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Une blonde chez les machos

L’itinéraire passionnant de Carly Fiorina

dans lire

Préalable : Je reçois régulièrement les ouvrages dont j'ai réalisé la couverture. Bien souvent, cela ne m'intéresse franchement pas même si le sujet doit être épatant pour les professionnels de la finance ou du management…

Mais le bouquin de Carly Fiorina m'a remis en mémoire la saga de son éviction de chez HP après la fusion réussie avec Compacq et les résultats positifs qui s'en suivirent alors que c'était son action durant cinq ans qui les avait générés… Bref, le conseil de cette boîte s'est conduit d'une manière assez incroyable et c'est véritablement passionnant de lire son témoignage sur ces événements encore frais. D'autant que le 24 Mai 2006, The Wall Street Journal titrait  Carly aurait-elle eu raison ? Il n'est jamais trop tard pour s'en rendre compte…

Mais ce qui reste le plus intéressant dans son livre, c'est cette leçon de vie d'une femme dans le monde des affaires… Si vous êtes une jeune femme en train de faire des études qui vont vous mener vers l'entreprise, la lecture de ces 372 pages est quasi indispensable pour comprendre face à quoi vous risquez de vous retrouver un jour ou l'autre… ! Surtout si vous êtes jolie et cultivée… Quand aux étudiants de sexe masculin, ce sera l'occasion de découvrir une liberté de ton comme l’acuité de l'analyse de l'auteur sur les comportements hiérarchiques.

Bref, j'ai été happé par cette écriture directe où cette femme brillante raconte simplement son enfance, ses peurs, ses parents, sa trajectoire depuis son premier job de réceptionniste jusqu'à HP en passant par AT&T et Lucent, qui a été au contact de nombreux services et des clients finaux. Comment une jeune femme bosseuse, diplômée de Stanford en histoire et philosophie médiévale, lisant le grec et le latin, pianiste de bon niveau, parlant français et italien, est rentrée chez le géant des télécoms, a repris ensuite des études (MIT) puis a été repérée pour devenir le DG de d'une des vingt plus grosses entreprises US.
Trajectoire pratiquement impossible en France.

Hallucinant de vérifier à nouveau comment l'entreprise demande toujours plus aux femmes qu'aux hommes (…ce n'est pas une découverte mais que cela se perpétue est sidérant), comment le fait d'être blonde et féminine peut aux yeux de certains dirigeants s'avérer quasi suspect…!

Alors pourquoi je vous engage à lire ce livre…?
C'est qu'il est aussi passionnant que le polar que je vous avais proposé en Février, Paranoïa… Sauf qu'ici, ce n'est pas un roman et que l'on accède aux explications de la partie qui n' pas eu même le temps de se défendre (éviction en trois minutes sans explications), que cela se passe à l'intérieur de l'une des plus grosses sociétés d'informatique et de téléphonie, que la réalité dépasse la fiction…!
Intéressant également de voir qui sont les réels freins au changement dans une boîte et pour quelles raisons… Le cas d'HP et l'action de son conseil d'actionnaires historiques est un superbe exemple que de nombreux employés de cette entreprise comme des étudiants peuvent méditer (…un autre son de cloche n'est jamais inutile pour se forger sa propre opinion). C'est d'ailleurs un angle de lecture différent de la seule histoire personnelle de Carly Fiorina.
NB : si Steve Jobs a besoin de quelqu'un demain…

J'ai pris des décisions difficiles
L'ex-PDG de Hewlett-Packard raconte
Carly Fiorina
Eyrolles
9782212537659 | 29,90 € | 372 pages

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A lire ailleurs
12/04/07 : L'analyse de ToTheEnd sur CUK avec graphiques financiers à l'appui.




Septembre 2015 : Ce qui précède, c'est ce que j'écrivais alors après avoir lu le livre et, surtout, composé la couverture. Comme l'éditeur me demandait ce que je pensais du livre, je trouvais que l'histoire était bien troussée même si toujours à l'avantage de l'héroïne qui, manifestement à la lire, avait été en butte à toute l'entreprise. Bref, qui n'avait pas grand chose à se reprocher (Sic !).

Néanmoins, je me souvenais de la fonte des effectifs de HP après le rachat de Compaq. Et la suite catastrophique. Bref, comme une impression de jolie histoire où l'héroïne n'avait fait aucune erreur et que tout était de la faute des autres. C'était quand même ça qui me surprenait mais, venant des USA, pourquoi pas.

Un doute.

Et puis me voilà face à la même personne qui brigue la présidence des Etats-Unis avec, parfois, une impression étrange. Et surtout, une question : est-ce bien la même personne !? Et depuis quelques mois, je suis d'un œil cette campagne avec une vision une peu différente car ce que je lis de ses propos ne sont pas en accord avec le fil blanc du livre autant que je m'en souviens. Bon, le côté excessif de ce candidat au prénom de personnage de Disney m'agace.

Et puis, il y a eu quelques attaques étonnantes de part et d'autre et des réponses sèches qui m'éclairent un peu mieux. En réfléchissant au bouquin, pas l'ombre d'un remords, d'un échec, juste la victime d'un complot mashiste. Sauf que la réalité est peut être autre que cette jolie histoire racontée à la première personne.

le 27/03/2007 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Virage stratégique des librairies Borders

Publishing Live

dans joël | lire | usages

[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]


Borders, la deuxième chaîne de librairies aux USA, cherche à faire face aux mauvais résultats - 73 millions de pertes pour les trois premiers mois de l’année -, des librairies vieillissantes et des concurrents comme Amazon ou les grandes surfaces friandes de BestSellers : Costco Wholesale Book, Wal Mart et Target. Et bien sûr, son concurrent hors de portée : le puissant Barnes and Noble toujours géré par ses libraires fondateurs.

Borders, dont nous avions fait une présentation ici - BordersMedia, 1ère weblibrairie communautaire - et qui déclare détenir encore 13 % de parts de marchés après plusieurs années de perte de terrain, revoit donc sa stratégie en cédant des actifs, fait des paris sur internet, sa carte Membre et sur les livres autopubliés de ses clients. Le CEO de Borders, George Jones, a été nommé récemment.

For sale
Alors que sa plus grande librairie s’ouvre à Kuala Lumpur, elle vient de mettre en vente ses 24 magasins en Australie malgré 25 % d’augmentation des ventes sur l’année. L’enseigne s’y était installée en 1998. Borders réfléchit à la franchise comme c’est déjà la cas pour ses projets d’ouverture dans les Emirats ou en Malaisie. La première chaîne de librairie australienne Angus & Robertson est aussi interessée.

In 2001, WHSmith PLC, a large UK based retailer, purchased Angus &Robertson and proceeded to make a significant investment in its continued development and growth. In May 2004, A&R and sister company Whitcoulls in New Zealand were acquired from WHSmith by the Australian Investment company Pacific Equity Partners.
Now, 120 years after its founding, Angus & Robertson is proudly Australian owned and Australia’s largest bookseller. There are company owned and franchised bookstores situated in every state and mainland territory of Australia; with more than 170 bookstores Angus & Robertson is more than twice the size of its nearest competitor. The Angus & Robertson name has a proud and long heritage in bookselling and Australian literature, and is one of the most recognised retail brands in the country.

La vente de ses 41 librairies anglaises est à l’étude et le groupe prévoit de réduire aux Etats-Unis le nombre de librairies WaldenBooks dont il est propriétaire : de 564 à 300 d’ici deux ans.

E-commerce and digital products
Après BordersMedia, l’innovante plateforme libraire multimédia en partenariat avec Gather.com, un nouveau site web sera lançé en 2008. Borders souhaite donc investir pour la première fois dans son propre site de ventes en ligne, mettant ainsi fin à sa stratégie de partenariat avec Amazon.

To make its U.S. stores more attractive, Borders is working on a prototype of a new superstore design that will include a digital center. The centers will enable customers to purchase a variety of digital products, including music and audiobooks, and provide such services as personal publishing. The first of the new concept stores will open next year.

Mr. Jones, who once served as president of world-wide licensing and studio stores at Time Warner Inc.‘s Warner Bros., says he has met with the heads of various Hollywood talent agencies in hopes of striking publishing deals. As a result of those talks, Borders will publish on June 1 “Slip and Fall,” a debut thriller by Nick Santora, a seasoned TV writer whose credits include episodes of “The Sopranos,” “Law and Order” and “Prison Break.” “There are a lot of great writers writing for motion pictures and TV,” Mr. Jones says. “Why not take the concepts offered in good scripts and make them into a novel?” Borders will not make any of its proprietary hardcovers available to other retailers.
Voir l’article complet du Wall Street Journal.

La carte Membre.
À l’image des nouveaux avantages de la carte de Membre de Barnes and Noble décrits dans ce billet La page à 40%, Borders travaille sur une nouvelle formule pour ses 19 millions de membres.

Les livres des clients. Aussi bizarre que cela puisse paraître, favoriser l’auto-publication répond à une demande des clients. Lorsque je travaillais chez Barnes and Noble, les demandes étaient régulières. L’enseigne avait une politique peu favorable à ces démarches spontanées et nous indiquions à ces personnes les coordonnées de… la maison d’édition de la librairie elle-même. Car environ 1/5 d’une librairie Barnes and Noble est consacrée à des livres bon marché publiés par Barnes and Noble.
À voir.

The company’s plan to reinvigorate same-store sales by pushing harder into self-publishing—a recent trend that allows customers to come in and publish their own books on-site for sale in the local store—seems speculative at best. Borders tends to try to capitalize on timing of current events for its self-publishing projects, such as music books tied to the Grammy Awards. Such books have a short shelf life and can be hit or miss. Barnes & Noble, on the other hand, sticks to stable projects like knitting and flowers when it comes to accepting self-published works from customers. The result is a predictable business with 70% profit margins. Voir l’article complet de Forbes.

À propos de Barnes and Noble.
Paradoxe, dans le même temps, Forbes commente la fermeture du centre de distribution dédié au site internet. Fermeture accélérée par des résultats mitigés et des perspectives tendues.

Barnes & Noble’s decision to shut down the warehouse it uses exclusively for its Internet business is a telling sign that the company has effectively given up hope of matching Amazon’s book-selling volume over the Internet. Amazon doesn’t officially disclose the percentage of its $10.7 billion in annual sales that it derives from books. But industry followers estimate the number at 50%, or over $5 billion. That’s about 10 times Barnes & Noble’s online book sales, which stood at $459 million a year ago, according to the company’s 2005 annual report. Forbes.

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le 24/03/2007 à 20:20 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Sites web au banc d’essai

Dans LivresHebdo…

dans lire | usages

Les grands esprits se rencontrent…!
Vincy Thomas (qui nous lit régulièrement et que nous saluons…) consacre 5 pages très intéressantes à huit sites d’éditeurs dans le dernier numéro de LivresHebdo (n° 682, pages 118 à 124)…
Joël nous avait livré ici-même son banc d’essai des sites professionnels le 16 mars mais aussi bien aux USA qu’en France, en citant des sites d’éditeurs comme des libraires en ligne.
Dans ces deux dossiers, incontestablement, le site d’Arthaud a été remarqué…!

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À lire également, en quoi l’usage du courriel a changé la vie des éditeurs — pour ceux qui l’ignoreraient encore, un article de Daniel Garcia, page 114. Effectivement, plus que le téléphone, le courriel a changé radicalement depuis la fin du XX° siècle (déjà…!) les liens entre éditeurs et auteurs mais aussi avec les graphistes, les compositeurs et l’équipe de fabrication. D’autant que les fichiers .pdf optimisés des couvertures servent de BAT et sont souvent expédiés aux auteurs par la même voie…

Mais si vous ne deviez lire qu’une page, savourez le texte de Pierre Christin page 61 qui s’intitule Contre la doc.doc… Et cela me remet en mémoire les caisses de documents de Jean-Claude Bartoll dans sa cave — à l’époque — de la rue de Passy…!

le 24/03/2007 à 05:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #