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La boîte à outils du graphiste débutant

Tony Seddon et Jane Waterhouse

dans lire | outils | usages

Ce livre n'a pas été écrit à destination des graphistes professionnels, qu'on se le dise ! Comme son titre l'indique, son objectif est d'aider tous ceux qui, un jour, ont envie de se coltiner avec la réalisation de leurs propres cartes de visite, leur propre identité graphique. Bref, mettre les mains dans la typo et les couleurs.

Ce livre évoque les outils traditionnels mais également les principaux outils informatiques. Au lieu de lâcher le graphiste débutant sans aucune information, le laisser patauger et passer à coté de notions essentielles, les deux auteurs ont souhaité déminer le terrain et montrer que devenir graphiste — même quelques heures, cela nécessite un minimum de savoir, quelques compétences de base.

Et maîtriser quelques règles de bons sens. Bref, très astucieux de sensibiliser le graphiste d'occasion en le formant aux points clés du métier et de lui faire toucher du doigt l'étendue des savoirs à acquérir qui ne sont pas dans ce livre, est-il utile de l'ajouter…?

Le résultat est intéressant : pas un livre prise de tête mais un panorama astucieux et sans prétention des bonnes pratiques à maitriser, des notions indispensables avec une série de conseils comme comment éviter de se couper un doigt avec un cutter !

La vingtaine de projets proposés à réaliser soi-même sont simples et aisément reproductibles, allant d'un basique mémo interne à des étiquettes de baguage, des jaquettes de CD, des plans jusqu'à des lettres d'information, etc.

Harmonies de couleurs, typographie, gestion des espaces, usage d'illustrations vectorielles ou photographies, réflexions de bon sens sur la lisibilité, nombre de notions élémentaires sont abordées, histoire de guider et d'éviter de finir par une bouse graphique en fin de parcours…!

Cet ouvrage formera, certes, le graphiste débutant mais il ne serait pas inutile qu'il atterrisse également (voeux pieu;!) sur la table de chevet de certains clients habitués à flinguer sans fournir la moindre explication, histoire qu'ils découvrent — en mode ultra simplifié — que le moindre projet requiert un minimum de compétences qu'ils n'ont pas souvent…!



La boîte à outils du graphiste débutant
Avec 20 projets créatifs à réaliser pas à pas
Tony Seddon et Jane Waterhouse
Dunod
9782100541126 | 24,90 €



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le 04/08/2010 à 21:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Reality show | Roman

Larry Beinhart

dans groummphh | lire | mémoire

J'avais particulièrement apprécié un autre livre de Larry Beinhart, Le bibliothécaire (chroniqué sur urbanbike), roman fouillé sur les luttes souterraines des campagnes électorales américaines.

Ici, le propos est plus facile à saisir par le lecteur car les faits se sont déroulés il y a exactement vingt ans et ont été relayés internationalement. Ce roman policier — de pure fiction comme il se doit, magistralement écrit par Larry Beinhart — raconte en filigrane comment le président des USA de l'époque aurait essayé d'assoir sa réélection sur une guerre. Mais ce que ce roman explique, c'est que cette guerre a été conçue comme un grand film d'action hollywoodien, inventée, scénarisée avec l'aide active de des Irakiens. On peut bien entendu sourire et lire ce livre comme une très jolie fable, bien ficelée et suivre l'action comme dans tout bon polar du genre.

Mais il est tout aussi intéressant de constater un grand nombre d'invraisemblances au cours et en conclusion de cette guerre qui fut, rappelons-le, suivie d'une autre une grosse décennie plus tard. Ces étonnantes zones d'ombre voire d'incohérences troublantes, l'auteur les énumère (il y en 39 pour être précis). Et se souvenir de précédents historiques comme les prémisses de l'anschluss en 1938.

C'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce roman, que l'on adhère ou non au récit, on se pose rapidement la question de la faisabilité, du pourquoi pas. Pour ma part, je me souviens très bien de cette période d'août 1990 (l'invasion du Koweït à démarrée le 2) et, surtout, des infos qui étaient relayées par la radio sur les exactions attribuées de suite aux Irakiens. Ensuite, fort de cette tension et des horreurs colportées, des trois phases qui se sont enchainées jusqu'au printemps 1991.

Je me souviens surtout des images largement fournies aux médias, des frappes dites chirurgicales, des journalistes interrogés en direct par les télévisions sur les zones de combat avec, en arrière-plan, un incroyable déluge pyrotechnique. Bref, je me souviens de cette guerre lointaine un peu comme d'un bref jeu vidéo mais avec pas mal de vrais morts côté irakiens. Corollaire étonnant, la non réélection de ce président en 1992 malgré cette guerre gagnée.

Alors fiction ou éléments réels entre-mêlés, l'histoire est superbement déroulée par Larry Beinhart… À vous ensuite de vous faire votre opinion… Il faut juste se souvenir qu'un film — des hommes d'influence — a été tiré de cet excellent roman…



Reality show
Larry Beinhart
Traduction de Francis Kerline
Folio policier
9782070303892 | 9,20 €




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le 03/08/2010 à 23:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

L’image et le droit | Créer, protéger, reproduire, diffuser

Manuela Dournes

dans groummphh | lire | mémoire | photo | usages

Nouvel opus dans la collection a'sfored (Centre de formation du Syndicat national de l'édition), L'image et le droit mérite que tout photographe, webmaster, graphiste jette un oeil — voire les deux ! — dans cette somme d'informations pratique sur les utilisations de l'image.

D'ailleurs l'actualité nous propose des tas d'exemples régulièrement dont la toute dernière publicité des poulets de loué (lire ce billet du dijonscope).

Je signale ce livre alors que je n'ai fait que le parcourir en diagonal pour y trouver quelques informations qui m'intéressent (voir en fin de billet). Ce n'est pas un livre qui se lit, c'est un bouquin de référence qui doit être en bonne place dans votre bibliothèque professionnelle pour le consulter dès que vous avez un doute sur l'usage que vous faites de certaines sources iconographiques.

Plus intéressant encore, quid des autorisations et des cessions de droit, comment protéger des images, quels sont les modèles de contrat, etc. Bref, comment, en tant qu'illustrateur ou photographe se protéger.

Pour ma part, je le recommande et vais continuer ces prochaines semaines à le labourer…!! Mais comme il vient tout juste de paraître et que les vacances d'été sont un moment propice pour faire le point sur son job et sur les procédures, n'hésitez-pas à aller le feuilleter en librairie. Ou à le commander en ligne, histoire de ne pas bronzer idiot…!



L'image et le droit
Créer, protéger, reproduire, diffuser
Manuela Dournes
Collection a'sfored
Eyrolles
9782212125757 | 19 € pour 222 pages




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Sur la même thème Profession Photographe indépendant, quelques infos dans le Guide pratique du graphiste freelance et le livre Photo d'architecture

Photographies interdites
Pour prolonger ce billet, je suis souvent surpris de découvrir qu'il est interdit de photographier dans des lieux de culture. Je me réfère à cet excellent billet de 2005 que j'ai découvert par le biais de cet autre article dans la Repubblica.it via louvrepourtous.fr…

Ces interdictions de photographier tous azimuts m'agacent prodigieusement alors que n'importe quel téléphone (avec ou sans antenne performante…!) est doté de cette fonction de captation numérique… Et, sur le fond, est-il légal d'empêcher le quidam de photographier des œuvres appartenant au patrimoine public…? La réponse devrait être non. Pour mémoire, ce sont nos impôts qui payent acquisitions et conservations, bâtiments et personnels…! Le droit d'entrée dans ces Musées est presque abusif…!

Aussi, soyons encore plus spécieux, allons nous interdire également de prendre des croquis sur un calepin…? L'apprentissage des Beaux-Arts passe pourtant par ce travail de la main et ce n'est pas le travail d'Auguste Choisy qui me contredira… Aujourd'hui, il est plus rapide de prendre des notes photographiques. Sauf que.

Heureusement, il n'est pas interdit de photographier au Louvre…
Le règlement de visite autorise la prise de photographies sans l'usage des flashes, dans les salles des collections permanentes, sous certaines conditions :
"Dans les salles des collections permanentes, les œuvres peuvent être photographiées ou filmées pour l’usage privé de l’opérateur.
L’usage des flashes, et autres dispositifs d’éclairage est prohibé.
Dans les salles d'expositions temporaires, il est interdit de photographier et de filmer.
Il est également interdit de filmer et de photographier les installations et les équipements techniques."


Fin mai, je suis allée voir l'exposition Turner et ses peintres au Grand Palais et j'aurais bien aimé croquer numériquement deux ou trois détails. Impossible en vertu du règlement, la seule solution étant de s'offrir à 39 € le catalogue de l'expo.

Pas trop envie de le faire car seules deux toiles m'intéressaient dont le navire dans une tempête de neige. Du coup, comme je n'ai pas eu le droit de photographier en RAW avec mon Canon G11 et sans flash ce tableau, me voilà à la chercher sur Google.

Gag… Quelques exemples pour mieux comprendre…
Laquelle de ces nombreuses représentations est la plus proche du tableau réel…!?

20100612_turner_01.png
20100612_turner_02.png
20100612_turner_05.png

La dernière me semble plus proche de ce que j'ai conservé en mémoire et si j'en crois cette affiche…

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Bref ces photographies interdites, on les trouvent hébergées ci et là avec des informations chromatiques souvent à l'ouest. Reste alors à revenir sur rmn.fr et, plus intéressant, sur photo.rmn.fr. Sauf que c'est à nouveau payant.

Du coup, je reviens au livre L'image et le droit en vous proposant de lire les pages 201 à 203 dédiées aux images du patrimoine. Dont les dernières lignes…
Il convient de rappeler une règle déjà abordée précédemment. l'article L. 111-3 du Code de la propriété intellectuelle distingue la propriété intellectuelle (le droit d'auteur qui porte sur une oeuvre de l'esprit) de la propriété de l'objet matériel. Le propriétaire de cet objet ou du support de l'oeuvre n'est investi d'aucun des droits reconnus aux auteurs.
Cependant, la photographie d'une oeuvre, protégée ou tombée dans le domaine public, peut, si elle est originale, donner prise au droit d'auteur. Il est donc légitime, dans ce cas, que l'auteur de la photographie ou son représentant, photothèque par exemple, exerce les droits qui en découlent, à savoir contrôle de l'exploitation à travers une autorisation de reproduction ou de représentation et paiement de droits d'auteur, forfaitaires en l'occurrence.
En revanche, si la photographie de l'oeuvre n'est pas originale, ce qui peut être le cas de certaines photographies de tableaux ou autres documents à plat, des droits de reproduction ne sauraient être exigés. Force est de constater que dans la pratique cette distinction n'est pas opérée. Il en résulte une confusion entre redevances versées par les usagers aux photothèques des musées, bibliothèques, monuments, etc., et les droits de reproduction qui concernent exclusivement l'exercice du droit d'auteur.
Enfin, alors que les héritiers sont privés, 70 ans après le décès de l'auteur, de toute revendication patrimoniale sur les oeuvres de ce dernier, l'État pourrait continuer à les exploiter pour lui-même dans un but lucratif et à perpétuité. L'État bénéficie de fait d'un droit exclusif sur la reproduction des oeuvres du patrimoine artistique et architectural français tombées dans le domaine public. En droit, on appelle cela le « domaine public payant».

Bref, rien n'est simple, tout se complique…!

Pour prolonger encore, d'anciens billets dans urbanbike :
Faut-il revisiter le droit de l’image…? ; Droit et Photographie ; Droit d’auteur et numérisation…

le 30/07/2010 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #