[…] Ce billet a été rédigé/dessiné/illustré naguère par Lukino […]
Tulfarris, Blessington Lake



Comme nous n’avions pas manqué de le noter lors de notre virée à Kinsale, charmant petit port de pêche au sud de Cork, les plus beaux sites irlandais semblent avoir été privatisés par les clubs de Golf.
C’est encore le cas sur les bords du lac de Blessington, où le Tulfarris Golf Resort interdit au profane l’accès à un petit coin de paradis. Mais il arrive que, par le jeu de promotions de dernière minute, l’hôtel du club devienne abordable. Vous êtes alors admis dans le sanctuaire, pour une retraite respirant le luxe, le calme et la volupté.
Blessington constitue une bonne base arrière pour la visite de Glendalough, moins de 20 kms les séparent. On y attendra confortablement que la première dame états-unienne libère les lieux, en espérant qu’elle ne va pas nous faire le coup jusqu’à la fin du voyage…

Evidemment, ça prend quand même un peu de temps pour y arriver.
Glendalough
Situé dans “la vallée des deux lacs”, cet ancien monastère (VIe siècle) est devenu un lieu touristique très fréquenté des Wicklow Mountains. Un fameux sentier de randonnée, le Wicklow way, le traverse, et de nombreuses petites promenades de tous niveaux vous sont proposées dans les alentours. La plus facile consistant à rejoindre l’Upper Lake, à 2 km, après avoir parcouru les ruines parfois bien conservées du site.







Old Military Road
Nous quittons Glendalough en empruntant l’Old Military Road, qui traverse les Wicklow Mountains.
Belle vue du premier col rencontré, en se retournant vers Glendalough.

Devant, des miles de plateau désolés. On ne croise pas grand monde, hormis quelques cyclistes, voitures ou moutons isolés.

Demain, Kilkenny.
[…] Ce billet a été rédigé/dessiné/illustré naguère par Lukino […]
JC avait des soucis avec le WiFi — c’est ça de quitter son studio — et n’arrivait pas à publier aisément la suite que vous attendiez tous…! Avec retard, la voici…

The Spire
Le nouveau point de repère de Dublin, depuis 2003 : une aiguille de 120 m (la sculpture la plus haute du monde ?) sur les Champs Elysées dublinois, O’Connell Street. Érigée à l’emplacement de l’ancienne colonne Nelson — que les nationalistes irlandais avaient eu le bon goût de faire sauter en 1966—, elle a symbolisé le renouveau de la capitale irlandaise.
Depuis, la crise à repassé les plats, et les petits boulots ont réapparu…


Parmi les bâtiments remarquables du vieux Dublin, George’s Street Arcade, le plus vieux Shopping Center d’Europe (1876). Cette édifice victorien, peu populaire initialement (architecte et constructeur anglais…), a brûlé en 1892. Reconstruit à l’identique par des Irlandais pur jus, il est beaucoup mieux accepté depuis.

Occupé par divers commerçants, artisans ou entreprises, il offre au passant quelques violents chocs stylistiques. Ici, un centre d’entraînement Self défense / Arts martiaux.

Mais ne nous laissons pas trop distraire, n’est-ce pas ma sœur ?

Oh my God, what a Shock !

Temple Bar
C’est le nom du quartier le plus animé de Dublin, et c’est aussi celui de l’un de ses pubs les plus fameux. On peut y déguster des huitres à tomber, accompagnées de Guinness, bien évidemment.

À ce propos… on peut lire sur la carte du Temple Bar le résumé d’une étude récente fort sérieuse, menée par d’éminents scientifiques, concluant que la Guinness avait meilleur goût en Irlande qu’ailleurs dans le monde (bien que les méthodes de production ne changent pas).
Voilà qui rejoint une réflexion que je m’étais faite, n’ayant jamais retrouvé le plaisir de la dégustation de ce breuvage âcre et sombre ailleurs que dans cette verte contrée.

Les scientifiques ont toutefois admis qu’il pouvait y avoir un biais, dû au contexte exceptionnellement sympathique et chaleureux des pubs irlandais —ce que je confirme également. Si j’ai bien compris, d’autres études doivent être menées pour corroborer ces conclusions. À mon avis, ça risque de prendre pas mal de pintes avant d’arriver à une certitude absolue, mais il est des domaines dans lesquels le plaisir est davantage dans la recherche que dans la découverte… Quoi qu’il en soit, on ne peut que se réjouir de voir de l’argent public dépensé aussi utilement.

Trinity College
On a dû patienter une demi-journée, madame Obama avait réservé les lieux pour une visite particulière…

Après avoir franchi le porche et la première cour, on rencontre la statue de cet ancien proviseur, passé à la postérité pour avoir déclaré que, lui vivant, aucune femme n’entrerait au College — institution encore exclusivement masculine trois siècles après sa création. George a dû manger son chapeau en 1901, et signer sous la pression le décret autorisant la mixité. Un chapeau qu’il a vraisemblablement eu du mal à digérer, puisqu’il ne survivra en effet pas longtemps à l’entrée d’étudiantes en 1904.

Avant d’entrer dans le plus fameux bâtiment du College, l’ancienne bibliothèque, on passe devant l’édifice brutaliste abritant les livres d’art. Devant, un exemplaire de la sculpture mobile d’Arnaldo Pomodoro (Arnaud Tomate), Sfera con sfera, qu’on peut également trouver au Vatican ou devant les Nations Unies à New York.

L’imposante Old Library, conçue sur les modèles d’Oxford et Cambridge (juste un peu plus grand, évidemment…), abrite des trésors comme le Livre de Kells — un vaste espace d’exposition lui est consacré —, ou la harpe de Brian Boru, symbole national qu’on retrouve sur les euros irlandais.

Elle contient des milliers d’ouvrages anciens, souvent uniques, et est devenu un centre de recherche international pour la conservation des livres. Les techniques utilisées font l’objet d’une exposition dans l’allée centrale.

Spéciale dédicace à JC qui, même s’il a succombé aux charmes de l’iPad, n’en reste pas moins un amoureux transi des livres.
L’ensemble des bibliothèques de Trinity College abrite plus de 5 millions d’ouvrages, et conserve le dépôt légal pour toute la Grande-Bretagne depuis 1801.
St Patrick Cathedral

L’une des deux cathédrales de Dublin. Le titre de Cathédrale Nationale lui a finalement échu, après une grosse bagarre; sa concurrente, Christ Church, a été reléguée au statut de cathédrale du diocèse de Dublin.
Francis Bacon est né à Dublin.

Des V.I.P. tels que nous (ou Mme Obama) ont certains privilèges, comme celui de visiter l’atelier de ce grand artiste. Evidemment, c’est un peu le bordel, la femme de ménage a dû démissionner et lui n’est plus là pour ranger…

— Mais c’était pas à Londres, son atelier ?
— Euh… si, mais il a été déménagé…
OK. L’Atelier a été légué par son dernier compagnon au Musée d’Art Moderne de Dublin, avec toute sa documentation personnelle — pléthorique. Très instructif sur sa démarche.
Demain, on part à la campagne, à la poursuite de Michelle.
[…] Ce billet a été rédigé/dessiné/illustré naguère par Lukino […]


Sortis à 23 h du City Hall de Cork où se donnait la kitchissime soirée de gala du congrès, nous partons à la recherche du meilleur pub pour finir la soirée. On interroge le portier, qui nous oriente sans hésiter vers le Over Beckett
— Pardon ?
— The Auyeveur Beumequette.
— hem… Sorry… could you repeat again ?
— Auleveur Pleumequette !!
C’est pas dur à trouver quoi qu’il en soit, tout droit, à gauche, et 50 yards plus loin sur la droite. Ça fait combien, un yard ?
Nous nous engageons dans la rue indiquée, Oliver Plunkett Street, et trouvons 500 m plus loin un pub à l’allure sympathique dont le patronyme a un air de déjà entendu.

L’endroit est bondé, la bière coule à flot. Nous parvenons à annexer une table bien placée. Un énergique sextet folk s’agite sur scène.

Les Rackhouse Pilfers : un répertoire original que vous pouvez retrouver ici, et des reprises toniques de tubes eighties comme “I want to break free” de Queen, ou “Rebel Yell” de Billy Idol, particulièrement convaincante.
Le folk, c’est comme la Guinness, je suis pas très client. Mais sur place, ça a bien meilleur goût, et on déguste sans modération.

Le concert terminé, l’ambiance se déplace à l’étage où est aménagée une piste de danse, avec un second bar. La programmation du DJ est éclectique, on n’échappe pas à U2 — dont il diffuse le morceau le moins dansant. Globalement, pas à se plaindre; au bout de 4 pintes, on est plus très regardant de toute façon. Du coup, on a mis le feu.





On appellera ça une consécration tardive.
Dunnes, c’est un peu le carrefour britannique, du bazar, des vêtements et de l’alimentaire. J’ai bien songé à ramener un Whisky irlandais millésimé, mais la balance de Ryanair m’attendait de pied ferme. Du coup, je suis revenu avec du léger (une énième tenue de jogging, quel souvenir…).
Note de fin : en fait, non, pas du tout. Bon à savoir : Ryanair est le big Boss à Carcassonne (seule compagnie à opérer), elle fait donc comme elle veut avec cette histoire de kilos, mais à Cork ou à Londres, c’est une compagnie comme une autre, qui n’a donc pas le contrôle de l’accès en salle d’embarquement. Pas de balance, donc, dommage pour le Whiskey…