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Green IT | Les meilleures pratiques pour une informatique verte

Adrien Porcheron, Christophe Corne, Pénélope Guy et James Pavia

dans bosser partout | lire | mémoire

Voilà un bouquin qui n'a l'air de rien mais qui devrait atterrir sur les tables de chevets de nombreux décideurs…

C'est un truisme de rappeler que la consommation d'énergie induite par l'informatique est devenue monstreuse sans oublier celle due à une simple requête sur un moteur de recherche via ses data centers. Effectivement, si cette dernière n'est pas perçue par l'utilisateur, elle n'en existe pas moins pour acheminer les réponses…!
Ainsi cette citation tirée d'un article de enerzine.com :

Ceci signifie que pour chaque Watt utilisé par les serveurs, le stockage ou les réseaux Internet, un autre Watt est consommé par les systèmes de refroidissement et de distribution de l'énergie. L'étude montre également que d'ici 2011 la plupart des centres de données pourraient atteindre un PUE de 1.7 voire 1,3 pour les plus performants. Curieusement Google revendique déjà y être parvenu pour 6 de ses grands centres avec un PUE moyen de 1,21. Cependant les moyens entrepris pour obtenir ce résultat sont précieusement gardés secret et donc invérifiables. L'enjeu est grand car selon certaines études si rien n'est fait, dans 25 ans, Internet consommera autant d'énergie que l'humanité tout entière en 2008.

Gloups…!

De nombreux acteurs, membres de the green grid, s'en soucient car l'effet boule de neige du coût de la facture énergétique est impressionnant.
Une autre citation tirée de l'article de enerzine.com :

La firme de conseil McKinsey & Company ont rapporté que les 44 millions de serveurs dans le monde consomment 0.5% de l'électricité mondiale et produisent 0.2% des émissions de carbone soit 80 mégatonnes par an l'équivalent de ce que rejette l'Argentine ou les Pays Bas.

Essayez le mot data center sur le site McKinsey… Vous tomberez sur cet article et son Exhibit 2: Data centers emissions are now approaching those of Argentina or the Netherlands.

Bon, il n'y a pas que des nouvelles catastrophiques. Ainsi, les utilisateurs de la prochaine version d'OSX 10.6 vont découvrir un système moins gourmand (billet sur MacGénération), l'emploi plus étendu de disques SSD devrait également réduire la consommation des portables, etc.

C'est tout l'objet de ce livre de 224 pages, Green IT, de nous faire toucher du doigt comment arriver à une informatique plus verte… Où agir en priorité, etc. Bref, mesurer l'impact écologique de l'informatique comme sa consommation. Cette réflexion est née pratiquement avec la signature en 1993 du décret présidentiel 12845 signé par un certain… Bill Clinton obligeant tous les services gouvernementaux à acquérir des produits labellisés Energy Star.

Les auteurs de cet ouvrage, tous membres de la société dotgreen, nous délivrent un dossier très complet et évoquent tant l'histoire des postes de travail informatique, délivrent leurs recommandations de bons sens quand au renouvellement du parc informatique, insistent sur les enjeux du recyclage, etc. Bref, des problèmes que tous les responsables informatiques et décideurs (SSI, DSI, etc.) devraient intégrer pour combattre un phénomène qui parle désormais à tous, l'empreinte énergétique.

Bref, un livre destiné a priori aux entreprises mais qui est à lire par tous…!
Paradoxalement, par les employés des grandes entreprises qui étaient souvent les premiers à laisser leurs PC allumés nuit et jour avec un beau fond d'écran animé.

Est-ce que cela concerne les travailleurs à domicile comme le rédacteur de ces lignes…?
Bien évidemment. Les mesures sont assez simples et efficaces à notre niveau. Éteindre toutes les machines dès qu'elles ne sont plus utilisées (pas de mise en veille, un gros interrupteur sur une multi-prise fait l'affaire et éteindra en même temps la LiveBox), limiter les impressions de documents inutiles voire ne plus imprimer, ne pas hésiter à muter pour des produits un peu plus chers mais nettement plus écologiques, etc. D'ailleurs, page 53 (une très bonne année…!), c'est la description du MacBook Pro 17 pouces qui est donnée, l'un des rares produits reconnu EPEAT Gold avec un total de 22 sur 27 points… Cela tombe bien, je m'oriente vers ce type de produit en lieu et place de mon vieux MacPro qui n'est pas mal classé d'ailleurs…!

En vérité, pas une réelle difficulté pour nos entités individuelles qui payent de leurs deniers l'énergie et les frais de fonctionnement…! Sans oublier que bosser chez soi, travailler en solo, c'est déjà limiter de facto nos déplacements. Rappel de nombre de décisions à suivre individuellement…



Green IT
Les meilleures pratiques pour une informatique verte
Adrien Porcheron, Christophe Corne, Pénélope Guy et James Pavia
Préface de de Nathalie Kosciusko-Morizet et de Bruno Ménard
Collection InfoPro
Dunod
9782100530823 | 25 €



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Note(s) de lecteur(s)…

Benjamin ajoute ceci…
J'aimerai toute fois compléter votre article en précisant qu'en France les data center d'OVH font partie des plus écologiques au monde avec un PUE (Power Usage Effectiveness) de 1.2 et non pas de 2 comme c'est le cas dans beaucoup d'autres datacenter

Information intéressante et, en même temps, en phase avec le souci permanent d'économie. Comme le signale le journal Les Échos hier, la consommation mondiale d'électricité en 2009 devrait être en chute de 3.5%.

le 22/09/2009 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Le syndrome de la grenouille

Philippe Jacques Dubois

dans lire | potager

Tiens, je vais évoquer en quelques lignes un livre que je n'ai pas encore lu bien que paru il y a un an, livre que j'ai repéré via le courrier des lecteurs de télérama…
En résumé (copier/coller de la même petite fable d'introduction trouvée à divers endroits du net) :
On raconte qu'une grenouille plongée soudainement dans l'eau bouillante essaiera vivement de s'extirper, tandis que, placée dans l'eau froide, elle ne bougera pas si la température augmente graduellement, pour finir ébouillantée.

Bref, que lorsque un changement s'effectue lentement, il échappe à notre vigilance et ne suscite pas de réaction…
La problème (et c'est ce qu'indiquait l'auteur du courrier dans le magazine précité), c'est que nous sommes de très chouettes grenouilles. Pour le moment tout se passe encore relativement bien malgré quelques alertes, l'eau de la marmite planétaire se réchauffe et c'est plutôt agréable de nager dans cette eau plus chaude — même si l'on y rencontre de plus en plus de déchets divers et variés ou des méduses…!

Bref, les inconvénients et les plaisirs s'équilibrent. Les problèmes sont ailleurs et cela n'a pas encore chamboulé notre quotidien. Comme cet argumentaire l'expose, à partir de quel moment l'eau sera trop chaude (euphémisme) et nous incapables de réagir…?

Ce n'est pas en dans 10 ans qu'il nous faudra modifier notre quotidien mais dès maintenant, quitte à rendre notre vie un peu moins confortable.

Bon, il me reste à me le procurer pour le lire. Et pour ceux que cela dérangerait de voir cette chronique d'un livre non lu, je les oriente vers une autre, celle dédié au livre de Pierre Bayard, Comment parler des livres que l'on a pas lu ?!

Dans le même ordre d'idées, vous pouvez dévorer l'excellent livre de Jared Diamond, Effondrement qui évoque également le devenir de votre planète à travers une série d'exemples choisis dans l'histoire. Économique, il est sorti en poche au début de l'année… Celui là, je l'ai lu et relu.


Le syndrome de la grenouille
Changement climatique, ce que disent les scientifiques
Philippe Jacques Dubois
Delachaux et Niestlé
9782603015629 | 19 €




Et comme je n'ai pas de grenouille, un petit crabe photographié sur la plage de Donnant fera l'affaire…!

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Canon 1Ds mark III et 180 macro.

le 15/09/2009 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Au coeur de Bornéo

Redmond O’Hanlon

dans ancres | lire | potager

Bon, je me suis enfin décidé à rédiger une courte (sic !) chronique sur Au coeur de Bornéo…! Que les choses soient claires, dans mon panthéon personnel, Au coeur de Bornéo est l'un des meilleurs récits de voyage (le meilleur…?!) que j'ai lu et je l'ai évoqué sur urbanbike à plusieurs reprises. Mercredi dernier, hop, je tombe à nouveau sur ce bouquin dans ma bibliothèque.
Pas lassé de le lire…? Non…!

Cela est du en majeure partie au style même de l'auteur, Redmond O’Hanlon ; à l'objectif de cette mission à travers des régions inexplorées de Borneo ; à la personnalité de son compagnon de voyage et ami, James Fenton et à cette manière "so british" de raconter cet extravagante épopée et ses incidents. Sans oublier une très forte proximité, complicité avec les personnes rencontrées comme avec leurs trois guides d'exception, Dana, Leon et Inghaï.

Bref, la balade d'un véritable savant, fin connaissance des oiseaux, embarquant avec lui une incroyable documentation qu'il cite abondamment dans son texte et d'un authentique poète dans un coin de la planète pas franchement ouvert aux touristes. Le but étant de trouver la trace d'une espèce locale de rhinocéros portée disparue.

Malgré des préparatifs à grande vitesse sous la houlette du SAS (…où l'on découvre que l'Oncle Egg fait partie de ces héros discrets…), le choc est rude en rejoignant peu-à-peu le point de départ de l'expédition. Il faut se plonger dans ces années qui suivent la seconde guerre mondiale pour comprendre l'image très positive dont jouissaient les britanniques en Indonésie. Bref, bien que prévenus, la réalité sur place est encore plus démente côté bestioles en tous genres…!

Mais ce qui fait la force de ce récit, c'est l'humour, la description ironique des situations, même des plus périlleuses (…avec disparition — momentanée ! — dans un rapide assez traître de Djamze et de son chapeau…!), des nuits dans la jungle, des opérations de ravitaillement, la connivence avec les trois accompagnateurs. Jamais O’Hanlon n'oublie dans son récit les trois ibans solides et amusés qui les assistent, souvent morts de rire en regardant nos deux anglais — je pense à la tentative de pèche…! Bref, une équipe franchement soudée (il faut mieux…!) pour supporter les rebondissements d'un tel périple.

Dana se munit de son fusil — une arme à canon simple qui ne conservait son intégrité que par la vertu de bouts de fil de fer et de liens de rotang — et s'en alla chasser le cochon sauvage. Leon et Inghaï s'éloignèrent eux aussi pour pêcher au harpon. Nullement épargné par l'humidité ambiante, le Balkan Sobranie dont j'avais bourré ma pipe avait à peu près le même fumet qu'un coulis de graillons, et plus j'absorbais d'arak, plus j'avais l'impression que pour obtenir pareil breuvage on avait assurément distillé du sparadrap fermenté. Sans compter qu'un étouffe-bougre pareil ne tarde guère à vous donner des visions.

La preuve, c'est que sur la berge d'en face je vis une bande de mousseline blanche se détacher de l'exubérant fouillis d'arbres et de lianes pour évoluer au-dessus de la rivière et la traverser en diagonale, par de lentes et molle ondulations faisant songer à celle d'une lamproie dans un lac. Apparition très féminine, ma foi, évocatrice de tout ce dont l'absence commençait à me peser quelque peu : soie froufroutante, petites culottes de dentelle, porte-jarretelles mystérieusement compliqués, longs bas clairs et soyeux glissant au bas du lit. Je considérai l'arak avec un respect accru et en pris un autre gorgeon.

Au terme d'un laborieux débat intérieur, une interrogation finit par se préciser dans mon esprit. Et si — comme il n'était pas interdit d'en formuler l'hypothèse par commodité —, oui, et si ce que je voyais n'était pas un porte-jarretelles, mais un papillon ?

Redmond O’Hanlon l'identifie enfin comme étant un paradisier gobe-mouche mâle…!

Cette histoire est aussi celle de rencontres superbes avec les Dayaks, parfois de chocs culturels mais vite réduits par une incroyable capacité de ces deux anglais à jouer le jeu sans tricher… À fond même…!
Et là, je vous laisse apprécier…!

Bref, on se marre…! Que dis-je, on s'étrangle de rire — et pas que nous ! — tout au long de ce récit. Nous suivons les cinq protagonistes de bout en bout dans la moiteur de la jungle, sa vie nocturne et ses inconvénients (dans ce cas là, je suis heureux de lire ceci enveloppé confortablement dans ma couette…!).

Je ne vous dirais pas s'ils arrivent à trouver le fameux rhinocéros mais c'est une fort belle aventure humaine… Si vous arrivez au bout de ce livre, rassurez-vous il y a une quasi suite avec Help ! Ma croisière en Amazonie. Sans de John Fenton cette fois-ci.



Au coeur de Bornéo
Redmond O’Hanlon
Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs (n°54)
9782228894418 | 9 € | 316 pages



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Entre les mulots blancs et les anacondas USB, ce livre dans ma jungle personnelle…! J'espère que vous comprendrez pourquoi j'ai souvent offert ce livre et pourquoi je n'hésite pas à le lire à nouveau…

Note : bien évidemment, quand on lit ce récit et que l'on compare avec la situation actuelle 45 ans plus tard à Bornéo, on se dit que l'homme "civilisé" est réellement un gros naze, qu'il a le "chic" pour transformer en grande poubelle l'environnement dont il tire ses ressources. Bornéo n'a pas échappé à l'avidité des compagnies prêtes à tout pour faire, vite et bien, du cash. Du coup, au lieu de tirer bien plus d'informations d'un milieu naturel, nous assistons à une exploitation sans réflexion d'un quelconque "après" des richesses connues…
Bref, le "pire est avenir".

le 12/09/2009 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #