En attendant l’iPad | 2
Lutter contre l'ennui, première utilité
dans
dans mon bocal |
groummphh
Comme j'avais évoqué l'idée d'un usage de l'iPad à l'hôpital, j'ai posé la question directement à des infirmières et des internes du service de réanimation où je me rends quotidiennement depuis une semaine. Et là, comme quoi, cette idée rejoint les préoccupations des soignants. Il faut comprendre qu'être attaché à son lit, câblé de tous côtés mais conscient n'est pas une situation amusante. Et que l'ennui comme les pensées sombres sont majoritaires. Ce n'est pas le passage de l'infirmier pour réajuster la machine à respirer ou le changement de perfusion qui remplit la grande solitude de l'hospitalisé. Hormis la visite des proches, c'est le désert des tartares.

Déjà, j'ai appris qu'il était possible de venir avec une radio pour remplir le silence de la chambre. Enfin, silence bien relatif, tant les alertes retentissent dès qu'il y a le moindre incident décelée par une sonde. Mais quand on est intubé et lucide, sans connaissance aucune du morse (!!), communiquer en hochant la tête ou clignant des yeux est épuisant dès lors que le visiteur de passage n'est pas apte à lire les signes malhabilement tracés sur le drap par la seule main valide.
Du coup, ces services s'interrogent sur l'utilité d'une télévision ou d'un dispositif individuel de radio mais aussi sur l'idée de déployer du wifi. Et c'est là où un simple iPad accroché par un bras articulé au montant du lit peut servir — sous conditions — à communiquer via un simple traitement de texte.
Je pense bien entendu à WriteRoom qui permet de jouer sur la taille des caractères et sur le contraste du fond de page. Ou encore à Tiki'Notes pour son système de complétions.
Certes, le premier est le plus adapté car ne nécessitant aucun apprentissage et affichant un clavier complet mais la philiosophie du second permet de réduire le nombre de caractères à saisir. Bien entendu, ce dispositif servirait essentiellement à poser aux questions à ses proches. Pour les plus aguerris d'entre-nous et, à condition de se souvenir de ses codes, on pourrait imaginer des échanges courriel ou des surf sur internet.
Avec la possibilité de grossir le contenu, le poids léger, l'absence de clavier et de souris, le fait de juste tapoter (à condition de bien viser), l'iPad comme échappatoire. Il faudrait bien entendu que le personnel de santé sache intervenir au minimum pour adapter cette tablette au cas par cas. C'est le seul point qui ne m'inquiète pas.
Bref, je reste convaincu que des iApp ad-hoc seront un jour disponibles sur un iPad avec une interface minimaliste pour répondre à des taches simples mais au combien importantes quand on se morfond dans un lit d'hosto toute la sainte journée.
À suivre.