D'Istanbul à Dohoubayezit à pied…
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Au lieu de prendre le temps de vivre en charentaises avec l’arrivée de la retraite, c’est l’histoire d’un homme qui décide en 1999, à 61 ans et des poussières, de suivre la route de la soie, d’Istantbul à Xian en Chine… Le premier tome que je viens de dévorer est sa traversée de 1700 kilomètres à pied de l’Anatolie, parmi les rebelles Kurdes et l’armée turque sur le qui-vive… Bernard Ollivier n’est pas un écrivain au sens habituel du mot… Il nous livre son carnet de voyage, ses notes, ses réflexions intimes (et vous découvrirez que les pieds sont importants), ses emballements et ses peurs…
Bref, j’ai vécu par son texte son aventure sur les routes de Turquie, sa fatigue, les paysages, les contrôles policiers, les tentatives de vol (il y a des copquins dans tous les pays du monde) comme les manifestations d’hospitalité des paysans ou des villageois. Et je pense que c’est surtout ce qu’il faut retenir. Quelle belle leçon que nous donnent ces gens qui n’ont rien et qui interpellent le marcheur pour lui proposer de partager leur maigre repas… Le sens de l’hospitalité de villageois qui laissent leur chambre, leur lit à ce type qu’ils ne connaissent pas mais qu’ils accueillent comme un frère. Bernard Ollivier ne parle pas turc ou si peu. Les gestes, un peu d’anglais, de turc et de français suffisent à chaque étape.
Et les turcs toujours prêts à le transporter en voiture alors que lui ne désire qu’une seule chose : faire la route de la soie à pied !
C’est aussi le constat d’un pays qui oublie sa propre histoire, qui voit ses caravansérails disparaître, ruinés ou bétonnés…
Bref, un superbe récit superbement bien écrit (Ollivier fut un journaliste économique renommé dans sa “vie d’avant”…) et qui nous pose du coup pas mal de questions sur notre propre relation à l’autre. Sans angélisme, juste le constat quotidien de ce qui se fait en Turquie et pas ailleurs…
A près avoir terminé ce premier tome hier, j’ai commandé le soir même les deux autres tomes, ce qui me rassure car la fin de ce premier opus se termine assez mal. Mais, le bougre, il a repris la route et est allé au bout de son rêve. Et à pied.
Longue marche
1. Traverser l’Anatolie
Bernard Ollivier
Phébus Libretto
9,90 €
Ean : 9782752900784
Lecteurs: à lire et à faire lire…
Pérennité : universelle
Jargon : superbement rédigé
Photo faite ce matin dans des conditions médiocres de lumière (toujours dans ma cuisine !)…

Les états-unis revisités par un américain
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Bon, je vous ai déjà parlé de Bill Bryson ici et là.
Oubliez les deux précédents ouvrages (enfin non !) et offrez-vous American Rigolos, ce concentré d’humour d’un très grand chroniqueur. D’abord, ce sont des nouvelles de 3 ou 4 pages que vous pouvez lire à votre rythme… Ensuite c’est fabuleusement bien écrit avec un humour dévastateur (j’ai bien dit grand chroniqueur, j’avais oublié autodérision) qui vous fera hurler de rire. Bon, sa critique des USA est féroce et analyse nombre de détails de l’americain way of life au quotidien.
Bref, féroce et tendre.
Alors, la question serait de savoir si toutes ces chroniques ne sont pas exagérées.
Malheureusement non. Bill Bryson met juste le doigt sur ce qui fait mal. Et c’est l’ironie et l’humour qu’il y met qui démontent l’absurde de certaines situations, la bêtise des politiques. D’autant que ses critiques sont généralement adossées à des citations très sérieuses qui démontrent que l’on peut rire de ce qui est réellement grave…
Sauf que souvent, on est assez atterré parce que l’on découvre, désespéré face à l’absence de réflexion sur les changements à y apporter fissa.
Ce qui revient fréquemment dans ses livres et ici plus encore, c’est la place hallucinante de la voiture dans la civilisation américaine, les Américains oubliant trop souvent l’usage de leurs jambes à la ville comme dans des paysages grandioses.
Idem pour la nourriture fast-food. Or, comme le signalait un papier de Libération du 24 mars 2005 d’Audrey SAVOURNIN : “Les Américains devraient vivre de moins en moins vieux, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine du 17 mars. Si l’espérance de vie a atteint aux Etats-Unis le record de 77,6 ans en 2003, après deux siècles de progression, elle risque en effet désormais de reculer. En cause : l’obésité, qui accroît les risques de maladies cardiaques, de cancer et de diabète. Elle annulerait ainsi les gains de longévité assurés par les progrès de la médecine. Selon cette recherche, les 15 % d’obésité infantile menacent déjà de réduire l’espérance de vie des Américains de quatre à neuf mois. Et l’obésité, tous âges confondus, si elle se maintient à son niveau actuel, pourrait leur faire perdre de deux à cinq années de vie dans les cinquante ans à venir.”
Comment en est-on arrivé là ? La réponse se trouve aussi dans le livre de Bill Bryson…
Je regrette ne pouvoir vous livrer directement une chronique dans son intégralité aussi, essayez un moins un des trois livres traduits en Français de Bryson.
American Rigolos
Chroniques d’un grand Pays
Bill Bryson
Petite Bibliothèque Payot
EAN : 9782228897310
9 € seulement !
Le site de l’auteur. Bon, les éditeurs de Payot, il reste pas mal de livres à traduire, au boulot !
NB : nous aussi, nous sommes étranges aux yeux des américains.

Je suis passé en famille à Villandry dimanche sous un superbe soleil après avoir un peu pesté contre le manque de panneaux sur la route…! Bref, après quelques cafouillages et 30 kilomètres en trop ; hop, arrivée en bord de Loire.
Ce n’est pas le château qui m’a emballé même s’il est beau mais ses jardins… Enfin, plus exactement l’immense potager et le jardin d’ornement situé juste derrière le château. Non pas que le reste soit inintéressant, loin de là.
Comme l’ensemble est encaissé, on peut aisément prendre de l’altitude et contempler les jardins soit des terrasses, soit d’encore plus haut au nord est… Magique.
Alors, si vous passez dans le coin, et en toute saison, effectuez un petit détour pour vous y promener. Réservez-vous deux bonnes heures…!