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Brompton en mode cyclotourisme | 6

Le Parpaillon, géant oublié

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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


En préparant ma traversée des Alpes, en 2009, j'avais découvert par hasard un grand col assez peu documenté : le col du Parpaillon, 2780 m.

A priori, pas vraiment faisable avec mon Brompton chargé de bagages, je l'avais donc laissé de côté à l'époque, mais intrigué, j'avais conservé l'info dans un coin de mon Mac et m'étais promis d'y revenir un jour…

Témoin du passé
Le massif du Parpaillon ("Parpaillon" signifiant "papillon" en dialecte alpin) est un massif montagneux situé dans l'Ubaye, près du lac de Serre-Ponçon. Il sépare les départements des Hautes-Alpes (au nord) et des Alpes-de-Haute-Provence (au sud).

Parpaillon location map

Son col marque également le passage entre la vallée de l'Ubaye et l'Embrunais, mais il n'est accessible que par un petit sentier escarpé. Par-contre, un tunnel situé en contrebas du col, à 2650 m d'altitude, permet de passer d'un versant à l'autre avec un véhicule. Long de près de 500 m, il fut creusé de 1891 à 1911 par le génie militaire et les chasseurs alpins dans le but de faciliter les mouvements de troupes françaises en cas de conflit avec l'Italie.

Photo d'époque :

Parpaillon construction 2

Dans les années 1950-1960, lorsqu'on a goudronné les grands cols alpins, c'est son voisin, le col de Vars, moins haut de 500m et plus accessible, qui fut privilégié. Le Parpaillon est donc resté en l'état, avec sa piste caillouteuse datant du siècle dernier, témoin de ce qu'était un col de haute montagne avant l'avènement de l'automobile et du macadam.

Après, il est progressivement tombé dans l'oubli…

En effet : pas toujours bien renseigné sur les cartes (ou alors comme "passage incertain", voire "interdit"), il n'est pas déneigé au printemps par la DDE, les habitants de la région ne l'empruntent jamais, lui préférant le col de Vars, et les vallons alentour sont quasiment inhabités. C'est littéralement tout un pan du paysage qui s'est figé dans une autre époque.

Trop accidenté pour les vélos de course et pas assez technique pour les vététistes, peu de cyclistes connaissent aujourd'hui son existence et seuls quelques originaux vont encore mouiller leur maillot sur son chemin muletier, par curiosité ou par défi…

3/5 de route, 2/5 de piste, un zeste de tunnel…
Ce col cumule quelques particularités intéressantes : deux ascensions conjuguant gros kilométrage et gros dénivelé (30 km/1800 m au départ d'Embrun et 20 km/1360 m depuis La Condamine-Châtelard), des pourcentages importants (relire ce billet à propos de la notion de pente moyenne), 20 km de piste au total ± répartie pour moitié de chaque côté et, finalement, un tunnel sommital qui n'est pas des plus simples à franchir. Bref, un parcours équivalent au Galibier ou à l'Iseran, avec en plus la difficulté inhérente à la piste non goudronnée…

En juin 2011, lors de ma traversée des Pyrénées, j'avais profité de mon passage au col du Tourmalet pour aller me balader sous le Pic du Midi, afin de tester le Brompton sur un vrai chemin muletier, avec armes et bagages.

L'expérience s'était révélée assez satisfaisante et j'en avais déduit que, finalement, le Parpaillon n'était peut-être pas tout-à-fait inaccessible à mes roues de 16 pouces.

Restait plus qu'à trouver l'occasion de retourner dans les Alpes…

Celle-ci s'est présentée plus vite que prévu puisque, début septembre, j'ai eu quelques jours libres immédiatement mis à profit pour m'organiser vite fait un petit séjour alpin.

Voici l'itinéraire complet de ce "Raid Parpaillon" : l'idée était de partir d'Embrun et d'aller passer la nuit à Barcelonnette, soit un trajet d'environ 60 km. La section non bitumée est représentée en rouge.

Parpaillon itineraire

Vous pouvez visualiser ce tracé et ces différents lieux sur Google Maps.

Mon Mountain-Drive étant toujours en SAV (relire ce billet !, pas question d'attaquer la montagne sans braquets adaptés.

J'ai donc emprunté le Brompton de ma compagne (grâce lui soit rendue!), équipé lui aussi du précieux pédalier démultiplicateur, ai procédé à quelques ajustements pour le mettre à ma taille, puis direction la gare d'Austerlitz…

Pour ceux qui croient encore aux vertus du voyage en train, sachez qu'il est tout à fait possible d'embarquer un Brompton dans un train placard train-couchette : il n'occupe pas plus de place qu'une valise et rentre dans les rangements prévus à cet effet.

Housse conseillée et, comme d'habitude, se montrer discret lorsque passent des agents SNCF (déjà eu affaire à quelques zélotes…).

Brompton train couchette

À Veynes, c'est un autocar qui a pris le relais pour cause de travaux sur la voie ferrée (les fameuses vertus…).

Arrivée à Embrun vers 08h00 du matin, il était hors de question d'attaquer le Parpaillon après cette courte nuit ferroviaire. Je suis donc passé à l'hôtel déposer mes bagages, puis direction le petit col de Pontis et ses méchantes pentes pour me dérouiller un peu les jambes… Vue magnifique sur le lac de Serre-Ponçon.

C'est également l'occasion de faire avec JC nos premiers tests de géolocalisation à l'échelle nationale, dont on reparlera bientôt (nooon, rien à voir avec Frenchelon!)… [J'ai ainsi pu homologuer ces exploits en restant derrière mes écrans…! | Note du JC]

Ça monte…
Le lendemain, après une bonne nuit de repos, c'est parti pour le Parpaillon.

L'ascension commence vraiment ici, au pont sur la Durance, le point le plus bas sur l'itinéraire, situé à 2 km d'Embrun.

Parpaillon pont durance

Les 14 premiers km vont me mener à Crévoux, par une montée tout à fait classique : raides (10% d'entrée de jeu), mais en bon état, dans un décor agréable de petit vallon resserré alternant végétation et roches. Le torrent de Crévoux coule en contrebas. Peu de circulation sur cette route.

À Crévoux, je fais halte à l'hôtel-restaurant bien nommé "Le Parpaillon", pour prendre un double café et jeter un œil au livre d'or contresigné par les cyclotouristes qui franchissent le tunnel (les plus anciens dans ce bouquin remontent aux années 80, mais je suppose qu'il existe des registres antérieurs). Ne pas oublier d'aller le signer si vous passez par là…!

Après Crévoux, village de La Chalp : le dernier endroit "civilisé" avant la chapelle Ste-Anne qui se trouve de l'autre côté du col, 24 km plus loin : en profiter pour remplir une dernière fois ses bidons à la fontaine du village.

Parpaillon lachalp

Passé La Chalp, la route mène à une forêt et devient un mince bandeau de goudron qui serpente dans les bois pendant quelques kilomètres, jusqu'au pont du Réal. Là, le revêtement disparaît et les hostilités commencent… C'est parti pour 20 km de piste.

Parpaillon pont real

Les tours de roues suivants sont particulièrement durs et il faut avoir gardé un peu de "jus" pour attaquer ce début de piste. L'inclinomètre du compteur accuse des passages entre 12 et 15 % : petit braquet et gros moulinage de rigueur !

Parpaillon foret

(Bon, à partir d'ici, photos de qualité très moyenne car faites avec mon iPhone 3GS… La batterie du S95 était vide !) [C'est pourquoi, j'utilise un Canon G11, batterie increvable | Note du JC]

Une fois sorti de la forêt, le paysage prend ses atours de haute montagne : alpages et roches affleurantes. La pente ne faiblit pas…

Parpaillon montee 1

Vers 2500 m, un petit ruisseau à franchir, où je fais une pause déjeuner. Silence incroyable, rien, à part l'eau qui murmure. Quelques marmottes au loin.

Parpaillon montee 2

Au-delà de 2500 m, la végétation disparaît, tout est minéral. Quelques lacets très raides, dernière ligne droite, une maçonnerie se laisse deviner ; dernier virage, la bouche sombre du tunnel apparaît enfin !

Parpaillon tunnel bromtpon

Ensuite, il faut traverser le fameux tunnel. Un tronçon de 500 m réputé noir, froid, humide, boueux. J'ai prévu une lampe frontale (car un phare sur dynamo s'arrête… si l'on s'arrête) et des sacs en plastiques pour protéger mes chaussures, toujours pour le cas où j'aurais à mettre pied à terre.

La traversée se fait finalement sans problème, mais c'est probablement la partie la plus casse-gu* de l'itinéraire, car malgré le phare avant, impossible de distinguer quoi que ce soit dans la pénombre. Seule chose à faire : pousser sur les pédales, tenir ferme le cintre et viser tout droit, les yeux braqués vers le point de sortie, en espérant ne pas finir en soleil à cause d'une malencontreuse grosse pierre…

Parpaillon pieds sacs

Deux panoramas (fait à l'iPhone, hè oui) du tunnel et des environs. On aperçoit le Brompton garé devant chaque entrée…
- Versant Nord (côté Embrun)
- Versant Sud (côté La Condamine-Châtelard)

Ça descends…!
Après ces réjouissances, la descente vers La Condamine-Châtelard n'est pas non plus de tout repos : 10 km de chemin muletier, cela signifie debout sur les pédales pour amortir les chocs et freins tenus en permanence, donc crampes aux bras… le tout à 20 km/h maximum car la piste est encore moins bonne de ce côté-ci.

Voici un autre panorama réalisé lors de la descente vers le "Plan de Parpaillon" (situé dans le vallon).

Ci-dessous, après le Plan, pont en bois sur le Bérard : je sors tout doucement du massif…

Parpaillon descente 1

Enfin, arrivée à la chapelle Sainte-Anne, où le goudron reprend ses droits.

Quelques informations au sujet du Parpaillon sont présentées sur des panneaux : historique, dates des travaux, flore, etc.

Parpaillon chapelle ste anne

Parpaillon chapelle panneau

L'expédition se termine ici, car la dernière descente vers La Condamine-Châtelard est facile et très classique. Dernier coup d'œil au col que j'aperçois encore au loin, et retour à la "civilisation"…

En conclusion
Si ce n'est pas la plus longue, c'est de loin la randonnée la plus ardue que j'ai effectuée jusqu'ici en Brompton : bien plus difficile que les grands cols cyclistes "classiques".

Le vélo s'est étonnement bien comporté, mais j'étais contraint à tenir des vitesses très faibles, surtout en montée. Un détail auquel il faut prêter attention : du fait de ses petites roues, le tendeur de chaîne et la transmission sont assez proches du sol et donc sensibles aux accrochages : il faut soigneusement éviter les grosses pierres.

Il est évident qu'un VTT reste le meilleur type de vélo pour ce type de ballade…

Pour ceux qui se laisseraient bien tenter… :
- Un descriptif assez complet de l'ascension (deux versants) avec toutes les données techniques.
- Quelques compte-rendus d'autres ascensions : moins précis, mais agrémenté de photos et qui donnent bien le ton général : ici, ici et là.
- Une vidéo de l'ascension depuis la Condamine-Châtelard tournée par un motard automobiliste (merci Franklin pour l'analyse), qui se termine par la traversée du tunnel : bruyante et monotone, mais permet de se faire une idée de l'état général de la piste.

Enfin, pour les prochaines vacances d'été, n'hésitez pas à aller passer un peu de temps dans la région d'Embrun / Barcelonnette : entre la montagne et le lac de Serre-Ponçon, les activités sont nombreuses et variées, tout ou presque est imaginable …

À suivre : Prochain billet cyclotouriste : "Qui c'est qu'a la plus haute ?"

[Noooon, c'est pas vrai, même qu'il y a un village qui évoque déjà cet exploit !! | Note du JC]

le 04/09/2011 à 20:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Brompton en mode cyclotourisme | 5

La route des cols pyrénéens – En selle… !

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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


Suite et fin du compte-rendu fleuve de cette traversée des Pyrénées sous forme d'extraits photographiques commentés, par étape… (billets précédents ici et ici).

Dimanche 12/06 : Paris > Hendaye.
Parti assez tôt de Paris en TGV, arrivé vers 13:00 à Hendaye.
Cela me laisse du temps pour me reposer, envoyer des mails, prendre quelques dernières informations sur le web, etc.

Ci-dessous : contenu de mon bagage pour dix étapes de voyage en montagne.

201107012 bagages IMG 0908

J'ai également une sacoche de selle qui accueille la housse du vélo, la crème solaire, le pique-nique de la journée, quelques provisions, etc.

Lundi 13/06 : Hendaye > Saint Jean Pied de Port
Lever à 05:30. C'est intentionnel, et ça sera la norme pour la suite…
Hè oui : c'est ça les vacances.

En partant très tôt le matin, je bénéficie facilement de deux à trois heures de clarté sans pour autant être exposé au soleil direct. Avantageux, surtout si l'on attaque un col dès potron-minet.

201107012 01 petit matin IMG 0932

Petit crochet timide de quelques kilomètres en Navarre, l'idée étant de déjeuner espagnol.

Hélas, pas moyen de trouver la moindre gargote sur ce petit tronçon…! (j'aurai aimé caser l'expression "de France et de Navarre" quelque part dans ce commentaire, mais pas trouvé… !).

201107012 navarre IMG 0965

Les premiers cols basques, assez gentils, permettent de démarrer la traversée en douceur.

201107012 IMG 0967

Saint Jean Pied de Port, village très pittoresque, fortifié et surplombé d'une citadelle, est une étape importante vers Saint-Jacques-de-Compostelle : idéal pour une première nuit.

On y rencontre évidemment pas mal de pèlerins, ce qui donne au site une ambiance assez particulière…

201107012 Py2011 SaintJeanPieddePort

201107012 Py2011 SaintJeanPieddePort citadelle

Mardi 14/06 : Saint Jean Pied de Port > Larrau
Étape assez courte, mais avec les premiers cols un peu sérieux…
Pas mal pour se mettre en jambes.

201107012 col iraty IMG 1025

Le basque : vous avez dit "Langue agglutinante" ?

201107012 IMG 1041

La plupart des routes sont en excellent état.
Sur l'ensemble du trajet, peu de mauvaises surprises, sauf peut-être du côté de Prades / Perpignan…

201107012 soleil nuages IMG 1049

Mercredi 15/06 : Larrau > Bielle
En général, je quitte l'hôtel avant l'ouverture de la réception, ce qui nécessite de prendre quelques dispositions. La veille, après le repas du soir, je règle ma note et m'enquiers d'un petit déjeuner.

Chez certains hôteliers, il est possible d'accéder à la salle à manger avant l'heure réglementaire, mais d'autres proposent de déjeuner dans la chambre et apportent le soir-même un plateau-repas pour le lendemain matin.

Invariablement, on y trouve du pain un peu sec et un thermos de café un peu tiède…

Sinon, il reste la possibilité de s'arrêter à la première boulangerie venue.

201107012 tidej IMG 1072

L'arrivée à un col est toujours une surprise. Va-t-on pouvoir se restaurer ? Y aura-t-il un beau panorama ? Rencontrera-t-on d'autres cyclistes avec lesquels tailler le bout de gras ? Faudra-t-il encore attendre que les bikers garés devant le panneau veuille bien partir pour faire une photo souvenir ?

Parfois, il n'y a tout simplement… rien.
Col du Soudet, 1520 m.

201107012 coldesoudet IMG 1142

Plus tard dans la journée, le col de Marie-Blanque : petit… mais très costaud !

Des passages jusqu'à 13 % de moyenne (vous savez à quoi je fais allusion, si vous avez bien lu le ce billet…).

201107012 marieblanque IMG 1153

Jeudi 16/06 : Bielle > Luz-Saint-Sauveur
Ce matin : un plafond bas qui ne présage rien de bon.

201107012 plafond basIMG 1167

Col d'Aubisque et col de Soulor : un tronçon magnifique, paraît-il,…

201107012 aubisque soulor 1 IMG 1174

…que j'ai traversé dans un nuage.

Heureusement, j'étais bien équipé : poncho, gants, chaussures, chaussettes, guêtres…

201107012 aubisque soulor 2 IMG 1190

…Car tout est immédiatement humide (ici, mon épaule).

201107012 humide IMG 1196

Une fois redescendu sous la couche nuageuse, ça redevient plus agréable.

Petite route longeant un ravin pour arriver à Luz-Saint-Sauveur.

201107012 vers saint jean de luz IMG 1211

Vendredi 17/06 : Luz-Saint-Sauveur > Arreau-Cadeac
La grosse étape du voyage : col du Tourmalet + col d'Aspin. Pas très longue, mais un gros dénivelé en perspective.

