François Cochin m’a fait parvenir ce lien qui conduit vers ce manifeste. J’y vois l’expression de plusieurs facteurs…
Avec la multiplication des images numériques, tout le monde peut devenir photographe et, avec un peu de talent (…mot dangereux à employer car le talent est uniquement réservé à ceux qui sont reconnus !), fabriquer des images convenables. Les boîtiers sont de moins en moins chers et donc accessibles au plus grand nombre, les processeurs qui analysent la scène de l’image performants et, numérique oblige, le coût de fabrication d’un cliché ridiculement bas. sans oublier les facilités dues au format RAW. Aussi, en réalisant une série de photos banales, on en trouve toujours une convenable qui peut être exploitable…
J’ai écrit un billet à ce sujet en juillet 2005. Cela permet à nombre de personnes de participer à des banques d’images Low Cost avec des analyses intéressantes comme celle-ci.
L’objectif de ces photographes amateurs est de gagner accessoirement un peu d’argent avec leurs photos (et certains y arrivent) ou simplement d’échanger leurs images contre d’autres pour leur propre usage. Ce mode économique ne plaît pas — euphémisme — aux banques d’images traditionnelles qui cherchent désormais à acquérir ces sites flibustiers et, bien évidemment, certains photographes dûment estampillés professionnels crient à la concurrence déloyale pour ne pas avoir vu le monde changer.
Effectivement, ces nouveaux créateurs de pixels à bas prix sont rarement cités lorsqu’une de leurs images est utilisée. Parfois c’est simplement que cette pratique n’est pas indispensable ou, plus généralement, que le photographe amateur qui livre ses images dans une banque d’image low cost ne marque pas ces dernières ou utilise un pseudo.
Derrière ce manifeste du Metadata, on peut y voir plusieurs choses dont le souhait pour les photographes professionnels de marquer à nouveau leur différence et rappeler que leur boulot n’est pas de la même eau que ce qui est largement proposée… Mais aussi de trouver un biais (un cheval de troie…?) pour défendre le coût de leurs prestations sérieusement malmenées depuis 18 mois… Le tout avec la pression discrète — mais bien réelle — des grosses agences d’images qui voient également leurs revenus fondre.
Il est intéressant d’ailleurs de constater que jamais ces agences n’ont autant proposé de nouveaux services à leurs clients ces derniers temps. Alors qu’il y a moins de deux ans, elles restaient totalement sourdes à mes remarques : j’ai encore en mémoire des discussions en 2004 avec les équipes commerciales qui ricanaient quand je leur brossais à grand traits la situation dans laquelle elles sont désormais. Désolé, mais cette concurrence a du bon.
En effet, c’est oublier que le client final ne dispose plus des budgets pharaoniques du début de cette dernière décennie. C’est d’une telle évidence que l’on semble l’oublier. Que le client est souvent prêt à se contenter d’une image banale mais signifiante (très bel exemple de trois opérateurs français qui exploitent la même image…!). Ce n’est pas faute d’avoir demandé depuis des années de faire un tri entre photos réellement originales (et au prix fort) et images plus banales à prix plus doux. Malheureusement l’entêtement de certains professionnels a indirectement participé à cet état des choses, sans oublier l’arrivée éclair du numérique qui a bouleversé le paysage. Les photographes vitupèrent aujourd’hui mais ne se sont pas trop souciés des problèmes de leurs labos, magasins pros, des fabricants d’émulsions ou de papier avec des plans sociaux souvent monstrueux…
Pour ma part, ces révolutions, je les vis dans ma profession depuis 20 ans. L’unique alternative est une anticipation et adaptivité sans failles… C’était le constat commun que nous avions fait avec Béat Brüsch dans les commentaires de l’article d’Hubert Guillaud sur Internet Actu. Il est vrai que lui comme moi savons au quotidien ce que veut dire travail précaire…
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L'outil indispensable de correction de vos .pdf
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Je viens de recevoir ma clé pour passer PitStop Pro en version 7.0.1, j’ai téléchargé sur le site de Quartet.fr l’application en français (…que vous pouvez tester en démo pendant un petit mois) et c’est le bonheur…
Ce produit est un plug-in pour Acrobat qui existe depuis des années. Il est passé sous OSX fin 2003. Il permet en toute simplicité à tout graphiste de retoucher des .pdf (…pour en savoir plus sur le pdf, je vous conseille toujours le livre de Thierry Buanic).
Que ce soit pour apporter une ultime correction de texte, changer la taille d’une typo, changer de police, modifier une couleur sur l’ensemble d’un document, basculer tout un document en couleurs en niveaux de gris ou en deux couleurs (si, si…!), ajuster la résolution d’une ou plusieurs images, réduire le poids d’un .pdf trop volumineux. Certes, il est toujours possible de réaliser une partie de ces actions en utilisant Acrobat 7 pro… À condition de n’être pas pressé. Attention, je ne vous parle que des fonctionnalités qui m’intéressent car les opérations sur les .pdf ne se limitent pas à ce que j’écris.
Après quelques minutes d’utilisation, PitStop Pro 7 s’avère nettement plus confortable à tous niveaux et bien plus ergonomique que les versions précédentes. En fait, cela n’a plus rien à voir. Même les annulations fonctionnent mieux, c’est dire. Toutes les commandes indispensables sont regroupées, les fenêtres de travail beaucoup plus accessibles.
Déjà, dans la barre des icônes, toutes celles liées à PitStop sont reconnaissables à leur couleur mauve et toutes accompagnées d’une information… en français. Ensuite, le travail effectué sur les dialogues, fenêtres est excellent et va vers la simplification maximale des opérations…
Une des meilleures illustrations est le tableau de bord des scripts qui affiche tous ceux existants et facilite désormais l’accès à chaque script et à des modifications… Vos anciens scripts sont toujours présents sous l’onglet From Old Database. Parmi les nouveautés, une de taille, la possibilité de vectoriser toutes les typos d’un .pdf, opération qui peut être pratique pour des tas de raisons que connaissent les graphistes. Là, plus de soucis de typo qui part en vrille.
Pour des actions ponctuelles, l’interface permet désormais de mieux suivre les étapes et de se retrouver plus aisément dans les options disponibles. Bien évidemment, ces actions peuvent être ensuite enregistrées en un nouveau script pour un réemploi ad hoc…
Enfin, la fenêtre de l’inspecteur PitStop a été revue également et gagne en lisibilité. Dans tous les cas de figure, après avoir sélectionné l’élement à traiter, en quelques clics, le problème est réglé.
En conclusion, ce travail de réflexion et de restructuration de l’interface utilisateur mérite à lui seul de passer à cette nouvelle version. Même les rapports (pages .pdf qui récapitulent tout ce qui a été réalisé et les erreurs éventuelles) ont évolués et sont devenus plus lisibles. Je pense qu’Enfocus a débarrassé PitStop Pro de toutes les aspérités qui rendait son emploi délicat, le réservant aux professionnels aguerris…
La mise à jour depuis la version 6 coûte 169 €, une licence complète 599 €. Pour les entreprises, il existe une version 5 postes.
Plus d’infos chez Quartet.fr.
À noter que ces spécialistes du PDF en France ont développé pas mal de produits sur mesure.
Note de 12:50 : Yann nous signale un petit bug… Si vous avez deux fenêtres et si vous déplacez les palettes de PitStop sur l’écran additionnel, ces dernières restent “accrochées” au bord le plus proche de l’écran principal… Bon, c’est un peu pénible et semble être une particularité des développeurs d’Enfocus (…au moins elles ne s’envolent pas !)… Yann signale sur sa configuration des soucis de stabilité avec la version germanique et ajoute…
A mon sens, PitStop 7.0.1 (en allemand en tout cas) c’est plus une bêta qu’autre chose… Surtout la version Mac. Installé sous Windows (que dis-je, un MacBook avec Parallels Desktop ;-) les erreurs ont disparu!
À suivre !
La malédiction d'Edgar
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J’ai eu le temps de lire en deux soirées ce roman de Marc Dugain paru en 2005 sur John Edgar Hoover, le patron du FBI pendant 48 ans…! Le livre se présente comme les mémoires de son numéro 2 et amant, Clyde Tolson… Le lecteur n’apprendra pas grand chose à moins d’être resté sur une image totalement aseptisée de certains personnages clés comme ceux du clan Kennedy au priapisme sidérant (…mais il semble que ce soit le lot de beaucoup de gouvernants…!).
Ce qui est à retenir, ce sont les compromissions nécessaires, voire indispensables (…enfin, pensées comme telles par Edgar et Clyde) pour gouverner le pays et garder le cap au nom d’un certain nombre de grands principes tout en foulant d’autres valeurs. Bref, ce rapport entre le sexe, la raison d’état, l’argent qui fait les bons politiques, façon de parler… L’auteur s’est appuyé sur nombre de sources pour développer cette histoire qui n’en reste pas moins un demi-siècle de vie politique aux USA avec son lot de coups fourrés, de trahisons et de meurtres… Machiavel, pas mort !
Marc Dugain ne nous dit pas qui a tord ou raison, ne juge pas… Il nous livre des faits d’actualité souvent violente, manœuvrée fréquemment de main de maître par Edgar via le regard de Clyde, narrateur engagé et rarement en désaccord avec son patron et ami. Ce récit permet de se replacer dans l’esprit, le raisonnement souvent binaire et parfois l’inculture crasse de ces deux dirigeants du FBI — comme des politiques et affairistes qui les entourent — et de mieux saisir la logique de leurs choix. Bien évidemment, on n’oublie jamais que pour Edgar et Clyde, toute personne située un poil à gauche est une menace potentielle pour le pays, l’enquête sur Albert Camus est d’ailleurs un pur moment de folie…! Donc des gens à écarter, voir éliminer.
Cet éclairage qui s’achève 1972 sous la présidence de Nixon est passionnant. Cela permet de mieux piger, toutes proportions gardées, les invraisemblances de certaines enquêtes, les luttes de pouvoir entre les divers services spéciaux ou les dérives provoquées par certains lobbies… Avec comme maxime, l’habituel plus c’est gros, plus cela passe, mille fois vérifié, hélas…!
En refermant ce livre, tout lecteur se posera la question : Quid près de 30 ans plus tard…?! D’autant que l’interception des courriels et des SMS ont remplacé en partie les écoutes téléphoniques d’Edgar…
Allez, tous fichés…!
Excellent roman à lire cet été sur la plage…
La malédiction d’Edgar
Marc Dugain
Gallimard
EAN : 9782070773794
19,90 €
