Intervention d’un compagnon hier matin (…une entreprise de ma ville avec déclaration préalable de travaux, précision pour le fourbe de service…), besoin de couper l’eau pour déplacer un élément.
Groumphhh, notre robinet d’arrêt général lui reste entre les doigts, cassé net après quinze années de loyaux services (et un modeste usage trois fois par an). Coup de chance (ou pas), il s’est brisé en position fermeture de l’arrivée d’eau.
Pascal, mon copain plombier dans le Morbihan me console au téléphone en évoquant une situation classique, les robinets d’arrêt étant insuffisamment sollicités…! Il me conseille de l’actionner une fois par mois, calmement.
A priori, pas grave. Nous nous dirigeons vers le compteur d’eau qui a son propre robinet d’arrêt.
Running gag…!
Dans les deux positions, l’eau continue à passer. Le service d’urgence est appelé mais débordé. Entre-temps, le compagnon a ramené un nouveau robinet d’arrêt pour remplacer son alter ego défectueux à l’intérieur. Sauf qu’il faut couper l’eau en amont.
Le service de dépannage passe dans la soirée après le départ du compagnon et, bingo, c’est bien leur robinet compteur qui a également rendu l’âme !
Ce matin, ils vont couper temporairement l’alimentation depuis la rue, le temps pour mon gars de changer la pièce, puis repasseront ultérieurement pour remplacer intégralement le compteur récalcitrant par la nouvelle génération qui s’avère plus solide.
Dans tous les cas, des professionnels sympas, un service d’intervention agréable.
Rien de dramatique…
Coup de chance, il pleut (je peux aller prendre une douche dehors mais pas certain que la vue de mon corps d’athlète soit apprécié par tous…!). Le temps est frais, la situation supportable, certes peu pratique pour cuisiner.
Un gros arrosoir rempli d’eau de pluie servira pour les commodités pendant ces quelques heures, pas de quoi s’énerver.
Et puis il n’est jamais inutile de se souvenir que ce genre de choses peut survenir. Déjà, en 2006, nous avions eu un problème d’écoulement assez drolatique suivi d’un changement de chaudière en plein hiver deux ans après.
Je ne sais si ce sont mes huit années de pension (avec eau froide et eau froide…!) ou la petite maison sans confort de mes grands-parents à Orléans avec brique réfractaire entre les draps et WC extérieurs en plein-vent qui m’ont vacciné mais cela ne m’agace pas plus que ça.
Je me souviens…
Je me souviens avoir bossé naguère de l’autre côté de la Méditerranée par temps de canicule et de m’être trouvé dans une période où l’eau courante était coupée.
Pas une seule journée mais une dizaine de jours. Impossible de tirer une chasse et, plus pénible, de se doucher, de laver mon linge.
Je bossais sur une très grosse présentation avec force graphiques sur calques, devant impérativement m’essuyer les avant-bras avant de dessiner au Rotring pour éviter que le support ne gondole. Toute l’équipe était logée à la même enseigne, il manquait un set de pinces à linge pour éviter de respirer les odeurs âcres de transpiration…!
Plus récemment, sur mon île, grosse pénurie d’eau mais supportable, juste épousseter le sel le soir, la mer n’étant pas loin pour se rafraîchir à défaut de se laver.
Cela rejoint l’absence de connexion au net vécu récemment, pas de quoi se rouler par terre de désespoir dès qu’un incident survient.
Bref, quelques anecdotes pour revenir à plus de frugalité, voire reprendre des habitudes de bon sens, stocker un peu d’eau, etc.
Escrituras en tiempo de crisis est le titre en espagnol de ces nouvelles parues en 2012 et traduites par Bertille Hausberg. Je comprends mieux ce que fut la vie de Luis Sepúlveda, un auteur que je ne connaissais pas, entre prison et exil.
« Un jour, quand ma fille était devenue adulte, je lui ai raconté qu’au milieu de la fusillade certains embrassaient une image pieuse mais moi j’embrassais une photo en noir et blanc où elle souriait dans mes bras et je me jurais alors que, si j’en sortais vivant, nous récupérerions tout le temps que je lui avais volé.
L’irrémédiable est la pire des certitudes.
Je sais que mes enfants ont souffert de mon absence à la sortie de l’école, quand il pleuvait et que les parents de leurs camarades les attendaient, le parapluie ouvert, la voiture bien chaude, un gâteau à la main. »
À 70 ans passés, il continue à dénoncer avec vigueur et ironie, ajuster ses coups, écrire de très belles chroniques qui pourraient aisément se lire comme autant d’articles de blog.
Mais le marché a gagné et cela ne va pas s’arranger. Ce point est à conserver en mémoire, un pour cent de cette planète contrôle l’existence des quatre-vingt-dix-neuf pour cent restants.
On devrait même évoquer les 0,01 pour cent pour être plus précis…! Les 0,99 % qui suivent ne sont que des courroies de transmission grassement payées, des exécutants achetés pour leurs capacités. Ces derniers participent au pouvoir, mais ne l’ont pas.
Bref, Sepúlveda n’y va pas de main morte, il rappelle avec précision et humour les situations (…sur l’Espagne notamment — page 63) mais qui le lit, qui l’entend…? Je devrais rapprocher ces chroniques engagées et toujours actuelles de la fin de l’émission Là-bas si j’y suis sur inter.
Même si les faits rappelés sont têtus, les indignations réelles et profondes, l’érosion de la part de marché fait son oeuvre… Qui écoute encore les vieux qui soliloquent (sic), vive le divertissement…! Même quand ils parlent d’amour (jolies pages) ou de vrai miracle de Noël…!
Au passage pour ceux qui n’ont pas encore décroché, page 60 démarrent trois pages sur “de l’importance de la bouche et des trolls”… Et page 77 un épatant “Mode d’emploi pour un 1er Mai gâché” en neuf pages drolatiques où l’auteur raconte son retour dans les Asturies depuis la Turquie. Si vous aimez les correspondances aériennes foirées, un monument…!
Du coup, envie de lire Dernières nouvelles du Sud, Le vieux qui lisait des romans d’amour ou L’ombre de ce que nous avons été. Une autre écriture que Francisco Coloane mais l’évocation du Chili souvent et, bien entendu, du Sud…
Ingrédients pour une vie de passions formidables
Luis Sepúlveda
Métailié
9782864249504 | 16 €
Ou sur iBooks…

Pour finir, cette dernière citation…
« Je ne sais pas si je suis, si j’ai été un bon père. Mais je suis sûr de ma tendresse pour mes enfants, j’ai toujours essayé d’être un ami sur lequel ils peuvent compter, un compagnon dans tout ce qui peut arriver. Et avec ça je suis en paix. »

Certes, j’ai emporté le Canon EOS M, mais il est clair que j’aurais pu (du…?!) ne me charger que du iPhone. Je ne regrette pas le M que j’ai employé exclusivement avec son 18-55 de série, optique reconnue dans lightroom.
J’y pense pour de brèves balades en solitaire quand le reste de ma tribu est au loin. J’ai un sac à dos léger qui va sur ses 18 ans (…un bel âge) et qui s’y prête bien, de quoi embarquer quelques t-shirts, un vêtement de pluie, du linge de rechange. Et un iPhone.
sans oublier une bonne paire de chaussures. Mes ecco ultra-légères et aérées m’ont soulagé de ma tendinite, j’ai pu ainsi galoper dans les villes escarpées sans trop grimacer.
Dans mon iPhone, quelques applications…
Côté application de prise de vue, celle signée par Apple et Provoke. Sans oublier, flickr pour poster quelques images quand le réseau est disponible.
Et basta.
Day One sur iPhone
Je l’ai déjà écrit, je suis un utilisateur inconditionnel de Day One qui me permet de commenter avec du balisage Markdown mes balades.
Fin juin, j’ai suivi le programme mis en place par ma compagne tant en termes de destination que d’hébergement. Et la période s’y prêtait merveilleusement. Juste avant le début des grandes vacances, alors que les étudiants planchent sur leurs examens, il est donc possible de baguenauder dans les villages sans être bousculé par des hordes de touristes…!
Le iPhone me permet de réaliser quelques images emblématiques des lieux rencontrés (ou situation annecdotique comme cet écran XP), reste à les utiliser ensuite comme autants d’entrées dans Day One.

- Soit je laisse juste l’image comme entrée sans texte et cela me permet de récupérer les infos de date, heure, localisation et météo
- Soit je complète avec un bout de texte que je peux amender au fur et à mesure avec d’autres données (site internet, etc.)… Voire corriger les fautes de frappe ultérieurement en me relisant…!
Mieux encore, ma fille a réalisé des photos dans des endroits où je n’ai fait que prendre le temps de regarder (…ou, plus souvent pris des images avec le M), pas de souci : via Messages, nous partageons nos images, ce qui nous permet à l’un et l’autre de disposer de plus d’iconographie pour nos écrits…
L’un et l’autre avons, hors connexion, tapoté nos impressions mais nous avions nos iPads pour ce faire.
À la réflexion, le iPhone pourrait amplement suffire. Mais je reconnais qu’une version avec un écran un poil plus grand ne serait pas déplaisant pour ce type de déambulation. Avec une autonomie multipliée en conséquence…
— Météo, localisation en prenant en compte les infos de chaque image…

— Une action facile… mais ne pas oublier le compteur de pas de l’iPhone 5 dont les informations peuvent être ajoutées globalement (en bas, à droite au-dessus de la carte) dans chaque billet…

— Pour les circuits tordus, iMoves se charge de suivre mon parcours sans besoin d’expédier mes infos à un serveur et de produire, à ma demande, une simple carte…

…Carte évidemment produite par iMoves GPS tracker avec les EXIF idoines et donc relue, reconnue par Day One.
Bon, et si je rédigeais un billet par village rencontré, histoire de partager quelques options de balade…? France, Italie…?
À faire dès que j’aurais un peu de temps…
