Vivre longtemps dans un espace amène à des remarques, constats… Tiens, tel meuble prendrait moins de place ici, telle bibliothèque serait plus accessible là…
Puis arrivent ces quelques jours de pluie, période idéale pour mettre en œuvre ce jeu de chaises musicales…!
C’est à chaque fois un échange de ressentis avant un passage rapide à l’action.
Avec le plaisir de redécouvrir notre cambuse sans changer de lieu !

- Il y a quelques jours, la permutation de l’une de nos bibliothèques avec une commode ikea.

C’est aussi l’occasion de virer quelques bricoles stockées depuis nos précédents déménagements !
Ce truc que l’on gardait pour une raison aujourd’hui oubliée, pieusement conservé en se disant que l’on verrait plus tard : ça tombe bien, nous avons enfin du temps pour trancher.
Nous évitons de jeter : pour nous, ça se concrétise au plus par un dépôt au C’htal, la chouette ressourcerie de notre île.
C’est l’occasion de retrouver des bouquins planqués derrière la première rangée de livres dont …La colonisation du savoir que je vais pouvoir terminer, relire…
Les plus agacés par ces changements sont les araignées dont on découvre les caches habiles !
Avec ma moitié, nous agissons de concert et c’est chouette de naviguer après coup dans un environnement nettement plus propice à nos activités respectives.
Depuis janvier 2019, nous avons déménagé ou emménagé une demi-douzaine de fois (…dont un semestre en Espagne et un autre en Italie) mais nous aspirons à soixante-dix balais à nous stabiliser. Quoi que…!
Nb : n’étant pas encore totalement cacochymes, nous agissons sans attendre : dans quelques mois/années/décennies, il n’en sera plus de même !
J’écoutais cette chronique radiophonique sur le poids grandissant de l’IAg aujourd’hui et cela me remet en mémoire quelques passages difficiles dans nos activités des décennies passées.
Contexte : en 1984, nous avons acquis notre premier outil de production informatique, un Apple Lisa. Au fur et à mesure de nos usages et la découverte des capacités de cette machine, de premières apps encore balbutiantes, il était clair que nombre de cartes allaient être redistribuées et nous en discutions parfois avec les professionnels des arts graphiques qui ne prenaient pas cette menace au sérieux, surtout après avoir investi des sommes considérables dans la dernière génération de photocomposeuse…
Sauf que la vague informatique est arrivée nettement plus rapidement qu’escomptée, que ces alertes n’ont servi à rien, nous-mêmes amenés à upgrader fréquemment nos outils pour ne pas être balayés.
Vers la fin des années quatre-vingt dix, nous avons assisté à la disparition des photocompositeurs, des coursiers, aux signes avant coureurs de fin de la photo argentique, des flasheurs, des monteurs films, des chromalins…
Nous n’étions pas épargnés d’autant que nous avions naturellement des concurrents : certains en conformité côté licences de produits légaux. Et d’autres qui s’affranchissaient des règles (comprendre, ceux dont le matériel était tombé du camion…) communes.
Puis ce fut des concurrents à l’étranger, des petites mains mal payées dans un pays francophone mais accessibles via le net.
Nous avons également vécu une phase intermédiaire assez vicieuse avec des graphistes embauchés chez nos clients éditeurs avec une mission : reprendre toutes les missions confiées aux studios indépendants qui gravitaient autour de ces derniers et leur qui coûtaient (sic !) un pognon de dingue. Et rationaliser la production avec des chartes graphiques maison.
Et ce, avant de se faire dégager à leur tour.
Aujourd’hui c’est l’IAg qui est ouvertement déployée en interne par des responsables éditoriaux. Elle réalise les visuels qui leur conviennent, répond aux envies des décideurs.
Prompts et tokens en hausse…
Cela me remet en mémoire la phase ultime que nous avons vécu, quand nos clients consultants se sont accaparés nos outils de production pour réaliser leurs présentations en s’appuyant sur des templates prêtes à l’emploi.
L’aspect ça coûte moins cher était plus que discutable : au lieu de phosphorer sur une présentation, ces consultants fort bien payés produisaient — en nettement plus de temps et sans une once d’originalité — ce qui était notre activité.
Pour finalement réduire les coûts, les graphiques les plus conceptuels, les fameuses matrices (que nous avions réalisées…!), étaient recyclés quasi en boucle dans les nouvelles présentations clients !
Mais, et ce n’est plus une hypothèse, que se passe-t-il quand tous les jobs sont grignotés par l’IAg et même, gag, l’activité de conseil ?!
- Bosser plus ?! C’est le programme que certains candidats à la présidentielle souhaitent adopter une fois élus !
- Traverser la rue ? C’est une option pour une personne qui dispose d’un bon réseau mais malheureusement en perte de vitesse !
- Accepter n’importe quel job alimentaire malgré des années d’université ? Encore faut-il déjà trouver une offre d’emploi et pas trop éloignée de chez soi sous peine de tout consommer en transports…
Je pense à toutes ces personnes qui parlent de multiples langues, diplômes et ne (re)trouvent pas de travail. Et puis il y’a celles remplacées par de l’IA ou sont en cours de l’être car elles coûtent trop cher…
Si nous sommes très très mal barrés chez les gueux, les sans dents, il est interessant (sic !) de découvrir que cela touche des professions qui semblaient jusqu’à présent épargnées.
Pour mémoire, même dans notre cursus cela devient compliqué.
D’ailleurs les génies de l’IAg commencent à s’interroger : si plus personne n’a de travail, qui va acheter leurs produits ?
Je suis tombé sur cette chronique radiophonique qui mérite d’être écoutée.
Comme pour les stupéfiants, les premières doses sont gratuites…
Quand j’ai démarré ce billet il y a quelques semaines (…oui, je laisse mes agacements reposer …ce qui rend ces humeurs décousues…), j’étais pessimiste (je le suis toujours…).
Mais ces quelques informations m’ont amusé…
Dont Microsoft To Shift GitHub Copilot Users To Token-Based Billing, Tighten Rate Limits ou l’épatant AI agents can now cost more than the humans they were supposed to replace – Startup Fortune.
Ah bon…?
Ben alors…?
Ajoutez les incertitudes dues à l’énergie avec ce détroit bien verrouillé ; les investisseurs qui attendent un retour sur leurs investissements ; le paquet de dettes à combler — How OpenAI Kills Oracle — ; les utilisateurs qui découvrent la face sombre des résultats générés par ces outils — LLMs Corrupt Your Documents When You Delegate — ; Les inquiétudes grandissantes sur l’emploi ou l’accaparement des ressources — « L’IA fait face à une fronde croissante de la population américaine », en raison de son caractère énergivore ou de ses effets sur l’emploi — l’envers des datas centers, l’artificialisation des sols, le bruit — « Un bruit constant » : en Virginie, les riverains des data centers paient le prix fort de l’IA — la pollution, etc.
Sans oublier les effets de bord même chez nous qui disposons de centrales : La France veut multiplier les centres de données sans calculer leurs conséquences | Alternatives Economiques…
Rassurez-moi…? Toute pyramide de Ponzi finit bien — un jour — par s’effondrer…
Ou pas…?!
Note de fin : la baston entre Sam et Elon, c’est pour nous divertir, nous faire oublier que l’on va dans le mur ?
Loin des centres urbains qui renvoient ses habitants à un relatif anonymat, il est difficile de disparaitre incognito au sein d’un village. Tout décès est vite relayé de bouche à oreille.
En rentrant la semaine dernière, j’ai demandé des nouvelles des uns et des autres. Et eu l’habituelle litanie des « tout va bien. »
J’ai intégré naïvement cette information avant d’apprendre que, non, mon prochain échange de blagues avec Didier, je le ferais au cimetière.
Contrairement à la région parisienne où mes proches sont disséminés en banlieue, ici je peux faire un tour rapide pour saluer mes chers disparus …qui se font la causette séparés par une allée gravillonnée !
Bien que pas pressé de les rejoindre, je souhaite néanmoins reposer près d’eux. Et reprendre nos considérations sur la pluviométrie ou la direction des vents avec Roland.
Mon village breton… numérique
Ici, un outil numérique s’est taillé un incroyable succès, dépassant tous les réseaux sociaux habituels. Mon village ne permet de recevoir que les infos locales et, choix essentiel de Gurwan Bertho, aucun dépôt de commentaire n’est possible, ce qui ravit les utilisateurs avec qui j’en parle.
Ce dispositif permet aux mairies, à tous les acteurs locaux de laisser des posts et c’est amplement suffisant.
Pour continuer à s’engueuler ou calomnier un voisin, les apps de Zuck restent accessibles mais je serais curieux d’avoir un retour sur leurs usages !
Mon village, c’est la feuille de chou locale (et bretonne…!) circonscrite à des petits territoires (liste sur leur site). La disparition des figures locales est relayée tout comme les avis de tempête, les arrêtés municipaux, la lutte contre les frelons ou le passage des auteurs pour signatures dans les librairies locales…
Sans commentaires je vous le rappelle !

Je vous laisse : ma boulangerie artisanale est ouverte ce matin (signalée dans… mon village) et je vais y retrouver quelques amis à l’ouverture…