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Photographie, accentuation et retouches

Un ouvrage de fond de Bruce Fraser et deux bouquins pratiques

dans lire | photo

Bon, la mauvaise nouvelle est la disparition récente de l'auteur, Bruce Fraser le 16 décembre. On aimait — ou pas — le style logorrhitmique de Fraser, ses photos kitchissimes mais force est de reconnaître qu'il a labouré magistralement la photo numérique en long et en large, faisant preuve d'une curiosité et d'une analyse sans bornes et que les développeurs d'Adobe en particulier lui doivent nombre de remarques qui ont contribué à améliorer leurs produits. Et par capillarité, nous avons profité de ses réflexions et interrogations multiples…

Le précédent livre que j'avais lu de Fraser était celui sur Camera RAW (la seconde édition).
Ce nouveau et dernier livre — avec quelques photos de lui et son père pour les tests, ce qui rend cet ouvrage encore plus émouvant — porte sur une étape essentielle en photo numérique, l'accentuation des images… C'est Volker qui m'a initié aux subtilités de la netteté optimisée (Smart Sharpen…) sous Photoshop. Du coup, je n'ai pas été surpris de retrouver Volker dans la partie technique de la traduction de ce livre…! Juste un bémol, Fraser n'aime pas le filtre netteté optimisée, moi si…!

Alors, sachez que ces 278 pages portent exclusivement sur ce point précis… Comment travailler au mieux ses images, leur faire rendre le maximum d'informations, utiliser l'historique, choisir ou non des masques de fusion, jouer du flou intérieur. Bref, découvrir toutes les possibilités offertes par les outils d'accentuation propres à Photoshop. Fraser donne ici les clés de ses expérimentations et propose même, dans le dernier chapitre (6), une méthodologie pour les scans de films 35 mm ou grand format, négatifs comme diapositives…

Il est vrai que, quelque soit la destination de nos images, nous avons tendance à accentuer trop violemment celles-ci en usant de méthodes basiques et donc peu subtiles qui génèrent souvent un effet papier de verre.
Fraser démontre que l'accentuation en une seule étape n'offre aucune souplesse, est bien trop prononcée ; que celle en plusieurs étapes est nettement plus intéressante, de facto plus exigeante, mais nécessite une part de créativité de la part de l'opérateur comme une réflexion par rapport à un ensemble de contraintes souvent contradictoires…! Il faut, en effet prendre en compte la source même de l'image (scan d'argentique, brut de numérique), le procédé d'impression qui sera utilisé (Offset, impression photographique, etc.) et, bien évidemment, le contenu même de l'image…!!

Bref, c'est un livre à lire une première fois sans se précipiter sur son écran et lancer Photoshop…! Puis une seconde fois en ayant en tête la philosophie sur l’accentuation développée par Fraser, savoir ajuster a minima le rayon des filtres en fonction de la taille en méga-pixels de son image, etc.

Ce livre intéressera les photographes professionnels comme les intervenants de la chaîne d'acquisition des images. Même si tout ce qui est expliqué n'est pas toujours applicable pour des questions de temps ou, plus brutalement, de modèle économique, il n'en reste pas moins que le lecteur en tirera des leçons qu'il appliquera parfois dans ses travaux…

Netteté et accentuation avec Photoshop CS2
Bruce Fraser
Eyrolles
9782212120509 | 36 €

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Dans un autre registre, deux petits bouquins traduits de l'allemand dans la collection pratique Photoshop… Pratiques car petit format, mise en page simplissime (une photo d'écran en quadri qui occupe les deux tiers de la page, texte en dessous) et explications réduites au minimum… Du coup, cela se glisse dans un sac et à nous l'auto-formation pendant le voyage en RER ou la retraite aux WC…!
Celui dédié aux perspectives présente un rappel des principes avant de passer en pratique à Photoshop. Le second, dédié aux retouches de portraits passe en revue tous les outils pour corriger la peau, les dents, les yeux et les cheveux. Avec le dernier chapitre sur la chirurgie numérique, on comprend mieux pourquoi nous ne rencontrerons jamais les sublimes beautés qui peuplent les magasines…! Ça n'existe pas comme l'écrivait Desnos (Robert pour les intimes…)

Retouche de perspectives
Pour la photo d'architecture et de paysage
Doc Baumann
Eyrolles
9782212120189 | 12,90 €

Retouche de portraits
Christoph Künne
Eyrolles
9782212120202 | 12,90 €

Note : rien à voir mais la version 3.3.2 de FontAgent Pro est disponible… Pas de souci, je l'ai installée et elle fonctionne bien en français sous OSX…

le 28/12/2006 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Largeur de colonne et lecture sur le web

Quelques notes en vrac…

dans lire | usages

Préalable. Le billet ci-dessous de Joël m’est arrivé avant que je termine celui-ci que j’avais démarré de mon côté et c’est une heureuse coïncidence… Je le publie donc en complément du sien.

Je ne sais pas ce que vous pensez de tout cela mais c’est assez judicieux… En fait, les sites semblent avoir été pensés souvent pour asseoir l’image des entreprises qu’ils servent, la mettre en scène, la théâtraliser plus qu’informer…

Au fil des années et avec la multiplication des blogs, le texte a pris la plus grande part… Certes, nous avons des écrans superbes, larges pour afficher des images mais l’œil ne suit pas dès qu’il s’agit de texte. Essayez de lire des paragraphes de blocs supérieurs à 700, 750 pixels… Une fois sur deux vous sautez une ligne et c’est fatiguant.

Certains sites qui viennent de l’imprimé l’ont compris.
Prenons l’exemple du site du journal Le Figaro… Au dessus de chaque article (celui-ci par exemple…), vous trouvez une icône qui va vous proposer de basculer le billet affiché sur une colonne vers une présentation sur trois colonnes… Testez pour voir ce qui vous convient le mieux.

À la création d’urbanbike, j’ai opté intuitivement pour une colonne principale avec une largeur de 450 pixels… 450 pixels à 72 dpi (*), c’est l’équivalent d’une colonne de 15,9 cm papier à 300 dpi. C’est peu et c’est beaucoup. Sauf que…!!

Sauf que nous vivons avec un mythe tenace, celui que la résolution de nos écrans serait tous de 72 dpi… Là, je me réfère à Bruce Fraser et à son dernier ouvrage — Netteté et accentuation avec Photoshop CS2.
Non, nos écrans ne sont pas calibrés à 72 dpi et cela influe aussi notre ressenti des pages Web…
En effet, je perçois ma colonne de 450 pixels comme bien moins large que les 15,9 cm calculés sur une base de 72 dpi…

Et pour cause…!!
J’utilise deux écrans, un vieux 17 pouces (1024 par 768 pixels) et un 21 pouces plus récent (1680 par 1050 pixels), les deux de marque Apple.
Le premier affiche sont contenu sur 30,7 cm de large (soit 12,09 pouces si je divise ces 30,7 cm par 2,54). Je divise les 1024 pixels affichés en largeur et j’obtiens une résolution de 84,7 dpi… Capito…?
Ma fameuse colonne de 450 pixels est en fait perçue sur une justification de 13,4 cm…!
Si je fais les mêmes calculs pour mon écran principal — 43,4 cm de large, soit 17,09 pouces ; que je divise les 1680 pixels en largeur par 17,09, j’obtiens une résolution de 98,3 dpi… — ma colonne de texte n’est plus perçue que comme un bloc texte de 11,6 cm…
Un rapide passage sur le vieux Titanium de mon fils (après calcul, 91 dpi), cette colonne s’affiche sur 12,56 cm de large…

Du coup, le fait que la valeur de cette colonne soit perçue “à la louche” autour d’une justification de 13 cm explique mieux pourquoi je me sens à l’aise en lecture… Comme l’écrit Joël, la fréquentation quotidienne du livre blog n’est pas étrangère à ce choix intuitif…
Pensez-y en projetant votre prochain site…

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Néanmoins, ne refermons pas ce billet en expliquant qu’un écran étroit serait, dès lors, la panacée…!! C’est exactement ce que cherchent à nous faire croire tous les vendeurs de readers ! Le format des livres est multiple comme les sites internet et c’est aussi à nous d’inventer des mises en pages combinant éventuellement plusieurs flux… À la manière de certains beaux livres à l’italienne qui mêlent images et colonnes de texte. Une exploration approfondie des CSS devrait nous permettre de réaliser cela.

••• edit | décembre 2024 | Et urbanbike maintient cette largeur depuis deux décennies…

le 26/12/2006 à 11:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Insolite

Freakonomics

dans lire

  • En quoi le Ku Klux Klan ressemble-t-il à un groupe d’agents immobiliers ?
  • Pourquoi la plupart des dealers de drogue vivent-ils chez leur mère ?
  • Qu’est-ce que des parents parfaits ?

Autant de questions qu’on ne s’attend guère à trouver dans un livre signé d’un auteur récemment désigné “meilleur économiste américain de moins de quarante ans”.

La démarche de Steven Levitt est en fait passionnante : à travers une série de questions apparemment naïves ou incongrues, il montre en quoi des concepts économiques de base peuvent servir, au delà de leur sphère d’utilisation habituelle, à mieux expliquer le monde qui nous entoure. Des notions comme l’asymétrie d’information ou la divergence d’intérêts entre les acteurs économiques trouvent ainsi des applications inattendues, aboutissant à des résultats souvent surprenants.

Il ne faut pas attendre de ce livre des recettes miracles. Mais il constituera une lecture aussi distrayante qu’intellectuellement stimulante pour tous ceux que passionne la remise en cause des idées reçues et des vérités toutes faites, que ce soit dans le domaine des affaires ou celui des questions de société en général.

Freakonomics
Steven Levitt, avec Stephen Dubner, Editions HarperCollins, 242 pages.

le 24/12/2006 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #