Porteur de lunettes je suis. Sans, je ne vois rien.
Bref, j'aimais bien ma vie d'avant. d'avant mes lunettes… Or, désormais, c'est tendance même avec une vue impeccable.
Pourtant, ce n'est pas toujours le bonheur d'autant que chacun de mes yeux a besoin d'une correction différente assortie d'une révision régulière (…dernier passage en début d'année chez Meyrowitz, toujours compliqué de régler un bonhomme qui n'a aucune stéréo visuelle)…
Sans oublier les désagréments quotidiens…! Je passe d'une atmosphère fraîche à une atmosphère chaude… paf, buée…! Et cela ne disparaît pas en deux secondes. Pas besoin d'aller très loin pour la trouver : salle de bains au sortir de la douche (…super pratique pour se raser…). Ou cuisine en égouttant la pasta.
Mais pas question pour autant d'oublier mes varilux, ce sont grâce à elles que je peux écrire ce billet.
La nuit, je dors sans . Du coup, chaque fois que je les pose, ce n'est jamais au hasard et, si possible, toujours au même emplacement pour ne pas avoir (pas à voir, hein…!) à les rechercher (…comprendre, tourner en mode hagard dans mon logement).
Alors, découvrir que nombre de personnes s'enthousiasment pour en porter volontairement toute l'année me surprend. Ah oui, mais ce sont des Google glass. Pas d'hostilité de ma part, juste un certain amusement de l'enthousiasme des amis que je lis et qui ont le privilège de les essayer…
Au moment où j'aspire de plus en plus à prendre du recul avec tous mes objets communicants, où j'oublie de relever mes mails, voire de jeter un oeil sur les réseaux sociaux, je pense que ce truc arrive quelques années trop tard pour mon usage. Mais très vite, j'évacue cette idée. Non, pas trop tard, juste pas envie…
On m'objectera immédiatement le "oui, mais si on te le proposait, certain que que tu serais enthousiaste"… Peut-être bien. Pourtant je n'en suis pas certain.
J'aspire de plus en plus à une déconnexion. Certes, j'ai toujours mon iPhone sur moi qui me permet déjà cette (re)connexion si besoin est. Voire, de réaliser quelques images, répondre à un Message ou, plus pratique, éviter de me planter en allant ici ou là (Tomtom user)…!
Plus que de chausser des lunettes communicantes, j'aspire essentiellement à remonter sur mon brompton, poser le 100 macro dans ma besace et pédaler sans but, sans être sollicité par tel ou tel sujet. Bref, m'évader, le nez au vent (et surtout… au soleil… Je sais, il m'est permis de rêver…). Et faire ce que mon grand âge me permet désormais, discuter avec les gens que je croise…!
Alors, ces fameuses lunettes qui me permettraient de conserver le contact avec tout et n'importe quoi, de filmer ma vie, je m'en fous. J'aime bien repartir d'une simple image (mentale ou en soupe de pixels), tricoter à nouveau les évènements récents, réaliser que je ne me souviens plus très bien de tout et que cela n'a pas trop d'importance (il se prénomme bien Aloïs, le camarade Alzheimer…?!)
Bref, trier pour ne conserver la mémoire que de ce qui m'a semblé intéressant… Et puis, si j'ai réellement de mémoriser une scène, facile, une image avec l'iPhone, image qui sera glissée dans Day One avec un commentaire. Et basta.
J'aspire à oublier le superflu, l'inopportun, à vider mon esprit de ce qui me semble inutile. Et rêvasser, laisser (un peu plus) mon cerveau disponible…
Lundi, j’ai acquis WordEver HD (lien iTunes) — oui, comme David, nous sommes assez fous pour acheter nos apps.
Alors…?
Alors juste une étonnante surprise en testant cette application et son clavier étendu. Étendu car les touches pour les nombres sont bien présents à droite !
Flottant et vectoriel…
Un simple glissement du doigt vers la gauche dėvoile un véritable clavier numérique sur la droite.
Hop, un vrai pavé numérique à droite…
Mais pas que cela… Un simple glissement vers le haut sur une touche permet d’insérer non la lettre en minuscule mais en capitales. Bon, inutile si vous accentuez…
Des infos à gauche…
Comme pour toute nouvelle application, un temps d’adaptation est indispensable. Seule la lenteur de la frappe m’agace d’emblée. Oui, lent en réponse comme pouvait l’être parfois certaines machines électriques il y a 25 ans[1].
Mais nous sommes ici dans une sorte de simulation vectorielle assez amusante d’un véritable clavier physique avec mémorisation des touches accentuées. À ce propos, c’est la seule application de traitement de texte qui vous permet d’ajuster l’épaisseur de votre clavier…
Épaisseur au choix…
Mais c’est aussi cette prouesse qui explique la réactivité moindre…
TextExpander et Markdown actifs
L’emploi de TextExpander fonctionne, ce qui est déjà un “plus” car la complétion semble désactivée dans cette version. Mais, pas de souci, Markdown est bien présent avec une barre additionnelle ad hoc.
Touche à mémoire…
De là à crier au miracle, non. Certes, vous avez la possibilité de mémoriser en plus des quatre premières touches une cinquième parmi les huit options disponibles mais c’est quand même assez moyen à l’usage. Et loin des performances d’un Nebulous Notes où d’un Daedalus touch.
Cette barre additionnelle affiche donc des balises dédiées à Markdown mais mémorise également les trois dernières touches que vous avez demandé en plus du clavier que vous avez sous le nez. C’est parfois pertinent mais pas toujours. Pire, on croit parfois retrouver un caractère et non !
Quatre favorites mais uniques…
Enfin, à droite, quatre autres touches sont disponibles pour y glisser vos favoris, comprendre un grand nombre d’options sauf les «caractères accentués», ce qui est assez restrictif, me semble-il.
Le paradoxe est que la saisie en mode portrait est assez confortable même si c’est pas à hurler de bonheur grâce à ces ajustements.
Préférences générales…
À noter que l’on peut gérer la valeur des marges avec des valeurs différentes selon que l’on écrive au format portrait ou paysage via les préférences générales. Et choisir également sa typo, un affichage nuit, etc. Les marges sont utilisables pour déplacer le pointeur par tapotement à un ou deux doigts (caractère ou mot) comme le fait Daedalus touch depuis sa sortie.
Ce clavier est sonorisé et la suppression du son des touches se fait via les préférences propres à ce dernier…
On évitera l’option transparence, très tendance — Drafts le fait aussi — mais inutilisable à mon avis
Pour finir cette rapide prise en mains…
je regrette l’absence de la complétion qui permettrait de palier la lenteur de la frappe sur ce clavier
Dans les favoris disponible, l’absence des caractères accentués au lieu de certains autres dont je n’ai rien à battre.
le coup des trois derniers caractères employées est rigolo mais impraticable à mes yeux… si l’on pouvait choisir entre ce dispositif et augmenter le nombre de touches favorites…
DropBox a refusé obstinément de fonctionner… ok.
La prévisualistion du balisage Markdown est excellente et propose des options d’export fort correctes…! PDF, HTML, texte
Options d’export depuis la prévisualisation…
Mais, bien entendu tout peut se régler depuis le document lui-même…
Sous le titre, les options…
Bon, je ne vais pas abandonner Daedalus touch, iA Writer ou Byword de sitôt… Néanmoins, la démarche est réellement intéressante même si l’app souffre de pas mal de lourdeurs… Sauf qu’elle arrive assez complète en terme de fonctionnalités et avec de vraies nouveautés…
Bref, à suivre pour son originalité en attendant une optimisation pour gommer tout ce qui freine à l’usage…
Nb : avez-vous compté le nombre de produits originaux dont nous disposons sur iOS…? Impressionnant…
je pense à celle que j’employais pendant mon service militaire pour frapper les stencils des permissions, d’une lenteur…!! ↩
Le réel souci sur iPad est que rien n’est définitif tant les développeurs bossent comme des fous et améliorent leurs produits !
Si Byword était l’un des fort rares traitements de texte à supporter les quelques options offertes par le balisage MultiMarkdown, cette hégémonie est en passe de cesser avec la 6.1 de Nebulous Notes. Pour commencer car d’autres produits devraient rejoindre fissa ce club assez restreint du MultiMarkdown (…qui en est désormais à la version 4).
Bon, il faut immédiatement relativiser ce plus. @david_bosman me faisait judicieusement remarquer que, sans pousser mémé dans les orties, Markdown original convient à 99% des usages. Voire à 100%. Je reconnais que David a raison !
Le plus à mes yeux est de pouvoir écrire enfin des légendes dans les balises des images. Et non en dessous. Ainsi :
Ce n’est pas spectaculaire mais la tâche de Phil n’a pas été aussi aisée que cela. Et rappelons au lecteur de passage qui n’aurait pas lu cette chronique sur urbanbike ou celle-ci — voire celle là suite à une remarque facétieuse de Joël — que Nebulous Notes est un épatant produit qui remplit peu-à-peu tous les manques que je soulignais dans les versions précédentes.
Facile de visualiser son balisage…
Bref, ce qui est plaisant, c’est la prévisualisation (avec sa CSS si besoin est)
Là avec une CSS empruntée aux dévs de Byword…
Alors, c’est complet ?
Non, pas encore. Comme échangé avec Fabrice sous Twitter, il manque désormais un export au format PDF de l’aperçu.
En tous cas, si vous êtes déjà utilisateur de ce traitement de texte, il serait franchement dommage de rater cette mise à jour !