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Roman | Ils vont tuer Robert Kennedy

Marc Dugain

dans lire | mémoire | vieillir

Novembre 1963. Je me souviens de ces images en noir et blanc sur la télévision de mes parents à St Cloud, j’avais 10 ans et c’était la veille d’un week-end. À vrai dire, le peu d’images disponibles a du passer bien plus tard dans des émissions d’investigations.

Bref, pour le môme que j’étais, cet assassinat était simplement incroyable. Sans parler de la sidération à la maison. Et, de suite, dans la bouche de mes parents, de l’idée d’un acte loin d’être celui d’une unique personne.

J’ai mis pas mal de temps (trop…) à lire ce bouquin1 même si je peux essayer de deviner quelques intentions de l’auteur, notamment en lisant ceci…

Sans l’assassinat du président américain, de nombreuses années m’auraient sans doute été nécessaires pour apprendre que ma grand-mère et mon père étaient juifs. Pourtant ma grand-mère fréquentait assidûment un temple baptiste. Sans être de cette confession, elle avait choisi ce temple pour sa proximité. Il était arrivé une ou deux fois à l’école qu’un camarade me traite de youpin en se fondant sur mon nom. Je savais que Skowronek voulait dire quelque chose comme « alouette » en polonais et que nous avions de lointaines origines dans cette partie reculée de l’Europe, comme certains de mes camarades de classe avaient de lointaines racines en Chine. L’année suivante, lors de ma naturalisation, mes parents ont fait en sorte de changer mon patronyme en adoptant celui de ma mère, O’Dugain, le nom d’une vieille tribu irlandaise du nord de l’île. J’étais passé d’une minorité à une autre.

Je préfère parsemer ce billet d’extraits du livre car c’est bien l’écriture de Dugain qui rend le bouquin intéressant.

En effet, je n’ai pas plongé dans le récit bien que certaines phrases ont eu un écho intime, notamment la relation du narrateur avec son père.

Mais il y a avant tout cet assassinat théâtral et le cirque incroyable pour le faire porter sur les épaules d’un pauvre gras, flingué à son tour quelques temps après.

Pour Dugain, l’affaire est entendue.

Ce qui différencie les démocraties des régimes autoritaires, c’est que les démocraties acceptent qu’on dise la vérité. En revanche il est rare qu’elles acceptent qu’on la démontre à un moment qui n’est pas le leur. Si vous êtes à contretemps, elles sont capables de recourir aux méthodes d’un régime autoritaire.

D’autant plus, télescopage avec ce livre, la déclassification des archives de cette période doit être effective aux USA…

Sauf que cela n’arrange pas certaines agences qui demandent déjà à ce que le contenu qui devrait être déclassifié le soit dans vingt-cinq ans !

Lire : The JFK Document Dump Could Be a Fiasco - POLITICO Magazine

Cette pression est à mettre en parallèle avec ce qu’écrit Marc Dugain…

Quand le mensonge est à ce point énorme, c’est faire trop d’honneur à ceux qui l’ont fomenté que de vouloir le démonter scientifiquement. Quel tueur se préparant à assassiner le président des États-Unis se fait envoyer un fusil par la poste ? Quel tueur se serait installé, le plus mauvais fusil du marché en main, à l’étage d’un dépôt de livres sachant que la voiture présidentielle lui serait forcément cachée par le feuillage d’un arbre ?

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Le roman décrit méthodiquement le climat d’alors, le mélange des genres voire les liaisons toxiques des deux frères, des pressions contraires à des engagements pourtant pris à demi-mots qui ont amené certains services à …agir.

Le candidat et son frère, Bobby, n’étant plus franchement dans la ligne prévue au départ par leurs généreux sponsors…!

Bobby pense à ces moments de grande intimité qu’ils ont eus l’un et l’autre quand l’avenir de la planète était entre leurs mains. De plus en plus méfiant, les mois passant, Jack s’était replié sur sa relation avec son frère auprès duquel il testait toutes ses idées avant de les diffuser. Il voulait bien assumer la solitude du pouvoir mais pas seul.

C’est pour toutes ces notes glissées au fil du récit qu’il me semble impossible de le résumer dans cette chronique.

Je pense y revenir, le temps de tout digérer…!


  1. à l’inverse de celui sur Hoover ↩︎

le 16/10/2017 à 15:45 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

La colonisation du savoir | 1

Une histoire des plantes médicinales du "Nouveau Monde" (1492-1750)

dans ancres | dans mon bocal | groummphh | lire | mémoire | potager | vieillir

En cours de lecture

Depuis que je suis môme1, ce qui se passe aux Amériques me passionne. Et arrivé au lycée, je me souviens avoir écrit quelques dissertations sur ce qui me semblait l’horreur absolue, l’ethnocide des peuples indigènes.

À soixante balais passés, avec plus de temps à disposition, ce sujet me semble toujours d’actualité (…et même relancé par quelques décisions2 hallucinantes). Récemment (…merci Twitter3), je suis tombé sur quelques copies d’écran d’un livre puis sur un lien4 vers une émission de radio.

Bref, j’ai fini par acquérir le livre en version papier5 et mettre le nez dedans…

Je vous passe l’introduction et vais de suite sur ce qui m’a immédiatement accroché (et scanné6 quelques lignes pour cette chronique…) :

Dès les premiers jours passés à Guanahani, Colomb se dit intrigué par les plantes « si différentes » qui poussent sur l’île. Pourtant, il ne veut étudier que celles dont il sait pouvoir tirer profit et qu’il appelle styrax, térébenthine, cannelle ou rhubarbe. La chose est logique. L’amiral, qui croit être en Asie, est persuadé que les plantes qu’il observe sont identiques à celles de l’Ancien Monde. Dans ses yeux, le mastic des Antilles ne diffère pas de celui de Chio. Parce qu’il est là pour trouver ce qu’il cherche et non pas ce qu’il y a sur place, Colomb perçoit les choses des Antilles à travers ses lectures (Pline, Marco Polo), sa mémoire affective et sa soif d’or et d’épices.

Vous visualisez bien les œillères culturelles qui sont d’ailleurs trop souvent celles des touristes en voyage. Amusé, adolescent, par ces personnes qui souhaitaient consommer un steak frites au lieu de découvrir la cuisine locale…! Et passant dès lors à côté d’une facette clé de toute culture…!

De nombreux remèdes américains sont ainsi (re)nommés par les Espagnols. Projetant sur les choses d’Amérique leur expérience de malade ou de médecin, ils reconnaissent dans certaines plantes qu’utilisent les Indiens les substances qu’ils ont laissées en Europe et les emploient comme des produits de substitution. Qu’elle soit complète ou partielle, cette réduction de l’inconnu au connu contribue à gommer ce qui fait la spécificité d’un monde pourtant qualifié de nouveau. Les noms indigènes - ocozotles pour le liquidambar, ben pour les avellanas purgativas - peuvent se maintenir comme information dans certains textes, mais leur usage disparaît, du moins chez les Espagnols. Cette façon d’imposer les catégories européennes sur le savoir des Indiens a pu être considérée comme une forme d’impérialisme linguistique. Mais on peut aussi y voir les limites de la maîtrise des Européens, qui éprouvent les plus grandes difficultés à comprendre ce qui est différent. L’onomastique restitue en cela l’impossibilité, pour le conquérant, d’imposer sa domination totale sur la nature et sur les peuples américains.

Bref, cette attitude est malheureusement trop souvent en vigueur quand on se méfie de l’autre et de ses différences !

Pour les conquistadors du XVI siècle, et même pour les missionnaires en Californie ou en Amazonie au XVIIIe siècle, s’adapter aux lieux implique donc d’adapter les lieux. Mais comme le montre l’appropriation précoce du gaïac, une telle méfiance est remise en cause dès la conquête, lorsque les nécessités de la survie imposent de faire confiance aux médecines locales.

Bref, ces trois longues citations ne sont qu’une mise en bouche pour ce livre de 448 pages (illustrées en partie) de Samir Boumediene, ouvrage passionnant. Et sur lequel je reviendrais. Si, si…!

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La colonisation du savoir / une histoire des plantes médicinales du Nouveau Monde (1492-1750)
Par Samir Boumediene
Les éditions des mondes à faire
ISBN : 978-2-9555738-1-5

Clairement (l’éditeur7 le sait !), je regrette de ne pas disposer d’une version ePub ou PDF à lire sur un écran en voyage.

le 26/04/2017 à 09:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Usages | Contenus papier, ePub ou application ?

C’est selon !

dans grospod | groummphh | lire | usages | vieillir

Préambule : que les choses soient claires ! Des livres, notre logement en regorge, occupant un volume non négligeable (!), des linéaires de bibliothèque sur deux rangées. Et ce dans toutes les pièces. À chaque déménagement, ce fut …épique.
Bref, pas question de bannir les ouvrages papier… Mais pas plus de refuser ce qui, très souvent, est fort pratique en voyage…!

Peu à peu, les livres numériques s’invitent dans nos tablettes, nos usages changent. Et cela offre d’autres avantages, surtout à une période où les yeux fatiguent. Facile d’agrandir le texte, changer la luminosité, voire basculer en mode nuit…

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Avant de basculer totalement, il est pas inutile de commencer par lire les livres disponibles sur nos étagères (!!) ainsi que ceux empruntés pour quelques jours à la bibliothèque de quartier.

Mais, désormais, le réflexe avant d’acquérir un bouquin est bien de vérifier s’il est disponible au format ePub.

DRM ou pas…

L’Apple Store est d’un commerce agréable… on feuillette un extrait et, si celui-ci nous convient, il est facile de l’acquérir de manière quasi transparente. Sauf que tous les ouvrages sont protégés par des DRM, compliquant essentiellement la récolte de citations. Pour mémoire, cette récolte est possible en deux étapes sous macOS.

Du coup, si l’on ne souhaite pas cette limitation et utiliser Marvin Classic ou Gerty, il faut imparativement rechercher via internet des sites qui proposent des ouvrages payants — ou gratuits comme chez manybooks — sans ces protections.

En effet, sans DRM offre une plus grande souplesse pour effectuer un simple copier coller d’un paragraphe ou d’une citation vers un traitement de texte depuis les deux applications citées en amont.

…pour information (merci @doopix), le Bouquet des expressions imagées est disponible chez numilog sans DRM.

Application versus ePub

C’est un point de discussion qui n’est pas anodin. En effet, certains livres de référence sont disponibles sous la forme d’applications.

Pour mémoire, j’avais acquis la version précédente du Dictionnaire historique de la langue française, non en papier mais dans sa version ePub.

À l’occasion de la nouvelle édition (fin 2016), cet ouvrage est devenu une application, nettement plus pratique à consulter quotidiennement sous cette forme, tant sur iPhone et iPad.

Bref, cet ouvrage existe en version papier, mais aussi sous la forme d’une application iPad et iPhone.

À l’usage, disposant des deux options (…la précédente édition en ePub et la toute dernière sous la forme d’une application), il n’y a pas photo…! Vive l’application sous iOS…!

Car, pour mon usage…

  • l’application est plus simple à atteindre (…pas besoin de masquer le livre en cours de lecture dans iBooks, accès autonome depuis l’écran…)
  • cet outil permet de consulter dans la seconde des termes liés, offrant un fabuleux gain de vitesse via les liens hypertexte.
  • offre, de facto, un outil de recherche puissant
  • mémorise les mots favoris pour un usage ultérieur
  • conserve l’historique des recherches effectuées…
  • et laisse à l’utilisateur la possibilité d’exporter une définition, en PDF, Mail ou en texte simple…

Il manque juste un mode nuit en plus de l’ajustement pratique de la taille des caractères déjà disponible…

Bref, le fait que cet ouvrage soit une app et non un ouvrage au format ePub me convient parfaitement (…oui, vous l’aviez compris)…

Certes, pour les raisons évoquées ci-dessus mais aussi pour les… mises-à-jour…!

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Du coup, je regrette que Le Bouquet des expressions imagées ne soit pas une application…!

le 08/02/2017 à 13:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #