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Sept ans d’aventures au Tibet

Heinrich Harrer

dans ancres | lire | potager

Je n'ai pas vu le film qui a été tiré de ce roman et c'est pas plus mal d'aborder ce livre sans avoir en mémoire les images qui pourraient interférer avec celles évoquées par la lecture…

Voici un récit qui n'a rien de romanesque, le simple témoignage, plus exactement les carnets de note d'une épopée dans les années 40 pour atteindre, coûte que coûte, la capitale du Tibet. Échappés des camps dans lesquels les Anglais les avaient enfermés en Inde, Heinrich Harrer et son compagnon Peter Aufschnaiter ont mis pratiquement deux années à accéder à Lhassa et ce dans des conditions d'existence minimales mais avec une volonté que l'on peut qualifier de forcenée…

Rusant pour ne pas être refoulés soit vers l'Inde soit vers le Népal — et donc être à nouveau capturés par les Anglais — ils ont vécu au sein de la population tibétaine avant de trouver enfin le bon itinéraire qui mène à la ville interdite. Un véritable exploit car indigents et sans armes, en échappant à la surveillance des autorités car ils ne disposaient nullement des passeports indispensables pour se rendre à Lhassa. Ils ont d'ailleurs emprunté des voies non orthodoxes et se sont retrouvés aux prises avec les brigands locaux, les Khampas.

Heinrich Harrer relate avec beaucoup de simplicité ce qu'ils ont éprouvés, lui et Peter Aufschnaiter, ce qu'ils ont vu et ressenti. Pas de jugements de valeur, une vraie sympathie pour ce pays et les habitants dont ils ont appris la langue et partagé la vie. Les cinq dernières années de leur périple, ils ont travaillé en aidant à construire un canal d'irrigation, une centrale électrique ou en dressant le plan de Lhassa… Mais Heinrich handicapé par une sciatique s'est retrouvé plus en contact avec le pouvoir religieux…

Ce que j'ai apprécié dans ce récit, c'est justement ce ton direct, ces notes et sentiments de ces deux jeunes allemands face à ce qu'ils voyaient ou entendaient.

Et, bien évidemment, la rencontre d'Heinrich Harrer avec le tout jeune dalaï-lama (et toujours actuel). L'auteur parle de cette chance incroyable qu'ils ont eu de vivre cette période, d'être présents dans cette ville juste avant l'arrivée des Chinois en 1951, de leurs rencontres improbables. Heinrich Harrer évoque la curiosité et l'intelligence de ce jeune garçon considéré alors comme le bouddha vivant, de ses envies et de sa soif insatiable de connaissances de tout ce qui était alors hors Tibet… Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, l'auteur est devenu son précepteur et son ami. Il a d'ailleurs accompagné le dalaï-lama dans sa fuite.

Cela ne l'empêche pas de porter un regard sans complaisance sur le système religieux de l'époque et ses pesantes traditions tout en appréciant que jamais personne ne les ait incité à devenir bouddhistes ; de la hiérarchie sociale ; du refus de tout progrès et des explications à ces refus… Il évoque la vie quotidienne tant en ville que dans les campagnes, les richesses curieusement distribuées, les conflits entre monastères, les nobles comme les paysans, la gentillesse de la population, leurs découvertes archéologiques… Mais aussi de la cuisine, des odeurs, des moeurs, du statut des femmes ou de l'oracle d'état…

C'est un livre passionnant à lire pour mieux comprendre le différent actuel avec la Chine et voir dans quel univers évoluait alors le peuple tibétain alors.


Sept ans d'aventures au Tibet
Heinrich Harrer
Arthaud
9782700301397 | 20 €



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le 14/04/2008 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

La romancière et l’archéologue

Agatha Christie Mallowan

dans ancres | lire

À l'issue de la lecture de ces chroniques de voyage, il est certain que je vais relire les romans d'Agatha Christie d'un autre oeil… Elle est franchement incroyable cette femme…!

Après un premier mariage assez foireux, elle rencontre un jeune archéologue de 26 ans… Elle en a 40 et, hop, elle l'épouse et décide de le suivre sur ses fouilles en Syrie alors sous administration française. On est en 1934 et cinq années de suite, elle l'accompagne dans des conditions de vie qui n'ont rien de particulièrement confortables…

C'est la base de ces chroniques décousues, récits de leur vie commune et de leurs aventures… C'est drôle et, surtout, c'est le regard d'une femme avec un éclairage différent sur le monde qu'elle perçoit. Rien d'une pimbêche, elle épaule son Max Mallowan tant dans les recherches qu'en développant les photos des objets trouvés sur les sites.

Une vie où les souris comme les puces sont à la fête la nuit… Elle croque avec gentillesse toute l'équipe qui participe à ces fouilles, des collaborateurs européens jusqu'au cuisinier. Elle distille des récits de rencontres multiples, toujours ave tendresse et ironie. On rit de ces situations parfois absurdes, des télescopages culturels, de la pesanteur des douanes, des postes et d'autres administrations. Mais aussi des tensions entre communautés différentes. Ou des frasques de certains collaborateurs…!

B. ne nous prête aucune attention et s'étend sur son invention.
Les pyjamas sont en soie blanche lavable. ils sont d'une seule pièce, avec un capuchon qui recouvre le visage, et les manches se terminent par des mitaines. Ils se ferment devant par une fermeture éclair. Ainsi les seules parties du corps exposées aux moustiques sont les yeux et le nez.
« Et comme vous inspirez et expirez par le nez, cela tient les moustiques à distance », explique fièrement B.
Max répète fraîchement qu'ici il n'y a pas de moustiques. B. nous laisse entendre que, lorsque nous souffrirons tous de la malaria et que nous grelotterons de fièvre, nous regretterons de ne pas avoir adopté son idée.
Le soir même, nous dormons à poings fermés lorsque éclate un vacarme assourdissant. Nous nous levons d'un bond, et l'espace d'un instant nous croyons être attaqués par des voleurs. Nous nous précipitons tous dans la dans la salle à manger. Un homme en blanc court en tous sens comme un fou, en glapissant et en sautant en l'air.
« Pour l'amour du ciel, B. que se passe-t-il ? » s'exclame Max.
Pendant une seconde, nous pensons qu'il est devenu fou. Soudain nous comprenons. D'une manière ou d'une autre, une souris est parvenue à s'introduire dans le pyjama antimoustiques, et la fermeture éclair s'est bloquée !

C'est aussi pendant ces années qu'Agatha écrira trois des ses livres les plus célèbres…

La romancière et l'archéologue
Agatha Christie Mallowan
Petite bibliothèque Payot
9782228900966 | 8,50 €



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le 07/04/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Japon ancien en photos

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dans ancres | mémoire | photo | voir

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Ainsi Kyoto en 1926…
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le 06/04/2008 à 13:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #