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Le plein s’il vous plaît !

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean

dans lire | vincent

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


Devinette…
Quel est le point commun entre :
- La grève des pêcheurs en France ;
- La guerre des Américains en Irak ;
- La dévastation de la forêt boréale au Canada ;
- La probable faillite de GM aux USA ;
- L'augmentation du prix des tomates en Belgique ;
- Les investissements chinois en Afrique ;
- Les ballades philanthropiques de Total en Arctique ;
- Le 4x4 du maître des lieux ;
- Mon dernier voyage aux Seychelles ?


Sujet dans l'air du temps, la déplétion de la production d'hydrocarbures et son corollaire, l'énergie chère, ont fait ces vingt-quatre derniers mois une percée médiatique assez remarquable. Il ne se passe plus une semaine sans qu'un spécialiste de quelque chose ne glose dans un dossier consacré aux soubresauts du baril ou qu'un invité de marque n'apporte à la radio ses lumières et contre-vérités concernant les énergies renouvelables… Sans parler de tous ces bouquins qui sortent avec une régularité de coucou suisse.
Dans cette déferlante d'informations, il est parfois difficile, pour ceux qui abordent toutes ces questions pour la première fois, de s'y retrouver ou même d'y comprendre quelque chose.

D'où l'idée de vous parler du petit opus de Grandjean et Jancovici…
Pourquoi lui ? Hé bien, d'abord parce qu'il a été évoqué dans un billet sur urbanbike (et j'ai promis à JC d'écrire un truc là-dessus…), mais également parce qu'il sort un peu du lot par sa pédagogie et son humour : ça change du ton morose qui règne dans ce genre de littérature et ça permet de rendre accessible aux pauvres-z-ignares que nous sommes des notions parfois fort absconses – je me suis rassuré plus d'une fois en pensant que les auteurs ne savent probablement pas ce qu'est une espace justifiante, une esperluette ou un Ozalid… –

Les auteurs, justement : Jean-Marc Jancovici (on dit 'Janco' parmi ses disciples les habitués) est un ingénieur-consultant issu de Polytechnique, spécialisé dans tout ce qui touche à l'utilisation de l'énergie et aux émissions de gaz à effet de serre – on trouvera sa bio complète sur son site web, (au demeurant assez heu… épuré, mais regorgeant d'articles plus intéressants les uns que les autres).
Alain Grandjean est également polytechnicien et docteur en économie de l’environnement, il a écrit quelques livres sur l'économie et l'environnement, et est assez impliqué dans la fondation Hulot (tellement qu'il n'a apparemment pas le temps de tenir un blog).

Qu'est-ce qu'on y raconte ?
Alternant chiffres, anecdotes, faits historiques, exemples concrets et clins d'œil au lecteur, Jancovici et Grandjean attaquent leur sujet par plusieurs faces : le Pic de production de pétrole et le coût de l'énergie, bien sûr, l'OPEP, le réchauffement climatique, mais aussi d'autres thèmes qui a priori ne sont pas en prise directe avec l'industrie pétrolière : l'explosion démographique, le Club de Rome, Malthus et Tocqueville, la croissance et le PIB, le capitalisme, … Cela pour nous brosser à grands traits un état des lieux (et des stocks) de la situation énergétique et climatique de notre petite planète.

D'entrée de jeu, la mécanique démonstrative est enclenchée : explication des problèmes, conscientisation et responsabilisation du lecteur, évacuation des fausses bonnes idées (qui viennent d'emblée à l'esprit de celui-ci), proposition de la "vraie" solution (la moins pire, dirons-nous). Comme on peut s'y attendre, certains clichés et idées reçues se voient au passage régler leur compte ("l'hydrogène remplacera le pétrole", "ils trouveront bien quelque chose", etc.). Le tout est rédigé dans un style direct qui ne se prend pas trop au sérieux, bien argumenté, étayé par des références et des chiffres et doté d'une petite bibliographie. Pas mal, pour un livre qui fait à peine 200 pages.

Une des grandes forces de leur propos, qui rend l'ouvrage particulièrement efficace, est de quantifier clairement notre rapport à l'énergie pour ensuite mettre en perspective ces ordres de grandeurs – qui d'habitude échappent complètement à notre entendement. Ce faisant, ils arrivent à rendre palpable une autre (et parfois trouble) nature des choses.

Revoir son point de vue…
Après ce livre, lorsqu'un sémillant journaliste annoncera dans le poste qu'on a découvert un nouveau champ de pétrole au large du Trukustan, vous ne vous réjouirez plus, que du contraire : vous saurez que les réserves annoncées de ce nouveau gisement ne représentent pas beaucoup plus qu'une semaine de consommation mondiale actuelle et que, par conséquent, ce non-événement confirme une fois de plus que l'exploration pétrolière n'a rien découvert de majeur depuis au moins 30 ans, ce qui ne fait malheureusement que confirmer la théorie de King Hubbert selon laquelle… – etc. (vous compléterez après lecture).

Bref, un ouvrage déconcertant et un peu rentre-dedans, mais facile à aborder pour qui souhaite faire rapidement un tour d'horizon de notre (probable) futur énergétique. Pas mal aussi pour tenter de réveiller son entourage : je pense l'offrir à Oncle Alain, qui a tant de mal à garer son Cheyenne en bas de son immeuble parisien, ou peut-être bien Cousine Rosa, qui a entendu dire par Claude Allègre que "n'en déplaise aux ayatollahs verts, tout ne va peut-être pas si mal…"


Le plein s'il vous plaît !
La solution au problème de l'énergie
Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean
Éditions du Seuil, 2006
9782757803011 | 18 €



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le 24/07/2008 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Vincent, Laurent, Alan et les autres

Constellation de rédacteurs

dans lire

De temps à autre, urbanbike reçoit un peu de renfort de l'un de ses lecteurs.
Aujourd'hui, c'est au tour de Vincent Burgeon d'écrire un billet sur un thème bien présent ces derniers temps. Pour info, made in Bruxelles, Vincent est Brompton User et graphiste…

Après Hisako (peintre japonaise), Alan (photographe urbain), Régis (…et sa maison en bois), Volker (Monsieur RAW), Martin (pour la postface de Comment travailler chez soi), Gabs (illustrateur), Bernard (qui n'aime pas le GPS), Michaël (au Laos), Marc (le mécanicien de InDesign), Dominique (aux machines)… Ces signatures écrivent à leur rythme, reliées par une communauté d'idées…

Et, bien évidemment, Joël, Laurent et Lukino qui chroniquent régulièrement dans ces pages…

le 24/07/2008 à 07:25 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Adieu souris…?

"Dépassée" qu'il a dit l'expert…

dans groummphh | outils

Cela fait quelques années, que dis-je, près d'un quart de siècle que j'utilise une souris pour travailler… Plus que le clavier, c'est elle qui me permet de dessiner, placer, positionner, ajuster… Et voilà que l'on m'annonce hier soir que celle-ci va disparaître…
Certes, en 1984, il était rustique mon premier mulot. Une sorte de cube aux arêtes un poil arrondies et un gros bouton gris sur son dos. Depuis, ma souris s'est affinée, est devenue transparente et s'est dotée même de boutons latéraux…

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Voire d'une molette sur le dos pour celle toute blanche qui m'accompagne quotidiennement…

J'aime toujours autant ce périphérique sobre et ergonomique qui reproduit les mouvements de ma main et donne vie à mes boulots… Je peux comprendre qu'elle soit de trop sur l'iPhone, parfois absente de mon MacBook Pro. Mais dès que je dois être précis, rapide, efficace en production, rien ne la remplace. J'ai bien essayé le stylet sur une tablette graphique. Eh bien, ce n'est pas mon truc même si Laurent ou Jacques en raffolent.

Alors apprendre qu'elle allait être remplacée par un truc tactile, un système de reconnaissance des gestes, cela me laisse pensif. Quand je me suis retrouvé avec la main gauche immobilisée par une attelle, c'est là où je l'ai appréciée plus que tout. J'ai pu continuer à travailler avec ma Migthy mouse, celle-ci m'épargnant du soucis avec ses multiples combinaisons de boutons… À la réflexion, je me demande si l'expert a raison…?

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N'est-ce pas déjà le clavier qui devait disparaître depuis le début de l'informatique…? Ne devait-il pas être remplacé par autre chose que cet AZERTY conçu pour les machines mécaniques à écrire…? Ma vieille Underwood couverte de poussière fonctionne toujours et possède pratiquement la même disposition de touches que mes claviers informatiques…

Aussi je me demande si ma souris ne survivra pas également à ces expertes prédictions… M'est d'avis que l'on verra plutôt arriver un grosPod avant…!

"Non, ça le reprend…?!" se disent in petto quelques lecteurs… Erreur, je suis simplement patient…!

le 23/07/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #