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Travailler sans les autres ?

Danièle Linhart

dans bosser partout | lire

Difficile, impossible même, de résumer en quelques lignes cet excellent livre de la sociologue Danièle Linhart. Changer le rapport au travail, moderniser, pourquoi pas, mais à quel prix…? Ce que je retire comme impression, c'est que peu-à-peu, sous prétexte de pure rentabilité, on gomme un point essentiel dans l'action de travailler, le plaisir. Ou, plus simplement l'envie de travailler. Pour le travailleur indépendant qui s'active chez lui, la charge de travail, les coups d'accélération pour terminer les missions en temps et en heure n'ont pas encore entamé cela. Mais je bosse de manière autonome avec des process et des outils que je fais évoluer en fonction des problèmes que je rencontre. Enfin je bosse chez moi, dans un cadre qui j'ai choisi et que je continue à construire. Bref, mes conditions de travail sans les autres sont, pour le moment, encore différentes.

Ce livre a été une excellente occasion de me replonger dans des univers que j'ai rencontrés dans une vie antérieure, une époque où je bossais comme intérimaire dans des entreprises qui m'employaient pour des durées déterminées. Et par extension, dans des réalités que je n'ai pas toujours croisées mais avec lesquelles je me sens en phase, tant par mon expérience personnelle que par des échanges avec des anciens ou des gens de rencontre, par mes lectures. Je suis pourtant rentré à reculons dans ce texte avant d'y retrouver des points de convergence. Ceux qui éclairent en partie les faits que nous retrouvons dans les informations télévisuelles.

En vrac…
Où est l'esprit de groupe, l'esprit d'équipe — ambiance quasi familiale — qui soudait alors les individus…? Qui prend désormais le temps d'expliquer au petit nouveau la tache qu'il va endosser, de mettre cette tâche en perspective avec les autres…? Où se cachent les synergies qui permettaient de travailler d'abord pour le reste de l'équipe…? Permettre aux acteurs suivants de la chaîne de bénéficier de la meilleure qualité des opérations faites en amont…? Quid des quelques minutes en fin de journée à discuter ensemble sur un point précis à améliorer en prenant un verre avant de rentrer chez soi…? Ou est l'esprit de corps, d'entraide…? Ou est passé le sentiment d'avoir été utile au client, à l'usager…? Ou se planque la fierté de travailler pour une boîte, de se sentir "corporate", fier d'appartenir à une équipe performante et soudée…? Pire, qui prend le temps d'écouter les plaintes des corps, les améliorations possibles sur les chaînes ou dans les process de production…?

Il y a tant à dire — et l'auteur de couvrir le privé comme le public dans cette enquête fort intéressante — sur le terrain qui prend en compte une foule de témoignages dans des univers différents. Pour finir par montrer le côté quasi schizophrène des demandes faites aux employés.
La modernisation se déploie dans un contexte d'intensification du travail où on demande toujours davantage aux salariés sans leur donner nécessairement plus. On leur demande d'aller plus vite mais aussi de travailler mieux, c'est-à-dire d'assurer des contrôles de la qualité, d'être polyvalent et polyfonctionnel. Mais on ne met pas toujours en œuvre les moyens adéquats, ni les effectifs suffisants. On ne leur donne pas la possibilité de négocier leurs missions, et on les consulte rarement sur l'organisation de leur travail. On ne leur donne pas non plus la reconnaissance qu'ils pourraient attendre sur le plan matériel, professionnel et symbolique. Leur adhésion, pourtant est considérée comme indispensable.

Sans oublier la peur…
La peur est omniprésente, elle est ressentie sur un mode individuel, tel un étrange Janus à deux têtes. Peur “de ne plus avoir de travail et en même temps d'avoir trop de travail" comme l'explique un chef d'équipe. Les deux étant liés par le fait que, avec des tâches parfois démesurées, on risque de ne pas pouvoir bien les faire et de perdre son emploi.

Bref un livre implacable à lire sur les causes profondes du malaise au travail, ce travail sans pitié qui demande de plus en plus de sacrifices dans son emploi comme dans sa propre vie privée.
Précarisation de la vie au travail (même si l'emploi est dit stable), avec la peur de ne pas parvenir à relever tous les défis, avec un sentiment permanente de vulnérabilité ; précarisation de la vie privée et familiale qui est enrôlée dans ce combat jamais gagné ; précarisation citoyenne, car chacun peut être contraint, pour faire ses preuves au travail, à ses propres yeux comme à celle de sa direction, de piétiner ses propres valeurs morales.

La lecture de ce livre passionnant ne changera malheureusement pas grand-chose — car ce ne sont pas les principaux acteurs qui le liront — sauf à réduire un peu cette méconnaissance collective exprimée par Pierre Bourdieu.

Travailler sans les autres ?
Danièle Linhart
Collection "Non conforme"
Seuil
9782020983792 | 16 €





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Note(s) de lecteur(s)…

Jean-Christophe, le boss de Clicit, ajoute…
Thème passionnant, apparemment très bien traité. Le livre semble être dans un très petit format, et peut-être un peu difficile à lire lorsque la vue commence à fléchir…

En tout cas, je note pour ma part que le divorce entre l’esprit corporate et l’individu est une vraie difficulté, et que nombre de cadres moyens que je rencontre (ingénieurs, commerciaux), quittent le système pour retrouver du sens. Je suis persuadé qu’au bout du compte, les marques qui s’imposeront auront su développer cet esprit qui permet de faire que le talent collectif est plus grand que la somme des talents individuels. Je remarque enfin que la notion d’entreprise « à taille humaine », ces milliers de PME constellant le paysage économique, cultivent naturellement cet esprit de corps, surtout en période de crise.

Non, le texte est assez gros (pour mes yeux fatigués, ça marche sans souci)… Ce qui me permet de rebondit sur ce point, ajouter un critère de facilité de lecture optique dans urbanbike, loin d'être idiot…
Un peu de mal à rentrer au départ dans ce livre mais, une fois l'intro passée, on se fait peur en pensant à nos propres mômes qui vont débarquer dans ce système qui risque de les broyer assez efficacement.

le 08/06/2009 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Le guide de l’auto-entrepreneur

Gilles Daïd et Pascal Nguyên

dans bosser partout | lire

Indispensable pour tous ceux qui envisagent une installation à leur compte prochainement, ce livre est un mode d'emploi complet du nouveau statut d'auto-entrepreunariat…!

Au-delà de la redondance que contient le terme d'auto-entrepreneur pour designer cette nouvelle génération d'entrepreneurs (entrepreneur en solo aurait été, à mon humble avis, plus adapté), il est très intéressant de découvrir dans le détail cette étonnante disposition qui a été introduite en France cette année. Certes, d'aucuns s'opposent à ce statut en expliquant que c'est une manière de faire baisser les chiffres du chômage, etc. Ce que je retiens, c'est qu'il est devenu facile dans ce pays de monter une petite activité individuelle et, rien que pour cette fantastique simplification, c'est un énorme coup de pouce qui est donné à tous ceux qui ont envie d'entreprendre sans se prendre la tête avec un suivi comptable compliqué.

Jamais il n'a été aussi facile de demarrer une activité sans crouler sous une paperasse étouffante et des procédures tatillonnes, jamais l'administration fiscale n'a autant simplifié la création d'entreprises individuelles. Pour moi qui ai créé la mienne il y a 25 ans, j'envie les futurs entrepreneurs individuels, un tel statut a l'époque aurait été plus agréable à mettre en œuvre que ceux que j'ai été contraint d'adopter tour-à-tour…! Seul point à se vérifier avant de se lancer, vérifier si vous avez le droit d'exercer néanmoins une activité dans le logement que vous occuper. Ce point est indépendant de ce nouveau statut.

Ce livre très agréable à lire, direct, fait le tour des simplifications qui ont été mises en place par le gouvernement et liste les options ouvertes. Si vous êtes chômeur, retraité mais aussi salarié, étudiant — c'est ouvert à bien plus de monde que je ne le pensais — rien ne vous interdit de monter votre petit business en toute légalité et de démarrer, pour voir, votre activité sur une idée que vous avez en tête. En cas d'échec, le retour à la case départ se ferra sans casse. En cas de réussite, il vous restera à transformer l'essai en faisant évoluer votre statut social, CQFD.

Ce petit bouquin répond à toutes les questions que l'on peut légitimement se poser, notamment sur certains cumuls d'activité, comment se lancer — et là, grosse surprise, c'est ultra simple sur le papier, rien à voir avec les montages laborieux qu'ils nous a fallu réaliser alors, les cautions et garanties bancaires indispensables qu'il nous fallait trouver.

Le livre rappelle également quelles sont les responsabilités de l'auto-entrepreneur : même si ce statut est simple à mettre en œuvre, il ne dispense pas l'utilisateur d'être en accord avec l'administration fiscale sur des points bien précis…! Quid du régime social, quid des obligations comptables, faut-il rédiger des factures, etc. Enfin, il explique comment mettre fin à son activité ou même la vendre. Ou pourquoi transformer celle-ci en société si succès — dépassement du plafond du CA (maximum, 32 000 euros pour les prestations de service et 80 000 euros pour une activité d'achat/revente) — et surtout embauche(s).

Les auteurs abordent tous les pièges, les idées reçues et expliquent les notions de base, le point sur la rémunération, les charges sociales et expliquent ce qui reste comme véritable salaire. Sans oublier la question clé de la TVA, ici non récupérable puisque non appliquée, etc. À noter que les dernières pages du livre se présentent comme un sommaire ultra détaillé et pratique qui reformule sous la forme de questions toutes les réponses exprimées dans le livre… La table des matières est d'ailleurs téléchargeable sur le site de l'éditeur au format .pdf mais je regrette que la liste des questions clés, depuis la page 184 à la page 190, n'ait pas été ajoutée car beaucoup plus explicite.



