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Le littré sur votre iPhone

Un des meilleurs dictionnaires de la langue française

dans lire | mémoire | usages

Merci mille fois à Thomas Chapuis et son équipe pour cette version du Dictionnaire Littré à emporter avec soi dans son iPhone… Un souci lors d'une partie de scrabble, une discussion dans le train où une simple recherche d'un terme ardu lu dans le journal…? Hop, le Littré est là ! Pas en "n" volumes mais sur votre iPhone.

Le mode d'emploi est des plus évidents…

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Entrez le début du mot recherché… Et hop, vous avez la liste des mots qui commencent par les lettres saisies…

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Une fois le mot sélectionné, accès à la définition réduite…

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Ou étendue (en cliquant sir le signe + en haut à droite)…

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Notez que vous pouvez revenir à tout moment sur la liste des mots en cliquant en haut à gauche.


Merci Dominique pour m'avoir signalé cette splendide application, gratuite de surcroît.
Info(s) pratique(s)…

Et sur le web, c'est ici. Même équipe et François Gannaz au XML.
NB : ce dernier propose également un dictionnaire Japonais/Français en ligne… Argh…!

le 23/01/2009 à 06:29 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

La sagesse de la mer

Björn Larsson

dans ancres | dans mon bocal | lire

En ces temps de Vendée Globe (…et des réactions stupides hostiles que cette compétition entraîne…), je suis tombé sur les 250 pages éditées en livre de poche d'un livre de Björn Larsson, la sagesse de la mer.

Si vous avez lu le Cercle Celtique (chroniqué dans urbanbike comme son autre policier, La véritable histoire d'Inga Andersson), c'est chouette de découvrir que les descriptions des épisodes de mer de cette histoire haletante n'ont rien du hasard…! L'auteur a vécu près de 7 ans sur un petit bateau, un qui voyage pour de bon dans l'atlantique nord. Rien à voir avec ces unités splendides que l'on peut découvrir dans certains ports, amarrés à l'année, ceux que je nomme des yachts apéritifs…

Gamin, avoir un bateau était un rêve. La possibilité de pouvoir lever l'ancre à tout moment avec sa maison flottante, hisser les voiles et quitter la compagnie des fâcheux, retrouver un certain sens du mot liberté. Bon, ma vie m'a conduit vers d'autres choix que ceux de Larsson mais je retrouve dans ce texte bien des sentiments qui étaient les miens. Un univers flottant mais limité en volume, dans lequel tout objet embarqué l'est à l'issue d'une réelle réflexion, la place étant chèrement comptée. Du coup, pas de superflu, que des choses essentielles et utiles. Même si désormais avoir un téléphone mobile est à la portée de tout marin.

Vivre sur un bateau, c'est avant tout accepter les aléas de la mer et, principalement, de la météo… Ici la nature reprend toute sa dimension, sa puissance. Qui a vécu des grosses tempêtes, s'est retrouvé ballotté comme un bouchon, obligé de s'amarrer à une bouée pendant des jours sans pouvoir échapper à des vents violents, des pluies torrentielles prend du recul vis-à-vis de l'univers "lisse" que l'on essaye de nous vendre. Se confronter à la mer permet de relativiser, a contrario de ceux qui n'évoluent que dans un univers urbain où tout est disponible dans l'instant et qui trépignent au moindre retard…! D'autant plus si l'on ne peut regagner la terre… Enfin, y aller, oui ; mais sans avoir la certitude de revenir au bateau pour la même cause, la force du vent…!
Björn ajoute ceci :
Avoir sans cesse ces vents violents dans les oreilles même si l'on est ancré de façon sûre, finit par être lassant. La situation a encore empiré du fait que, plusieurs jours de suite, nous avons reposé sur le fond pendant une heure à chaque marée basse. Nous étions arrivés à Baltimore juste au moment où l'amplitude est la plus grande et la hauteur d'eau ne suffisait pas pour le tirant du Rustica.

Que fait-on, au cours de journées pareilles ? va-t-on me demander. On lit de bons livres, on bavarde, même si cela ne va pas très loin, on fait la cuisine et on mange, on écoute de la musique et la radio, volontiers dans quelque langue étrangère et exotique, on répare quelque chose sur le bateau, on prépare la suite du voyage ou de futures expéditions en navigant à sec sur la carte marine et portant des caps et des distances, on reste assis dans le cockpit à regarder le ciel, l'eau et la nature, on boit une bouteille de vin le soir venu. Pour ma part, en plus de cela, je polie des pierres et j'écris des livres. Tant que j'ai ce qu'il faut à bord, ce n'est pas une punition pour moi de ne pouvoir gagner la terre pendant quelques jours. La seule chose qui puisse me taper sur les nerfs c'est le vent et le fait que jamais, pas une seconde, il ne se tait. On s'habitue certes, mais pas à tout et pas éternellement. Au bout d'un moment, on est capable de distinguer la chute d'une aiguille, au milieu du hurlement du vent.

L'auteur parle également de son enfance, du paradoxe pour lui d'être sur l'eau (je vous laisse découvrir pourquoi…), de sa vie et c'est un très chouette récit qu'il nous fait là…
À mettre entre toutes les mains.


La sagesse de la mer
Du cap de la Colère au Bout du monde
Björn Larsson
Le livre de poche (30438)
9782253114932 | 6 €



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le 19/01/2009 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Jeanne d’Arc | Vérités et légendes

Colette Beaune

dans groummphh | lire

Depuis que je suis gamin, c'est fou le nombre de racontars que j'ai pu entendre à propos de La Pucelle…! L'explication est aisée, mes grands-parents paternels avaient une boutique rue de Bourgogne à Orléans, là où passe chaque année la fête de Jeanne d'Arc, considérée comme la libératrice de la ville depuis le 29 avril 1429. Par ailleurs Patay, Blois, Jargeau, Beaugency, Sully-sur-Loire et son quai des mariniers, Gien et bien d'autres villes où elle se rendit sont également liées à mon enfance.

Certaines histoires colportées sont dignes des meilleurs chapitres de certains romans d'heroic fantasy… Il manque juste le gag du passage d'une soucoupe volante lors de la crémation de Jeanne à Rouen comme dans la vie de Bryan pour que ce soit complet…! J'ai pu lire ou entendre d'autres hypothèses amusantes comme celle d'une possible ascendance royale ou encore de belles légendes sur sa vie de mère de famille… après son exécution rouennaise… Mais aussi une très belle histoire qui parle de l'amour impossible que lui portait Gilles de Rais, exécuté à Nantes en 1440, dont la propre vie donna naissance à la légende de Barbe-Bleue…

Bref, Jeanne d'Arc est devenue depuis longtemps un personnage phare de l'histoire de France et l'objet de toutes les récupérations possibles dont une tentative par le Cardinal de Richelieu lui-même…

Ce livre de Colette Beaune a ceci de captivant qu'il remet de l'ordre dans un fatras de fables et contre-vérités, et cela non sans humour (!!), tant il existe d'hypothèses qui ne tiennent pas à la lumière des faits historiques… Bref, un texte érudit, polémique et drôle pour en finir avec ceux qui racontent n'importe quoi ! C'est aussi un chouette coup de gueule d'une historienne du Moyen Age, professeur émérite à l'université de Paris X, spécialiste de Jeanne d'Arc dont les travaux se retrouvèrent réfutés et instrumentalisés dans une émission de télévision…!

En résumé, l'auteur a rédigé ce livre après avoir découvert comment ses interventions et celles d'autres collègues universitaires ont été "utilisées", découpées, montées dans une émission de télévision diffusée en mai 2008 pour donner le beau rôle à une hypothèse particulièrement délirante, une nouvelle vérité (sic…!) qui aurait échappée à tous les historiens depuis plus de 500 ans. Tout le monde connaît la force du rouleau compresseur de l'image télévisuelle et Colette Beaune l'explique en début d'ouvrage…!

Du coup, elle a analysé les textes de ces nouveaux mythographes, ses 235 pages disloquent avec ironie et précision ces théories trop belles pour être crédibles, leurs inventions…! C'est absolument passionnant. Ce genre d'analyse serait à appliquer à bien d'autres événements, anciens ou très récents, qui se retrouvent soudainement scénarisés sous la forme d'un complot…!
Les minimalistes et les mythographes, en général, n'ont aucune sympathie pour l'époque médiévale, "un monde irrationnel fait d'un mélange de symboles, de magie, de religion, de secrets, de sorcellerie…". Il leur échappe totalement que l'époque fut très créative en matière politique — elle inventa l'État moderne — comme en matière de lien social. La nation est une invention médiévale.

Mais, comme l'écrit l'auteur, le héros ne meurt jamais dans l'esprit de certains… Même si une substitution fût matériellement impossible lors de l'exécution de Jeanne à Rouen le 30 mai 1431 comme l'attestent les témoins de l'époque, témoins souvent récusés par les mythographes…! Je ne vois pas en quoi les témoignages de chaudronniers comme Jean Moreau ou Husson Lemaitre, d'un apprenti comme Pierre Cusquel le sont…? Comme l'ajoute l'auteur avec ironie…
Comment invalider tous ces témoignages ? Les clercs sont tous plus ou moins suspects aux mythographes. Ils ont participés au procès (c'est aussi pourquoi on les interroge !).
(…)
Les laïcs, eux sont récusés en fonction de l'humilité de leur condition : "il y a aussi parmi les témoins beaucoup de pauvres gens… qui n'ont pas bien compris ce qu'on leur demandait et qui ont signé (ils ne savaient pas signer !) sans hésiter le texte qu'on leur présentait." Il est vrai que, à Rouen comme à Domrémy, les juges, en fabriquant les questions, ont orienté les réponses. Y a-t-il un tribunal, hier ou aujourd'hui, où les accusés ou les témoins fabriquent les questions ? Non. C'est la limite normale des sources judiciaires. Chaudronniers ou paysans ne sont pas forcément des imbéciles. Les questions qu'on leur a posées sont factuelles ("Qu'avez-vous vu ce jour-là ?"), elles n'ont rien de théologique.

Pour finir, ce livre de Colette Beaune m'a remis en mémoire le cri de guerre de Noël Godin : "Entartons, entartons les pompeux cornichons…!"
L'auteur le fait ici à sa manière et c'est savoureux…!

Jeanne d'Arc | Vérités et légendes
Colette Beaune
Perrin
9782262029517 | 13,90 €

Livre reçu pour ma participation à Masse Critique, une opération organisée par nos amis de Babelio…



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le 13/01/2009 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #