Petit livre de 96 pages, voilà un bouquin qui va intéresser le nombre de maitres d’oeuvre, mais aussi les artisans comme les propriétaires de belles charpentes à restaurer. L’auteur avait déjà rédigé un ouvrage sur le colombage (voir cette chronique sur urbanbike), il récidive dans un domaine qu’il connaît sur le bout des doigts. En effet Jean-Louis Valentin est architecte DPLG, maître charpentier et compagnon du devoir.
Un simple examen de la table des matières permet de balayer toute la richesse de cet ouvrage. Il traite des essences à employer, de l’abattage des arbres, de la préparation des bois puis aborde le travail du charpentier, de l’étude de l’épure au levage de la charpente.
Les différents types de charpente sont abordés, de celle à la Mansard en passant par la Philibert (plus d’info sur ce site) et les problèmes habituels de triangulation comme de contreventement. L’auteur insiste sur les désordres courants d’une charpente ainsi que sur ses ennemis naturels, la vrillette ou le capricorne du chêne, voire la termite.
Mais la partie la plus intéressante de cet ouvrage repose sur des interventions, des études de cas. L’auteur explique comment intervenir sur un entrait, un arbalétrier, un poinçon, une panne, ou encore sur une croupe. Peu de texte, mais de nombreuses illustrations donc il faut souligner la grande qualité.
Un livre qui devrait servir à tous les futurs compagnons du devoir, bien entendu aux artisans qui interviennent sur des ouvrages. Mais aussi à destination des étudiants en architecture qui souhaitent découvrir ces techniques traditionnelles.
Longtemps avant la présentation de l’avant-projet puis du projet au client, bien longtemps avant les plans techniques détaillant au centimètre le passages des fluides, il y a les esquisses…!
On a tendance à l’oublier, mais aucun projet ne nait spontanément sous AutoCAD…!
Précédant les dessins d’intention comme les maquettes, l’architecte (…mais aussi le designer, le graphiste…) passe par une phase de crobards, des dessins basés tant sur des réflexions qui lui sont venues en analysant la demande du client que par des idées survenues en parcourant le lieu, en prenant en compte l’ensoleillement, le relief ou la forme de la parcelle, les vues, la végétation, l’épannelage, le tissu urbain…
Ces crobards sont perçus comme gribouillis pour les uns, les bases même du projet pour les autres…
Inutile d’ajouter que je suis très sensible à ces notes dessinées, qu’elles soient jetés au crayon de bois sur un carnet, au stylo sur le dos d’une enveloppe. Ou, désormais, crobardées au doigt ou au stylet sur un iPad (voir Sketch Rolls ou Noteshelf pour comprendre…).
Ce petit bouquin rappelle, en 101 idées simples, un ensemble de choses modestes, de pur bon sens à retenir au moment de se lancer dans tout nouveau projet. Bref, une série de conseils à l’usage des créatifs, tous illustrés par Matthew Frederick. Un petit mémo visuel (et textuel) à s’offrir ou à offrir.
On peut discuter point par point de ces idées mais, pour ma part, j’adhère à certaines. Quelques exemples…
lorsque vous présentez un projet, la qualité de votre calligraphie compte tout autant que celle de vos dessins (22)
l’inspiration vient en dessinant (99)
un créateur de talent n’a pas peur d’abandonner une bonne idée (28)
un problème peut devenir une opportunité (98)
une bonne présentation graphique doit être lisible à trois mètres (67)
Bref, 101 idées à méditer qui s’appliquent à nombre de jobs créatifs.
101 petits secrets d’architecture qui font les grands projets
Matthew Frederick
Dunod
9782100572502 | 9,90 €
C’est une tendance de plus en plus visible sur iPad, l’arrivée de produits ciblés, des applications verticales répondant à un besoin précis et simplifiant d’un coup des procédures souvent fastidieuses.
Un exemple avec le suivi de réunions de chantier
Lors de la construction d’un bâtiment ou d’une rénovation, à toutes les étapes d’un chantier se déroulent des réunions de chantier (ou visites) qui permettent de s’assurer que la construction, le réagencement suit strictement les plans et instructions établis par l’architecte, le décorateur, l’architecte d’intérieur.
En gros, cette réunion consiste à faire le tour du chantier en l’état, équipes des entreprises et des concepteurs confondues, aux phases critiques. Cette visite permet constater de visu les chameaux, terme englobant les différentes erreurs qui vont de la mauvaise interprétation d’un plan (si, si cela arrive, la trémie réalisée au mauvais endroit) à une malfaçon caractérisée.
Comme le chantier est en cours, il est assez facile pour une entreprise — dès lors qu’un désordre constaté lui est imputé — de faire intervenir une équipe pour corriger le point noté lors de la visite sans bouleverser le calendrier des autres corps de métier qui doivent intervenir derrière.
C’est pourquoi il est notifié dans les comptes rendus une date d’exécution de chacun de ces réajustements. Pas question de laisser filer l’intervention d’un électricien et accepter qu’il débarque après le passage des peintres pour déplacer un interrupteur avec creusement d’une saignée dans un mur…!
Ces dysfonctionnements sont traditionnellement notifiés lot par lot (couverture, plomberie, électricité, etc.) aux entreprises sur une feuille.
Cela s’effectue directement par des annotations sur un tirage papier des plans, les dysfonctionnements sont reportés et notés au fur et à mesure sur des feuilles volantes qui seront parfois ressaisies en un compte rendus de réunion de chantier après validation par tous les corps d’état.
Bref, c’est une opération fastidieuse, l’occasion de nombreuses pertes de temps pour tous le acteurs.
Et c’est ici que l’iPad intervient avec son écran confortable, sa portabilité, son clavier virtuel, son épatante autonomie et, mieux encore, sa liaison Wifi ou 3G.
Deux exemples sérieux, un troisième bricolé comme solution de dépannage et expliquant par l’absurde (quoi que…!) l’intérêt des deux premières solutions…!
Archi Pad
Cette application verticale offre une version de démo (lien iTunes) avec un bon exemple d’ouvrage qui permet de réaliser une réunion de chantier virtuelle pour illustrer le concept.
Avec Archi Pad, il suffit dans l’absolu de charger les plans directement dans l’iPad puis de saisir la liste de tous les intervenants (ce qui devrait être quasiment effectué qu’une seule fois dans le meilleur des cas pour chaque chantier).
Reste ensuite à acter la date de la visite…
À noter quelles sont les entreprises présentes sur place…
les faire signer (au doigt sur l’ecran) puis à démarrer le rapport de visite.
C’est ce dernier qui nous intéresse.
Étage par étage, pièce par pièce, toutes les malfaçons constatées à vue sont notées, expliquées…
Localisées avec un numéro d’ordre sur le plan, affectée à une entreprise.
Et toujours la possibilité de zoomer…
Une date limite d’intervention sur chaque réserve est décidée conjointement avec le représentant de l’entreprise concernée.
Une fois la visite terminée, tous les chameaux identifiées, l’application permet de consolider puis générer plusieurs types de documents au format PDF qui seront, sur le champ, expédiés aux différents acteurs.
Gain de temps épatant en perspective. Certes, la version professionnelle d’Archi Pad est à 480 € mais voici un premier produit tout en un qui vous permet de gérer l’intégralité d’une visite depuis un banal iPad.
Manque juste la possibilité, si nécessaire, d’ajouter une photo à chaque désordre pour mémoire.
FinalCAD
Le positionnement de FinalCAD (lien iTunes) est différent du produit précédant car il utilise, certes, l’iPad (application à 40 €) lors de la visite de chantier mais cette application est à considérer plus comme un satellite d’un programme accessible via internet (prix non communiqué) qui, seul, permet l’export des réserves et des plans au format PDF.
Pas d’import de fichier DWG et PDF dans la version de base sur l’iPad, juste la possibilité de récupérer des photos et d’en ajouter lors du pointage d’une réserve pour la détailler.
Comme sur Archi Pad, une échéance peut être ajoutée avec, en complément, un suivi des dépassements des dates d’intervention. Puis le compte rendu de visite expédié à qui de droit, tableau récapitulatif HTML mais pas de fichier PDF depuis la version de base.
Bref, FinalCAD est un peu moins intégré car toute sa mécanique de calcul et de suivi reste lié à un programme centralisé sur le net comme dit en préambule. FinalCAD propose des démonstrations in situ pour tester leur solution.
Noteshelf (ou un autre…)
Bien sûr, tout le monde n’a pas à traiter de très gros projets et pour la rénovation d’une chambre d’étudiant avec l’intervention d’une seule entreprise générale, on peut se servir utilement d’une petite application de prise de notes dessinées comme Noteshelf (lien iTunes) à moins de 4 euros…
Bien entendu, cette solution minimaliste est juste un rappel en mode amusé (gag…!) que l’on peut détourner des produits standards dans le cadre d’un usage unique. Dans tous les autres cas de figure, utiliser une application dédiée est un réel plus tant en terme de réactivité qu’en recherche de responsabilité.
Bref, cet exemple de visite de chantier est aussi une manière de sortir des clichés habituels du doudou numérique et autres visions du iPad juste réservé aux bobos, etc.
D’ailleurs, il existe de plus en plus d’applications pour les métreurs ou architectes pour établir des relevés. Nous y reviendrons…