Urbanbike

Index |
ou détaillée | Fil RSS | ATOM

Un siège aérien… l’Aéron

Devant un écran, le confort est indispensable…

dans bosser partout | dans mon bocal

Préambule : Je réédite ce billet écrit il y a près d’un an (le 25 novembre 2005) pour des tas de bonnes raisons…
La première est que je bosse quotidiennement sur un Aeron et que cela a changé mes conditions de travail… La seconde est que je continue à entendre nombre de mes amis ou clients se plaindre de leur mal de dos au travail, chose qu’il ne m’arrive plus…
Et la troisième est que le créateur de ce fantastique fauteuil, Bill Stumpf, vient de disparaître. Une manière pour moi de lui rendre hommage car je bénéficie du fruit de son travail comme tant d’autres travailleurs à domicile…
Ainsi, l’ami Martin Winckler a également adopté un Aeron et m’a déclaré en être absolument ravi. Idem pour ma vieille cousine de 97 ans percluse de rhumatismes. Elle a découvert qu’elle pouvait passer ses journées sans souffrir grâce au quasi système de hamac de ce siège… Certes, c’est un investissement important mais quitte à passer 12 heures assis par jour, autant que ce soit confortable.

Toutes les personnes qui travaillent devant un écran le reconnaissent, nous avons impérativement besoin d’être installés sur de bons sièges de bureau. Malheureusement, dans les entreprises, le choix est rarement fait par l’utilisateur et s’appuie fréquemment sur des considérations étranges. Une simple grille tarifaire en général…! Si vous travaillez chez vous ou êtes indépendant, ne laissez personne choisir à votre place votre siège !
Pendant mes études d’archi, je bossais devant ma planche à dessin sur un tabouret en métal et assise en bois et je me contre-fichais de cette question. Il est vrai que je passais pas mal de temps debout pour dessiner dans les coins. Depuis que je travaille devant deux écrans, je suis rivé quotidiennement dix à douze heures par jour sur mon siège et je le ressens douloureusement en soirée. Plus exactement, quand je m’allonge sur mon lit, certaines tensions s’apaisent mais mais pas toutes du côté de mon dos !

Attention, le siège n’est pas seul en cause ! La hauteur du plan de travail comme la distance par rapport aux écrans, la qualité de lumière qui baigne l’ensemble, tout ceci concourt à bien travailler ou à finir avec un mal de dos répété i Par ailleurs, si nous sommes mal assis, nous avons tendance à compenser, à glisser vers le début de l’assise, à croiser les jambes, poser un pied sur la structure en étoile, l’autre non, etc. Et là, question amplification des problèmes, nous sommes servis !

À la recherche du super siège…!
Préambule : j’ai acheté un bon paquet de fauteuils dans ma vie professionnelle : des mous, des durs, des avec renforts lombaires qui n’étaient que de simples coussins bricolés, des chouettes designs en plastique — qui se transformaient en sauna individuel, des avec roulettes ou à patins.
Le pire ? Le fauteuil type big boss, en cuir, style “avez-vous vu comme j’ai réussi”. Il est encombrant, lourd à déplacer et carrément impossible avec ses accoudoirs mastocs. Ces derniers, fixes et placés assez hauts reviennent via une jolie courbe sur l’assise et butent dès lors contre le plan de travail ! Tout faux !
Bref, j’ai fait quelques erreurs pour économiser quelques euros ou, plus souvent, en n’essayant pas ce que j’achetais. Ou si peu.

C’est Dominique qui a dernièrement soulevé le problème d’un bon siège au sein de l’équipe de Macdigit. Il est passé très rapidement à l’acte. Plus récemment, Lukino a essayé une semaine un siège ergonomique après l’intervention d’un ergothérapeuthe dans son bureau. Ce dernier l’a regardé travailler et l’a conseillé intelligemment, en lui expliquant notamment, le concept du “assis-debout”, ce qui l’a conduit à surélever son plan de travail de 15 centimètres.
Sachant cela, je me suis souvenu avoir acheté un bouquin d’un webmaster chino-americain, il y a quelques années (là, total trou de mémoire d’autant que j’ai prêté le livre… Mais à qui ?!), un excellent webdesigner qui avait réalisé le site d’un fabricant de sièges américain, Hermann Miller. Le design de leur siège haut de gamme, le Aeron m’avait semblé exceptionnel. Mais je n’avais pas cherché à l’essayer, ne connaissant pas de distributeur à l’époque.
Ayant comme mes équipiers des problèmes de dos, constatant avec tristesse l’apparition sur mon siège de vastes portions de mousse jaune pour cause d’usure rapide du revêtement textile (je ne parle pas des roulettes dont certaines se sont affaissées sous mon poids plume…), je me suis mis frénétiquement à chercher sur le net avant de trouver leur site et, surtout, le distributeur en France.
Du coup, je les ai contactés.

Alors ?
J’ai essayé deux produits dont le fameux Aeron directement à Paris.
Comment expliquer ce que j’ai ressenti ?! Imaginez que vous êtes installé confortablement dans un hamac, soutenu de partout, mais par le truchement d’une texture ferme, tendue et légère. Une texture sur laquelle votre dos peut s’appuyer en totalité…
C’est là une énorme différence avec un siège conventionnel. Sur ce dernier, vos fesses reposent sur quelques dizaines de centimètres carrés de surface, un peu moins pour le dos. L’assise est généralement un plan métallique ou plastique recouvert de mousse et enfermé sous une garniture de tissu.
Sur le Aeron, non ! Vous êtes remarquablement suspendu tout en restant fermement maintenu ! Votre dos est en contact avec le dossier. Vous ne vous sentez pas engoncé dans une armature étanche. Du coup, pas de difficulté pour vous caler bien à fond dans le siège. Mieux, la chaleur de votre corps se dissipe immédiatement par cette texture de soutien, ce qui est très agréable. Un peu comme quand vous êtes assis dans un fauteuil en rotin, la douceur en plus…!
Tout ceci grâce à la résille à trous du dossier et de l’assise. Pour être précis, il y a des versions tissu ou cuir mais rien ne vaut le concept original. Inutile de vous parler des différentes options de réglages, un tour sur le site du fabricant et le visionnage des divers bouts de films au format quicktime l’explique parfaitement.

Du coup, j’en ai profité pour tester également un autre siège chez le même Hermann Miller, le Mirra, qui reprend une grande partie des concepts du Aeron mais avec une assise plus ferme car thermoformée. Bon, rien à voir avec le siège d’une grande marque suédoise (!!) sur lequel je me tanne les fesses à longueur de journée…! Recyclable à 96 %, la coque est aérée, garantie 12 ans sauf pour le tissu et le vérin à gaz… Pas mal du tout.

Mais bon, je fais une fixation sur l’Aeron, dont la souplesse d’assise me semble incomparable. Pourquoi ?
Simplement parce que nous n’avons pas tous la même morphologie. Jacques et Dominique sont nettement plus grands que moi (on ne fait pas de remarques, hein…! Je ne suis pas petit et gros…), etc. Or ce produit est proposé en trois tailles, ce qui permet d’avoir un siège adapté à sa stature contrairement à une coque ou à une structure universelle…
Ensuite, hormis un réglage lombaire réellement efficace, j’ai également apprécié le réglage en hauteur ultra souple, la gestion de bascule sans à-coups (ce qui me change des sièges qui coincent ou, pire, qui ne vous retiennent pas du tout avec une désagréable impression de chute libre dès que vous basculez en arrière !), les accoudoirs réglables au millimètre. Sans oublier les mêmes garanties dans le temps.

Passer à l’achat…
Côté investissement, il est indispensable d’envisager un budget correct d’autant qu’il dépend en grande partie des options que vous allez naturellement ajouter. Les prix démarrent à partir de 400 € HT pour les produits de chez RH sans options, 600 € pour Le Mirra et 1050 € pour le Aeron.
J’entands déjà les “haaaaa” de surprise !

Oui, ce n’est qu’un début car tout augmente en fonction des options : réglage lombaire, accordoirs, qualité du tissu, voire du cuir. L’Aeron peut dépasser tranquillement 1500 € HT. Bref, comme un Mac de production avec les options indispensables : 2 Go de Ram, une carte vidéo rapide et un gros disque dur de stockage !
Si vous êtes un professionnel indépendant, souvenez-vous que votre siège s’amortit sur quelques années comme n’importe quel autre matériel et que vous récupérez la TVA.

Maintenant, permettez-moi de vous poser la question suivante : à quel coût évaluez-vous votre dos ? Accessoirement, combien de temps passez-vous assis, quelques heures ou toute la journée, etc.
Changeons de domaine pour illustrer ma démonstration. Le Canon 350D est un superbe produit mais avec une coque en plastique. Dès que l’on le garde en mains trop longtemps, il s’avère bien moins confortable que son grand frère, le Canon 20D en magnésium qui possède le même capteur. Pour un professionnel, le boîtier magnésium est indispensable. Or les deux produits ont une différence de prix appréciable, la même qu’entre le Mirra et le Aeron, par exemple.
En résumé, si vous passez votre vie devant votre écran, votre dos mérite du haut de gamme. À vous ensuite de déterminer ce que vous entendez par haut de gamme !
Pour ma part, je regrette d’avoir acheté une succession de sièges assez mauvais à la réflexion pour un coût sur 10 ans qui dépasse allégrement le prix d’un Aeron !!

Design et design…
Autre point, quitte à acquérir un truc qui va vous servir quelques années, autant qu’il soit beau et bien pensé.
Le véritable design est un élément à prendre en compte dans votre grille de décision. Je fais une rejet des sièges ergonomiques au look chambre d’hôpital, même camouflés par des couleurs criardes (ou sinistres !). Inversement, attention au look aguicheur et faussement décalé qui peut masquer, comme un joli packaging, le produit assez insipide. 
Mais surtout, allez essayer les sièges avant de vous décider, ne les sélectionnez pas uniquement parce qu’ils plaisent autour de vous pour leur couleur ou leur ligne rigolote : posez vos fesses dessus et simulez une bonne dizaine de minutes les gestes que vous avez coutume de faire en travaillant !

Je me souviens d’une entreprise pour laquelle je bossais il y a… prescription. Le choix des 30 sièges avait été effectué par l’assistante de direction, charmante et compétente dans son domaine. Sauf que l’unique critère retenu pour sa commande était la couleur bleue des sièges qui s’harmonisait bien avec la couleur des bureaux. Je n’ai travaillé que quelques mois chez eux sur des fauteuils neufs et bleus. Et inconfortables !

Ergonomie
Pour finir, certains types de sièges ergonomiques sont essentiellement destinés à des gens qui ont subi des opérations complexes et délicates. Un siège comme ceux de la gamme RH est souvent adapté car construit autour d’un handicap (rien de péjoratif ou de réducteur) sur les conseils d’un ergothérapeuthe.
Pour les autres, les bons fauteuils sont là pour les aider préventivement. Est-il nécessaire de mettre des semelles orthopédiques avant que cela soit nécessaire ? Non ! Le bon sens vous commande plutôt d’investir dans une bonne paire de chaussures. Idem pour votre siège de bureau !

Il existe, bien évidemment, d’autres gammes de produits et je suis loin d’être exhaustif. L’idée de ce billet est simplement de vous rappeler que celui qui veut aller loin ménage sa monture ! Et dans notre cas, lecteurs fidèles, notre dos !

En savoir plus
Un site en anglais sur l’aménagement de l’espace de travail.
Un essai de l’Aeron ? Je ne peux que vous recommander un essai, ici, par exemple. Pour les produits RH, vous pouvez emprunter un siège via une formulaire sur leur site. Ou encore faire un tour chez un revendeur et l’essayer. Dans tous les cas, prenez votre temps et pensez à du long terme.

le 03/11/2006 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Bosser chez Google

La vie rêvée de développeur…?

dans dans mon bocal

Dominique m’a envoyé ce lien vers un reportage des bureaux de Google… Ces anciens plateaux de Silicon Graphics ont été entièrement revus par les architectes de Google et cela donne effectivement de vastes espaces intérieurs qui feront baver d’envie tout salarié normalement constitué…!
Une architecture intérieure pleine de signes tendance avec son lot d’intentions très XX° congrès (performance, lieux d’échange, etc.)… Bon, on ne peut pas rester insensible devant ces propositions souvent sympathiques même si elles me semblent parfois caricaturales (…le coup de la cuisine dans au milieu de l’espace de travail), avec des conséquences pas si saines que cela…! Sans faire un parallèle avec certains élevages de poulets en batterie, gaffe tout de même…! Ne même plus faire un effort pour aller chercher son paquet de chips ou sa canette fraîche ne va pas aider à éliminer la masse corporelle des geeks…!
Certaines options architecturales comme les toits capitonnés vont vite se transformer en nids à poussière… J’imagine que le budget équipe d’entretien a été largement revu à la hausse car entre les surfaces vitrées et les endroits à risque (chute accidentelle de gobelets remplis de liquides sucrés…), c’est un complexe qui demande à être maintenu propre 24 heures sur 24… Les concurrents savent désormais comment percer les secrets de Google, envoyer des espions nettoyeurs de surface…!
D’autres options sont excellentes dont l’emploi de l’énergie solaire…

le 21/10/2006 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Aménager ou encombrer…?!!

Représentation sociale ou espace à soi…

dans dans mon bocal | groummphh

En parcourant sites, revues, livres ou émissions dédiés à l’architecture intérieure, je m’étonne du peu de place fait à l’individu en ces lieux savamment relookés…!!
Entre la tendance Feng Shui (ou autre…) qui va empêcher tout déplacement de l’abomifreux pouf coincé en plein milieu du salon ; la décoration tendance du mois pour bobo à l’imagination inversement proportionnelle à son pouvoir d’achat ; la cuisine conçue comme un labo pour des gens qui, de toute évidence, ne savent pas même cuire un œuf, on se sent très mal, étriqué, coincé… Pire, certains décos arrivent à encombrer des espaces pourtant sympas en les parsemant d’objets acquis à prix d’or chez des receleurs de rebuts industriels tamponnés galeries d’art…

Mais ce qui me surprend plus encore, c’est la taille dédiée à des petits (ou grands…!) coins moins généreux que des placards à balais comme de l’absence total de réflexion à la salissure et l’entretien de ces compositions ébouriffantes… La vasque new look collée au miroir qui ne propose pas d’endroit pour poser un savon ou une brosse à dents (!!), la robinetterie visible à l’ancienne où l’on est certain de se cramer un bras sur la conduite d’eau chaude, le carrelage à l’éclatante couleur verdasse qui vous transforme en cadavre pas très frais malgré des spots généreux… En parlant de petits coins, le fait de les retrouver parfois au niveau de l’entrée dans certaines réhabilitations démontre le manque de sens pratique comme de nez de certains aménageurs — …ne me dites pas qu’une simple VMC de course suffit…!

Hormis aimer séjourner dans un décor digne d’une maison témoin ou d’avoir une armée de domestiques pour l’entretenir du soir au matin, il me semble difficile de vivre dans une telle ambiance qui tient plus du musée que d’un véritable habitat…!

Mais que ne ferait-on pour son image…! Prouver que l’on est capable d’acquérir les mêmes merbles tellement modes, afficher un intérieur avec tous les signes indispensables, aux prix sonnants et trébuchants qui posent sa petite personne auprès de ses pairs incultes…!
Bref, si vous ne faites pas partie de ces happys fews capables de dépenser un saladier d’euros pour encombrer votre espace à vivre d’objets inutiles et encombrants, si vous pensez être capable d’aménager votre volume sans faire appel à un coach auto-proclamé, rassurez-vous, tout va bien…
Suivez votre instinct même si vous faites des erreurs. Soyez vous-même dans votre environnement plutôt que de sombrer dans la banalité d’une déco insipide. Assumez votre mauvais goût aux yeux des autres mais restez vous-même. Et pensez un peu plus au plaisir du corps, à la cuisine, à des plans calmes dans dans votre intérieur… Un mur blanc n’a pas besoin d’être impérativement recouvert…!

Bref, il existe encore des architectes d’intérieur qui savent ce que vivre son logement veut dire…! Que lorsque l’on va aux WC, certaines odeurs ne s’évacuent pas instantanément…! Qu’une cuisine n’est pas un endroit où l’on pose un tapis pour faire joli… Que la moquette reste un élevage d’acariens…
Revenez à un peu de bon sens…!

le 03/10/2006 à 10:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #