En 2016 (…un siècle quoi !), j’avais testé une petite application iOS dédiée à la préparation d’un voyage…
Or, après ce test, je n’ai jamais réactivé l’app alors même qu’elle aurait pu/du répondre à nos séjours multiples entre 2016 et aujourd’hui !
De fait, sa séduisante ergonomie s’est avérée trop rigide pour nos usages.
Pour un week-end à Deauville ou Venise (…notez les poncifs…!), pourquoi pas ? Mais pour un long séjour à l’étranger, j’ai préféré brièvement ouvrir Things avant de revenir fissa à une simple liste dans Drafts.
En relevant mes fils RSS ces derniers jours, je suis tombé sur cet article sympa de nos amis de MacG : CheckPack se refait une beauté et mise sur l’IA pour préparer vos valises.
Et je n’ai pu m’empêcher de …réflexionner (sic !) avec cette remarque : une fois de plus, l’IA guérit des écrouelles et des trous de mémoire…
J’avoue que ça me saoule ce recours permanent à l’intelligence approximative …censée nous décharger des problèmes embarrassants, doper notre productivité.
Et plus si affinités.
Assurément pratique pour nous rappeler de prendre notre brosse à dents et deux slips. Mais entre le remplissage à l’arrache d’un baise-en-ville et l’organisation d’un long séjour, on change totalement de braquet (…métaphore cycliste usée).
Penser à confier cette organisation truffée de pièges à une IA ? Pas franchement enthousiaste ! Ceci explique pourquoi je reste fidèle — pour ma part — à une simple liste dans Drafts dans laquelle j’ajoute mes …questions, contacts, actions, remarques, notes, résultats d’échanges…
Notre vécu…
Pour un long semestre en Italie en 2023 à Perugia, il nous a été indispensable d’effectuer un premier voyage préliminaire pendant les fêtes de Noël 2022 pour tenter de trouver une location qui démarrerait quelques semaines plus tard.

Puis, dans un second temps, après une dizaine de jours dans une location touristique, arriver enfin à caler un rendez-vous administratif pour l’établissement de plusieurs codice fiscale, signer dans l’agence le contrat de location de quelques mois avec les protections légales des propriétaires, négocier un abonnement de même durée dans un parking car Perugia dispose d’une ZTL qui interdit (…et c’est louable) aux vieux moteurs mazout de venir la polluer.
Et, dans les temps morts, repérer le trajet jusqu’à l’université, trouver nos repères (boutiques alimentaires, grande surface bio au bout de la ville, marchés en plein air) ainsi qu’une station de carburant non automatique, apprendre à circuler dans une ville à plusieurs étages, découvrir l’usage de son mini métro et l’emplacement des Escalators…

Pas d’IA mais de vraies rencontres : des échanges « live » avec un chouette couple qui s’est mis en quatre pour contacter deux ou trois agences, nous mettre en relation avec une agence immobilière efficace, visiter l’une rares locations de courte durée en début d’année, dialoguer (en français) avec une jeune femme qui a cadrée le contrat …sous réserve que nous puissions obtenir nos Codice fiscale indispensables pour vivre réellement en Italie.

Sans oublier mes échanges par courriel avec un responsable de l’administration pour — finalement — obtenir ces précieux sésames, documents indispensables pour louer un appartement, négocier une place de parking en mode résident. Voire acquérir un bien en Italie, à cette période ou demain désormais.
Ce que je veux simplement souligner, c’est que ces apps de voyage sont pratiques pour préparer un court séjour. Mais au delà, la clé reste la débrouillardise (le culot parfois…), les contacts et la chance !
Pas de se fier à une simple réponse de l’oracle …suite à un prompt…!

Ilaria, Flavia et Damiano ont été trois rencontres décisives qui nous ont permis de vivre à Perugia six mois. Damiano, très occupé car chef du service, a pris le temps de nous recevoir et de rédiger lui-même nos documents dans une cité administrative ultra protégée (…très tendance en Italie pour des raisons évidentes). Et ce fut amusant de le rencontrer de manière inopinée à Foligno…
Merci à eux trois…!
Bref, c’est mon point de vue mais vous pouvez continuer à interroger ChatMachin qui vous pondra un texte superbement structuré, sans fautes de grammaire ni d’orthographe …contrairement à ce billet tapoté sur mon iPhone.
Bonne journée/semaine sous un soleil (un peu moins…) de plomb !
NB : j’ai mis du temps à finaliser ce billet car j’en ai pas mal passé à …soupirer devant les photos de cette étonnante cité…!
Vivre longtemps dans un espace amène à des remarques, constats… Tiens, tel meuble prendrait moins de place ici, telle bibliothèque serait plus accessible là…
Puis arrivent ces quelques jours de pluie, période idéale pour mettre en œuvre ce jeu de chaises musicales…!
C’est à chaque fois un échange de ressentis avant un passage rapide à l’action.
Avec le plaisir de redécouvrir notre cambuse sans changer de lieu !

- Il y a quelques jours, la permutation de l’une de nos bibliothèques avec une commode ikea.

C’est aussi l’occasion de virer quelques bricoles stockées depuis nos précédents déménagements !
Ce truc que l’on gardait pour une raison aujourd’hui oubliée, pieusement conservé en se disant que l’on verrait plus tard : ça tombe bien, nous avons enfin du temps pour trancher.
Nous évitons de jeter : pour nous, ça se concrétise au plus par un dépôt au C’htal, la chouette ressourcerie de notre île.
C’est l’occasion de retrouver des bouquins planqués derrière la première rangée de livres dont …La colonisation du savoir que je vais pouvoir terminer, relire…
Les plus agacés par ces changements sont les araignées dont on découvre les caches habiles !
Avec ma moitié, nous agissons de concert et c’est chouette de naviguer après coup dans un environnement nettement plus propice à nos activités respectives.
Depuis janvier 2019, nous avons déménagé ou emménagé une demi-douzaine de fois (…dont un semestre en Espagne et un autre en Italie) mais nous aspirons à soixante-dix balais à nous stabiliser. Quoi que…!
Nb : n’étant pas encore totalement cacochymes, nous agissons sans attendre : dans quelques mois/années/décennies, il n’en sera plus de même !
Autre livre que j’ai littéralement dévoré le mois dernier, l’édition de poche du Barman du Ritz de Philippe Collin.
Ce livre existe en version gros caractères mais également en audiobook ou encore en ePub…

J’ai laissé le livre chez ma fille mais retrouvé un cliché sur la toile…
Quelques extraits pour vous inciter à vous procurer ce livre et à le lire…
Jünger pousse un long soupir.
— Nous étions aux frontières de l’anéantissement. On a pris à nos soldats leurs ultimes forces, leurs corps n’ont plus la moindre réserve. Une éraflure de balle et c’est la mort.
— Est-ce pire qu’à Verdun, ou à Péronne?
— Bien pire, soldat Meier. De nos jours, la guerre est menée par des techniciens qui considèrent leurs semblables comme de la vermine. Nous sombrons dans la sphère des insectes. Herr Meier, la vie humaine ne vaut plus rien.
Page 263
Depuis plusieurs jours, Frank s’étonnait de la présence de vieux vélos montés sur cales dans l’arrière-boutique du salon de coiffure. Un groom vient de la lui expliquer : Elmiger a embauché une équipe de cyclistes pour faire chauffer les casques à permanente à la force des mollets et des dynamos. Un vrai coup de génie. Les coupures de courant se multiplient dans Paris, mais les clientes auront leur mise en plis. Dehors, on traque les juifs, on fusille des gamins au mont Valérien, on meurt de faim, mais un palace se doit d’être irréprochable pour ce qui est des bigoudis.
Le Ritz, lieu des illusions.
Page 279
Frank ressent la honte et la frustration de son ami. Il n’est pas fâché que Georges comprenne enfin, fût-ce à ses dépens, que ce monde-là est bien plus pourri que le précédent. Ces gens-là ne volent pas, ils « saisissent ». Ils ne cambriolent pas, ils « perquisitionnent ». Ils ne rackettent pas, ils « dressent un procès-verbal ». Les mots eux aussi ont été spoliés.
Page 286
Ne restent plus dans le bar du Ritz que deux anciens combattants épuisés. Georges a la mine maussade. Ses rêves de mauvais garçon se sont noyés dans la fondrière des vrais salauds. Pétain leur avait promis le redressement de la France, il l’a mise entre les mains des bandits et des maquereaux.
Nous, les soldats de Verdun, le Vieux nous aura trahis comme aucun autre.
Page 289
Savoir entendre sans paraître écouter, c’est cela aussi être l’un des plus grands barmen du monde. Les conversations sont un réconfort pour Frank. Gabrielle Chanel assure s’être pâmée devant les onze heures du Soulier de satin de Claudel à la Comédie-Française.
« Heureusement qu’il n’y avait pas la paire », lui lance Guitry dans un large sourire.
Pages 343/344
— Avez-vous un billet pour moi, Frank ?
— Pas ce soir, mon général, navré. Mme Haag n’est pas apparue au bar depuis plusieurs jours.
Stülpnagel semble dépité. Frank pressent quelque chose d’étrange.
— Je crois savoir qu’elle a été rappelée hier à Berlin avec son oncle, l’amiral Canaris, ajoute Stülpnagel.
Frank ne cille pas.
— Des problèmes ? demande-t-il.
— Je préfère penser que non. En tout cas, vous nous avez été très utile, Frank. Merci infiniment.
— Je vous en prie.
— Peut-être vous demanderai-je à nouveau de jouer le rôle de la boîte aux lettres. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient…
Le général a laissé traîner sa fin de phrase comme pour donner au barman le temps de réfléchir. La requête n’est pas mince : en ce moment, jouer les boîtes aux lettres pourrait lui coûter très cher. Frank tente d’analyser la situation. Stülpnagel et Inga Haag étaient-ils vraiment amants ? Peu probable. Un complot de la Wehrmacht contre les croix gammées ? Peut-être.
Pages 360/361
Note de fin : des tas de critiques ont évoqué ce livre qui retrace la vie dans cet hôtel place Vendôme, non loin des petites rues que j’ai fréquenté pendant trente ans…
Mais ce qui m’a touché reste cette position privilégiée où se côtoient artistes, futurs collaborateurs, nouveaux maîtres et vainqueurs, résistants, pourvoyeurs de faux papiers, tortionnaires au service de la Gestapo.
Ou ces figures qui ont tenté d’inverser le cours de l’histoire…