Urbanbike

Index |
ou détaillée | Fil RSS | ATOM

La longue route

37 455 milles sans toucher terre

dans ancres | lire

Ce livre n'a pas été composé à l'heure du PostScript aux restitutions typographiques impeccables à l'impression… En le parcourant, on se laisse à penser que les matrices de cet ouvrage imprimé dans les années 80 se sont volatilisées, qu'il fût, peut être, composé au plomb — quoi de plus naturel pour un récit dont l'un des héros est un voilier…! On imagine que l'éditeur a du recourir au clichage d'un ultime exemplaire pour éviter de tout recomposer… Les lettres sont grillées comme attaquées par le sel, les photos saturées et renforcées… Seule la préface de Gérard Janichon, plus récente, échappe à l'érosion…

Et, paradoxe, comme pour vagabond des mers, ce fac-similé rend le récit haletant, s'additionne à la simplicité du style comme à cette autre leçon de vie que nous offre Bernard Moitessier… Loin des effets graphiques qu'apportent de superbes mises en pages sur des récits d’aventuriers contemporains, c'est le texte seul qui nous happe comme échappé d'une bouteille à la mer…

Pourtant, si l'on y réfléchit quelques secondes, pourquoi perdre du temps à une lire une histoire assez banale en regard des exploits médiatisés et quasi-quotidiens d'aujourd'hui, ces aventures où la moindre confidence, coup de cafard, problème technique du sportif sponsorisé nous est distillé à longueur de journaux télévisés ou radiophoniques. Pratiquement en direct…

Parti de Plymouth le 22 août 1968 pour faire le tour du monde en solitaire, Moitessier et ses copains se lancèrent à l'époque sans GPS, sans panneaux solaires, sans radio-téléphone…
Et sans aucune assistance. Une course inconcevable désormais.

La seule solution pour donner de ses nouvelles était alors de passer pas trop loin des ports ou de gros navires. En espérant être signalé à l'organisateur de la course, le Sunday Times. Pour transmettre le courrier et des paquets de pellicule, Moitessier s'approchait en risquant sa peau et son bateau des cargos et balançait — à l'aide de son lance-pierre fabriqué maison — sa missive sur le pont de ces derniers. En priant pour qu'un marin s'en saisisse alors et fasse suivre au prochain mouillage… Cette course, nous l'avions suivi en complet différé. Personne ne savait réellement où se situaient les concurrents et s'ils étaient encore en vie au moment où nous parvenaient de leurs nouvelles…

Si vous êtes encore en train de lire ce billet, c'est que cette histoire n'est pas si banale en définitive.
La longue route, c'est le journal de bord d'un marin qui navigue seul sur son voilier. Ce sont ses pensées pour son bateau, ses proches, son épouse Françoise, ses mômes, ses copains de course qui ne sont pas perçus comme des adversaires. C'est le quotidien des coups de vent, des réparations, des moyennes réalisées. C'est la cuisine autant que l'esprit qui vagabonde avec la mer à perte de vue…Et des moments magiques comme cette mouette qui vient dormir sur son genou, les étoiles, les poissons volants…

Après son tour du monde, après le Horn, au lieu de remonter vers le nord récupérer son prix, Moitessier double à nouveau le Cap de bonne espérance qu'il avait passé 5 mois plus tôt, longe la Tasmanie et file vers Tahiti. Il y arrivera le 21 juin 1969, quasiment 10 mois après son départ de Plymouth après avoir parcouru près de 37 455 milles (69 367 kilomètres terrestres). 10 mois en solitaire. Tous les pourquoi de son abandon sont en filigrane dans ce livre.

Seul Robin Knox-Johnston est revenu en Angleterre pour couper la ligne d'arrivée et empocher le prix du Golden Globe Challenge. Il fût même anobli par la Reine quelques années après. Paradoxalement, cette victoire méritée de Robin sur son petit bateau tout comme le suicide de Donald Crowhurst furent éclipsés par l'abandon a priori incompréhensible de Moitessier pourtant en tête sur Joshua.

Bref, c'est cette véritable histoire que je vous engage à feuilleter… Celle d'un gars qui décide de ne pas perdre son âme, qui fait un bras d'honneur à une récompense largement méritée pour ne pas se perdre. À méditer même dans notre univers terrestre quotidien… Et s'interroger sur ces honneurs qui enchaînent, ces promotions qui coupent les ailes…
Moitessier nous livre ici sa réponse.

La longue route
Bernard Moitessier
Éditions Arthaud
9782700396546 | 20 €

image

le 06/03/2007 à 09:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Du bon usage du blog temporaire | 1

Milan Presse et le blog Présidentielles 2007

dans joël | lire | usages

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]


Pas évident pour un enfant de réussir à suivre, semaine après semaine, le déroulé de la campagne. Ce blog temporaire de Milan Presse est bienvenu pour aider les enfants à trouver des repères dans l’actualité politique. C’est bien parti car Milan a su trouver la structure, le rythme, le ton et garantir la qualité du blog en faisant naturellement appel aux rédacteurs de ses différents magazines à succès : Julie, les clés de l’actualité junior, Mobiclic, Les clés de l’actualité. Un relais obligatoire pour que le blog ne passe pas inaperçu.


En appui des billets réguliers, les enfants et leurs professeurs pourront consulter le dessin du jour, débattre du top 10 des 100 idées des jeunes pour le Président, faire le point sur ce qu’est une présidentielle, se tester avec un quiz à venir, apprendre à parler de la présidentielle à l’école et tout savoir sur les partis politiques.

Bref, la présidentielle étant l’évènement phare de la vie politique, c’est le bon moment d’aller plus loin avec des élèves du primaire. Milan a pris les devants et a su relier blog et éducation l’espace de quelques mois.

image

le 06/03/2007 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Les stratégies internet des maisons d’édition | 1

Publishing live

dans joël | lire | usages

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]


Avec cette véritable vie sur le net parallèle à la vie “réelle”, le site web d’un éditeur est un endroit où un catalogue peut être apprivoisé, des auteurs contactés, le fonds soutenu, des livres d’actualité exposés, des best-sellers célébrés. Loin des sites aux allures de bases de données, ce sont des sites vivants montrant combien les maisons ont en permanence toutes leurs antennes tournées vers l’extérieur pour saisir le pouls du monde qui nous entoure. C’est une ruche où l’histoire de la maison et son identité éditoriale rassureront et attireront les lecteurs. Un espace où les maisons d’édition profitent du meilleur des outils informatiques pour valoriser leur production, leurs auteurs, leurs réseaux et partenariats. Une formidable caisse de résonance, une assurance-vie pour écouler leurs fonds via les communautés qui se forment sur le web.

Et c’est l’occasion pour les éditeurs de redécouvrir l’importance de leur nom sur les couvertures. Car pour discret qu’il soit, le nom d’un éditeur est une signature qui était respectée il y a quelques dizaines d’années puis s’est banalisée notamment avec les rachats de maisons intégrées dans des groupes. Le site web redonnera ses lettres de noblesse au nom de l’éditeur en l’incarnant.

Ces dernières semaines dans Publishing live, nous avions plusieurs fois vu comment des éditeurs ou libraires américains repensaient leur métier.

C’est le cas d’Harper Collins par exemple avec sa campagne nationale en faveur des enfants et la lecture ou son partenariat avec BlogHer. Cette maison marche aussi dans les pas du libraire Amazon avec son Search Inside et dans ceux de Random House avec Browse&Search en proposant une petite interface à la disposition des blogs, des sites internet, ou des pages personnelles comme MySpace et communautaires comme Gather.com.

Nommée Browse Inside Widget, elle donne en un seul clic accès à la première et quatrième de couverture, le sommaire et plusieurs pages de livres. Plus que le javascript utilisé pour l’interface, qui est une simple écriture informatique, c’est bien l’idée de changer la relation avec le lecteur qui est annonçée.

C’est l’idée de faire du bruit autour du livre grâce à nous tous connectés et à l’image de ce que le libraire Borders Media est en train d’expérimenter.

Autre exemple avec Speakers Bureau qui présente une sélection de ses auteurs sous un autre jour. Cette interface internet d’Harper Collins donne accès via une sorte de centre d’appels à une équipe chargée de mettre en relation les demandes de lecteurs, associations, écoles, entreprises avec les auteurs le mieux à même d’y répondre. Service gracieux pour les prestations du bureau et une fourchette de prix pour les interventions des auteurs.

Idem pour Wharton School Publishing & Financial Times Press avec programme encore discret et conçu comme un carnet d’adresses d’auteurs : Need an expert source?

Ces deux éditeurs font partie du Pearson Technology Group, le premier éditeur de livres informatiques, qui contrôle également, pour mémo, cette longue liste :

Addison-Wesley, Adobe Press, Apple Certified, Cisco Press, Exam Cram 2Fair Shake Press, Future Network USa, IBM Press, Leo Ville Press, MySQL Press, New Riders, Novell Press, Peachpit, Pearson Education, Prentice Hall, QUE, SAMS et TechTv.

Une longue liste et autant de points de passages potentiels sur internet…

le 02/03/2007 à 09:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #