Je n’aime pas plus les commémorations que les anniversaires. Malgré les vingt-deux années d’urbanbike, je ne prends pas cette donnée au sérieux.
En revanche, il semble que Les blogs soient quasi morts ; que Tchat menace les rescapés. Dont acte !
Qu’est-ce que cela change pour urbanbike démarré en 2003 entre Paris et Versailles/Porchefontaine, urbanbiquette pour les intimes…?!
Rien vu sa très (très…!) modeste audience.
À ce propos, l’unique rédacteur (…ma pomme) s’est pas mal baladé ces sept dernières années et je vous dois quelques billets sur Perugia (2023) que je finirais peut-être par publier.
Je m’égare…

Depuis janvier 2019, Urbanbike s’est enraciné à Belle-Île en mer après avoir quitté la région parisienne.
Je me souviens de ma découverte de cette île à 12 ans : ma génitrice était arrivée à me refourguer à des connaissances qui y passaient habituellement leurs vacances avec leurs mômes.
C’est ainsi que j’ai vécu quelques jours inoubliables au sein d’une fratrie pétillante …avant de regagner l’internat.
Soixante ans plus tard, mes hôtes Denise et Robert Barrat et leurs enfants — Agnès, Claire, Emmanuel, Patrice — sont décédés.
Je n’y suis revenu qu’en 1992. Puis, 25 ans plus tard, c’est notre tribu qui s’y est installée…

Pfffff… mais qu’est-ce que tout cela à voir avec ce billet…?
Les années passent et les possibilités que je trépasse s’accroissent prodigieusement…!
Je vais réduire la voilure mais poursuivre ce blog décousu depuis notre base insulaire…

Un pouët d’Antonio A. Casilli ce matin m’a remis en mémoire quelques échanges jadis avec nos clients. Et inspiré cette courte chronique…
Bien avant l’essor de l’IA, j’avais évoqué un risque dans les années 90, celui du remplacement de nombre de professions …dont celles de mes interlocuteurs (et clients) « consultants » par des dispositifs d’automatisation.
Cela avait fait s’esclaffer la majorité d’entre-eux.
— Inconcevable !
Pourtant l’arrivée des Macintosh (…en lieu et place des machines dites sérieuses sous windows) au sein de leurs bureaux leur avait permis — dans un premier temps — de déléguer à leurs assistant(e)s une partie des présentations que nous mettions en page.
Relire ici même : Keynote, arrière-petit-fils d’une Composphère… |
Nombre de jeunes consultants s’étaient vite emparés des premiers outils de PRéAO sur Mac (puis PC) pour générer leurs présentations. Le terme même de « présentations assistées par ordinateur » auraient dû leur mettre la puce à l’oreille !
Relire ici même : Faut il supprimer PowerPoint…?, un billet de 2010
En revanche, ils étaient intimement convaincus que nous — les graphistes Free-lance qu’ils employaient pour dessiner les « slides » de leurs présentations — allions périr à court terme.
Sauf que nous le savions déjà…
Nous étions conscients de notre propre obsolescence, voyant disparaître sous nos yeux nombre d’excellents prestataires de la chaîne graphique sous la pression du numérique : photocompositeurs, monteurs film, flasheurs , cromalins, coursiers, photographes, labos…
PowerPoint — né sur Mac — avec ses templates prêtes à l’emploi (…et identiquement employées par toutes les firmes de Conseil…) a fini, en quelques années, de balayer notre activité de mercenaires dans ce domaine des Business Graphics.
Avec comme conséquence, de découvrir que nos anciens clients passaient de plus en plus de temps de conseil — chèrement facturé — …à singer nos mises en page sur leurs ordinateurs au lieu de phosphorer !
Pour mémoire, un phénomène identique se produit actuellement chez quelques éditeurs qui préfèrent demander à Tchat de leur pondre des illustrations de couverture via quelques prompts au lieu de confier cette recherche graphique à des professionnels…
L’argument à cette époque était que le poids de leurs diplômes, leur réseau d’anciens (…de l’importance alors des éditions annuelles des alumni, bien avant Linkedin…) comme leur expertise les protégeaient… Qu’ils resteraient indispensables en pilotant des fusions acquisitions, la stratégie (…et parfois les atermoiements) de leurs clients avec leurs études sur mesure.
Bref, leur statut en soi-même était un talisman, un bouclier (…mettre ici des termes ad hoc…) et donc qu’ils étaient intouchables car côtoyant les maîtres du monde dont ils sont proches (…écoles, lieux de résidence, de vacances…)…
Or, près de trente ans plus tard, l’IA semble faire leur taff tout aussi bien …dont halluciner, bullshiter en agglomérant des infos piochées ci et là pour étayer un argumentaire abscons…

La livraison de l’enfant ne s’était pas déroulée comme elle l’avait imaginée. Au lieu d’un chouette chérubin à exhiber, ce dernier débarquait avec un blême difficile à masquer !
Surprise !
Impossible de retourner le colis, voire de le refuser ou de le perdre subrepticement dans un couloir de la clinique. Le Docteur Richard avait même décrété que c’était un beau bébé, la messe était dite !
Après quelques heures à remercier famille et amis de passage, s’être remise de la ponte du monstre, elle fut autorisée par le toubib à rentrer à pied chez ses parents à quelques encablures dans le village.
Pas de mari pour l’accompagner : son hydraulicien était reparti depuis quelques semaines à la recherche de gaz naturel. Seule son amie d’enfance lui prêtait main forte en portant ses affaires pendant qu’elle trimballait son nouveau né.
Une fois arrivée chez ses parents, la jeune mère plaça fermement son gamin dans les bras de cette amie, prétextant une compréhensible fatigue alliée à un besoin de se ressourcer, seule, dans sa chambre de jeune fille.
C’est ainsi que Minouche se retrouva lotie d’un enfant inattendu et des responsabilités qui allaient de pair… dont le nourrir.
Cet enfant, c’était ma pomme.
Né avec un putain de strabisme aussi visible que mon nez au milieu de ma figure : j’étais désormais abonné aux hilarants « T’as de beaux yeux, tu sais ».
Innocemment, je souriais aux anges, calme, dans ma bulle ; je ne tempêtais que pour manifester que j’avais la dalle.
Mais, oui, je louchais abomifreusement…!
