Urbanbike

Index |
ou détaillée | Fil RSS | ATOM

Déployer mes ailes

Nathalie Bellity

dans dans mon bocal | groummphh | lire

Mon unique billet du week-end — a priori… Écrit à chaud.
Avec ma main en rade que je traîne à côté de mon clavier, je ne pouvais qu'être très (très…!) sensibilisé au livre de Nathalie Bellity que j'ai reçu samedi matin par la poste. Tous les deux, on tape sur les touches que d'une main (enfin, je triche, j'arrive à utiliser deux doigts de ma main gauche…!). Sauf que dans mon cas, mon handicap ne sera que de courte durée, les broches me seront retirées du doigt le 11 avril. Nathalie non.

Nathalie n'est pas née handicapée.
Suite à une anesthésie foireuse (…mélange de Valium et de Fentanyl injecté à un mauvais endroit) lors d'une fibroscopie à l'âge de 17 ans, paf, gangrène.

Elle décrit simplement ce qui lui est arrivé, l'absence de compassion de la personne qui s'est plantée au départ, le déni de sa souffrance par le corps médical avant que l'on réalise, trop tard, que non, elle n'était pas hystérique.
Et que, oui, il faut l'amputer.
Deux doigts. Puis la main entière.

Elle raconte ensuite sa rééducation (apprendre à écrire avec la main gauche), le procès, ses études, son année aux USA pour échapper au regard de ses amis, s'échapper également. Mais aussi ses emplois, sa prothèse de camionneur remboursée en PVC, sa prothèse non remboursée en silicone (sans oublier le prothésiste qui triple le prix, sympa…). Le regard des autres, la recherche d'emploi, la manière de la congédier quand l'employeur se rend compte de son "handicap" qu'elle avait pris soin de dissimuler…
Personne ne remarque ma prothèse, que je dissimule toujours à moitié sous ma manche. D'ailleurs, je n'ai pas signalé ma situation à mon employeur. Au bout de mes trois mois d'essai, la directrice des ressources humaines me convoque pour me dire : « Je regrette, nous n'allons pas pouvoir vous garder. Vos performances sont bonnes, mais votre aspect n'est pas conforme à l'image de notre entreprise… »

C'est gag, non…?

Si vous avez déjà rencontré des personnes handicapées, si vous avez des amis ou des proches qui le sont, un minimum de sensibilité et/ou de compassion, ce livre ne va pas vous apprendre grande chose sur la connerie ambiante, l'hypocrisie autour du handicap. Et le peu qui est fait par les entreprises comme par les politiques.

Par contre,, si vous n'avez aucune idée de comment on passe de "en super forme" à "capitaine crochet", c'est à lire, histoire de s'informer…! Même que c'est léger, drôle, ironique, jamais lacrymal ou méchant (et dieu sait le nombre de paire de baffes que l'on a envie de coller à certaines personnes rencontrées en la lisant…).
Le handicap, c'est vraiment la double peine : si on le montre, on subit un rejet ; si on le cache, on se fait virer ! Si l'on se fait licencier parce que l'on a commis une faute, on ne peut que s'en prendre à soi-même. Mais là, c'est invraisemblable !

Bon, elle évoque aussi son engagement politique dans sa ville, sa rencontre avec son mari, ses deux enfants (et les problèmes qui en découlent pour les élever… Laver d'une main un truc tout souple et glissant dans une baignoire, pas simple — j'en profite pour faire à nouveau la promotion de tetarologue.net…!), le monde tel qu'il est pour les handicapés et ses pièges (dont celui de l'escalator).

Je proposais lors de ma chronique du livre de Louis-Pierre Grosbois, Handicap et construction que les étudiants en architecture passent 24 heures en fauteuil roulant.

J'ai plus simple. Je le teste pour vous en ce moment…

Nouveau jeu.
Une attelle et une bande Velpeau pour solidariser trois de vos doigts et rigidifier toute votre main, doigts compris. On ne triche pas, on essaye de vivre son quotidien pendant 48 heures sans la retirer…! S'habiller, enfiler un manteau, passer aux toilettes, se doucher (sans se mouiller la main), lire, téléphoner, écrire, couper sa viande (Nathalie explique ses stratégies pour cela et pourquoi elle commandait du poisson alors qu'elle n'aime pas cela…). Et dormir avec.

image

Rien de coupé, rien de cassé, juste vous faire comprendre par vous-même sur 48 heures ce que vivent au minimum des gens accidentés. Je serais même partisan que les étudiants en médecine, les futurs chirurgiens fassent ce test (…cela éviterait à certains une attitude méprisante vis à vis de la personne qui arrive avec sa main en vrac — du vécu).
Bref vivre comme Nathalie depuis l'age de 17 ans, moi quelques jours. Et plus de 6 millions de français handicapés quotidiennement, une paille quoi…!

Sinon, je comprends sa réticence du télétravail pour le travailleur handicapé (lire les pages 221 à 224) même si je persiste à croire que, parfois, c'est mieux que de passer son temps à passer d'un point à un autre (de chez soi au lieu de travail), épreuve pas toujours simple tant les obstacles sont nombreux.

Ouuups, j'ai oublié de raconter ce truc assez fou qui montre à quel point les handicaps n'ont aucun poids…
Nathlie rappelle d'autres faits comme le coup de la semaine pour l'emploi des handicapés qui tombe en même temps que le grève des agents de la SNCF en novembre 2007. Mais il y a foot au Stade de France…
Et la SNCF lève temporairement sa grève pour permettre aux fans de foot d'aller voir le match France-Maroc du 16 novembre. Par contre aucune navette pour le forum de l'emploi des personnes handicapées qui se tient dans la même période…
Comme un bug…!

Bref, au delà d'un témoignage personnel, un mode d'emploi pour les personnes handicapées (de tous bords…!) et une série de réflexions — du logement à la création de sa propre entreprise sur ce qui pourrait aussi être amélioré au quotidien sans que cela coûte cher…
Avec l'éditeur, nous décidons que mon livre sera également publié en braille. Les non-voyants pourront donc le lire aussi. Mais dans quels signes faudrait-il le traduire pour que les les acteurs politiques français le lisent également ?

À lire vous dis-je…



Déployer mes ailes
Nathalie Bellity
First
9782754007276 | 17,90 €



image

Les cactus ne sont pas innocents… Nathalie tient un blog, nathalie-bellity.com, engagé à tous niveaux et cela ne lui vaut pas que des amis même dans sa propre famille politique (bravo Messieurs…)…

J'ai relu à ce sujet un billet de Bakchich.info qui en dit long sur la non langue de bois de cette dame… Forcément, ça dérange. Femme, jolie, intelligente et handicapée, c'est manifestement trop…! Même à Gauche…!

le 22/03/2008 à 16:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

500 grilles et feuilles de style pour l’imprimé et le Web

Graham Davis

dans lire | outils | usages | voir

Livré avec un CD-Rom, ce livre de Graham Davis propose des gabarits prêts à l'emploi pour InDesign, QuarkXpress et Dreamweaver. Un journal à créer, des flyers à inventer, un menu de restaurant à tomber dans l'urgence, un catalogue à designer, hop, piochez dans ces 500 modèles. Bien évidement, vous pourrez coordonner le site Web à la Newsletter fraîchement inspirée, jouer autant des formats styles que des CSS…

Alors, est-ce la fin de toute création…? Pas du tout même si nombre de modèles seront certainement ultra pratiques pour les graphistes en mal d'inspiration ou, tout simplement, de temps… La meilleure approche serait ici de démarrer d'un de ces gabarits (libres de droits, CQFD) puis de se l'approprier tant chromatiquement que typographiquement…

Au risque de jouer les rabats-joie, aucun des modèles présentés ne correspond à des projets que j'ai eu à réaliser ces dernières années, ce qui me conforte tristement dans l'idée que les demandes clients sont souvent bien plus exigeantes que ces projets "idéaux". En même temps, ce n'est pas une bonne réponse, certains projets ont été complexifiés inutilement par les demandeurs au détriment de la lisibilité d'ensemble.

L'auteur, ancien directeur artistique de Time-Life International, professeur au London College of Printing, le sait parfaitement. Son but est de remettre un peu de rigueur dans les mises en pages de certaines maquettes hasardeuses et de redonner du poids aux gabarits travaillés, tant au niveau des styles que des valeurs des colonnes, des illustrations et des blancs, d'épurer.

Bref, un livre intéressant destiné à tous les graphistes qui souhaitent travailler sur des gabarits rigoureux mais ce sera avant tout un catalogue de solutions qu'il leur faudra souvent réinventer, adapter, le monde réel étant par trop souvent bien éloigné de ces propositions idylliques et limpides…! Enfin, seule une moitié de ces modèles pour le papier sera réellement exploitable… À moins de travailler en US letter.

500 grilles et feuilles de style pour l'imprimé et le Web
Avec des modèles pour InDesign, QuarkXpress et Dreamweaver
Graham Davis
Eyrolles
9782212122671 | 25 €



image

le 20/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Complément technique 1 | Mars-avril 2008

La nouvelle revue papier des éditions du Moniteur

dans architecture | lire | potager

Le premier numéro de Complément technique vient de sortir avec un programme intéressant pour les professionnels du bâtiment comme de l'aménagement. Cette nouvelle publication offre toutes sortes d'informations variées et porte bien son nom de Complément technique même si, pour ma part, j'aurais ajouté un "s" pour titrer Compléments techniques…

Au programme de ce numéro, l'essentiel des principes de l'énergie solaire photovoltaïque pour mieux en comprendre l'intérêt désormais en France…

Ou encore une analyse des plantes aujourd'hui utilisées en aménagement extérieur, entre invasions végétales et biodiversité… Un dossier préparé par Simone Frasquet, architecte dplg.

Ce dossier est très intéressant car il est complété d'une liste importante de ces plantes invasives et la situation est bien loin d'être sous contrôle… En effet, pas mal de plantes exotiques se sont bien acclimatées et au détriment de nos propres variétés. Elles viennent d'Australie, d'Amérique du Nord, de Chine, d'Asie et d'Afrique mais aussi de l'Himalaya ou du Caucase. Ce sont celles qui colonisent la région méditerranéenne qui posent le plus de problèmes. Ainsi l'Ambroisie qui provoque déjà pas mal d'allergies, le Faux vernis du Japon (en fait, chinois), des Mimosas, etc. Mais aussi le figuier de Barbarie.

Ces plantes invasives ont des caractéristiques propres qui leur permettent de se déployer à toute vitesse… En résumé, et sans rentrer dans le détail de leurs stratégies invididuelles, une très forte production de graines alliée à une facilité de reproduction déconcertante, la légèreté des graines emportées facilement par le vent, une précocité plus importante que nos espèces habituelles, une croissance expresse aérienne mais aussi à partir des rhizomes (…et donc colorisation sous-terraine du sol), des qualités gustatives ou nutritives de leurs fruits qui les font apprécier des animaux (et je ne vous fais pas de dessein pour l'essaimage après coup…!). Ou encore la production de substances toxiques pour les autres plantes…! Sympa, non…?

Bref, une stratégie de conquête très efficace alliée à des facilités de transport (les graines comme les fragments de rhizome qui repartent aussitôt en présence d'eau mais aussi leur implantation près des voies de communication qui leur permettent ensuite d'être transporté par nous ou nos propres véhicules…!), l'absence de prédateurs, d'insectes ou mammifères susceptibles de provoquer des maladies limitant la leur population.

Et, bien évidemment, le réchauffement climatique qui les aide naturellement dans ce déploiement. Bref, une véritable course à l'espace vital, quoi que l'on en pense… Ce dossier sera complété dans le prochain numéro mais c'est déjà passionnant.

Pour s'abonner, toutes les informations sont disponibles sur le site des éditions du Moniteur…

image

Rien à voir (quoi que…!), ce billet de Frédéric Langlois, architecte sur les rémunérations de sa profession : 70 heures par semaine, des résponsabilités sur des années pour si peu à l'arrivée…?!

le 18/03/2008 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #