LightRoom à l’essai
Même en béta, parfaitement utilisable
dans
photo
Entre Canon Image Browser, iView, Adobe Bridge; Apple Aperture et quelques autres produits de catalogage, capables de traiter ou non de manière autonome des images RAW, il était intéressant d’essayer toutes ces solutions, même si cela revient à y consacrer pas mal (trop ?) de temps. Mon outil préféré jusqu’à présent restait iView qui me permet de classer plein de choses dont toutes mes polices de caractère…
Néanmoins, depuis la béta 2 de LightRoom, je fais des infidélités à iView tout en continuant à l’utiliser en amont dans mon process de récupération de mes prises de vue. Et puis, soyons honnête, je préfère assurer car je travaille avec de vraies images pour des missions toutes aussi réelles…
iView permet de gérer très bien nombre de choses dont le changement de nom des fichiers, l’organisation des mots clés, etc. Pourtant, ce n’est pas le produit le plus confortable dès qu’il s’agit de traiter mes fichiers RAW, CQFD. Et puis, en avançant dans la découverte de LightRoom, simplement en terme d’ergonomie, j’ai découvert que cette application me simplifiait pas mal la vie…
Qu’est ce que cela veut dire.
Certes au niveau traitement des miniatures dès l’import, la réalisation d’un catalogue, iView est cent fois plus rapide. Ce produit me permet en quelques minutes d’ajouter nombre d’informations ITPC, de surveiller tout seul mes dossiers de dépose des vues, de réaliser en quelques minutes des pages .html avec des habillages prodigieux…
Alors, pourquoi LightRoom en béta 2 exerce autant de séduction sur moi ?!
Passer 8900 images dont les trois quart en RAW ou DNG sous LightRoom ne se fait pas en claquant des doigts. Sur mon bipro G5, c’est un bon couple d’heures (10 ?) pour tout traiter et réaliser toutes les miniatures que va utiliser ce soft après coup. Néanmoins, j’ai parfois l’impression d’être revenu sur l’excellent soft de Kodak, Photo Desk via quelques points…
Récapitulons : ce qui fait la force de LightRoom, c’est ce découpage en quatre modules :
Library qui affiche toutes les images et qui permet d’isoler celles associées à un groupe ou à un mot clé…
Develop qui permet de (re)traiter chaque vue…
Slideshow qui permet de réaliser certes un diaporama mais aussi d’exporter une sélection en .htm ou en Flash. Ou encore en .pdf…
Print qui permet d’imprimer une ou plusieurs vues et personnalisant les sorties. Je l’utilise avec une petite imprimante Canon, une Selphy 600… Cela me permet de sortir une vue correcte des photos que je souhaite utiliser et de les transmettre à mes clients, certain dès lors que la chromie sera meilleure que celle disponible sur leurs écrans mal étalonnés…
Alors…
Hormis cette première étape qui reste fastidieuse sur mon G5, j’ai été très surpris de la facilité avec laquelle on peut créer et supprimer des mots clés. Je trouve même cela beaucoup plus pratique que sous iView… Je m’explique. Il est très (trop ?) facile de supprimer d’un clic un mot clé… Mais c’est surtout d’en créer qui est le plus astucieux. Vous sélectionnez une série de vues et, directement, via la case info/keyword qui se trouve dans le panneau de droite de la fenêtre Library, vous pouvez saisir le ou les mots clés qui seront affectés à votre sélection.
Mieux, quand vous saisissez, LightRoom affiche les mots clés qui correspondent aux premières lettres que vous saisissez… Du coup, il est facile de choisir un mot clé donné sans le ressaisir (et surtout, sans vous tromper catastrophiquement dans l’orthographe et créer involontairement 3 mots clés pour la même entrée…!).
Ou d’ajouter, en connaissance de cause, un nouveau terme dans votre longue liste. Cela sous-entend de regarder attentivement dans cette case ce qui s’affiche quand vous entrez du texte mais c’est ultra pratique.
Ces mots clés sont bien évidemment éditables après coup et automatiquement alloués avec la nouvelle terminologie à toutes les vues concernées…
Bref, sur ce simple plan, affecter des mots clés me semble beaucoup plus simple et rapide.
Bon, je galéje car, sur iView, ce n’est pas non plus très compliqué : il suffit d’afficher le panneau Informations, d’avoir sélectionné une ou plusieurs vues pour faire la même opération sauf que cela ne fera pas à la suite mais mot-clé après mot clé dans une sorte de mode liste… Si les développeurs me lisent, le dispositif offert par LightRoom peut être adapté…
Pour ces deux produits, un drag and drop d’une sélection d’images vers un mot-clé attribue ce dernier aux vues concernées…
Toujours sous LightRoom, il est possible de créer des collections plus générales qui rassembleront des sujets bien particuliers… Là aussi, ce qui est intéressant, c’est de créer un thème général (architecture), puis d’avoir en son sein des sous dossiers (châteaux, édifices publics, maisons individuelles) puis encore un niveau (Versailles, Breteuil, Hautefort, Chaban, etc. pour les châteaux, par exemple). Du coup, cela fonctionne comme un mode plan, on développe le thème…
Mais, évidemment, la force de LightRoom, c’est le post-traitement des images… Cela commence d’emblée dans le module Library… Au dessus de l’endroit où l’on entre les motes clés, il y a aussi des outils rapides de correction dont la possibilité d’appliquer des presets qui sont construits dans le module Develop…
J’apprécie de pouvoir comparer des photos sans souci, de n’afficher qu’une ou plusieurs vues sur un fond strictement noir et sans barre de menu (touche L). Par contre, contrairement à Aperture, pas encore possible de gérer deux écrans…! Mais aussi la possibilité d’utiliser tout l’écran (touche F).
Ensuite la correction des images n’est pas toujours rapide mais il est possible de se constituer ces fameux presets qui ressemblent furieusement aux looks du Kodak DCS Photo Desk. J’apprécie également de pouvoir, en mode Library, effectuer ces corrections à la volée sur une (ou un ensemble de) preview(s)…
Lors du traitement en mode Develop, LightRoom propose de faire un zoom vers la partie de l’image que vous souhaitez… En ce cas, l’application prend alors le temps d’appeler pour de bon de fichier natif, ce qui est un peu plus long, mais beaucoup plus précis.
Bien évidemment, ici, pas de souci pour les différents fichiers RAW, LightRoom gère pratiquement tous les formats et propose d’exporter le résultat vers Photoshop…
Les deux derniers modèles permettent également de se construire des presets, que ce soit pour un diaporama ou des impressions… Inutile de réinventer la roue, on enregistre le modèle qui convient pour le réutiliser ultérieurement.
Bref, en l’état, Adobe frappe un grand coup avec cette béta d’autant que ce produit tourne aussi bien sur un G4 que sur un Intel… J’apprécie la simplicité du produit, son ergonomie ultra efficace et intuitive. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force, on se retrouve très vite à l’utiliser assez correctement…. Bref, un bon outil que j’attends en version finale de pied ferme. Sortie définitive en juin 2006, prix non encore fixé mais la concurrence a intérêt à se réveiller, Apple compris…
Affichage standard
Un appui sur le touche L : simple et efficace avec un peu de transparence dans les parties noires…
L’option “noir complet” est disponible : il suffit d’appuyer une fois de plus sur la touche L…
En forme de mini conclusion en attendant une version finalisée…
Alors, LightRoom for ever ou non…?!
Toutes ces solutions ont des avantages et et leur envers.
Le point qui me chagrine reste le poids excessif du cache de LightRoom… Pour 50,78 Go d’images, 12,35 Go de cache pour 8700 images et des poussières contre 304,8 Mo de cache pour iView. C’est le cas de le dire, il n’y a pas photo. Sur ce plan comme sur celui de la vitesse, iView reste incomparable…
Alors, le débat reste entier : est-il nécessaire d’avoir un produit qui fait tout (correction d’images et catalogueur) ou un simple catalogueur efficace et véloce n’est-il pas plus efficace, quitte à la coupler à un outil de traitement comme C1 de PhaseOne ?
Jusqu’à présent, le couple iView + Photoshop|CameraRAW me rendait (et me rend toujours !!) le service attendu… Un coup de C1 ou de Canon DPP de temps à autre pour un traitement plus fin (et encore).
En revanche, le tri beaucoup sophistiqué, des données plus segmentées et une vitesse de défilement accrue offre un avantage certain à iView…
J’attends d’Adobe un gros effort d’optimisation sur le cache et le traitement de la vitesse. François Cunéo (http://www.cuk.ch) m’écrit que sur son duo-core Intel Mac, c’est le jour et le nuit… Pourtant je préfère rester prudent car, comme je l’ai écrit en début de billet, iView est une sorte de “jeep” qui me rend service dans des tas d’autres domaines… Et cela est aussi un énorme plus pour un graphiste.