Le guide de l'auto-entrepreneur
Gilles Daïd et Pascal Nguyên
Eyrolles | Éditions d'Organisation
9782212543551 | 14 € pour 192 pages



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le 13/05/2009 à 10:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Tweetie pour Mac et iPhone

Royal | N'intéressera que les possesseurs d'un compte Twitter

dans bosser partout

Comme certains lecteurs ont pu le découvrir sur les infos Twitter qui accompagnent urbanbike — un mini fil pour évoquer des informations diverses et variées sans pour autant rédiger des billets trop imposants, c'est le moins que l'on puisse dire… 140 caractères, url comprise…! — je cherchais un produit pour rédiger aisément ces micro-posts mais à partir de plusieurs comptes. Eh oui, Twitter offre nombre d'usages possibles en définitive dont le partage d'infos sur un dossier en cours entre plusieurs professionnels qui le traitent, ce sera l'objet d'un autre billet — lire ce billet de RedacBox.

Après avoir testé Seesmic Destop (avec AIR) qui est également multi-comptes, Canary (très sympa pour un seul compte), Nambu, Syrinx, Ada et quelques autres — se reporter à la liste complète des produits disponibles via ce wiki, j'ai jeté mon dévolu sur Tweetie qui est payant ($14,95 en ce moment, prix de lancement, soit 11,28 euros avec le taux de change de mercredi). Pas rationnel…?

Pour ma part, je refuse d'avoir une application qui m'affiche de la pub (Tweetie le fera si vous l'utilisez gratuitement), qui est au stade du gentil prototype pas trop stable, qui n'est pas multi-comptes, pas fluide, plante au delà de deux comptes, affiche un environnement qui se cherche. Bref, du bon développement, cela se paye.

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Les plus…
Tout d'abord, Tweetie tourne sur Mac — et même sur mon vieux Bi-Pro G5 d'il y a 6 ans — mais uniquement sous OSX 10.5.x.

Ensuite, question finition et ergonomie, je n'ai pas trouvé plus beau et évident à utiliser. Mieux, le copier/coller d'URL le transforme en URL court via le site de compression de votre choix, l'interface est propre et on se repère assez vite dans toutes les options proposées. Enfin, ce binz est multi-comptes, incroyablement fluide et offre des préférences poussées que je n'ai pas exploité en totalité. Enfin, contrairement à pas mal d'autres produits, les mots mal orthographiés pont soulignés et je peux les corriger a minima avec ProLexis (celles qui restent son de mon fait…).

Facile de retrouver toutes les personnes qui ont réagi…

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Celles à qui on a expédié un message…

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Facile de chercher les fils qui parlent d'un sujet donné (ici Yauba, le nouveau moteur de recherche confidentiel)

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Afficher l'identité des twitters…

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Et de basculer sur leurs billets…

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Des préférences évidentes, je ne montre pas celle des comptes qui n'est que la possibilité d'ajouter de nouveaux comptes.

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Défaults…?
Ah, pas de lien avec FaceBook et donc pas la possibilité de venir ajouter de décisives contributions au grand œuvre…! Non, c'est une applie qui ne fait que cela et qui le fait bien. Du coup, je le laisse ouvert en regard de Mail sur un écran additionnel même s'il est possible de le réduire à une simple icône dans le Doc.

Tweetie sur iPhone
Du coup, j'ai également acquis la version iPhone sur iTunes, histoire de…

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Également multi-comptes, elle propose pas mal de réglages inédits et parfois expérimentaux (côté application, l'ajout d'une recherche en fonction de votre localisation en plus de la recherche classique) via dont un clavier paysage, des thèmes différents et des tailles de caractères plus importants si besoin est. 2,39 € pour cette iApp.

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Le clavier paysage, loin d'être inutile…!

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Sinon, cela se présente comme son grand frère sur Mac hormis la barre d'outils en bas et non latéralement.

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Rafraîchir se fait en cliquant sur le picto explicite…

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Un double clic dans un message l'affiche en plus grand et donne accès au bouton d'information.

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Les options de recherche sont disponible via cette liste, Nearby se base sur l'indication géographique entrée dans Twitter.

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Néanmoins, si vous cherchez une application pour un seul compte, gratuite et bien développée, vous pouvez opter pour TwitterFon qui est remarquable.

En résumé…
Mon sentiment (…et qui n'engage que ma personne) est que c'est là le meilleur couple de produits pour Twitter que j'ai testé — certes, sur une période courte (humour…!) — avec une ergonomie simplissime et esthétique. Ici, pas de blèmes (rencontrés sur d'autres produits) et une excellente fluidité.

Note : Joakim — un fou de vélos — était le premier à me l'avoir conseillé — via Twitter, qu'il en soit remercié…!

NB: Merci à Dominique de m'avoir fait remarquer que j'ai oublié de parler de ceci. Tweetie ajoute dans la barre des menus ceci qui permet deux choses… D'afficher ou non Tweetie. Et, selon la couleur de savoir s'il y a — ou non ! — un nouveau message…

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Bleu : message ; noir : rien de nouveau…

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le 07/05/2009 à 07:29 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #