Depuis quelques jours, je sillonne les sentiers côtiers avec le 1D mark II que m’a passé Renaud. Ce boîtier vieux de dix ans n’est certes plus pris en compte par Canon mais fonctionne comme une horloge. J’ai logé les cartes ad hoc dans les deux emplacements disponibles et sa batterie semble taillée pour tenir des jours entiers.

Suite au nettoyage effectué par Maître Zit, j’ai laissé, vissé à vie quasiment, mon Canon EF 100mm f/2.8L Macro IS USM. Je ne sais si cela limite l’arrivée des poussières mais, pour l’heure, cela me convient parfaitement.

Bref, soit à pied ou en Brompton, me voici le nez à vent, l’œil aux aguets. Ce que je photographie est d’une banalité confondante, des chardons, des araignées, des bouts de rocher explosés par les assauts de la mer. Voire des volatiles rigolos…

Mais surtout des fleurs microscopiques qui arrivent à survivre sur ces bords de mer venteux et salés.



Ou des variétés plus communes…





Quelques rencontres agréables comme ces plumeaux légers qui se fondent avec les graminées, des mélanges de couleurs qui me procurent des émotions (chacun ses drogues !), le pourpre des bruyères, etc.


Et pour m’approcher, je me glisse par terre, je rampe à côté de ces sujets colorés, écarte légèrement de la main les plantes en surnombre pour dégager ma prise de vue, tourne, virevolte, recule, avance à nouveau. Dans ces moments là, je ne pense à rien. Je ne suis qu’un œil qui cadre, compose au gré de la lumière qui éclaire la scène.
Peut importe que mon image ne fasse que 8 MP, que le matériel dont je dispose soit obsolète, que je ne me balade qu’avec une seule optique. La belle affaire. Ce qui compte, c’est que je sois bien avec moi même : pas besoin d’antidépresseurs, d’euphorisants, de lever le coude ou de fumer un truc quelconque. Mon cerveau est plein de couleurs, de formes, de transparences. Et cela une seconde fois, en traitant légèrement mes images sous Lightroom !
Enfin, que les images capturées soient dignes d’un quelconque intérêt ou non, quelle importance ? Elles me plaisent et relatent à leur façon ces instants de bien-être. N’est-ce pas l’essentiel ?!

Conserver les apps que l’on a acquis naguère (…ou récupéré lors d’une promotion gratuite) permet parfois d’assister à de très belles transformations.
À vrai dire, je ne me souvenais même plus de ProCamera qui ne m’avait pas enthousiasmé alors. Et puis, à l’occasion de la sortie de cette dernière version (…et de la lecture de quelques tweets enthousiastes de personnes que j’apprécie), je me suis décidé à le tester à nouveau.

Note : Je ne vais pas évoquer la partie vidéo pour la bonne raison que cela ne m’intéresse pas (…je n’en ai pas le goût. Si je change d’avis, vous serez les premiers informés…).
La première chose à retenir est que cette application regorge de tiroirs secrets et d’options dites PRO ou Expertes…! Difficile de résumer un tel foisonnement de fonctions si ce n’est de vous conseiller d’explorer et cliquer sur tous les boutons ! Bref, d’accepter de prendre le temps de faire le tour du propriétaire SANS prendre de photos, genre 10 bonnes minutes à vous balader à blanc dans ProCamera !
Tous les accès à ces options se situent en cascade en bas d’écran :
- à droite, un appui sur l’icône liste permet d’accéder à une première série d’icônes suivi d’un mode expert, d’un stabilisateur (l’image n’est prise que si l’iPhone ne bouge pas) et un retardateur.
- Mais revenons sur les 4 premières icônes présentées. La première permet de changer de format et donc de passer du 3:2 au 16:9 ou au format carré. La seconde affiche vitesse, histogramme et ISO. La troisième permet d’afficher un horizon artificiel. La dernière d’ajuster l’une des grilles de composition.
- à gauche, un bouton PRO propose d’accéder à l’album (qui, selon vos choix, peut être celui de l’iPhone ou un album temporaire géré par l’application elle-même). Comme tout est en cascade vous pouvez visualiser les images mais également les exporter, accéder aux EXIFs de base ou expert (sic !). Mais aussi aux options de post-traitement !
- Et, sinon, d’accéder aux réglages standards ou poussés. Là aussi, gaffe car entre les réglages de base et ceux plus poussés, il y a de la marge.
Bref, c’est ce trop plein, cette abondance de fonctions au détour d’un banal menu qui est surprenant, érigeant ProCamera en une sorte de Scrivener de la photographie !!
Si vous pensez à une option, cherchez bien, elle y est peut être déjà ! Ainsi le plan avec indication de la direction dans laquelle vous avez shooté votre photo. Ou les trois séries fort riches d’options de post-traitement planquées après les EXIFs. Etc.
J’avoue que je me suis pas mal perdu avant de circuler plus sûrement dans cette usine à gaz.
Les copies d’écran qui suivent sont juste là pour vous rappeler quelles sont les pièces (sic !) que vous avez (peut-être !) raté lors de votre propre exploration.





En résumé : comme il est possible de régler au petit poil l’affichage, il est vrai que l’on apprécie de juxtaposer une grille fine de composition en parallèle à l’horizon artificiel — qui peut, si on place l’appareil à l’horizontale, se muer en compas ! J’apprécie également de visualiser l’histogramme, découvrir qu’en appuyant sur l’info des ISO, ProCamera actionne le zoom ! Etc. Je ne suis pas séduit pour autant mais cette app ne peut vous/nous laisser indifférent.
Bref, une app bordélique en diable qui pourrait faire les délices de ceux qui cherchent depuis longtemps une alternative nettement plus riche aux sempiternelles boites à filtres.
Note de fin : je partage avec david un amour immodéré pour l’app standard photo livrée avec l’iPhone. Mais rien ne vous empêche d’employer les deux indifféremment et de traiter vos images dans ProCamera.
Andrea Camilleri
dans
lire
Rien de plus détendant que la lecture d’un bon polar. Celui-ci tient en 180 pages et est d’une férocité, d’un cynisme et d’un humour consommés. Je l’ai lu d’une traite en me régalant des descriptions des personnages brossés par Camilleri. Certains trouveront que ces gens sont caricaturés, que c’est de la pure invention, etc. Mais dans quel monde vivez-vous ? L’histoire que Camilleri nous narre est épatante, tant au niveau du timing que de l’opération (relire les dernières semaines d’actualité dans notre propre pays) qui se trame.
Confiance, trahison, sentiments mais aussi cupidité et jeu d’échecs avec cette manière épatante de sacrifier quelques pions si nécessaire pour gagner. Et gagner beaucoup !
Désolé, mais j’ai croisé quelques Mauro, Beppo, Guido avec des prénoms bien de chez nous, ambitieux, manipulateurs, entièrement tournés vers leur propre réussite. Intelligents, diplômés de prestigieuses écoles certes, mais prêts à vous réduire en poussière si vous vous opposiez à leurs plans.
Et toujours les mêmes ingrédients : le besoin de réussir coûte que coûte, d’afficher les attributs de cette dernière (possessions, qu’elles soient immobilières, mécaniques ou sexuelles). Force de conviction (capacité à faire pleurer les foules avec des idées nobles dont ils n’ont strictement rien à battre), relations habilement tressées, ambition sans limite mais aussi certitude d’être le meilleur en toutes circonstances. Ajoutez à cela une once de suffisance, deux ou trois tours de mépris.
Avec le risque que ça parte un jour en vrille.
Bref, ici, l’histoire d’un rachat d’entreprise qui va servir également à réaliser de belles économies et un nettoyage industriel tout en professant de belles et fortes convictions humanistes dans des circonstances que je vous laisse découvrir.
Le tout sous fond de crise économique en Italie (…mais, rassurez-vous, ces puissants sont partout, à notre porte certainement si vous savez les entendre au journal télévisé…!) et de libéralisme pur jus où chacun joue sa partie sans se soucier ni de l’entreprise ni de ceux qui les font tourner. Juste de SA pomme.
Bref, c’est jouissif car on ne cesse de ricaner dans cette histoire ou tout le monde essaye de baiser son prochain (ou sa prochaine).
J’ai bien aimé la citation du journal Les Échos sur la quatrième…
Intermittence est un pamphlet féroce contre l’Italie ultra libérale et ses élites cyniques. Un grand éclat de rire jaune qui fait froid dans le dos.
Je remplacerais juste Italie par Monde tant ce récit vise à l’universalité !

Note de fin : et excellente traduction de Serge Quadruppani.
Intermittence
Andrea Camilleri
Points | roman noir
9782757830994 | 6,30 €
