Ce billet inaugure une très courte (!) série d’articulets (…à publication aléatoire, faut pas charrier…!) sur des apps peu médiatisées et citées naguère furtivement dans urbanbike | En voyage | Sac à dos et iPhone. Je n’évoque que des celles que j’utilise…!
D’abord, je souhaite à tous les lecteurs d’avoir la possibilité de voyager et de s’inscrire pour une période assez longue dans un même territoire, histoire de rayonner, revenir plusieurs fois dans les mêmes lieux avec un regard différent, sous une autre lumière. Nos écrans nous permettent de nous balader en allégeant nos sacs, voire de voyager léger avec un seul écran à tout faire !
Depuis le début de l’année, c’est essentiellement un simple iPhone 7+ qui m’accompagne au quotidien, mon iPad Pro restant dans notre hébergement sauf pour les déplacements de quelques jours.
Je ne vais pas revenir sur les qualités photographiques du iPhone 7+ (…dépassées par les “n” générations suivantes) ni sur l’aspect carnet de notes de cet écran. Je veux revenir sur son usage comme possible substitut aux boules Quies même si ces dernières restent des compagnes permanentes indispensables dans les poches de ma fille !

Néanmoins, j’ai l’occasion de lui faire découvrir myNoise lors de notre dernière escapade. Application qu’elle a installée sur son propre iPad.
Explications…
…des situations que vous avez certainement rencontré…
- le café non décaféiné (…mais servi comme tel par le gars au comptoir qui n’avait pas envie de s’emmerder) avalé le midi et qui continue à faire effet à trois heures du matin. Comment arriver à s’endormir néanmoins sans réveiller ceux qui partagent votre hébergement ?
- la chambre d’hôtel séparée des autres par une cloison bien trop mince pour contenir les ronflements de vos voisins, cycle sonore qui devient très rapidement une nuisance !
- l’hébergement qui ouvre directement sur la rue, la fenêtre de la chambre qui donne sur une rue animée (…comme ici, en Espagne, dans une ville étudiante et festive comme Salamanca…!). Bref, comment échapper à cette joyeuse animation alors que vous avez besoin vital de dormir !
- le voyage en train avec des familles …expansives, voire sans gène, les gamins en bas âge dont les parents n’arrivent pas à contenir les pleurs et les cris, etc. Comment ne pas finir dans la rubrique faits divers !
- ou simplement envie d’écouter au calme un podcast passionnant sans demander à votre tribu de cesser de discuter !
Je voyage avec un Bose Quietcontrol 30 sans fil, casque qui vieillit bien …même si certaines parties se décollent légèrement.
Si d’aventure mon iPad Pro est à portée de main, ce même casque fonctionne en parallèle. En gros, mes deux écrans sont reliés à ce Bose …qui n’en est pas une !
Une fois connecté à ce périphérique, soit je lance Castro pour me passer un fichier préalablement stocké (j’anticipe toujours le pire, à savoir l’absence de réseau, habitudes liées aux conditions rencontrées sur les îles bretonnes) ; soit je démarre myNoise.
Ce dispositif me permet de me soustraire efficacement de l’environnement sonore dans lequel je me situe et donc d’écrire, écouter une émission ou lire.
Mais, quand on est épuisé et empêché de dormir (voir plus haut !), je laisse l’app myNoise fonctionner en continu (elle dispose d’un timmer néanmoins) s’autant plus si mon iPhone est resté en charge, l’autonomie du Bose Quietcontrol 30 sans fil étant, elle, importante.
Note : la consommation est ridicule si le casque et l’écran sont peu éloignés.
Bien entendu, il faut faire un minimum gaffe même avec un casque sans fil. Mais cette absence de câblerie rend l’opération confortable, à condition de ne pas être, soi-même, agité !
Et du coup, je dors assez vite malgré les nuisances sonores !
Quelle source sonore employer ?
myNoise dispose d’une confortable bibliothèque d’ambiances sonores !

Vous pouvez les acquérir séparément après les avoir testées individuellement. Ou opter pour un achat à vie de toutes les productions existantes et à venir (ce qui ne vous empêchera pas de soutenir l’éditeur en lui versant un Tip pour le remercier par la suite).

- Bien entendu, vous avez des icônes pour vous indiquer à quel type d’ambiance vous avez affaire… Et surtout la possibilité de réorganiser votre liste de sons, de favoris. Voire supprimer les ambiances chargées par erreur…
Il y a plusieurs types d’ambiances, des Noise Blocker pour carrément se substituer aux sons extérieurs (je pense à cargo engine room).
Mais également d’autres bien plus naturelles comme unreal ocean qui vont donne l’impression (sonore !) de vous placer au bord d’une plage avec un léger ressac.
Chaque ambiance sonore possède des caractéristiques qui s’adapteront — ou non — à vos besoins. Utilisez la pré écoute pour effectuer une première sélection. Vous comprendrez vite pourquoi j’ai opté pour l’option la plus généreuse ! Difficile de choisir !

- Notez que les indications sont différentes selon les ambiances… Les créateurs de ces ambiances doivent bien rigoler…


J’aime bien les pistes qui proposent tout simplement le son de la pluie comme tin roof rain ou rain noise. Ou encore calm lake ou northern forest, ambiances que j’emploie quand j’écris.
Mais il y a également des ambiances très rythmées (african trance ou marimbas) qui peuvent vous booster si vous êtes dans un effort (marche, course ou …courses…?!).

Enfin, n’oubliez pas que par défaut, ces ambiances sont réglées par …défaut et que vous pouvez les modifier (…chacune propose un registre de choix différents) pour opter pour le rythme idéal à votre situation (d’autant que vous pouvez enregistrer os modifications pour les retrouver — avec la date de la modification — quand nécessaire !).
…Si vous avez besoin de conserver l’animation visible (…qui prend en compte les infos précédentes), vous pouvez également intervenir et amplifier ou réduire ce rendu graphique.
Toutes ces options de modification de rythme sont intéressantes mais, bien souvent, les choix effectués par les développeurs me semblent les plus adaptés.
Je rappelle que vous pouvez mixer deux sources sonores et même conserver l’ambiance en cours sous une autre source sonore, sous un podcast écouté dans Castro par exemple !

Enfin, vous pouvez créer votre propre Noise Blocker si besoin ! Si le cri du bambin à deux sièges dans le TGV est trop intense par exemple…!
C’est tout pour aujourd’hui…!
Nous en avions envie et, juste avant les examens d’Aurélia, trouvé un créneau pour y passer 48 heures. L’idée était qu’elle décompresse du rythme soutenu de ses révisions et découvrir une nouvelle ville où les trois religions du livre ont vécu (sic…!) en bonne intelligence.
Ça, c’est ce qui est écrit. Car dans les faits, c’est un peu plus saignant…
Hormis cela, cette escapade nous a également permis d’expérimenter une ville espagnole à plus de 35° (…c’est là où l’on apprécie les températures fraîches de San Ildefonso, Béjar ou Salamanca…!) en y arrivant un mercredi en plein pic de chaleur mais aussi de quitter cette même ville avec 20° …de moins le vendredi midi…!
Oui, Tolède mérite le déplacement (…comme toutes les villes espagnoles parcourues jusqu’à présent…!) mais demande un poil de logistique…!
Trouver un hébergement si possible en dehors de la ville (…pour de simples raisons de confort et d’accès intra-muros), avec un parking si vous circulez comme nous en voiture (point pratique indispensable même s’il existe un très grand parking gratuit au nord est mais généralement blindé !).
Ensuite, s’équiper comme pour une randonnée car on ne cesse ici de monter et de descendre en permanence dès lors que l’on se balade.

La topographie de la ville (ci-dessus) explique le pourquoi du comment…! Tolède est aux deux-tiers entourée par le Tage, protégée par des remparts avec quelques rares portes d’accès. Enfin le tissu est d’époque avec de furieuses strates romaines, wisigothes, etc.
Bref, pas question d’y circuler en voiture même si la ville n’est pas piétonne, ce qui semble une aberration. D’ailleurs, le matin, on peut apprécier l’adresse des chauffeurs des camions pour livrer marchés et échoppes, quitte à effectuer d’incroyables marches arrières au ras des bâtiments…!
Souvent, dans certaines rues, le piéton doit se planquer dans l’encoignure d’une porte pour laisser passer les véhicules en l’absence notoire de trottoirs. Tissu urbain médiéval oblige…!
Enfin, comme à Cordoue ou à Grenade, toujours intéressant de voir les transformations des lieux de culte dans le temps.
Alphonse VI et les musulmans de tolède : parole donnée mais non suivie…
La Cathédrale Sainte-Marie de Tolède mérite à elle seule de passer une journée à Tolède.
À l’origine se trouvait bien une première cathédrale wisigothe construite au 6° siècle. Mais détruite et remplacée par une mosquée dès 712.
Plus de 300 ans plus tard, en 1085, Alphonse VI de Castille conquiert la ville mais décrète que les Maures peuvent rester sur place et pratiquer leur culte dans les lieux existants.
Sauf que cette décision ne plait pas au pouvoir religieux catholique. Et particulièrement à Bernard de Sédirac, moine bénédictin de l’abbaye de Cluny.
Nommé archevêque de Tolède, il arrive et chasse aussi sec les musulmans qui prient dans la grande mosquée, passant outre les promesses du Roi car fort de l’appui de la reine Constance (de Bourgogne), épouse d’Alphonse VI. Peut être se vengeait-elle des infidélités de son intrépide mari…!
Voire, ne supportait pas l’ouverture d’esprit de son royal époux. D’ailleurs, après sa mort, ce dernier épousa, dit-on, Zaida de Séville.

Toujours est-il qu’une nouvelle et gigantesque cathédrale fut érigée en lieu et place de la grande mosquée de Tolède.
Pour mémoire, Alphonse VI revint fissa à Tolède pour punir ceux qui ne respectaient pas sa parole.
Sauf que l’histoire dit que ce sont les musulmans eux-mêmes qui l’implorèrent de …ne surtout rien faire. Préférant supporter cette situation que de redevenir, quelques années plus tard, les victimes désignées du pouvoir après le décès probable d’Alphonse VI, les rois à cette époque ayant une grande propension à finir mal…!

La Cathédrale Sainte-Marie de Tolède, gothique, est gigantesque et contient un cloître imposant. Et a été bâtie sous la direction d’un compagnon français, maestro Martín.
Le plan de la cathédrale de Tolède s’inspire de celui de Notre-Dame de Paris ou de Saint-Étienne de Bourges, en adoptant une structure à cinq nefs, double déambulatoire et un transept s’inscrivant dans la largeur totale des nefs. cf. Wikipedia.
Mais, à nos yeux, il faut prendre le temps de regarder El transparente le chef d’œuvre du baroque espagnol.

Projeté par Narciso Tomé, c’est tout simplement une merveille remarquable !!

Prenez-le temps de regarder les détails des mouvements des marbres.

L’idée même de cette trouée de lumière ajoutée en 1732 a été pas mal combattue car nombre de personnes pensaient qu’elle allait affaiblir la structure même de la cathédrale gothique.

Ma surprise a été de voir des couples ou groupes de touristes arriver devant cet incroyable monument, occuper physiquement l’espace (en résumé, nous bousculer…!) pour …immédiatement se photographier mutuellement ou se prendre en selfie. Puis repartir.
El Transparente n’est qu’un décor que peu prennent réellement le temps de détailler pour de bon ! Ce que j’en sais ? Juste pris le temps d’observer…!
Il y aurait pas mal de pages à écrire (elles le sont certainement) sur les promesses non tenues de laisser les trois religions du livre vivre en bonne intelligence, que ce soit à Tolède ou à Grenade.
À chaque fois que l’on lâche la bride aux exaltés, ce sont les communautés qui morflent. Quant aux promesses, elles n’engagent que ceux qui les croient, comme d’habitude.
Mosquée Bab Al Mardum
Nous avions vu un chouette documentaire en cinq épisodes sur Arte quelques temps plus tôt avec une visite de la Mosquée Bab Al Mardum commentée par une des meilleures spécialistes, Susana Calvo Capilla.

Aucun regret à avoir crapahuté et traversé à nouveau la ville pour la rejoindre jeudi soir juste avant fermeture. Elle est désormais une église sous le nom de Cristo de la Luz.
Synagogue blanche
Autre lieu hautement symbolique, Santa Mariá
la Bianca… Synagogue transformée en église près de 200 ans plus tard pour les raisons habituelles sur lesquelles il est inutile de s’étendre.

À noter que les leds au sol permettent d’obtenir un éclairage épatant du volume.

Maison du Greco
Bien entendu, il y a des tas d’endroits à visiter (…et que l’on a assurément ratées) mais voir absolument El Museo del Greco !

Entre autres, CQFD. C’est tout pour aujourd’hui.
Vivre à Salamanca est plaisant car non seulement la vieille ville est belle, forte de l’énergie de ses centaines d’étudiants mais elle reste un emplacement idéal pour découvrir cette partie de l’Espagne. Constat personnel, les quelques mois passés ici sont notablement insuffisants. Pas possibilité de tout explorer…!
Pour l’heure, les villes les plus au nord que nous ayons visité sont Zamora et Toro (pas de quoi s’énerver, c’est à une heure de Salamanca). À l’Est, Madrid, El Escorial mais aussi Aranjuez et, au Sud, l’Andalousie ; à l’Ouest le Portugal est en ligne de mire si notre carrosse tient le coup.
Entre ces diverses frontières, Cáceres, Béjar, Ávila et bientôt Toledo.

Retour à La Granja de San Ildefonso
Nous étions venus une première fois à San Ildefonso — au Palacio Real de La Granja de San Ildefonso | Patrimonio Nacional pour être précis — début mars en nous rendant à Segovia. Voir en haut de la carte qui suit (Salamanca est à l’Ouest et non visible)…

Oui, la région est montagneuse et, avantage important pour la Cour (…se souvenir que c’est un site royal), températures nettement plus supportables l’été qu’à Madrid…!

Il faisait certes frais début Mars, deux mois plus tôt, car ce village est en altitude mais le lieu nous avait surpris tant pour les collections du Palacio Real (notamment ses tapisseries…) que pour ses épatants jardins au pied de la montagne, avec des fontaines approvisionnées naturellement.


C’est ici qu’à nouveau le site de l’ign espagnol et ses cartes dynamiques reste un fabuleux outil de découverte…
Versailles…?
Ce qui frappe en se baladant dans le parc, c’est une certaine ressemblance avec un autre parc… si, si, Versailles. Ayant vécu plus de 40 ans dans cette dernière ville, c’est notre sentiment…

D’autant que les thèmes des statues des fontaines ont de nombreuses ressemblances…!


Enfin, loin d’être un détail insignifiant, nous avions apprécié notre hébergement à la Casa del Plantel, modeste maison disposant de trois appartements rustiques mais bien équipés, loin des propositions luxueuses et hors de prix. Pas de problème de parking et à portée des lieux à visiter et commerces à 200 mètres à pied. Bon, je m’étais perdu dans le village pour trouver son emplacement le premier soir mais une fois trouvé, difficile de faire plus pratique et silencieux. Du coup, nous sommes revenus au même endroit la fois suivante…
Là, en Mai, avant les examens de notre fille, nous avions l’envie de revoir ce parc, ses jardins, ses fontaines …au printemps.

Le seul risque en venant à San Ildefonso est de trouver porte close !
Car ce lieu reste avant tout une résidence royale et donc utilisable au gré des besoins du roi Felipe VI. D’ailleurs le Palacio Real de La Granja de San Ildefonso est gardé, protégé tant pour ses collections que pour ses hôtes royaux.
En visitant les jardins le dimanche matin, nous avions noté une présence plus importante de forces de l’ordre et de quelques véhicules de traiteurs. Puis, ce lundi, le domaine était inaccessible jusque à 16:00.
Comme nous avions prévu une randonnée, cela n’a pas eu de répercussion. Il existe un chouette sentier avec de splendides vaches en liberté…!

Pour mémoire, il y a toujours la possibilité de découvrir la Real Fábrica de Cristales de La Granja et ses expos, actuellement sur des verriers italiens de Venise, FRATELLI TOSO. Murano 1902-1980. Colección Lutz Harald Holz.
Mais en revenant dès 16:00 ce lundi dans les jardins quasiment déserts, le Roi réserva une surprise à tous ceux qui s’y baladèrent… Il demanda aux fontainiers de manoeuvrer exceptionnellement les fontaines !

Et le spectacle a de l’allure… Dont ce Neptune douché…

San Ildefonso possède un avantage déjà évoqué : pas de machine pour faire venir l’eau, elle se capte à flanc de montagne.

Du coup, sans artifice aucun, la fontaine des dragons projette un jet à 47 mètres de haut !

En deux parties car pas assez de recul !

C’est d’ailleurs la dernière fontaine en eau que nous avons vu. L’arrêter n’est pas un mince exploit quand le vent est de la partie et se retourne vers les fontainiers !

Après avoir pris congé de notre hôtesse mardi, cap vers Salamanca en évitant de prendre l’autoroute vers Ávila. Nous sommes passés plus au nord, pas très loin du château de Coca, par Arévalo pour déjeuner.

Étonnante place. Désormais la vie est en dehors de la vieille ville (à visiter à pied) et c’est un peu dommage.
Puis nous sommes passés Madrigal de las Altas Torres avant de regagner Salamanca.
C’est tout.