201107012 tourmalet1 IMG 1279

Col du Tourmalet : parfaitement passable, selon la formule consacrée…

Montée longue, un peu dure sur la fin, mais très belle. On arrive dans l'étage alpin, où la végétation se fait plus rare. Par chance, le ciel était relativement couvert, ce qui m'a préservé du soleil dans les derniers kilomètres.

201107012 tourmalet2 IMG 1299

À partir du col du Tourmalet, je monte faire quelques kilomètres sur le chemin muletier qui mène au Pic du Midi.

On contourne le pic du Tourmalet…

201107012 verspicumidi 1 IMG 1309

201107012 verspicumidi 2 IMG 1311

…jusqu'au col de Sencours (la photo ci-dessous) qui surplombe le lac d'Oncet.

Le col des Laquets, situé encore plus haut, se trouve à quelques centaines de mètres de l'observatoire du Pic du Midi.

Je n'ai pas pu l'atteindre, car de gros névés bloquaient la piste et c'était un peu risqué, avec mes petites chaussures de cycliste, d'aller crapahuter sur la neige, un Brompton calé sur l'épaule.

J'ai donc fait demi-tour et suis redescendu au col du Tourmalet (sur la photo, le Brompton est en bas de l'image, et l'observatoire, en haut).

201107012 verspicumidi 3 IMG 1376

Vous trouverez ici un panorama zoomify permettant de voir le lac d'Oncet et le pic du Midi, et ici un autre pris de la route qui monte sur le flanc du Pic du Midi et où l'on voit le pic du Tourmalet (au centre) ainsi que la piste qui descend vers le col du même nom bordant le lac d'Oncet.

Plus tard dans la journée, au col d'Aspin, le temps est à nouveau couvert. Un cyclo se change pour affronter la descente…

201107012 col d aspin IMG 1400

Samedi 18/06 : Arreau-Cadeac > Antichan de Frontignes
Le Brompton à l'hôtel : pas vraiment eu de souci… Le mieux est de se montrer le plus discret possible lors de l'enregistrement à la réception (vélo dans la housse, casque et gants de cycliste retirés, etc.). Si l'hôtelier émet un doute, il suffit en général de préciser que "le vélo est dans une housse et ne salira rien".

Lorsque le vélo est humide, je le déballe dès mon arrivée dans la chambre et le pose sur la housse pour préserver la moquette et lui permettre de bien sécher.

Plusieurs cyclotouristes m'ont confirmé que ce n'était pas toujours simple de stocker un vélo "normal" dans les hôtels et qu'il valait mieux se renseigner à l'avance.

201107012 Brompton hotel IMG 1409

Les termes signifiant "col" sont légion. Ici, un "petit col" non répertorié sur la carte "officielle".

201107012 pasdutir IMG 1410

Vers le col de Peyresourde : encore dans les nuages… !

201107012 coldepeyresourde IMG 1416

Dimanche 19/06 : Antichan de Frontignes > Biert
Cérémonial du matin : le rangement du sac Brompton. Lessive ayant (théoriquement) séché pendant la nuit, iBidules ayant rechargés, trousse de toilette, vêtements, pyjama, etc.

201107012 Py2011 Antichan de Frontignes

Très fortes pentes dans la montée du col de Portet d'Aspet (ici, 17 %).

Globalement, les Pyrénées sont moins élevées mais plus pentues que les Alpes : c'est minimum 10 % tous les jours.

201107012 porte daspet IMG 1481

Lundi 20/06 : Biert > Ax les Thermes
Le Pas de Souloumbrie, un petit col perdu dans les hauteurs d'Ax les Thermes. Bien plus sympathique que la nationale proposée sur le trajet "officiel".

201107012 PasdeSouloumbrie

Juste après, la route des corniches, très calme, surplombe la vallée d'Ax, offrant un magnifique point de vue sur les environs.

201107012 routedescorniches IMG 1581

On trouve assez facilement des points d'eau potable dans la plupart des villages.

201107012 routedescorcniches point deau

Ax les Thermes au crépuscule, vu du balcon de l'hôtel. Douche, massage des jambes, lessive à la main, dîner au restaurant de l'hôtel, coups de téléphone, mails… Les choses à faire ne manquent pas, une fois qu'on est descendu de selle.

201107012 AxlesThermes

Mardi 21/06 : Ax les Thermes > Mont-Louis
Quelques kilomètres après Ax les Thermes, dans la montée du Col de Pailhères, panne de Mountain-Drive !

Une pièce est cassée. Comme je n'ai pas vraiment envie de revenir une troisième fois pour finir le voyage, je m'installe au bord de la route, démonte le pédalier et rafistole le tout comme je peux. Pourvu que ça tienne…

201107012 mountain drive IMG 1608

De nombreux cols (ici, Pailhères) sont des zones pastorales : le bétail y vaque à son gré et c'est aux véhicules d'être prudents…

Particulièrement lors de la descente (on imagine la rencontre d'un Brompton lancé à 50 km/h avec un quelconque bovin, caprin ou équidé…).

201107012 pailhères IMG 1645

201107012 pailhères 2 IMG 1646

En montagne, le temps est très changeant : on peut avoir dans la même journée un soleil de plomb, des nuages, un orage, de la brume… et de la grêle (vécu, évidemment). Il faut être équipé pour toutes les circonstances…

201107012 MontLouis meteo changeante

Mercredi 22/06 : Mont-Louis > Perpignan
Mont-Louis. Un village fortifié construit from scratch par Vauban, pour contrôler la vallée. Il abrite aujourd'hui un centre national d'entraînement de commando, des garnisons et une petite population qui vit du tourisme.

Il est également connu pour son four solaire.

Les fortifications sont en très bon état…

201107012 montlouis IMG 1705

…Le four solaire y est d'ailleurs installé.

201107012 montlouis foursolaire

Dernier panorama avant de quitter définitivement la montagne…

201107012 dernier pano IMG 1716

…et d'attaquer la vallée. Cette étape consiste grosso-modo en une descente de 80 bornes… Les premiers kilomètres étant particulièrement rapides (capture d'écran d'une vidéo).

201107012 montlouis descente

Pause café à Villefranche-de-Conflent : un autre village entièrement fortifié qui a lui aussi subi les œuvres de Vauban.

201107012 villefranchedeconflent IMG 1777

Le drapeau catalan flotte et les feux de la Saint-Jean sont prêts à être embrasés par la flamme qui descendra du Canigou, le 23 juin, au soir.

201107012 villefranchedeconflent IMG 1804

Après Villefranche de Conflent, la montagne est derrière moi.
Je fais quelques détours dans l'arrière-pays afin d'éviter les nationales, empruntant les petites routes qui sillonnent à travers vergers et coteaux de vignes…

201107012 champ perpignan IMG 1813

…pour arriver vers midi à Perpignan.

201107012 perpignan IMG 1816

Voilà, fin du voyage.

Après 24 h de repos et de tourisme à Perpignan, j'ai pris un TGV Centre du monde > Paris.




Épilogue technique : la réparation de fortune que j'avais faite au Mountain-Drive a tenu jusqu'à la fin, me permettant de finir le périple. Mais pour réparer proprement le mécanisme, une intervention du SAV est nécessaire.

Dès mon retour à Paris, le Brompton a fait un séjour express aux Vélos Parisiens, qui ont démonté le Mountain-Drive défectueux pour le renvoyer chez le constructeur, puis m'ont réinstallé un ancien pédalier Brompton, afin que je puisse continuer à utiliser mon vélo (merci à eux de m'avoir gentiment prêté leur Brompton-Rohloffisé pendant les deux jours qu'a duré l'opération).

En attendant le verdict du fabricant, je prépare déjà les prochaines ascensions…

le 12/07/2011 à 06:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Brompton en mode cyclotourisme | 4

La route des cols pyrénéens – l'itinéraire

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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Vincent Burgeon […]


Suite du précédent billet, où je racontais avec force détails technologiques les nouvelles modifs apportées à mon Brompton, en vue d'aller me promener dans les Pyrénées…

Pour ceux qui s'en souviennent, en 2009, j'avais rallié Thonon-les-Bains à Menton en Brompton, suivant la Route des Grandes Alpes.

L'aventure m'avait bien plu, j'étais revenu en pleine forme et bronzé comme un cycliste. J'ai donc eu envie de remettre le couvert en 2010 dans l'autre massif cycliste français : les Pyrénées.

Le chemin était déjà tout tracé puisque la bien connue Route des Cols va de Cerbère (côté méditerranée) à Hendaye (côté Atlantique) en passant par une trentaine de cols de moyenne et haute montagne.

C'est en juillet que j'avais choisi de faire cette randonnée. Malheureusement, une tendinite achilléenne m'a stoppé net à mi-chemin, entre le col de Peyresourde et le col d'Aspin, et renvoyé illico à Paris.
Interdit de vélo pendant 6 mois (il y a eu des complications), j'ai finalement repris le chemin des entraînements début 2011, en mettant les bouchées doubles pour récupérer ma forme.

Le 12 juin dernier, back to the Pyrenees, mais cette fois en partant d'Hendaye, pour rejoindre Perpignan (et non pas Cerbère, j'en reparle plus loin).

Mission accomplie le 22 juin, au terme de dix étapes. Cela aurait pu être plus court d'un jour ou deux mais, afin d'éviter à nouveau la surchauffe et les risques de tendinite, j'ai préféré prendre le temps de voir du pays et ai organisé quelques journées comme des demi-étapes de récupération.

En juin, la montagne, c'est formidable. Les nuées de touristes ne se sont pas encore abattues, la fonte des neiges se termine (on trouve facilement de l'eau), la nature est luxuriante, les journées sont très longues (proche du solstice d'été) et il ne fait pas aussi chaud qu'en juillet et août.

Bref, le mois est propice à la rando, à l'exploration et au voyage (si l'on excepte les caprices de la météo, mais bon…)

Des thermes, puis des cols
La Route des Cols n'est pas à proprement parler une route "historique" : elle s'inspire en partie de la Route Thermale voulue par Napoléon III, mais le tracé "officiel" proposé sur le site web éponyme est clairement conçu dans l'esprit de la Route des Grandes Alpes qui est, elle, un itinéraire touristique déjà centenaire.

Le but étant évidemment d'attirer les voyageurs qui aiment "bouffer du bitume" (cyclotouristes, motards, caravaniers, etc.), en profitant notamment de l'aura prodigué par le Tour de France autour des cols connus (Tourmalet, Marie-Blanque, Aubisque, Aspin, Soulor, etc.). Certains tronçons de cette route des cols sont d'ailleurs des détours dont le but est visiblement d'ajouter deux ou trois cols au palmarès total (34 cols, toujours selon le site officiel).

En plus de cette route traversant les Pyrénées d'ouest en est, on peut découvrir chaque région grâce à des boucles thématiques qui incluent quelques cols supplémentaires (Le tour des baronnies, Le tour du Pic du Midi, Les châteaux du pays Cathare, La traversée des gorges de l'Aude, etc. – j'ai aperçu également une "route du fromage", mais rien à voir…).

Ci-dessous : en rouge, la Route des Cols et, en bleu, les boucles thématiques.

201107011 Carte des boucles à la journée pour la route des cols

Le Pays Basque, le Couseran, l'Arriège, le Pays Cathare, le Languedoc… Toutes les régions traversées sont superbes et possèdent chacune leurs charmes propres ; le paysage change sans cesse et il n'y a pas deux étapes pareilles. On passe de gorges en corniches, de larges voies en petits chemins, de pâturages en ravins, de villages perdus en grosses villes thermales, etc.

L'architecture est d'ailleurs l'un des témoins les plus évidents : l'habitat (formes, couleurs, matériaux, couverture) évolue tout au long de la route, mais aussi avec l'altitude ; idem pour l'occupation du sol, la végétation (les fameux étages), le minéral… Sans parler des témoins de l'Histoire. C'est l'avantage du voyage à vélo que de pouvoir déguster à son rythme chaque détail qui se révèle…

Si l'an passé, pour des raisons pratiques, j'étais parti de Cerbère pour rouler vers l'Atlantique, j'ai préféré cette année démarrer à Hendaye et me diriger vers l'est. C'est à mon sens la meilleure des deux solutions : primo, cela permet souvent de rouler du côté ombragé de la route, spécialement l'après-midi, et, secundo, c'est plus agréable de partir le matin avec le soleil levant devant soi pour l'avoir dans le dos l'après-midi, que l'inverse.

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Préparer l'itinéraire
Ayant parcouru près de la moitié de la route l'an passé, j'ai recomposé mon itinéraire en m'inspirant de la route des cols "officielle" et ai pioché dans les boucles locales pour emprunter quelques tronçons alternatifs, afin de voir de nouveaux décors. J'ai également laissé tomber les sections manifestement destinées aux "enfileurs de cols".

À nouveau, j'ai voyagé en "autonomie carte bleue", en allant à l'hôtel tous les soirs afin de pouvoir manger chaud, avoir un lavabo pour faire ma lessive, regarder éventuellement un épisode de Derrick et, surtout, bien dormir pour être à pied d'œuvre le lendemain.

Les réservations étaient faites à l'avance, la plupart des hôtels ayant été dégottés simplement via Google Maps. La compacité du Brompton a évidemment facilité ce point du voyage.

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Pour préparer l'itinéraire, je me suis servi de la carte gratuite qu'il suffit de quémander sur le site de la Route des cols, de la carte IGN touristique générale des Pyrénées (dont je n'ai pas trouvé la référence) ainsi que d'un bon petit guide disponible aux Éditions Privat.

Les fondus de la petite reine et de la grande boucle auront peut-être quelques pounds à consacrer à ce bouquin édité par Rapha (en anglais, donc) qui détaille bon nombre d'ascensions pyrénéennes (leur ouvrage consacré aux Alpes est pas mal non plus).

Niveau outils en ligne, le site de la Route des Cols propose une page pour créer son propre itinéraire et ses étapes, mais je ne l'ai trouvé ni convaincant, ni ergonomique. Bikemap possède par-contre un module de création de parcours simple et efficace qui permet de visualiser tout de suite le profil de l'étape en cours. C'est appréciable car le dénivelé et la situation des différentes ascensions sur le parcours comptent autant que le kilométrage total.

En effet, on préférera toujours commencer la journée par un bon col bien costaud et terminer gentiment, que l'inverse. Une étape se concluant par une grosse ascension est bien plus usante qu'une étape très longue, mais sans difficulté majeure.

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L'idée est donc de repérer les ascensions les plus ardues pour les placer en début d'étapes, et d'organiser le parcours en fonction, quitte à avoir des étapes de longueurs inégales (on en profitera pour se reposer).

Idéalement, chaque journée devrait donc se terminer au pied d'un grand col, à attaquer dès le lendemain matin…

À ce propos, l'itinéraire est souvent présenté comme "Hendaye-Cerbère, 850 km", mais en réalité, pour qui aime rouler tranquillement en montagne et dans la nature, la route des cols s'arrête quelque part entre Villefranche de Conflent et Prades, sur la nationale N116… Le chemin qui mène ensuite de Prades à Cerbère est composé sur près de 100 km de voies à forte circulation, de banlieues résidentielles et de zoning industriels (quelques champs et un ou deux petits cols, aussi).

Moyennement intéressant, surtout si l'on vient de faire près de 750 km en pleine montagne…

L'année dernière, j'avais roulé la première journée sur ces routes dangereuses, fort fréquentées, assez étroites, en mauvais état et sans bas-côté, et je n'avais pas vraiment envie de réitérer l'expérience. J'ai donc minimisé au possible la partie "post-montagne" en la réduisant à une étape (Mont-Louis -> Perpignan) qui s'est avérée finalement pas trop désagréable.

De plus, cela m'a permis de reprendre à Perpignan le TGV pour Paris (et d'éviter aussi un trajet Cerbère-Perignan, qui se fait dans un tortillard de banlieue).

Au total : 10 étapes, ± 800 km, ± 30 cols et ± 15.500 m de dénivelé positif.
Oui, c'est un peu approximatif car je n'ai pas terminé de calculer mon itinéraire total, et la situation des cols n'est pas toujours bien renseignée, ni sur la carte, ni sur place : parfois on cherche les panneaux, parfois on en découvre des inattendus…

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Prochain (et dernier) billet consacré à ce voyage : un résumé photographique de chaque étape…

Info pratique…

Note : Demain, très lourd billet pour finir car longue série d'images…!

le 11/07/2011 à 10:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #