Japon ancien en photos
Et en anglais
Ainsi Kyoto en 1926…



















Quelques réflexions après ce billet sur le 85mm.
Au siècle dernier, la construction d'optiques à grande ouverture était motivée par le fait que la mise au point se faisait sur un verre dépoli plus ou moins photophage, associé à un prisme de redressement de l'image, un miroir et un oculaire. Tout ceci avait pour conséquence une visée plutôt sombre, d'où l'idée des constructeurs de proposer des cailloux à grande ouverture UNIQUEMENT pour améliorer la visée, seul moyen à l'époque de caler une mise au point correcte. Le principe de pré sélection automatique (visée à pleine ouverture, simulation de la fermeture du diaphragme par piste potentiométrique pour la mesure de la lumière) permettait donc de travailler diaphragme grand ouvert pour cadrer et mettre au point mais généralement pas pour photographier proprement dit. En effet, bien que les gammes d'optiques à grande ouverture soient plus onéreuses, elles étaient surpassées qualitativement parlant par les séries moins lumineuses et utilisables dès la pleine ouverture.
À de rares exceptions près, comme le noct-nikkor 58mm f/1,2 (la première optique avec une lentille asphérique) ou le Canon 50mm f/0.95 (associé à un boîtier non reflex !), il était donc fortement recommandé de fermer de deux ou 3 valeurs au minimum pour tirer la quintessence de ces objectifs onéreux.
Le cas particulier des gros télés (400mm f/2,8 par exemple) est un peu différent et nous éloigne du sujet...
Actuellement, qu'en est-il ?
Outre les progrès réalisés dans le confort de visée (coefficient de transmission des matériaux utilisés, visée HP...) il faut également noter que la mise au point est désormais confiée au bon soin du détecteur embarqué dans l'appareil. D'autre part, la diminution du bruit numérique allant constant au fur et à mesure de l'évolution technologique des capteurs, il est donc envisageable de monter sans trop de soucis à 200 voire 400 iso sans perte de qualité. Résultat : un 85 mm f/2,8 utilisé à 400 iso actuellement est plus performant qu'un hypothétique 85 mm 85mm f/1 à 50 iso il y a 15 ans (sans autofocus, inexploitable à peine ouverture, inabordable techniquement et financièrement...).
On peut considérer actuellement que l'on gagne une ouverture simplement en doublant la sensibilité iso sur un boîtier numérique récent, sans perte visible. Ce qui n'était pas le cas du temps de l'argentique, notamment en terme de granulation.
À propos de la profondeur de champ, il ne faut pas perdre de vue que ce paramètre est directement lié à la notion de cercle de confusion, donc à la taille des photosites. Elle est donc différente d'un boîtier à l'autre, comme elle pouvait l'être d'une pellicule à l'autre.
Outre la notion de tolérance que l'on peut envisager sur des valeurs de diaphragmes plus fermé, il est assez simple de réduire ladite profondeur a posteriori dans Photoshop, par exemple, avec une série de filtres livrés en standard sur CS3 et justement nommés "flous de l'objectif". L'inverse restant bien entendu impossible.
Cet petit texte n'a donc que pour objet de semer le doute sur la pertinence d'un tel investissement.
Surtout après la chaudière à gaz.... :^)