Du Lisa à l'iPad, des quenottes aux Keynotes…
dans
groummphh
C’était en 1984.
J’ai beau avoir des dents assez solides, faut que je passe de temps en temps sous la fraise du dentiste. Paul-Jean a beau être un ami, j’angoisse toujours un peu avant qu’il intervienne sur mes quenottes et lis tout ce qui est disponible dans sa salle d’attente !
Lors de ce rendez-vous, je tombe sur une longue pub en français sur Lisa. Et là, fasciné par ce que je découvre. Avant de passer sur le fauteuil, je note l’endroit où voir ce produit, rue du renard à Paris.
Bref, moins d’une semaine après, me voilà à suivre ma première démo. Judith K. la conduit avec son accent charmeur. Soudain, un coup de téléphone la réclame. Comme j’étais installé à sa gauche, j’en profite pour saisir l’énorme mulot du Lisa et tracer sur LisaDraw mes premiers rectangles.
J’étais fait !
Ce jour là, j’ai découvert Apple, Steve et les autres. Depuis 1984, je suis resté fidèle à la pomme envers et contre tous. Ces lignes sont saisies sur mon iPad avec Daedalus touch mais, dans mon rétroviseur personnel, que de Macs depuis ce premier écran.
Alors oui, cette rencontre avec Lisa a changé notre vie. Dès 1984 avec Béatrice, nous avons pris le risque fou d’acquérir cette machine. Notre banquier a joué le jeu (si, si…!!) alors que nous avions à peine de quoi nous verser un demi-salaire à deux !
Bref. Non seulement on ne s’est pas cassé la gueule mais cela a été l’occasion de multiples rencontres.
Et Steve Jobs dans cette histoire…?!
Mais, sans lui, je n’aurais pas eu les outils qui ont jalonné ma vie professionnelle ! Je me souviens encore des remarques amicales d’alors.
JC, sois sérieux, passe sur un ordinateur sérieux, on bosse sous Victor ici…
Bon, Jacques B. qui m’avait fait cette remarque est passé sur Mac depuis longtemps mais c’était l’état d’esprit d’alors. Apple, c’était un jouet face aux PC dans l’esprit des entreprises.
Alors, les colères de Jobs, son souci du détail, son mauvais caractère, ses intuitions (…ben oui, celles d’un gars qui est capable de comprendre avant les autres comment assembler des inventions hétéroclites en un truc de tueur, ce sont bien des intuitions…), le PostScript et les premières LaserWriter, tout ceci m’a permis de construire mon propre boulot et d’en vivre.
Ce matin, j’ai 58 ans et viens de perdre un vieux copain lointain qui a accompagné toute ma vie professionnelle. Voilà.
J’avais beau m’y attendre, je n’ai pu m’empêcher de verser quelques larmes.
Salut Steve.
Pas de iPhone 5 mais un iPhone 4 revu, amélioré et dopé. Un capteur de 8 MP, un assistant que l’on peut commander à la voix (merci pour tous ceux qui ont des soucis avec leur vue, on peut être jeune et handicapé… Ou vieux et porteur de grosses lunettes…!), nombre de petits détails refondus dans un iOS stabilisé.
Bref, au lieu de la jouer coup d’éclat, une manière de peaufiner, améliorer un produit qui fonctionne déjà fort bien avec son écran retina, rien que du très banal pour certains quand on oublie tout juste que le Zune vient d’être enterré.
Apple déçoit en présentant l’iPhone 4S, et non un iPhone 5
C’est le genre de “biiiip” que l’on lit ci et là, des phrases définitives écrites par ceux qui n’ont toujours rien compris à la technologie, habitué à voir des entreprises faire des coups (et se planter quelques mois plus tard, cette année a été fertile en déboires de ce type).
L’innovation, cela ne se fait pas à coup de paillettes. Ce sont des réflexions permanentes sur des détails, comment rendre encore plus facile telle opération, telle action.
Prenons l’ajout de la technologie Siri au sein du iPhone. Gadget inutile ou fonction pour geek…?
Pour ma part, je me vois très bien dans la pénombre d’une soirée d’hiver, sur un quai de gare balayé par un de ces crachins qui vous glace les os et devant noter un rendez-vous important. Comment faire ?
Me lancer dans un tapotement hasardeux derrière mes lunettes embuées sous une lumière blafarde chichement dispensée ou indiquer vocalement à mon iPhone le rendez-vous du lendemain à 08:30 à la défense ?!!
Bien sûr, il faut que le iPhone me comprenne, que ma voix ne soit pas enrouée, que je ne sois pas interrompu par une annonce de service du RER, etc. Mais l’idée d’utiliser enfin la voix pour des opérations basiques me plait bien.
Mais c’est l’appareil photo poussé à 8MP qui me sidère. Que de chemin parcouru entre mon vieux Canon 350D et ce iPhone 4S.
Chargez l’image depuis le site d’Apple et regardez à 100 %…
Bref, très, très énervant cette petite mise à jour…
Bref, comme le dit si bien Jean de la Fontaine…
Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
”Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.”
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?
Alors ? Ton test du MacBook Air, il en est où ?
Ma réponse n’est pas simple, déconcertante même pour quelques lecteurs. Et logique pour d’autres comme ToTheEnd qui en déploie à tour de bras en entreprise…!
Je peux répondre un truc comme… Le MacBook Air est une excellente machine. Là, on sent la réponse évasive…! Elle l’est en effet…
Explications.
En France, nous avons une jolie loi qui offre un délai de 14 jours en terme de rétractation (depuis mai 2011). À condition de rendre le matériel en bon état et dans son emballage d’origine, Apple reprend et rembourse ce que vous avez acheté.
Au bout de 8 jours, je ne me suis pas senti à l’aise avec ce MacBook Air et je l’ai échangé lundi dans la même boutique pour ceci…
J’entends déjà quelques réactions ! Ah, non, il va nous refaire sa crise d’iPad.
Depuis un an, j’utilise un iPad quasiment jour et nuit. Je pense avoir contaminé — sans aucun remords — ma petite famille. Ma fille ne conçoit plus l’usage d’un ordinateur que comme cela (…il est vrai que passer de son antique G5 bruyant au iPad change la donne) et mon épouse, souris et clavier depuis 1984, a fini par reconnaître que c’était quand même nettement plus pratique dans son quotidien pour chercher une info que de démarrer un MacBook Pro.
Qu’est ce qui a coincé ?
Toute la journée, dans mon rôle de graphiste de livres, j’utilise un simple MacBook Pro 17” avec un écran 23” adressant la même résolution et un clavier étendu. Ce 17” me permet, en régie ou en déplacement, de conserver strictement le même environnement de travail que dans mon studio.
Si j’ai besoin de me concentrer pour écrire, je prends — comme je l’ai fait pour rédiger ces lignes — ma machine à écrire ipadesque et je me glisse dans un fauteuil. Ou ailleurs. Plus rien de me dérange.
En gros, le 11” est plus large, plus encombrant et moins réactif pour mon usage. Je m’entends.
Quand j’ai envie d’écrire, je ne suis pas sous Daedalus touch en une seconde sur le 11”… Même si je peux utilisera alors Byword. Etc. Je ne vais pas à nouveau écrire ce que j’ai déjà écrit sur urbanbike la semaine passée. Et si je veux un clavier, mon 17” fait l’affaire.
Ensuite, et c’est évident (et mentionné dans mon billet à son sujet), c’est sympa d’avoir une machine que je ne peux connecter à aucun de mes disques firewire de travail, faute de convertisseur. Donc, comme machine de backup, le 11” ne s’est pas imposé pour le moment.
Enfin, cette machine devait servir partiellement à ma tribu. Tous l’ont essayé (…trois sessions avaient été créés à cette fin) et tous m’ont demandé à emprunter mon vieil iPad. Bref, ayant le choix entre un vrai clavier avec un écran plus vaste et cet écran autonome, mon panel a fait le choix de l’iPad…!
Là, je me suis retrouvé dans la situation où c’était moi qui allait me retrouver à utiliser ce 11” après m’être fait dépouiller de ma machine à écrire. D’autant plus ridicule que j’ai un 17”.
Après discussion avec mon staff, nous avons décidé de rendre ce 11” et d’acquérir 2 iPads en lieu et place. Un 16 Go pour les déplacements chez les clients, un 32 pour remplacer mon vieux 32 volé (!) par ma gamine. J’ai failli prendre deux 16 Go car tout le reste est téléchargeable (iTunes ou DropBox). Effectivement, les mises à jour faites sur mon MacBook Pro sont synchronisées et, mieux, les applications peuvent être employées jusqu’à 5 fois, ce qui laisse de la marge.
Hormis m’obliger à faire le tri dans mes applications, pas de réel bouleversement en terme de vitesse. Le iPad 2 répond plus vite mais je reste le maillon faible ! Un poil plus léger, une protection qui coupe l’alimentation quand on la pose sur l’écran. La camera vidéo et l’appareil photo ne m’ont pas encore intéressés, j’envisage juste la possibilité de prendre des docs en photo au lieu de les scanner mais pas plus.
Et la 3G…? Fort d’une année avec un iPad 1 et de la possibilité de partager ma connexion 3G de mon iPhone dans les rares moments où j’en ai eu besoin, inutile.
Voilà…
Aucun regret vis-à-vis de lion auquel je passerai (merci JC, l'autre) quand la version sera plus stable.