J’ai du mal à comprendre comment on peut devenir esclave, addict à un écran portable. Comme je l’ai écrit ici — urbanbike | Mais tu passes trop de temps sur ton iPhone, décroche ! — le mien m’accompagne partout et en toutes circonstances. Comme le trousseau de clés, ma carte d’identité. Ou un carré de non tissé pour essuyer mes lunettes…
Certes, la tendance actuelle est de flinguer les smartphones : désolé, ce sera sans moi !
Au mieux, mon écran va me permettre de capturer quelques clichés lors d’une balade effectuée sans but précis (…nous aimons nous perdre dans les dédales urbains) dans un village, comme à Toro récemment. L’app Maps.me me permet de me localiser puis de revenir à mon point de départ …si besoin.

Le reste du temps, au risque de me répéter, il stationne au chaud dans une poche, prêt à m’assister si j’éprouve le besoin de lui faire appel. Et basta.
Dictaphone
En discutant avec ma fille, j’ai découvert un usage qui n’avait échappé, celui du magnétophone.
De fait, arrivant en Espagne pour son semestre Erasmus, elle craignait de ne pas arriver à noter ses cours assez vite, être dépassée par le débit même des professeurs espagnols.
Du coup, elle a anticipé et employé l’app Dictaphone sur son iPhone pour enregistrer ses premiers cours.
Au bout d’une semaine, bien que rassurée par sa capacité à noter ses cours, elle a maintenu ce dispositif par sécurité, à la fois pour réviser chaque cours mais aussi se mettre dans l’oreille les inflexions, sonorités…
Techniquement, elle se rend en cours avec son antique iPad, saisi ses cours sur la version 4 de Drafts tout en enregistrant avec son iPhone chaque cours.
Bref, qui contrôle nos outils…? Jusqu’à preuve du contraire, c’est encore nous, non…?!!
Surtout quand elle est énoncée par des personnes qui passent leur vie sur …facebook !
Oui, cela m’a prodigieusement gonflé hier de découvrir que c’etait (sic !) la journée sans portable, que ceux qui refusent (!!) de se plier à cette injonction sont nécessairement des personnes qui ont peur de se retrouver sans leur écran.
Alors oui, je le confesse, mon iPhone me suit partout.
Mes clés, ma carte d’identité et mon iPhone
Me suivre ne veut pas dire qu’il est toujours dans ma main !
…il passe 80 % du temps (le jour) dans la poche de mon Jean (ou de ma veste, c’est selon !). Et 100 % de la nuit sur ma table de chevet, vu qu’il se mue en diffuseur de podcasts sur Castro !
Ce qui est affligeant (…mais il est vrai que je n’évoque que mon usage), c’est de ne pas imaginer que l’on peut vivre avec son smartphone sans avoir le nez collé dessus.
Bien entendu, je croise des tas de personnes qui se baladent avec leur téléphone à la main, qui nous font partager leurs palpitantes conversations dans la rue tout en marchant ! Je n’en fais pas pour autant une généralité !
Des usages, pas un usage !
Mon iPhone a de multiples usages qui vont de la fonction appareil photo (…ce sont mes fidèles Canon qui font la gueule…!) à celui de carte routière en passant par juge de paix pour s’accorder sur l’origine d’un mot (dictionnaire).
Déjà, évoquer une dépendance à un écran qui endosse de multiples rôles, c’est oublier que celui-ci sert à lire (des livres epub), à écouter des tas de podcasts (jamais autant entendu d’émissions passionnantes !)… Voire écrire. Et même recevoir un 7 février une information clé…
Pour ces diverses raisons, cette journée sans portable me paraît incongrue ! De plus, j’ai pris connaissance de cette journée via twitter sur mon portable, gag !
Je voyage et le iPhone me permet de me déplacer léger et confortable. Je m’en suis expliqué dans un Long billet, urbanbike | En voyage | Sac à dos et iPhone.
Actuellement, je vis en Espagne et je m’encombre de peu de choses au quotidien, ce qui me permet d’avoir du temps pour lever la tête et apprécier l’architecture des villes que je visite, contempler les paysages ou …déguster les spécialités régionales.
J’utilise peu mon Macbook comme mon iPad Pro même si ce dernier me sert pour écrire au stylet ce billet. Seul le téléphone portable (…cet écran fort mal nommé…!) me laisse un sentiment de légèreté indispensable…
Bien entendu que je pourrais, comme il y a plus de 50 ans, me déplacer sans cet écran, juste avec une carte papier (ou pas) et un “vrai” appareil photo (ou non…!), un crayon et un carnet papier.
Alors, désolé de contrevenir au mot d’ordre, à la bienpensence, mais je vais sortir me balader avec ma fille dans la vieille ville cet après-midi… Avec ce maudit portable !
