Billet d’humeur un peu long de l’ignare de service …ma pomme !
Je ne suis pas encore totalement ramolli (quoi que…!) et, comme vous, je ne supporte pas la fumée des moteurs mal réglés quel que soit le carburant employé, etc. Pourtant j’ai deux ou trois remarques — sans hostilité — face aux incitations soudaines à basculer fissa vers des véhicules électriques. Ok, pourquoi pas, mais…
Pour mémoire, dans nombre de villes, on peut marcher à pied, prendre les transports en commun et même circuler en vélo. Bref, on peut se dispenser d’utiliser un véhicule à quatre roues, électrique ou pas. Ça se corse dès que l’on en sort…
Manifestement, premier problème, on ne dispose pas tous du pouvoir d’achat ad hoc pour répondre à cette nouvelle proposition vertueuse nimbée d’écologie.
Or qui a besoin généralement d’un véhicule pour embaucher tôt le matin en région…?
Je vous renvoie illico à Florence Aubenas : “Voir les choses à hauteur d’être humain” et son livre, Le quai de Ouistreham, pour lequel cette journaliste du quotidien Le Monde s’est immergée pendant six mois dans le monde impitoyable des travailleuses précaires dans une région sinistrée.
Ensuite, j’ai le désagréable sentiment que l’on désigne un arbre en particulier (sic…!) pour cacher une forêt de problèmes non moins secondaires qui sont planqués derrière…!
C’est polluant …tout comme fabriquer de nouveaux véhicules…
Oui, le diesel est polluant, dégage des particules fines. Mais, mais, mais… QUI a incité, banalisé, des décennies durant, l’usage de ce carburant…?!
Ensuite, en faire l’unique mouton noir de la pollution insidieuse de nos villes me semble un poil exagéré !
Je peux citer d’autres gros problèmes à venir à brève échéance (…ou déjà bien implantés), des plastiques aux pesticides en passant par la qualité des eaux, les…
Ah, ça vous revient également…!
Enfin, j’ai pas mal de questions sur les batteries électriques censées être la panacée : le temps de chargement de ces dernières et le coût d’une charge, l’emplacement des points de recharge dans l’hexagone, les sources d’énergie mises en œuvre en amont pour fabriquer cette électricité propre, les normes de sécurité, l’autonomie moyenne d’une charge et le nombre de cycles supportés, le coût du remplacement ou celui de leur location mensuelle, leur recyclage ultérieur.
Mais aussi les ressources naturelles et rares utilisées pour les fabriquer.
Voire, histoire d’être prosaïque, le nombre de kilomètres que permettent de réaliser une charge, histoire de ne pas se retrouver …en panne sèche.
En l’absence de réponses, et sans me positionner en automobiliste, fervent défenseur du diesel et/ou de l’essence, j’en reviens à ma condition d’usager de base, celui qui n’a aucune compétence technique ni expertise écologique. Mais qui s’interroge sur ce que l’on souhaite à nouveau nous faire avaler.
…Un peu comme le diesel, naguère… Or, chat échaudé, etc.
Comme comparaison n’est pas raison, j’évite de faire des parallèles avec mon propre mode de consommation sinon on est pas sorti des ronces…!
D’ailleurs, un type qui fait réparer ses vieilles chaussures, use ses pulls et ses vareuses jusqu’à la trame, recycle ses écrans dans sa propre famille ou réseau de copains …est-il crédible s’il n’est pas dans la modernité, la fièvre consommatrice ?
Alors en mode gros sabots, je soulève un second problème qui n’est pas microscopique : qu’allons nous faire de toutes ces mécaniques dites polluantes mais qui fonctionnent encore, tournent sans souci et rendent un précieux service quotidien à leurs utilisateurs ? Vous avez deux heures.
Les euthanasier ? Les limiter arbitrairement dans le temps alors que les utilisateurs les plus modestes n’ont pas les moyens de négocier un emprunt bancaire, ont besoin — pour un usage assez limité — de ces mécaniques…? N’habitent pas majoritairement dans de grandes villes bien desservies en modes de transport alternatifs. Voire se situent souvent au bout du bout du monde (…d’où mon rappel de l’enquête de Florence Aubenas).
Gag, vu l’abandon des petites lignes SNCF et les horaires des lignes de bus (…diesel…), ces derniers n’ont souvent que ce moyen pour se rendre au boulot pour aller y gagner un salaire qui ne leur permettra pas de changer de véhicule.
Ah, certains n’y ont pas pensé…
Résumons, à défaut de convertir ces véhicules à moteur à l’électrique, on en fait quoi après ?
Va-t-on continuer, comme aujourd’hui, à les réduire à des déchets non triés comme ces voitures qui filent à la casse compressées façon César pour ne pas tenir (trop) de place ? Les transformer en gros pavés informes et huileux attrapés par les mâchoires d’une grue et entassés sur une montagne d’autres pavés ?
Whaaaa…! Quelle chouette idée de la valorisation et de la récupération intelligente des matériaux.
Hormis un problème d’image, « faire durer » peut devenir un vivier de substantielles économies
Si on se fout des regards obliques comme le chante Brassens, de l’avis de ses voisins qui viennent de s’offrir la dernière née de chez biiiiiip, voire des proches qui snobent tous ces ploucs qui roulent encore au mazout, conserver et entretenir un véhicule une dizaine d’années permet de générer quelques sérieuses économies.
Et, comme c’est du vieux, la pollution engendrée n’est peut-être pas si abomifreuse quand on y réfléchit.
Pas de nouvelle empreinte écologique associée au véhicule de remplacement (même électrique) versus encore un peu de CO2 produit par l’ancien véhicule quelques années. Ça se discute, non ?
Mais à deux conditions, avis personnel strictement personnel :
- premièrement de ne pas s’attacher à acquérir de véhicules bas de gamme (…okay, ça se discute)
- …ensuite, s’attacher les services d’un professionnel rigoureux qui ne vous considèrera pas comme une vache à lait.
Cette dernière condition est capitale car elle repose sur la confiance.
Quand j’étais naguère en activité, mes propres véhicules duraient une bonne dizaine d’années. Je n’ai jamais eu la manie de changer de modèle pour un plus gros tous les deux ans, histoire d’afficher ma réussite (sic…!).
Depuis, mon changement de situation — désormais lié à une nette absence de moyens — m’amène à n’envisager que de « l’occasion » pour un usage quotidien modeste. J’opte pour des modèles anciens qui furent coûteux à l’époque, à fort kilométrage, que je n’hésite pas à faire réparer puis entretenir, voire à revendre à mon tour pour, au gré des opportunités, viser un modèle adapté aux nouveaux besoins de ma tribu.
Passer d’un antique Lancia Phedra à un Voyager de plus de 300 000 Km puis à une Renault R5 avant de revenir à un véhicule plus volumineux n’est pas un problème. Essence ou diesel, boîte manuelle ou automatique, sept places ou quatre, peu importe.
Non seulement cela a une vertu certaine sur mes finances mais cela me permet de relativiser, voire de m’amuser des réactions — tant sur route que dans l’entourage proche.
Ensuite, la surprise est de découvrir, avec 15 ans de retard, l’intérêt du radar de recul…! Ou l’absence de Bluetooth !
C’est l’intérêt d’opter pour des véhicules haut de gamme d’occasion, ce qui est aujourd’hui en série l’était alors à coups d’options ruineuses !
Et si on usait nos petites affaires ?
Pour ma part, je suis partisan de faire durer ces véhicules tout comme nos produits informatiques ou nos boites à pixels, les réparer avant de les transformer, en derniers recours, en stock de pièces détachées pour des modèles identiques et encore roulants. Et recycler ce qui est inutilisable.
Cela revient à faire du neuf avec du vieux.
Il n’est pas inutile de combattre une idée reçue ou instillée : une voiture qui dure plus de cinq ans n’est pas une poubelle ambulante comme l’on aimerait nous en convaincre, histoire de repasser à la caisse, mais une véhicule encore utilisable …qui évite de consommer de facto de nouvelles ressources, fabriquer de nouveaux déchets…!
En allongeant leur durée de vie, en prenant le temps d’entretenir correctement ces véhicules, mathématiquement (…au doigt mouillé…!) nous devrions réduire le nombre d’unités produites.
Oui mais …l’emploi ?
Certes, on emploie moins de personnes dans les usines (…notez que c’est déjà le cas avec la robotisation qui ne nous a pas franchement attendu… avec des effets de bord étonnants), on produit moins de nouveaux véhicules et les actionnaires pleurent devant la réduction de leurs dividendes. Certes.
En revanche, au lieu de remplacer des produits difficilement recyclables par d’autres tout aussi compliqués à recycler dans quelques années (…dont leurs batteries !), il serait peut-être astucieux de commencer à apprendre à user, à réparer et à entretenir et, qui sait, recycler mieux et plus facilement.
Il y a plein d’autres causes dont il va falloir nous soucier prochainement, trouver des solutions spécifiques pour tout ce qui est… plastiques, caoutchoucs ou …pneus.
En attendant ces jours meilleurs …qui s’éloignent au fur et à mesure que l’on s’en approche, je persiste à faire confiance à des mécanos capables de maintenir en marche de vieux véhicules tout en puisant dans un stock de pièces d’occasion.
À l’arrivée, il me semble que c’est aussi rendre service à la planète d’user/utiliser un véhicule ancien même un poil polluant pour un usage modéré.
Pour mémoire, son empreinte écologique est déjà soldée vu que ce véhicule vit sa seconde — et parfois sa troisième — saison.
Vu l’état de l’économie actuelle, créer de la richesse et des emplois à partir de ce gisement de véhicules délaissés ne me semble pas aberrant …même si cela contrarie les constructeurs automobiles, leurs concessionnaires et leurs actionnaires…
Et, bien entendu, que l’écologie n’est absolument pas oubliée en faisant du quasi neuf avec du vieux…
Pour finir, deux documentaires sur ARTE qui m’ont marqué ces derniers jours (sic…!) : La Méditerranée va-t-elle passer l’été ? et Plastic partout ! que je recommande…
Avertissement : ce billet n’intéressera que quelques amis et vous pouvez vous dispenser de poursuivre même si je vais causer écrans !
Indispensable digression !
Au tout début (30 ans ?), mes premiers verres étaient nécessaires pour corriger de faibles mais épuisants dysfonctionnements visuels. Je trouvais ces appendices disgracieux sur mon nez. Puis, à force de bosser devant un écran, ces accessoires sont devenus …indispensables !
Les années suivantes, je prenais rendez-vous entre deux charrettes pour filer directement chez Madame Sourdille me faire examiner les yeux avant de passer (…merci Gérard) une tête à l’angle de la rue du Mont-Thabor et de la rue de Castiglione chez mes voisins de tablée du midi.
Oui, c’est du fait de cette proximité à l’heure du déjeuner, suite aux propos échangés avec les opticiens de Meyrowitz en présence de Juliette et Pierre, que je me suis décidé la première fois à franchir la porte de leur intimidante boutique.
Je me sentais pas à ma place, moi simple graphiste, avec la clientèle cosmopolite de cet opticien historique qui approvisionnait (et approvisionne toujours) nombre de grands de ce monde.
Débarquant la première fois en jean et t-shirt parmi leurs clients à fort pouvoir d’achat, cet univers m’avait impressionné mais mes compagnons de déjeuner m’attendaient et m’ont traité comme tous leurs clients, avec efficacité et en prenant le temps nécessaire de me conseiller.
Du coup, ils sont devenus, tout aussi naturellement, mes opticiens de référence.
Deux fois deux verres…
Ces dernières années, j’ai vécu avec mes verres plus trop adaptés. Et puis, ces derniers mois, une fatigue visuelle de plus en plus intense. Trouver des astuces est assurément une solution mais pas la meilleure…!
Car aujourd’hui, hormis me déplacer quelques minutes en mode bokeh dès que je retire mes lunettes, je suis totalement perdu sans leur présence.
J’ai fini par décrocher un rendez-vous dans mon coin avec une excellente ophtalmo (et, zut, qui part aussi à la retraite) et qui a fait un bilan sans appel… Pas inutile de basculer vers de nouveaux carreaux…!
Puis je suis passé chez Meyro…!
En résumé, je suis désormais doté de deux paires de bésicles.
- Une de dotée de varilux pour toutes mes activités quotidiennes avec assombrissement des verres au soleil au premier rayon UV (…appelez-moi Tom Cruise…)…
- Une autre dotée également de varilux mais à champ rapproché (max 1 mètre) pour bosser devant mes écrans avec un traitement spécifique filtre bleu pour atténuer le rayonnement des écrans.
Comme me le rappelle JM, mon opticien, en mode ironique… « Tu es hypermétrope astigmate et presbyte par ta relative jeunesse ». Arf…!
Alors ?
Les premiers jours sont toujours un moment de fatigue, d’adaptation, notamment pour les varilux à champ large. On fait un peu plus gaffe en descendant les escaliers, histoire de voir où on pose les pieds.

Et puis le cerveau s’adapte et, passé quatre jours, c’est assimilé, pris en compte.
L’assombrissement solaire des verres est ultra rapide et cela présente une option fort pratique dans mon cas, celui de ne plus faire peur aux inconnus…! En effet, mon strabisme est masqué par le filtrage et je sens moins la gène qui transparaissait jusqu’à présent dans le regard de mes interlocuteurs, fort mal à l’aise avec mes yeux qui divergent !
L’autre point à prendre en compte est celui de la prise de vue : j’évite de corriger la chromie de mes images prises à l’iPhone avant de déclencher, vu que ce filtrage modifie légèrement (tu parles…!) ma perception de la scène.
Le soir, je change de bésicles pour passer en mode rapproché et lire tranquillement avec une précision digne d’un scalpel mes fils RSS ou admirer des détails de construction qui sont ensuite relayés sur ancr.es via une photo ou deux.
Fatigue en moins…
La bonne surprise est, qu’effectivement, je peux sombrer dans les bras de Morphée sans période intermédiaire, plus d’excitation due à cette lumière bleue.
Par contre, si je me déplace dans ma piaule avec ces verres sur le nez, ça passe car je connais les lieux ! Pas question de sortir dans la rue ainsi équipé !
Bref, cette solution à deux montures a le grand mérite de couvrir tous mes besoins, mais pas celui de couvrir mes frais ! Sachez que l’on est couvert (en très faible partie !) par la sécurité sociale et nos mutuelles. Et seulement pour une paire de lunettes tous les deux ans.
Mais, au même titre qu’un bon fauteuil Aeron pour un graphiste pour bosser 10 à 12 heures par jour, de bonnes paires de lunettes de compétition sont également vitales pour continuer à bosser, bouger, écrire et, accessoirement, se cultiver.
Alors, oui, c’est une dépense conséquente mais moins cher qu’un iPhone X…! Et j’en ai a priori pour quelques années même si je regrette l’obsolescence de ma propre personne…!
Mieux, j’ai toujours mes antiques montures titane Lindberg quasi increvables et légères, donc que les verres à remplacer. Bon, je sais qu’elles peuvent casser d’un coup au bout d’une vingtaine d’années mais je croise les doigts !
Bref, merci à JM chez Meyrowitz pour ses conseils avisés.