plasencia, remis le cap au nord avant de nous arrêter enfin à Béjar.
Notre but restait de découvrir Candelario qui se situe plus haut à 1136 mètres d’altitude.

C’est en nous rendant au palais ducal de Béjar que nous sommes tombés sur l’ancêtre de Big Brother !
Si internet est un outil fabuleux, parfois le hasard permet parfois de découvrir un point non (encore…!) signalé dans Wikipedia par exemple.

Et, ici, il s’agit d’une Camera obscura réinstallée (…ça se discute) à son emplacement d’origine en 2010, sur l’une des tours du palais ducal.
D’ailleurs, pour vous en convaincre, jetez un œil sur les photos du palais dans Wikipedia et sur celles qui suivent…! Il manque cette excroissance qui permet de surveiller la vallée.
Bon, en cherchant avec les bons mots clés camera obscura béjar, vous tombez sur une série de liens en espagnol. Dont le plus intéressant est bien entendu en espagnol mais également disponible en français, et un rappel historique de 4 pages au format PDF. Et pour cause, c’est l’entreprise qui réinstalle ces chambres noires.
Bref, nous ne savons pas si cette Camera Obscura existait précédemment mais l’expérience que nous avons vécu pendant près de 30 minutes à Béjar était renversant (à tous points de vue !).
D’autant que nous avons pu détailler le relief environnant sur 360°, suivre tant les voitures, cyclistes, joggeurs que des oiseaux et se rendre compte que l’on peut ajuster sans problème le focus pour jouer sur la netteté.


Et ceci à l’insu bien entendu des personnes observées lors de cette épatante démonstration optique.


Bref, si vous passez dans le coin un week-end, que le temps est convenable, c’est à tester.
Puis n’hésitez pas à monter encore jusqu’à Candelario qui se situe 150 mètres plus haut et à vous perdre dans ce village.
