Entre l'impression à domicile ou via le web, les labos pros…
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Hasard de l’écriture, vendredi soir, je lis le blog de Luc et je tombe sur cet excellent article ! Je résume rapidement : le format papier des imprimantes photos du commerce (10*15 cm) n’a rien à voir homothétiquement avec les formats des appareils numériques… Pourtant tout le monde propose ce format, les constructeurs d’imprimantes, les labos online et même les labos professionnels
Raison de plus pour cesser de jouer les petits imprimeurs dès lors que l’on souhaite de grands tirages… Alors, passez par un tireur sur le web, ou mieux, retrouvez le chemin des labos numériques professionnels qui, contrairement à une idée reçue, ne sont pas inabordables…
Première solution, l’imprimante à la maison.
Pour ma part, je ne suis pas hostile à l’usage d’une petite imprimante qui dépanne de quelques tirages en famille. Effectivement, ce genre de technologie fait des heureux immédiatement. Le fait de sortir quelques images récentes (ou même juste après une prise de vue numérique) fait plaisir. Sauf que cela devient vite lassant à chaque réunion de famille…
Trois très grosses restrictions.
Premièrement, vous devenez — pour le coup — l’opérateur à chaque occasion et cela prend du temps, même si on a tendance à oublier cela : il faut ressortir la bête, connecter, ne pas oublier le papier, charger les photos, sélectionner, etc. Et imprimer, c’est aussi recadrer car vous n’êtes pas homothétique en terme de format (on y revient), vous devez ajuster la chromie même si les softs livrés sont ici pour vous aider en partie… Bref, pendant que le reste de la famille discute, vous êtes dans votre coin à surveiller les sorties…
Certes, cela peut être considéré comme un moment de calme si cela vous permet d’échapper à votre belle mère et à ses éternels reproches. Ou à votre beau-frère qui adore vous entretenir de ses puissantes analyses, question football… (je vous rassure, ce n’est pas du vécu !). Reste que, dans 99 % des cas, on ne se pose pas la question, on appuie sur le bouton et on laisse la machine faire le reste…
Ensuite, ce n’est qu’une simple équation économique. Le coût du tirage n’est pas si anodin que cela : faites une simple opération de rentabilité pour vous rendre compte du coût du tirage unitaire… Soyez honnête, vous allez vraiment faire plus de 100 tirages…? La petite imprimante ne va elle pas rejoindre une cohorte d’autres produits absolument in-dis-pen-sables… qui ont néanmoins atterri au fond de votre placard…?
Enfin, vous êtes coincé limité à un format assez basique (10 par 15 cm en général, voire A4 pour une Epson stylus C86). Notez que pour le côté échange d’images familiales, cela se défend. Mais pourquoi, en ce cas, avoir investi dans un 8 mégapixels de course !!?…
Seconde solution, le tirage via un opérateur sur le net.
Un exemple sur ce mois de novembre (mais il y en a d’autres labos sur le Web, bien évidemment…) Kodak propose son service sur le net, Ofoto. Coût de l’image traitée, près de 0,30 €… pour un 10 par 15 cm ! Et en dépassant une commande de 40 €, le prix peut chuter à près de 0,17 € par tirage. C’est d’ailleurs sur ce prix que le labo grand public sur internet vous attire.
Vous pourrez trouver bien moins cher encore comme chez foto. D’autres, plus chers, vous offrent des fonctionnalités séduisantes (galerie d’images, stockage…) comme photoways.
Qui plus est, Photoways offre gracieusement une application cocoa pour notre Mac OS X qui gère l’envoi vers le site et le recadrage des photos…
Bref, tout est fait dans l’univers impitoyable du tirage numérique pour vous attirer chez l’un ou l’autre.
Parfait ?
Même si les outils d’impression utilisés sont excellents (des Fuji-Frontier en général), les coûts étonnamment bas de ces professionnels sont dus aux très grosses quantités de vues traitées… et à la quasi absence d’opérateurs…!
Inutile de vous dire que, généralement, personne ne voit vos images numériques en amont… Pour alimenter en papier une batterie de 6 imprimantes et enfourner dans les enveloppes de retour vos précieux tirages, deux personnes suffisent.
Bref, même si quelques labos donnent des conseils en amont sur les tirages à leur fournir, ne vous inquiétez pas : personne ne saura réellement ce que vous avez envoyé hormis le service comptabilité qui va vous facturer le nombre de copies…
Du coup, si votre image n’a pas de profil chromatique, est totalement sur ou sous exposée, n’attendez-pas de miracle : c’est digéré et interprété par le programme qui compensera automatiquement votre cliché. Ici, pas de cas par cas, mais du traitement brutal et rapide qui nécessite au minimum que votre image soit bien équilibrée. Et n’envoyez que du .jpg…
Côté format, vous avez dès lors un plus grand choix mais avec les réserves mentionnées précédemment.
Mais, contrairement à la solution de l’imprimante personnelle, c’est une alternative moins coûteuse… à condition de bien comparer les prix des concurrents qui se tirent férocement la bourre… Et si vos images sont correctement exposées, à usage familial, c’est un excellent choix…
En résumé : la solution de l’imprimante chez soi me fait penser à ces personnes qui décident de faire leur pain chez eux. Et hop, on acquiert une machine via La Redoute ou les trois suisses, on triture sa pâte avec de la levure et on cuit son pain. De temps à autre, c’est excellent mais rapidement on a la nostalgie des baguettes bien croquantes d’avant. Et surtout, cela devient vite pénible en terme de temps passé… Je serais curieux de connaître d’ailleurs le temps d’utilisation moyen de ce type de produit !
La seconde solution à ces grandes surfaces qui vous vendent des pains sous film plastique pas cher : c’est économique mais gustativement banal. Dans les deux cas, on peut s’en satisfaire et trouver cela acceptable.
Pourtant, une troisième voie existe. Celle de la redécouverte du boulanger (et plus encore, de la boulangère…) si je poursuis ma métaphore !
Troisième solution, le labo pro
Bien avant le numérique, il y avait déjà des labos professionnels. Ces labos argentiques se sont tous reconvertis au numérique, pour ceux qui restent encore en activité, et disposent de nombre d’avantages sans même parler du coût.
Je pense à des grands labos professionnels comme Picto, Gamichon, ou encore Rainbow Color.
Prenons ce dernier que je connais depuis un paquet d’années, autant que Picto ou Gamichon d’ailleurs…
Premièrement, dans un labo pro, il y a des… professionnels. Et chacun est doté d’une paire d’yeux… Je sais que cela va vous faire sourire mais quand vous montrez un tirage à ces personnes, eux sont capables de vous décrire votre image chromatiquement parlant et de vous expliquer ce qu’il y a à corriger, comment y remédier, quel type de tirage semble adapté.
Et même de vous dire que c’est inutile le cas échéant…!
Car ces gens sont des aussi chromistes, des techniciens polymorphes qui connaissent sur le bout du clavier leur Photoshop. Ce sont eux qui vont vous expliquer l’intérêt d’un profil, comment calibrer votre propre écran, etc.
Ensuite, quand vos fichiers arrivent chez eux, toutes vos images sont vues. Et ce qui n’est pas tirable n’est PAS tiré. Même qu’on vous explique pourquoi !
Question format et reproduction, vous n’êtes pas limité : vous avez envie d’un 120 par 180 sortie sur un Durst Lambda 131, sur mat ou brillant, pas de problème si votre fichier peut le supporter.
Vous êtes arrivé avec un format RAW, parfait… D’ailleurs vous faites du coup partie de cette minorité de photographes a en avoir compris tout le sel…
Et puis, accessoirement, vous avez également des argentiques à faire développer, scanner, tirer, c’est possible. Vous souhaitez un Duratrans pour un caisson lumineux à partir de votre fichier numérique… Pas de souci.
Oui mais, à quel prix ?
Ce n’est pas parce que Cartier, Chaumet ou Lacoste travaillent régulièrement avec eux que les prix d’un labo comme Rainbow Color (…ou Picto, Gamichon) sont à défaillir…
À nouveau une comparaison avec les autres solutions s’impose !
Mieux encore, venez au labo : vous serez accueilli par des gens compétents au comptoir, rencontrer quelques minutes un technicien si besoin est… Et repartir avec plein de conseils…
En ce moment avec le numérique, l’utilisateur pense pouvoir tout gérer par lui-même. Un micro, Un appareil photo numérique, quelques softs et une imprimante, le tour est joué.
C’est vrai en partie mais cela n’est pas aussi simple que cela !
Même les photographes professionnels ont encore du chemin à parcourir. Peu d’entre eux connaissent le profil de leurs clichés ou l’intérêt de travailler en RAW…!!
Avec Laurent de Reflex[e] Numérique, nous en discutions lundi dernier avec Pascal Doreau, le directeur technique de Rainbow Color…
Après avoir expérimenté, testé l’impression à la maison, la grande majorité des pros reprennent le chemin du labo et reconnaissent que c’est un autre métier horriblement consommateur de temps, nécessitant des compétences différentes…!!
Du coup, quand un photographe revient de reportage avec des centaines de shoots numériques, il préfère désormais expédier tous ses fichiers, ses cartes flash et recevoir en retour les planches contact numériques de toutes ses photos retraitées chromiquement. Sans oublier les DVD de tous ses clichés…
À suivre !