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O’Hanlon au Congo

Redmond O'Hanlon

dans ancres | écouter | lire

Dimanche matin, j'écoutais une émission sur mon poste de radio (interception sur France Inter, émission à écouter dans la semaine en poscast) sur le sort des enfants considérés comme sorciers au Congo et rejetés par leurs parents… En gros, un malheur s'abat dans la famille et c'est la faute est généralement imputée à l'un des niards.
Le voilà baptisé sorcier avec la complicité de certaines églises locales qui se fient au fait qu'il ait (ou pas…) tremblé à un moment clé de la séance de désenvoûtement qui suit…
Et hop, à la rue. Comme Esther…

J'ai immédiatement pensé au très bon blog de Cédric Kalonji qui est dans mes fils RSS… La vie quotidienne au Congo.

Et, de fil en aiguille au livre malheureusement épuisé de Redmond O'Hanlon au Congo. Dans ce récit de voyage, on rit bien moins (…et parfois pas du tout) que dans Au coeur de Bornéo ou dans Help!…

Et pour cause.
Corruption, commissions, paperasse, tout est bon pour soutirer de l'argent et bloquer l'expédition vers le lac Télé… Mais réduire ce livre à ces tracas administratifs serait ridicule, c'est aussi une autre lecture du monde africain, vu par les yeux de Redmond O'Hanlon…
Un monde où les fétiches, les clans, les liens familiaux sont très importants… Je vous laisse découvrir. On n'en sort pas indemne et la trame de l'histoire reste un long moment à l'esprit. Si vous avez lu les mémoires de porc-épic d'Alain Mabanckou, vous comprendrez peut être mieux une partie de l'ambiance de ce très long récit…

Cela n'empêche pas des moments plus légers…!
Nous partîmes, comme je le croyais, pour nous baigner. Je me déshabillai, sautai à l'extrémité d'un arbre mort dans l'eau noire et profonde et me suis mis à nager dans l'eau fraîche… « Reviens ! » entendis-je à travers le gargouillis de l'eau dans mes oreilles. « Reviens ! »
C'était le cri le plus aigu que Marcellin pût produire, un appel angoissé. « Redmond ! Des crocodiles ! » De bout sur son arbre, il agitait les deux bras. « C'est le plus gros crocodile que j'aie jamais vu ! Il vit dans l'angle ! Crocodile ! Crocodile ! »
Je pris conscience de mes génitoires blanches, sans protection, qui pendait comme un appât à poissons. L'écorce de l'arbre était distante de vingt longs mètres, noirs et opaques.
« Tu n'appendras jamais rien ? dit Marcellin, trop en colère pour jurer, alors que je me hissais sur la berge, sain et sauf mais agité de tremblements. Tu n'apprendras donc jamais rien ? On ne sa baigne pas. On se lave. Quand on dit se baigner, ça veut simplement dire se laver. Et quand l'eau est noire et profonde, on se lave à un pas de la rive. Pas plus »


O'Hanlon au Congo
Redmond O'Hanlon
Flammarion
9782080672865 | 22,87 €



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le 17/03/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

De la chambre noire au numérique

Eddie Ephraums

dans lire | photo

Un livre chroniqué une première fois en octobre 2005 et plus que jamais d’actualité. En résumé, l’art de la transition pour tous les photographes qui peinent à passer de l’argentique au numérique. Rappel :

En contre-point à de très bons livres techniques sur la photo noir et blanc numérique que j’ai lu et commenté ici ces derniers mois, voici celui d’Eddie Ephraums, De la chambre noire au numérique. Ici, pas de recettes de cuisine, pas de trucs, mais une réflexion sensible d’un grand photographe et tireur noir et blanc sur son cheminement personnel vers le numérique.
J’ai presque envie de résumer son bouquin par un simple “Do it”…

Voici un ouvrage sur la transition nécessaire de l’argentique vers le numérique. Une suite de réflexions et de questionnements sur le pourquoi changer, les résultats, ce que cela change véritablement pour un photographe. Bref, comment basculer - à son rythme - vers ces nouveaux outils.
Et Eddie de nous parler, avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, de son activité de photographe et surtout de tireur de photos d’avant le numérique.
Ainsi cette réflexion…

Le temps. Il me fallait pratiquement une journée entière pour tirer, en traditionnel, un 40 x 50 cm, qualité photo d’exposition, avec virage, qui me satisfasse. Cette vie confinée dans une pièce avait quelque chose d’ironique pour un photographe dont le paysage a été longtemps le thème de prédilection. Je préfère l’appareil photo à la chambre noire, pour saisir ces précieuses tranches de temps.

Bref, remarquable ouvrage, à déguster tranquillement tout en admirant les photos qui parsèment les chapitres, l’ensemble ayant été mis en page par l’auteur.
D’ailleurs, difficile de différencier les tirages numériques des tirages argentiques et donc scannés, quel appareil utilisé, etc. Seule la beauté des cadrages, la densité des ombres et des virages est donnée à voir.
Pas de recettes, juste des réflexions, des pistes à aborder en fin d’ouvrage ou quelques choix personnels (pourquoi le RAW)…
C’est bien suffisant car l’auteur s’adresse d’abord à notre sensibilité, interroge les pour et les contre… Explique comment il est passé au numérique.

Dans la chambre noire classique, on disait toujours que la merveilleuse, lumineuse, qualité d’un tirage humide n’était qu’un vœu irréaliste. Avec le numérique ce vœu est exaucé. Que faire d’autre, à part des photos ?

Certains n’aimeront pas ses conclusions, notamment ceux qui aiment passer du temps dans leur chambre noir à respirer des effluves chimiques.
Et l’auteur de conclure :

Le noir & blanc vit toujours…

Or c’est bien l’essentiel de ce cheminement.
Remarquable.

De la chambre noire au numérique
Eddie Ephraums
La Compagnie du Livre
9782912679550 | 24 €

 

Vous pouvez également consulter le site de l’auteur.

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le 13/03/2008 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Pour mémoire | Salon du livre de Paris…

du 14 au 19 mars à la Porte de Versailles…

dans lire | voir

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le 13/03/2008 à 07:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #