Annonces tonitruantes et prises de position agressives, voilà ce qui caractérise Aldo. Sa rhétorique (…faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais) me lasse. Le personnage est touchant, diablement intelligent, doué (surdoué même) mais paumé.
À lire entre les lignes des écrits qui me passent sous les yeux, je me surprend à garder de la tendresse. En cause — ce que j’analyse avec ma psychologie de comptoir (sic !) — une enfance dans un milieu inculte qui n’a pas décelé ses capacités.
Il est vrai que naître dans un univers de crétins n’aide pas.
Le problème est que tout milieu n’est jamais noir ou blanc. Gris très souvent, gris sale, crad même. Mais pas noir.
Des gamins qui se sont développés dans des ambiances glauques, j’en connais un paquet jusque dans ma propre famille (re sic !) et ils ne sont pas automatiquement méprisants vis à vis de leur entourage. Leur problème reste de «tuer le père» (le leur, exclusivement…!), pas de tuer tous ceux qui pouvaient leur faire de l’ombre !
Certains ont réussi.
D’autres non. Et avec ceux-là, effectivement, c’est devenu très difficile de dialoguer. Voire plus jamais.
L’Aldo auquel je pense ce matin se trompe de cible et devrait s’interroger sur ce qui motive sa compétition acharnée avec le monde entier. Et non ouvrir mille pages qui resteront désespérément blanches.
Bref rencontrer paisiblement tous ces affreux qui lui rappellent son paternel pour découvrir que, non, ils n’ont pas grand chose à voir avec ce dernier. Accepter le monde comme les immondes qu’il décèle en nous dès lors qu’il se pense en danger, cesser de nous reprocher quasiment d’êtres nés avant lui !
Il est touchant cet Aldo de Tarascon. Il faudrait juste qu’il cesse de perdre des lettres.
La dernière que j’ai connue (il y a des Aldo de tous sexes) n’a jamais su renouer les fils[1] du dialogue, trop occupée à tresser sa propre histoire…
Note : titre en hommage potache à ce vers de Racine Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Andromaque (1667), acte V, scène 5…)
Avertissement : comme je viens à nouveau de lire que les blogs étaient morts, je peux désormais écrire ce qui me passe par la tête vu qu’il n’y a plus de lecteurs… Alors, à mon unique usage, ce billet…!
Non il ne s’agit pas d’une 1664 brassée au houblon mais bien de ma fidèle QMS 1660 que j’ai fini par déposer à l’arrière de ma vieille jeep (…elle aussi commence à partir en vrille comme votre serviteur d’ailleurs) avec son bac A3 et quelques cartouches de tonner non entamées.
J’avoue que cela fait des mois (…une quarantaine pour être précis !) que je me suis préparé à me séparer de cette imprimante qui a été mon équipière des années durant (18…!), avec qui j’ai vécu de folles nuits de charrette enfiévrées, que j’ai opéré mille fois pour extirper des résidus de papier consécutifs à ses crises de bourrage à répétition (sic !). Elle qui imprimait — en noir et blanc — sans relâche nos graphiques et autres présentations visuelles à l’époque fort lointaine où nous œuvrions pour des directions de la communication ou des boîtes de conseil avec des deadlines à respecter.
Depuis, mon activité s’est juste… arrêtée (…en ce moment, des dents de scie mais plutôt en partie basse…!) et l’usage d’une telle imprimante n’est plus d’actualité d’autant que les mises à jour successives d’OSX n’ont pas été suivies des pilotes d’impression idoines (relire cette chronique de 2010).
Bref, mon passage à Mountain Lion a clairement marqué le mot “fin”.
Avec mes aventures personnelles et la découverte de la déchètterie (à moi les joies des grands bacs verts !), mes ballets incessants pour aller vider la cohorte de matériels usagés (je me répète, j’ai eu entre les mains la plus belle collection de grilles-pains… en panne du département…), j’ai commencé à faire l’inventaire de ce qui, chez moi, méritait le même sort.
Essentiellement quelques vieux CD de logiciels, des disques durs usagés. Et cette imprimante.
Je sais, c’est moche de priver mes enfants de découvrir les mêmes joies de la poubellisation ! Sauf que l’on ne parle pas réellement de la même chose et dans les mêmes quantités !
Je vous assure que vider une maison remplie de tombereaux de produits périmés, de sacs en plastiques, de deux ou trois (quatre…?!) décennies de revues et magasines, de robots ménagers en mode puzzle, de carreaux, bouts de bois épars, livres à haute teneur intellectuelle (…entre vie de gourous fumeux et collection complète des aventures de SAS), vaisselle dépareillée, meubles en vrai plastique d’époque a une incidence non négligeable sur mon moral.
Heureusement, l’essentiel était déjà parti — pour mémoire — dans d’autres poches : je me console en expliquant à mes gamins que ce sont autant de choses, certes en bien meilleur état, qui se sont envolées mais, maigre consolation, autant que nous n’avons pas eu à trimbaler. Bon, je ne vais pas non plus remercier ces merveilleux prédateurs.
Les deux gars de la déchèterie (…et quelques habitués : oui, il y a des gens à la retraite qui viennent y faire un tour et que je salue désormais vu qu’on s’y croise régulièrement !) sont sidérés. Je leur laisse des bidons de lasure (l’azur, toujours l’azur…) non entamés, de l’électroménager encore potable mais dont nous n’aurons jamais l’usage. Mais surtout je passe et repasse.
En début de semaine, c’est le gars qui entretient la chaudière qui reparti avec un hamac, des objets en plastique, etc. Bref, je donne ce qui peut encore servir aux uns et aux autres.
Par contre, ma QMS, personne n’en a voulu…!
Elle méritait une autre fin, aurait du ronronner chez un confrère quelques années à débiter des sorties laser à 1200 dpi. Eh bien non, une fin plus brutale l’attend désormais.
Cette mise en déchetterie signe également la fin d’un cycle professionnel que j’ai relaté en trois billets. Là, plus question de faire comme si l’on pouvait miraculeusement rebondir, mes derniers outils de production attendent désormais sur le quai le passage du camion de la DEEE. C’est aussi un pan de ma propre vie qui les accompagnent.
Je ne pense que pas que ce sera mieux pour nous, soit dit en passant. Mais ceci est un autre sujet.
À suivre… (Tsssssss… ces deux derniers mots en fin de billet sont un automatisme crétin du blogueur qui pense encore — le niais cacochyme — qu’il est lu… Tic d’écriture à corriger très vite).