Ma vie est passionnante : jeudi, je prends le bus pour me rendre dans le centre ville et effectuer quelques courses avec l’idée de revenir à pied. Dans la travée opposée s’assied une lycéenne. Comme j’avais envie de prendre des photos de ma ville depuis la fenêtre du bus, en testant mon dispositif, je déclenche par mégarde l’app appareil photo.
Je n’ai vu la photo de cette gamine qu’en rentrant l’après-midi et j’ai ri (jaune…?!) en me rendant compte qu’elle me regardait avec une expression de profonde méfiance…!
Histoire de comprendre, j’ai effectué un selfie de ma pomme et… rien à dire, inquiétant je suis !
Avoir une sale gueule n’est pas un problème, c’est la prise de vue en tenant l’écran qui m’a interpellé. N’étant pas un consommateur de selfies, je me suis posé une autre question :
Comment réaliser un auto-portrait convenable quand personne n’est disponible pour vous prendre en photo ?
Pensez à ce qui se trouve derrière vous…!
J’ai acquis un déclencheur Bluetooth récemment – lire urbanbike | Tête Manfrotto, Statif et iPhone - et ce petit produit allié au mode portrait (avec effet de profondeur, le flou de ce qui est en arrière-plan) disponible sur un iPhone 7 plus peut vous éviter de recourir à une quelconque aide, vous permettre de gérer votre image sans commentaires désobligeants et sans aucune précipitation !
Car au lieu de réaliser un selfie ou de vous photographier dans un miroir avec apparition du smartphone dans l’image, il suffit d’être un poil méthodique :
- posez le iPhone face à vous à hauteur de votre visage ou en légère contre-plongée sans que ce soit l’écran qui vous fasse face mais bien l’œil de l’appareil photo !
- placez-vous devant un fond neutre (mur blanc, bardage de bois, bibliothèque, paysage sans éléments saillants), écartez tout ce qui risque d’apparaitre comme un cheveu dans la soupe (…de pixels !)
- laissez le smartphone en mode portrait (à la verticale)
- évitez d’être à contre-jour, faites en sorte de recevoir la lumière de manière uniforme sur votre visage
- si le portrait doit être en couleur, évitez des couleurs de vêtements trop flashy qui vont lutter avec votre carnation
- choisissez le mode portrait et profondeur de champ sur l’application appareil photo si c’est disponible
- comme vous avez appairé le déclencheur Bluetooth avec l’iPhone, c’est ce dernier qui déclenchera la prise de vue
- certes, vous verrez qu’après-coup le résultat de la prise de vue contrairement au mode selfie mais le résultat final est incomparable
Et, surtout, vous pouvez tout essayer sans témoins, sans pression, prendre “n” photos, tourner un peu la tête, sourire, faire la gueule, essayer des tas de dispositions, faire des grimaces, etc.
Bref, vous contrôlez votre image.
Aussi détruisez toutes celles qui ne vous conviennent pas, ne conservez que les deux ou trois sur une centaine de clichés.
Vous utilisez un appareil numérique, n’hésitez-pas et supprimez impérativement tout ce qui est médiocre ou raté.
Certes vous pouvez utiliser le système du retardateur pour prendre des images à distance mais l’emploi d’un déclencheur sans fil Bluetooth (…j’ai opté pour un truc de chez HISY) vous permet d’être bien plus naturel car vous ne déclenchez qu’au moment où vous vous sentez prêt.
Et ça change tout.
Ensuite, une légère modification de la saturation ou un basculement en noir et blanc avec BLACK - B&W Film Emulator vous permettra d’obtenir une image ad hoc pour alimenter un compte de réseau social ou illustrer un CV.
En résumé : l’essentiel est de perdre le temps, de recommencer autant de fois que nécessaire, de découvrir qu’un arrière-plan saturé d’objets ou de fleurs (!!) peut brouiller votre propre auto-portrait, lutter avec votre portrait, etc.
Et comme c’est vous qui gérez tout, vous n’êtes pas coincé comme avec ce cliché fait par tante Ursule avec un bouquet de fleurs en plastique sur la droite et son horloge franc-comtoise en arrière-plan…!
De plus, si vous avez une drôle de tronche, cela vous permet également de vérifier, voire découvrir que certains angles sont nettement moins abomifreux que d’autres et donc que vous pouvez ruser pour vous accepter …malgré tout…!
Or avoir une image qui vous convient, que vous validez sur un document est loin d’être neutre.
Bref, prenez le contrôle et assumez-vous…!
Dernier conseil : amusez-vous ! Et que cela se voit à terme sur l’image !
Il y a quelques années, un couple d’amis décide d’ajouter un chauffage gaz dans leur maison jusqu’alors uniquement chauffée par une cuisinière à bois. Ajouter et non substituer, CQFD.
Pour cela, ils décident d’un commun accord de …traverser la rue de leur village et demander à leur voisin chauffagiste d’intervenir. Celui-ci leur demande, tout de go, de patienter quelques jours, le temps d’établir un devis précis mais se voit aimablement arrêté d’un geste de la main…
— Pas besoin, on te connaît, donne-nous juste une idée du coût global.
— Oui mais il vous faut bien un devis détaillé pour comparer avec d’autres entreprises ?
— Quels autres ? On ne va pas faire faire de devis comparatif, on te connait, on a confiance, la seule question qui compte est : quand peux-tu démarrer ?
Résultat : un travail de qualité, terminé dans les temps. Et un service après-vente fort efficace vu qu’il suffit, encore et toujours, de traverser la rue…!
Par exemple, en fin de week-end, ils ont eu un souci dans l’après-midi et sont passés vite fait prévenir leur voisin. Ce dernier est intervenu dans la soirée, réglant immédiatement un problème mineur. Et sans facturer son intervention, juste le temps (plus long…!) de discuter en partageant une bouteille et quelques tranches de saucisson !
Chercher ailleurs ce qui existe sur place
Cette installation de chaudière gaz remonte à quelques années. Entre-temps, le village (…précisons que cela se déroule en Suisse) s’est agrandi avec des habitants venus des villes. Venus également avec leurs habitudes alliée à une totale méconnaissance des ressources locales.
Bref, des maisons ont été construites, d’autres entièrement rénovées. Mais au lieu de faire appel à l’artisan du village, tous ont décidé d’interroger via internet de grosses firmes. Certains ont néanmoins consulté ce voisin mais ont préféré opter pour une entreprise distante, parfois pour une centaine d’euros de différence ! Et sans renégocier cette dernière en direct.
Mi 2016, l’artisan a fermé son activité et s’est fait embaucher dans une usine à une dizaine de kilomètres du village.
En revanche, pour n’importe quel problème technique, ces nouveaux habitants doivent patienter au moins 48 heures — hors week-end — avec une panne (en plein hiver avec un chauffage en rideau, c’est assez féroce), le temps qu’on leur expédie un technicien depuis la zone d’activité de la grande ville pour un coût forfaitaire d’assistance.
Et bien entendu, imaginez que les autres services vivent les mêmes bouleversements : résultat, plus de boulanger (…sketch célèbre de Fernand Reynaud), plus de crémerie-fromagerie, garage, réparateur de cycles…
J’avais évoqué cette situation l’an passé — après une longue balade dans le Gard et les Cévennes — dans ce billet : Avant de pleurer sur la désertification des campagnes, agir…!
Tout le monde prend désormais sa voiture, consomme du carburant, du temps pour faire ses courses en grande surface… alors que, 10 ans plus tôt, il suffisait de se déplacer à pied au centre du village.

Des centres qui se désertifient et des périphéries qui s’amochissent !
Il suffit de se déplacer en France pour vérifier cette tendance. Des centres qui se vident de leurs commerces et des moyennes surfaces qui regroupent tous les services dans des zones sans âme accessibles en voiture mais plus difficilement à pied. Combien d’abords de villes et villages sont ainsi amochis par ces zones commerciales ! Et combien de centres villes se vident de leurs ressources mais aussi de leurs habitants. Des pancartes à vendre fleurissent mais sans commerces de proximité, comment dire ?!
Je vous renvoie à Sur les chemins noirs, l’excellent livre de Sylvain Tesson et le cite en guise de conclusion…
Il y aurait eu un tableau des cercles concentriques à brosser après une marche pareille. Dans les bourgs du guide Michelin, le centre-ville était charmant, l’église restaurée et une librairie s’inaugurait parfois devant le salon de thé. Woody Allen aurait pu tourner son film habituel. Ses acteurs auraient trouvé que la province est une fête et que le débarquement avait valu la peine.
Venait le deuxième cercle : le quartier pavillonnaire. Un monsieur y tondait sa pelouse en pyjama. Il avait fini de laver sa voiture. Une affiche signalait la disparition d’une vieille dame affligée d’Alzheimer.
Le troisième cercle apparaissait, commercial. Le parking était plein, le supermarché jamais fermé, les promotions permanentes sur le jarret. Plus loin, un rond-point distribuait les points cardinaux et l’on gagnait les champs, les hangars à machines et des bois où les sangliers attendaient l’ouverture de la chasse. Tout cela prouvait une chose : avec des efforts, même le Français réussit à ordonner le monde.
La seule défaite de ces journées résidait dans le fait de s’approcher des élevages de volaille. C’étaient des hangars concentrationnaires suant la souffrance. Les poulets y attendaient la mort, sans bouger, sans voir jamais le ciel. De belles voitures étaient garées devant ces usines de matériau vivant. Il fallait bien que la concentration profitât à quelqu’un.
Le Loing prend sa source à Sainte-Colombe-sur-Loing et nous l’avons, pour notre part, abordé à Cepoy puis quitté à Grez-sur-Loing.
Une envie de découvrir la Puisaye avec, en point de mire, Toucy, sa région et un hébergement sympa dans un lieu atypique.
Un copain nous a prêté son vénérable véhicule (de 15 ans) doté d’une boîte automatique et j’ai redécouvert à cette occasion le plaisir de naviguer.
Au retour, 720 kilomètres sans fatigue via des tas de petites voies secondaires plus ou moins goudronnées, la visite de splendides édifices mais aussi d’ouvrages démentiels comme celui de Rogny-les-Sept-Écluses, ouvrage aujourd’hui doublé pour permettre aux bateaux de se croiser…!
Option impossible dans la version d’origine, certes ingénieuse avec sa réduction du nombre de portes d’écluses mais, du coup, son talon d’Achille.
J’avais bien emporté mon Canon EOS M… qui est resté, une fois de plus, au fond du sac à dos. À la louche, 80% des photos avec Provoke Camera (celles présentées ici), 15% ProCamera. et 5% avec Camera+ pour son chouette mode macro.
Au fil de l’eau
Je ne vais pas m’étendre sur le réseau fluvial, d’autres le font de manière exhaustive. Parcourir ce site pour s’y retrouver et, notamment, cette première partie pour la rivière du Loing, cette seconde pour la partie canal, cette dernière à propos du canal de Briare.
Suivent ici quelques clichés en noir et blanc pour illustrer cette balade…
Dans Etampes, il est troublant de découvrir l’omniprésence des rivières (…la Chalouette, la Juine, la rivière des près, la Louette…) qui passent en surface ou sous les constructions…

Pas mal de ponts, passages, que ce soit pour passer d’une rive à l’autre d’un ru (…sans t, merci JFD) ou juste rejoindre son logis…

Passage à Yèvre-Le-Châtel (en dessous de Pithiviers) pour se balader dans cette église inachevée, celle de Saint-Lubin…

Puis visite du Château de Chamerolles et son cours d’eau… l’œuf…! (héhé, de circonstance…)

Il abrite un chouette musée du parfum (et des flacons), de belles pièces meublées et un non moins chouette potager…
Ensuite Montargis avec le canal de Briare et le Loing…

Cepoy avec le canal du Loing et le Loing… On s’y perd…!

- Un long passage à l’Arboretum National des Barres (prévoir un paquet d’heures de visite, son territoire est énorme…!) et vous engage à essayer de retrouver ce Faux de Verzy incroyable (il y en a deux, un assez proche de l’entrée mais le plus beau est… à trouver…!)

Puis Gien bordé par la Loire…

Enfin Briare le canal qui mérite une longue pause avec un côté marina avec une cohorte de bateaux amarrés…

Se balader (voire traverser) sur l’incroyable pont-canal qui permet de raccorder les 196 kilomètres du Canal latéral à la Loire…!

Pas mal de trouver un hébergement entre route et canal pour prendre le temps de marcher entre les écluses.

Voir l’utilisation des émaux (…de Briare) que l’on peut admirer dans et sur l’église (…et visiter la fabrique)

Pas mal de villages aux alentours dont Châtillon-sur-Loire…

Et ce petit lavoir sur l’Etherlin…

Compter les écluses (ici, celles des Combes) puis filer visiter le Château de Saint-Frageau… Celui de la Grande Mademoiselle… La charpente se visite tout comme une étonnante collection de jouets anciens (…et très bonne guide, la fille cachée de Batman…!).

L’eau n’est jamais pas loin avec la Rigole du Bourdon même si on la trouve également via cet alignement d’arrosoirs…!

Pensez à jeter un oeil sur le Château de Ratilly, près de Treigny…

Et puis, surprise, découvrir Druyes-les-belles-fontaines et ses résurgences… et son Château.

Ainsi que son lavoir alimenté par les sources de Druyes…

Accessoirement, visiter la Maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye… Le Loing passe… un peu plus loin…

Toucy et la galerie de l’ancienne Poste, un village traversé par l’Ouanne…

Mézilles traversé par le Branlin…

Rogny-les-Sept-Écluses sur le canal de Briare et traversé par le Loing…

Les anciennes écluses ne sont plus en activité, les nouvelles oui…!
Le Château de La Bussière traversé par le Vernisson… Et admirer le Potager tracé par un certain Le Nôtre…

Si vous avez pris rendez-vous, passez à Parly au Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère qui possède une presse 130 x 320 cm…

Puis remonter en passant par Château-Landon bordé par le Fusain…

Nemours traversé par le canal du Loing et le Loing…

Et finir par Grez-sur-Loing qui, comme son nom l’indique…

Bref, des idées de balades à effectuer en prenant son temps… Pour mes voisins en région parisienne, ce n’est pas excessivement loin et pas mal d’hébergements disponibles à des coûts abordables.
À suivre…