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Lofts Yungay II

Rearquitectura

dans ancres | architecture

Juste à voir si vous en avez un peu marre de traquer les derniers poissons d'avril du jour comme l'augmentation du gaz — ah, on me dit que ce n'est pas un…! — cette opération de logements colorés au Chili, à Valparaíso (cf. contemporist.com)…

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Par le studio Rearquitectura. Voir les plans également…

le 01/04/2010 à 10:40 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Nos voisins du dessous

Bill Bryson

dans ancres | lire

Chronique publiée le 10 octobre 2005 et toujours d'actualité…

Voici un livre de voyage qui met le lecteur en joie… En tous cas, de très, très bonne humeur. Bill Bryson nous raconte son dernier et long périple en Australie en 1999. Nous le suivons pas-à-pas dans ses déplacements d'un point à l'autre de cet immense pays, en voiture comme en train (dont une ligne droite de 480 km…!) ou en avion. Il prend le temps de nous décrire avec le sourire ce qu'il voit ou entend, paysages ou retransmission radiophonique jubilatoire d'un tournoi de cricket…

L'auteur n'oublie pas de se moquer de lui-même en se mettant en scène dans des situations cocasses — le propre des distraits. Une chose est sûre, Bill Bryson aime ce pays qui lui rappelle sa propre enfance dans l'Iowa des années soixante et distille sa franche sympathie pour ces australiens étonnants entre anecdotes, rappels historiques — pas toujours glorieux, il ne nous cache rien et nous fait découvrir pourquoi une énorme partie de ce pays a été le sujet d'une catastrophe écologique sans précédent ou quel est le sort peu enviable des aborigènes. Sans oublier les arrêts devant une bière fraîche vu la chaleur qui étreint ce continent.

Si vous avez envie de comprendre pourquoi Camberra est la capitale de ce pays en lieu et place de Sydney ou Melbourne, combien de sortes de serpents sont venimeux, pourquoi il ne fait pas confondre sac plastique et méduse quand on se baigne (!!), découvrir comment et par qui ce pays a été colonisé, ces informations sont rappelées en filigrane dans ce long récit de voyage… Récit pas suffisamment long car, arrivé à la fin, on se dit que l'on aurait bien pris une option pour un second volume…!

Bref, un récit jubilatoire et très sérieux pour se faire une idée précise de l'Australie et de ses contradictions. Également un excellent auteur qu'il est temps de découvrir. À noter l'excellente traduction de Christiane et David Ellis… Deux autres livres chez le même éditeur et chroniqués sur urbanbike : Motel Blues et American Rigolos.

Nos voisins du dessous
Chroniques australiennes
Bill Bryson
Petite Bibliothèque Payot
9782228899918 | 9,50 €



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le 26/03/2010 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Les raisons du doute | polar

Gianrico Carofiglio

dans ancres | lire

Je suis client de l'excellent Andrea Camilleri et du commissaire Montalbano. J'en ai lu pas mal avec la même gourmandise en me disant qu'il était difficile d'égaler le talent de Camilleri. Erreur, Gianrico Carofiglio met ici en scène un avocat — Guido Guerrieri — un peu paumé mais très humain. Et la magie opère vite. Je me suis retrouvé au milieu de la nuit à prendre la décision de dormir tout de même un minimum, porté par l'écriture et l'intrigue.

Son héros se balade à vélo dans Bari et assiste des délinquants sans pour autant être dupe de leurs agissements. Sauf que l'on est pas dans une ville ordinaire.

Bari, est en face de Bar, de l'autre côté de l'Adriatique, une ville pas trop loin de l'Albanie. Je me souviens, gamin, être passé ainsi en ferry de l'ex. Yougoslavie en Italie pour accompagner mes parents lors de vacances d'été.


Agrandir le plan

Or, dans l'histoire décrite, cette traversée est aussi celle de tous les trafics. Le client que doit défendre Guerrieri s'est fait pincer avec de la drogue dans sa voiture. Sauf qu'il revenait de vacances avec sa femme et sa fille.

Opération camouflée qui a flanchée ou réel passage de stupéfiants à son insu…? On est pas dans la violence décrite dans Gomorra mais dans un jeu étrange où certains membres de la justice ont — comme c'est étrange — des liens étroits avec les organisations qu'elles sont censées combattre. Si tout ceci vous semble totalement incroyable, je vous engage à lire les derniers billets du blog de Jean-Marie Le Ray, cela laisse pourtant peu de doutes. Et un point de vue qui en vaut d'autres.
La suite est à découvrir dans ce polar que je trouve très attachant.
Ambiance.
Il faisait un froid de loup à Foggia ce matin-là, et il fut donc très agréable de pénétrer dans le restaurant bien chauffé et plein de bonnes odeurs. Colaianni était déjà là, assis à une table en compagnie de deux individus à l'air peu recommandable : les policiers de son escorte.
Nous nous étreignîmes, échangeâmes les politesses habituelles de lycéens d'un certain âge. Sans un mot, les deux membres de l'escorte se levèrent et prirent place à une autre table, près de l'entrée.
« Depuis combien de temps vis-tu à Rome ?
- Depuis trop longtemps. J'en ai plein les bottes. En particulier, j'en ai plein les bottes du boulot de l'anti-Mafia. Nous passons notre temps à arrêter trafiquants et dealers, à dépenser des centaines de milliers d'euros en écoutes téléphoniques, à interroger des repentis, ou des pseudo-repentis, et rien ne change. Je devrais me trouver un travail honnête. »
Voilà, pensai-je, c'est exactement ce que je me suis dit il y a quelques jours en sortant de la prison. Nous étions les meilleurs représentants d'une génération en plein succès professionnel.
Je gardai ces réflexions pour moi, et il poursuivit. Il avait brusquement abandonné le ton de la plaisanterie pour celui d'une amertume que je n'aurais jamais soupçonnée chez lui.
Contrairement à moi, il avait toujours nourri des passions et surtout des certitudes.

Bon, je vous laisse, j'ai encore une centaine de pages à lire…

Les raisons du doute
Gianrico Carofiglio
Traduction de l'italien par Nathalie Bauer
Seuil Policiers
9782021000092 | 19,50 €



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Note : j'ai terminé le 18 mars aux petites heures ce polar. C'est encore mieux que je le pensais pour des tas de raisons dont une concentration très chouette sur les émois intérieurs de l'avocat Guido Guerrieri (et beaucoup de pudeur, l'auteur ne cède pas à des facilités qui auraient dopé les ventes !), une excellente démonstration du boulot d'avocat, de la manière dont la justice se "joue" en Italie — avec ici un côté rassurant, pas encore "tous pourris".

Bref, je persiste et je signe : à lire…

le 17/03/2010 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #