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Construire un feu

Jack London

dans ancres | lire

Non, ce n'est pas un ouvrage destiné aux apprentis scouts ni aux randonneurs ayant perdu leur briquet…!
Ce recueil de nouvelles de Jack London présente une particularité, celle qui donne son nom au titre du livre est livrée en deux versions… Je ne présente pas Jack London — voir ici et là — son humour souvent abominable, la cruauté des situations qu'il décrit. Pour ma part, je trouve que ces histoires sont savoureuses, n'ont que peu à voir avec la vie sucrée et sans rides que l'on nous distille à longueur d'écrans, même si elles se terminent le plus souvent… fort mal ! Si Construire un feu et ses deux conclusions a pu être apprécié de manière égale par Lénine et Che Guevara (je ne fais que restituer la quatrième de couverture), j'ai particulièrement apprécié celle intitulée Perdu-la-face qui ouvre ce livre… Ou encore Ce sacré Spot (le sparadrap du Capitaine Haddock en mode chien…!).

Bref, si pendant ces vacances, il fait un temps franchement affreux et que, pelotonné sous la couette en lieu et place d'être vautré sous le soleil, vous ne savez pas quoi lire, je vous renvoie à ces rééditions des textes de Jack London parues chez Phébus Libretto… Dans la même genre, hormis Joseph Conrad évoqué il y a peu, Francisco Coloane n'est pas mal non plus (ici et là)… Mais pas de soucis de lecture, Libretto prévoit de rééditer une quarantaine de livres de London…


Construire un feu
Jack London
Phébus Libretto
9782752903075 | 7,50 €



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le 04/08/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Nouvelles complètes de Joseph Conrad

Quarto Gallimard

dans ancres | lire | potager

Je n'avais jamais lu de textes de Conrad — Josef Teodor Konrad Korzeniowski — jusqu'à présent et tant mieux…! Voilà un auteur prodigieux, polonais écrivant en anglais, parlant français que je découvre tardivement. Et donc des pages et des pages — près de 1500 — de lecture à venir…! Je suis tombé sur cet opus récemment en me baladant à la Fnac… Une fois à la maison, j'ai lu la longue introduction de Jacques Darras qui fait un parallèle entre Joseph Conrad et Arthur Rimbaud, s'amuse du fait qu'ils aient été à Marseille en juin 1875, au même moment mais sans se rencontrer…

Et puis j'ai commencé à lire Karain, un souvenir (1897)…
Instantanément sous le charme, transporté en Indonésie vers Macassar. Rien à voir avec l'esprit d'un Édouard Charton et sa vision du monde… Depuis, comme je n'ai pas trop le temps de le lire, ce livre est en attente à un endroit précis de la maison… À chaque fois que j'y passe, j'ouvre au hasard ces pages et je lis quelques paragraphes : tout simplement sublime. Cela en attendant d'avoir le temps d'être quelques jours au calme…

Néanmoins, j'ai eu du mal à me décramponner de Cœur des ténèbres, le Congo d'alors avec cette morgue des hommes blancs, ce simulacre de postes avancées du progrès surtout destinés à tirer le maximum de ressources… À un moment donné, il y a une description d'une circulation en vapeur sur le fleuve et cela m'a remis en mémoire une scène similaire (mais moins périlleuse) dans O'Hanlon au Congo. Bref Conrad dépeint au scalpel l'état d'esprit des hommes à cette période, la bêtise, le calcul sordide… À découvrir si vous ne savez pas comment était alors exploité le Congo dit Belge…

L'intérêt de ce gros volume est de passer d'une nouvelle à l'autre mais surtout de les relier toutes grâce au travail de Jacques Darras et d'avoir une biographie assez fine en fin d'ouvrage… Bref, d'avoir très vite les clés pour mieux comprendre cet auteur, dont une courte filmographie. J'ai ainsi compris la filiation entre des films comme Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? de Scola, ou Apocalypse Now de Coppola… Deux films inspirés justement de Cœur des ténèbres…


Nouvelles complètes
Joseph Conrad
Gallimard
9782070768400 | 27,50 €




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le 01/08/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Le plein s’il vous plaît !

Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean

dans lire | vincent

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


Devinette…
Quel est le point commun entre :
- La grève des pêcheurs en France ;
- La guerre des Américains en Irak ;
- La dévastation de la forêt boréale au Canada ;
- La probable faillite de GM aux USA ;
- L'augmentation du prix des tomates en Belgique ;
- Les investissements chinois en Afrique ;
- Les ballades philanthropiques de Total en Arctique ;
- Le 4x4 du maître des lieux ;
- Mon dernier voyage aux Seychelles ?


Sujet dans l'air du temps, la déplétion de la production d'hydrocarbures et son corollaire, l'énergie chère, ont fait ces vingt-quatre derniers mois une percée médiatique assez remarquable. Il ne se passe plus une semaine sans qu'un spécialiste de quelque chose ne glose dans un dossier consacré aux soubresauts du baril ou qu'un invité de marque n'apporte à la radio ses lumières et contre-vérités concernant les énergies renouvelables… Sans parler de tous ces bouquins qui sortent avec une régularité de coucou suisse.
Dans cette déferlante d'informations, il est parfois difficile, pour ceux qui abordent toutes ces questions pour la première fois, de s'y retrouver ou même d'y comprendre quelque chose.

D'où l'idée de vous parler du petit opus de Grandjean et Jancovici…
Pourquoi lui ? Hé bien, d'abord parce qu'il a été évoqué dans un billet sur urbanbike (et j'ai promis à JC d'écrire un truc là-dessus…), mais également parce qu'il sort un peu du lot par sa pédagogie et son humour : ça change du ton morose qui règne dans ce genre de littérature et ça permet de rendre accessible aux pauvres-z-ignares que nous sommes des notions parfois fort absconses – je me suis rassuré plus d'une fois en pensant que les auteurs ne savent probablement pas ce qu'est une espace justifiante, une esperluette ou un Ozalid… –

Les auteurs, justement : Jean-Marc Jancovici (on dit 'Janco' parmi ses disciples les habitués) est un ingénieur-consultant issu de Polytechnique, spécialisé dans tout ce qui touche à l'utilisation de l'énergie et aux émissions de gaz à effet de serre – on trouvera sa bio complète sur son site web, (au demeurant assez heu… épuré, mais regorgeant d'articles plus intéressants les uns que les autres).
Alain Grandjean est également polytechnicien et docteur en économie de l’environnement, il a écrit quelques livres sur l'économie et l'environnement, et est assez impliqué dans la fondation Hulot (tellement qu'il n'a apparemment pas le temps de tenir un blog).

Qu'est-ce qu'on y raconte ?
Alternant chiffres, anecdotes, faits historiques, exemples concrets et clins d'œil au lecteur, Jancovici et Grandjean attaquent leur sujet par plusieurs faces : le Pic de production de pétrole et le coût de l'énergie, bien sûr, l'OPEP, le réchauffement climatique, mais aussi d'autres thèmes qui a priori ne sont pas en prise directe avec l'industrie pétrolière : l'explosion démographique, le Club de Rome, Malthus et Tocqueville, la croissance et le PIB, le capitalisme, … Cela pour nous brosser à grands traits un état des lieux (et des stocks) de la situation énergétique et climatique de notre petite planète.

D'entrée de jeu, la mécanique démonstrative est enclenchée : explication des problèmes, conscientisation et responsabilisation du lecteur, évacuation des fausses bonnes idées (qui viennent d'emblée à l'esprit de celui-ci), proposition de la "vraie" solution (la moins pire, dirons-nous). Comme on peut s'y attendre, certains clichés et idées reçues se voient au passage régler leur compte ("l'hydrogène remplacera le pétrole", "ils trouveront bien quelque chose", etc.). Le tout est rédigé dans un style direct qui ne se prend pas trop au sérieux, bien argumenté, étayé par des références et des chiffres et doté d'une petite bibliographie. Pas mal, pour un livre qui fait à peine 200 pages.

Une des grandes forces de leur propos, qui rend l'ouvrage particulièrement efficace, est de quantifier clairement notre rapport à l'énergie pour ensuite mettre en perspective ces ordres de grandeurs – qui d'habitude échappent complètement à notre entendement. Ce faisant, ils arrivent à rendre palpable une autre (et parfois trouble) nature des choses.

Revoir son point de vue…
Après ce livre, lorsqu'un sémillant journaliste annoncera dans le poste qu'on a découvert un nouveau champ de pétrole au large du Trukustan, vous ne vous réjouirez plus, que du contraire : vous saurez que les réserves annoncées de ce nouveau gisement ne représentent pas beaucoup plus qu'une semaine de consommation mondiale actuelle et que, par conséquent, ce non-événement confirme une fois de plus que l'exploration pétrolière n'a rien découvert de majeur depuis au moins 30 ans, ce qui ne fait malheureusement que confirmer la théorie de King Hubbert selon laquelle… – etc. (vous compléterez après lecture).

Bref, un ouvrage déconcertant et un peu rentre-dedans, mais facile à aborder pour qui souhaite faire rapidement un tour d'horizon de notre (probable) futur énergétique. Pas mal aussi pour tenter de réveiller son entourage : je pense l'offrir à Oncle Alain, qui a tant de mal à garer son Cheyenne en bas de son immeuble parisien, ou peut-être bien Cousine Rosa, qui a entendu dire par Claude Allègre que "n'en déplaise aux ayatollahs verts, tout ne va peut-être pas si mal…"


Le plein s'il vous plaît !
La solution au problème de l'énergie
Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean
Éditions du Seuil, 2006
9782757803011 | 18 €



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le 24/07/2008 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #