En écoutant l’émission de Mathieu Vidard, la tête au carré en replay via Castro:// Podcast Player, je suis tombé sur un thème qui m’interpelle : Les séismes et leur prédiction. Suivant l’actualité transalpine, je sais à quel point ces évènements peuvent être dévastateurs et mortels…
Fin 2016, j’avais évoqué une app dédiée, cf. urbanbike | Epicentral+ 1.5 indique les séismes sous iOS 10, Epicentral+.
Or lors de cette émission, il était question de LastQuake, une app également à charger gratuitement sur vos smartphones de l’EMSC (ici, l’adresse de leur site internet)…
En copies d’écran, quelques explications de base…

Hormis indiquer votre localisation et, si vous le souhaitez, votre mail (uniquement si vous souhaitez participer), l’app vous renseigne sur l’actualité immédiate…

Près de chez vous ou …nettement plus loin…

Dans tous les cas, les témoignages de ceux qui ont ressenti les secousses (et participé) et une carte avec leur position ainsi que celle du séisme…

Bref, cela ne va pas vous demander un effort monstrueux pour vous approprier cet outil et vérifier ce qui se déroule pas très loin de chez vous…

Nb : oui, ça tremble même en France et un premier avril…
Attention, billet chiant, genre TL;DR.
Un billet de plus de 1500 signes qui tente d’expliquer cet étonnant changement d’usage peut légitimement saouler le lecteur. Or ce billet étant relativement long, vous voilà prévenus…
Longtemps je me suis levé de bonne heure pour écrire sur un clavier…! Naguère avec un Macintosh 128 Ko disposant d’une carte MaxMemory pour conserver application et données en RAM… Puis, pour finir, sur un MacBook Pro de 2009, toujours en service sur ma table de travail, lequel je révise ce qui a été expédié de l’iPhone ou du iPad.
Côté traitements de texte, la rédaction de mes propres bouquins techniques a oscillé entre Microsoft Word, FrameMaker puis, pour les plus récents, Pages puis Adobe InDesign.
Lors de la sortie du premier iPhone que j’ai eu entre les mains, j’ai opté pour WriteRoom que je trouvais fort agréable, un outil à l’interface minimale découvert sur Mac en 2006.
Précision au passage : je n’ai pas fait partie des acquéreurs de la première heure du iPad. Quand je m’en suis procuré un, WriteRoom n’était toujours pas disponible, erreur funeste à mon avis, même remplacé par PlainText.
De plus, en 2011, j’ai découvert le balisage Markdown qui a (si, si…!) révolutionné ma propre pratique.
Depuis, j’ai acquis un bon nombre de traitements de texte plus ou moins performants (cités dans urbanbike) avant de me limiter aux rares produits qui me conviennent au quotidien, des applications fiables, régulièrement mises à jour.
Le point en ce printemps 2017…!
J’écris n’importe où. Je n’ai pas de lieu spécifique où me recueillir (!!), pas de pièce dédiée… Je nomadise ci et là…

J’écris sous ma couette, dans la cuisine, en marchant dans la rue, en forêt, dans le train, le RER. Ou encore, dans notre voiture en stationnement quand j’attends ma fille à la sortie de son université (ou ma moitié quand elle me demande de la récupérer à l’une des gares proches de la maison). Et même sur ma table de travail !
À une période, je n’hésitais pas à partir avec le iPad pro et le Pencil, écrire sur Nebo.
Sauf que cela me demandait un poil d’organisation, comme de ne pas oublier le stylet (un grand classique !), de me glisser sur les sièges arrière de mon chalutier urbain pour ne pas être géné par le volant, etc.
Peu à peu, j’ai opté pour cet iPhone grand écran qui, lui, ne me quitte jamais. Du coup, le iPad reste à la maison.
Certes, pas d’écriture manuscrite avec un stylet (…j’y ai renoncé sur cet écran) sur cet iPhone 7 plus et un unique clavier en définitive, celui d’iOS.

Mode portrait…
Bien qu’inconditionnel des décennies durant du mode paysage, j’ai basculé avec l’iPhone en mode portrait et saisis désormais avec mes pouces.

Les cases prédictives sont assurément une composante clé de ce basculement mais ce serait omettre la simplicité du balisage markdown et l’impact des barres additionnelles qui me permettent d’avoir, à portée de mes maladoigts, des actions répétitives et indispensables.
Du coup, un seul objectif quand je saisis sur cet iPhone : me soucier de la qualité du contenu et non de sa mise en forme !
Quels outils ?
Certes, nos anciens n’employaient que du papier, une plume et l’encre. Mais doit-on pour autant suivre impérativement leur exemple ?
Je n’ai pas de religion établie ! Pas mal de mes lointaines relations postulent à nouveau pour le retour au carnet (et pas n’importe quel carnet), au stylo (idem…!).
Étant assez distrait, je risque d’oublier l’un des ingrédients du bon écrivain, la cartouche d’encre (…quand ce n’est pas le stylo qui fuit, souvenirs d’écolier), me tromper de carnet, voire oublier les deux. Ou simplement ne pas arriver à me relire… Merci à Nebo et Stylus d’y arriver mieux que moi sur l’iPad.
Aussi ne partir qu’avec un seul écran doté d’une bonne autonomie me convient.
Une photo à faire, une note à écrire, un tweet, un message voire un courriel ? L’iPhone me sert à tout cela.
— Mais tu t’égares ! Quels outils ?
J’viens…
À partir du moment où l’on considère que l’iPhone remplace le stylo et l’encre, que l’on écrit pas sur un support identique pour rédiger une lettre, un journal intime ou se lancer dans un roman, il en est de même numériquement !
Si de nombreux développeurs proposent des outils universels, je ne suis pas le seul à refuser de tout regrouper dans un unique dispositif ! Quelques explications :
- Déjà la correspondance s’effectue de plus en plus via Mails, Messages ou même Twitter, voire Instagram.
- La rédaction d’un journal intime est facilité par l’usage d’une application comme Day One journal + mémoire en enregistrant de plus de ma note la température, la localisation et même le nombre de pas parcourus. Et que dire de la possibilité d’agrémenter chaque entrée de photos prises avec ce même iPhone ?
- un billet prend facilement naissance dans un outil comme Drafts (ce billet est intégralement écrit avec cette application)
- mes notes de courses (!!) s’affichent au format taskpaper avec Editorial (je ne le cantonne pas qu’à cela…!)
- enfin, le suivi de tous mes projets goncourables (sic…!) s’effectue dans Ulysses… Plusieurs dossiers avec, pour chacun, un ensemble de feuillets articulés dans l’ordre que je souhaite, immédiatement réajustable !
Au départ, un simple brouillon sur iPhone
En vertu de la clause Molière, je devrais employer le vocable note. Sauf que draft me semble mieux correspondre à cette notion de brouillon…!
Bref, dans mon processus d’écriture, mon premier jet est toujours rédigé dans… Drafts. C’est le traitement de texte le plus pratique que j’ai trouvé pour répondre à mes besoins avec cette épatante possibilité d’ajouter des actions ou scripts dans la barre additionnelle qui coulisse horizontalement sur l’écran…

Enfin, je me permets d’insister sur la notion de versioning et d’archivage qui est propre à Drafts. Conserver en mémoire les différentes étapes de la rédaction d’un texte est loin d’être un détail ! Et puis pas inutile non plus d’accéder à une vue du texte
Synchro et 4G
Écrire sur son iPhone n’est pas se couper du monde…
Qui dit téléphone dit accès permanent au réseau téléphonique et, fréquemment, à internet. Et ces brèves périodes de connexion au net assurent la synchronisation des fichiers.
Sans oublier la possibilité d’expédier un contenu par courriel ou le déverser sous un nom de fichier horodaté dans leCloud.

Bref, quelques pistes pour expliquer pourquoi un simple téléphone peut se muer en un véritable outil pour produire du contenu.
Pas convaincu ?
Un dernier argument à l’attention de ceux qui haussent les épaules à l’issue de ce billet, pensent que c’est de la pure foutaise !
Souvenez-vous de cette époque pas si lointaine où il semblait invraisemblable d’employer un iPhone pour faire de véritables photos. Ou tourner un film. Depuis, les mentalités ont changé et les exemples se multiplient.
Il est clair que ce sont les mêmes résistances, sidérations qui sont à l’œuvre.
Or, qu’est ce qui différencie un iPad ou un Mac et doté d’un identique traitement de texte markdown de cet écran un peu plus petit qu’est celui d’un iPhone 7 plus ?
Le choix des apps reste essentiel
Je reconnais que le choix des applications participe dans une large mesure au succès de cet usage.
Aux applications citées et employées, j’ajoute d’autres excellents produits sous iOS comme Byword, iA Writer et Bear, des applications efficaces que j’utilise plus pour le moment.
Enfin, il y a assurément d’autres produits qui peuvent faire l’affaire mais je n’évoque que ceux que je connais pour les avoir essayés dans la durée.
Enfin, dernier point, toutes ces applications supportent TextExpander 3 + custom keyboard qui reste à mes yeux, dans sa version sans abonnement, un outil complémentaire indispensable.
Voilà, ce pensum s’achève ici. Vous savez désormais pourquoi mon iPhone s’est peu à peu imposé naturellement comme machine à écrire…!
C’est tout pour aujourd’hui…
Même si je suis un utilisateur régulier de Drafts 4 comme de Ulysses, cela m’agaçait de ne pas essayer la version 1.1 de Bear. Et, passer ou pas à côté d’une version majeure et de chouettes fonctions.
Attention, je ne vais pas explorer de fond en comble cette application, l’idée étant surtout de vérifier si elle serait un bon candidat pour mes usages. Pour cela, j’ai opté pour un abonnement d’un mois…
Rappel, l’application est gratuite sous iOS et sous macOS, la version Pro payante permet pas mal de choses dont la synchro des fichiers…
D’emblée, première bonne surprise, la balise italique pour le Markdown (ne pas oublier en ce cas d’activer en mode Markdown compatibilité dans les préférences) n’utilise plus le _ mais bien une astérisque, ce qui correspond à mes pratiques.
D’autres points intéressants vont de la gestion des #Tags au sein même des notes en passant par le choix de la typo, sa taille, les espacements très fins de l’interlignage, etc. Et, côté coloration syntaxique, l’accès en mode Pro à tous les styles dont quelques nouveaux si je ne me trompe.
Abonnement ou service minimal
Mais ai-je envie de payer au mois ou à l’année pour accéder à ces styles, à une synchronisation et à des options d’export ?
Certes, ce qui me retient, c’est la coloration syntaxique. Juste un point, si vous cessez l’abonnement, vous conservez la dernière option de Style sélectionnée. Mais bon, mon fidèle Ulysses me propose un paquet de styles (dont ceux que j’ai mis au point…!)
L’autre point intéressant est l’export en .DOCX mais pas une exception car également proposé par iA Writer comme Ulysses. Qui eux importent également ce format. Idem pour TaskPaper que j’utilise régulièrement avec Editorial.
Bref, rien de renversant si je regarde du côté de mes outils habituels, c’est pourquoi je reste prudent dans mes appréciations.
En copies d’écran sous iPhone

- Version Pro, histoire de tester et écriture de nombreuses notes…

- Une barre additionnelle horizontale (totalement visible que sur un iPad Pro). L’accès aux options d’export via un panneau latéral…

- Seul le mode Pro offre toutes les options d’export…

- La gestion des tags est assez pratique mais il est indispensable de plonger dans les préférences pour y dénicher…

- Les différents styles et donc la coloration syntaxique…
- Notez dans la copie d’écran de droite l’export direct depuis la page affichée…

- C’est trompeur car cette voie n’exporte que le texte nu débarrassé de toutes les balises… Il faut impérativement passer par les options d’export propres à Bear pour les retrouver… On suit…?

- Et donc finir l’export de contenu vers un autre traitement de texte avec ces mêmes balises Markdown…
Ce que j’apprécie :
* La synchro efficace entre iOS et macOS (mais Drafts me propose cela avec iCloud)
* Les marges généreuses de part et d’autre de l’écran
* la coloration syntaxique
* Les nombreux thèmes bien foutus à la Syml
* interface particulièrement élégante et séduisante
* les exports en formats multiples
* Dans une certaine mesure, la vue des photos insérées. Ou encore le support de langages divers de programmation.
Ce que je n’aime pas :
* impossible d’organiser ma barre additionnelle (les fonctions que j’emploie sont trop espacées…)
* Pas de versioning (ce qui me semble un point clé pour ma part, lire ce billet)
* la totale absence de bibliothèque d’actions comme avec Drafts 4 ou Editorial
* Pas d’actions possibles depuis le clavier (et donc d’ajouter un appel automatique de note de bas de page, fonction dont j’use et abuse).
* Pas de prévisualisation du rendu (hormis le fait de passer par l’export d’un PDF)
* la notion même d’abonnement pour finir même si je relativise de plus en plus…
Bref, si j’ai apprécié nombre de subtilités dont le soin porté au design (…on parle bien d’une application développée par des italiens, c’est pas rien…!), Bear doit encore s’étoffer — à mes yeux — pour arriver au niveau de mes outils habituels.
Même si je suis sensible à ces points astucieux, j’ai annulé mon abonnement d’un mois avant même la fin de la semaine gratuite de test. Mais j’ai pas mal hésité car cette formule offre d’autres perspectives dont celle d’éviter d’acquérir un produit qui, après deux jours, s’avère peu confortable (cela m’est arrivé et les critiques de ces produits — qui se sont rattrapés depuis — sont toujours dans les billets d’urbanbike).
Aussi, si vous ne disposez d’aucun traitement de texte Markdown sous iOS, Bear est assurément une intéressante option pour écrire et travailler d’autant qu’il dispose d’une version macOS pour le même coût (l’abonnement Pro couvre iOS et macOS, ce qui est à noter…).
Par contre, si vous avez déjà l’usage de Ulysses ou partagez un dossier DropBox ou iCloud avec Bywordet ou iA Writer (et bien d’autres apps), ces derniers restent en compétition.
Pour mémoire… sous macOS, c’est quasi identique…

- Bon, souci, impossible de gérer la largeur de la colonne comme le propose d’autres applications Markdown sous macOS, pas de prévisualisation comme le propose iA Writer, etc.
Bref, laissons Bear prendre peu à peu des muscles.
Note de fin : vous pouvez souscrire un abonnement d’un mois avec une semaine gratuite et résilier avant la fin de cette semaine… Une manière intelligente de découvrir cette application. Du coup, votre abonnement d’un mois ne sera pas facturé et vous aurez eu toute latitude pour vous faire votre opinion…
Mais à surveiller, à suivre car les développeurs de Bear ne restent pas les bras croisés…!
Promis, on devrait en parler à nouveau dans quelques mois…
- Bear sous iOS - iPhone et iPad, CQFD
- Bear sous macOS