Après la machine à écrire, les carnets de note puis l’ordinateur, portable ou non, les scénaristes disposent depuis quelques années de deux nouveaux écrans pour coucher scènes… épiques et répliques assassines : l’iPad (…oui, on peut employer un iPad pour travailler même si cela continue à en étonner certains)…
Mais aussi l’iPhone.
Pour ma part, depuis l’arrivée d’une taille d’écran plus vaste gentiment moquée ci et là, l’iPhone est devenu ma machine à écrire : je m’en suis expliqué dans ce billet, urbanbike | Usages | En passant, pourquoi mon iPhone est devenu ma machine à écrire…!.
L’écriture de scénarios répond à des codes très précis car il n’y a pas que les dialogues des divers protagonistes à travailler mais également préciser leurs attitudes, psychologie, expressions. Sans oublier les mouvements de caméra à indiquer. Et conserver via des ruptures ou un rythme, un style constant, maintenir l’attention du spectateur, construire les rebondissements indispensables pour lui faire passer l’envie d’aller voir ailleurs…!
Des outils disponibles sur Mac mais pas que…!
Sous macOS, vous pouvez employer Highland, Final Draft, Celtx Script, Loglineou… Slugline…
Depuis une semaine, en plus de Scripts Pro ou Editorial (si, si…!), vous pouvez tester Slugline, les habitués de la version macOS vont retrouver leurs habitudes…
Format Fountain
Comme Highland et quelques autres, Slugline emploie l’équivalent du balisage Markdown dédié aux scénaristes, Fountain. Ce balisage s’apprend vite, peut s’employer dès lors dans n’importe quel traitement de texte qui enregistre au format texte mais il s’avère plus rationnel d’employer un outil dédié (ou orienté) pour l’affichage du contenu selon les codes en vigueur dans la profession.
Slugline propose également les fameuses notes qui restent à la seule discrétion du rédacteur (…ne seront pas exportées dans le document final) et, tout aussi indispensable, les morceaux de dialogues ou des suggestions d’action qui seront caviardés à l’export mais conservés tels dans le fichier de travail…

Slugline permet de saisir tranquillement (à gauche) et de produire le document formaté standard (à droite)…

Pour cela, une barre additionnelle avec des balises Fountain mais également du Markdown…

Des préférences assez subtiles à piocher…
Dont une que je signale après avoir fait mes copies d’écran, la possibilité de décocher le caractère Cont’d qui vient parfois mettre le souk dans la sortie formatée s’il y a des notes balisées ainsi [[note]] dans le flot… (cf. La première copie d’écran, vue de droite)…

La prévisualisation affiche ce qui peut être exporté en PDF ou simplement imprimé… Du coup, je suis parti en vrille pour tester ce produit, ce que reflète cette dernière copie d’écran…!
Oui, à l’usage, quelques dysfonctionnements mais, vu la qualité de la version macOS, cela sera corrigé vite et cela n’empêche nullement de mettre les pouces ou les doigts pour se lancer dans l’écriture sous iOS…!
Rappel utile : vos textes peuvent rester sur l’iPhone (ou l’iPad) ou être synchronisées entre iOS et macOS via iCloud ou DropBox.
Au final, j’apprécie cette première version sobre, élégante, efficace… Et vais expédier au développeur quelques remarques pour une version prochaine dont lui demander l’accès à une liste des personnages liée à chaque fichier de travail…
À suivre…!
On le sait tous, les neurones filent à fond de train, toutes les familles peuvent en parler et notre ami Aloïs s’invite trop souvent sans s’annoncer, parfois chez des sujets jeunes, bien trop jeunes.
En discutant avec notre amie Sylvie, médecin qui bosse dans des établissements pour personnes âgées depuis plus de dix ans, c’est toujours l’occasion d’échanges passionnants mais également l’occasion d’apprendre que de nouvelles techniques sont mises en place, expérimentées, pour raviver les souvenirs de personnes qui ne parlent plus, ne mangent plus.
Et c’est ainsi qu’elle a évoqué une méthode épatante développée au départ en Italie par Alessandro Biamonti du Politecnico di Milano, le thérapeute Ivo Cilesi et Lapo Lani, architecte, le voyage virtuel. Cela nous a remis en tête une très belle bande dessinée, celle de Paco Roca.
D’emblée, et c’est notre amie qui le rappelle, il faut se replonger dans l’univers de ceux qui sont actuellement dans des unités Alzheimer. Comment les stimuler ? Et c’est ici que ce dispositif de voyage reconstitué par ce décor d’un comportement de train, un écran sur lequel défile ensuite un film qui reprend toutes les caractéristiques d’un voyage en train fonctionne. Sans oublier un guichet pour prendre le billet vers la destination souhaitée.
En savoir plus :

Juste un détail, ne pas oublier qu’il faudra réadapter le cadre du voyage en fonction des prochaines générations. Elles auront peut-être besoin alors de se retrouver dans un wagon de TGV ou dans la reproduction d’une carlingue d’avion, voir dans l’habitacle d’une voiture ou d’un bus.
Si d’autres applications Markdown ont poussé le concept assez loin, il n’est pas inutile de rappeler que des apps iOS comme ia Writer permettent aussi bien et sans un abonnement excessif de prendre des notes pour les organiser après coup sans difficulté.
iA Writer vient de sortir en version 5, j’avais rapidement rédigé quelques billets sur la beta auxquels vous pouvez également vous référer.
Ici, une série de copies d’écrans réalisées dans ma voiture en stationnement (ma vie est passionnante) puis (si, si…!) puis liées par un texte finalisé (encore) dans ma voiture en attendant ma passagère !
Je file faire un ping-pong entre deux averses…
Bien nommer chaque fragment
Une bonne pratique est d’utiliser astucieusement la première ligne de chaque note pour nommer le fragment que vous allez rédiger individuellement…
…bien entendu, chaque titre de note peut être modifié mais placer les bons mots clés ou la bonne formulation d’emblée est un gain de temps certain…

Une fois la note disposant de sa première ligne devenue le nom du fichier, rien ne vous empêche de supprimer cette première ligne…!
En effet le nom de fichier demeure, CQFD.

Une recherche subtile
Cette nouvelle version de ia Writer possède une fonction de recherche à deux niveaux :

- une recherche pour accéder à un autre fichier en recherchant un mot clé, tous les fichiers créés par ia Writer sont alors filtrés à la recherche de la chaîne de caractères.
- une recherche remplacement dans la note ou fichier ouvert… en ce cas, un appui long permettra d’accéder à cette action.

Je ne vous fais pas un dessin, c’est efficace.
Assembler les notes
Que faire ensuite de cette myriade de petites notes, fragments !? J’en avais parlé récemment dans quelques billets publiés ici mais je préfère revenir à grands traits dessus.
Les assembler en un seul contenu via une page qui contiendra tous les liens vers ces différentes notes.

Cela peut sembler compliqué mais s’avère assez simple à l’usage d’autant qu’il est facile de créer des liens via une icône dans la barre additionnelle (…qui occupe désormais l’espace du clavier masqué).

Le lien apparaît en clair avec le nom du fichier. D’où l’importance du nomage en amont !
Une prévisualisation avec des modèles différents
Une fois tous les liens ajoutés, les notes liées, il suffit de rester dans ce document maître pour prévisualiser le tout…!

Différents modèles sont disponibles.

Mais il peut manquer une table des matières.
Un sommaire automatique
Comme ia Writer se base sur les dernières avancées de MultiMarkdown, la fameuse balise TOC peut être employée pour créer un sommaire dès lors que les niveaux sont bien hiérarchisés (attention : pas de trous dans la hiérarchie, pas de passage d’un niveau 2 à un niveau 4 par exemple).

Des fonctions à revisiter…
ia Writer offre des accès plus simples à nombre de fonctions pratiques

Pour s’aider à écrire, changer la taille de la typo

Mais le must est de disposer d’une fonction de Versioning qui permet de revenir (certes, note par note) à une version précédente de chaque note)
Un clavier à ses doigts
Avec cette disposition qui occupe la place du clavier, à vous de disposer vos touches de fonction comme vous le souhaitez. Celles de mes copies d’écran correspondent à ma disposition et non celle par défaut…

Changement d’affectation aisé d’une touche, ici pour atteindre la fin du document affiché (comme c’est un assemblage de notes, on agit fragment par fragment)

Et, bien sûr, tout changement est immédiatement opérationnel

Exports tous azimuts…
Même si ia Writer ne propose pas d’export au format ePub, les options sont larges…

PDF, bien entendu avec la maquette de votre choix…

Ou export de tout l’assemblage de fragments au format Markdown en une seule fois vers Drafts par exemple…

Bref, souple, subtil et mise à jour de 4 vers 5 sans supplément de prix…
Bravo les développeurs…!