Ce qui suit sont de petites notes, des réflexions sur ma propre pratique : cela n’a aucun intêret pour la majorité des lecteurs mais je les pose là.
Ne perdez pas de temps à lire si le sujet ne vous… Ah ? Vous êtes déjà parti !
Choisir sa typo de travail
Suite du billet urbanbike | Ajouter une typo dans Drafts (ou Pages, etc.) sous iOS.
Qui sait si certains ne vont pas nous expliquer que ces ajustements restent de simples gadgets (…les mêmes qui ne peuvent écrire qu’avec tel type de stylo à plume…!), que tout ceci n’a aucun intérêt. Ils ont peut être raison, peu importe !
Même si ce n’est que psychologique, ce changement de typo dans Drafts sur mon iPad Pro m’a mis en joie. Un rien désormais me comble !
J’en ai profité pour augmenter la taille affichée à défaut de prendre un rendez-vous chez l’ophtalmo (…et donc, à terme, commander de nouveaux verres car il est évident que ça commence à partir en vrille).
Hygiène des pointes !
Comme j’écris très souvent sur l’iPad avec un stylet Wacom (…pour éviter le bruit de la pointe sur l’écran, je préfère mille fois l’usage de la pointe caoutchouc et ses petits glissements comme de petits cris de souris !), je me suis également rendu compte que la pointe de cette dernière se déchiquetait et qu’il devenait urgent de la remplacer. Ce que j’ai fait, ayant acquis naguère des pointes dures de rechange.
Nette amélioration, colossale même !
Bref, ces deux actions conjuguées portent leurs fruits.
Dernière révolution, j’ai pratiquement cessé d’écrire dans mon lit même si cela me manque.
Pourquoi ? Pour éviter de bosser en mode nuit sans lumière ou veilleuse, ce qui ne fait pas de bien à mes yeux fragilisés.
Du coup, une lumière douce sur ma droite, l’écran de Drafts avec un fond bistre, le iPad en mode portrait et votre serviteur, les fesses posées dans son vieil Aéron. Ou debout avec un empilement de bouquins pour surélever ma tablette.
Liaison des lettres ?
Autre amélioration assurément psychologique vu qu’il n’y a aucune note de version, moins de problèmes de reconnaissance de mon écriture sous MyScript Stylus.
Mais là, j’avance deux explications : l’habituelle “bonne séparation des mots” et, prise de conscience récente, le fait de lier nettement plus fréquemment les lettres dans un même mot au lieu de les détacher comme d’habitude.
Bon cela n’empêche pas les accidents de reconnaissance (faibles) et parfois le redoublement de quelques lettres. Mais le tout reste anecdotique à l’usage et donc supporté cris de rage (quoi que !).
Confort au final
En revanche, mes pensées (…si, si, on appelle cela ainsi !) ne sont plus freinées. En clair, je ne perds pas de temps à corriger mes fautes de frappe comme c’est le cas au clavier et conserve nettement mieux le fil de ma réflexion malgré ma mémoire de poisson rouge.
Cela ne veut pas dire qu’il y a moins de bétises écrites (!), juste que je peine drôlement moins à les rédiger !
En résumé, je suis plus à l’aise pour dessiner que pour tapoter ! Cela ne parlera pas aux jeunes générations qui ont l’habitude du clavier mais l’écriture manuscrite est un plaisir… Plus encore quand elle est traduite en caractères d’imprimerie instantanément !
J’ai entendu Julia dans l’excellente émission la tête au carré. Elle était interviewée par Mathieu Vidard et ce fut un échange tellement sympa qu’a la fin du PodCast (j’écoute la radio en différé la nuit pour reposer mes yeux), j’ai filé sur iBooks pour acquérir le livre…
Le lendemain matin, je l’ai déposé sur l’iPad de ma fille en pensant que cela allait l’intéresser. Première réaction… “mais j’ai rien à voir avec elle…” une habitude pour ceux qui le sont d’éviter de s’identifier…
Et puis ma fille l’a entièrement lu en quelques jours (elle fait d’abord passer ses études avant tout) mais m’en livrait des passages qui l’avait marquée chaque matin. Et pour cause, quelques ressentis communs.
Aussi, je lui ai demandé de m’écrire un résumé, ce qu’elle a fait après que je l’ai entendue exploser de rire en finissant ce livre.
Je copie colle…
Je suis aux anges
Je viens de lire le livre de Julia March, membre de la grande communauté des autislandais, qui s’appelle La jeune fille pas sympa.
Née dans une famille dont les parents se sont convertis aux Témoins de Jehovah, elle a endurée toute son enfance les critiques et la violence de parents instables.
Elle a subi plusieurs déménagements en Espagne, entre 8 et 21 ans, le comble pour quelqu’un qui ne trouve la paix que dans la routine et tout cela pour que ses parents se retrouvent dans une nouvelle communauté de témoins de Jéhovah.
Julia March avait pensé pendant plusieurs années que ses différences se devaient à son appartenance à ladite communauté, jusqu’à ce que, une fois déménagée à Paris, elle se rende compte que ses différences continuaient.
Après avoir commencé une LLCER (Littérature Langue et Culture Étrangère ou Régionale) espagnol à La Sorbonne, épuisée, elle déménage à Nantes dans la plus grande précarité.
À ce moment-là, sur les conseils de sa nouvelle amie Julie Dachez, elle se tourne vers un psychiatre qui lui diagnostique un autisme asperger.
Enfin… la révélation !
Une RQTH (Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé) et une AAH (Allocation Aide Handicap) plus tard, la voici prof d’espagnol dans un collège nantais.
Comme quoi, on peut être autiste et s’en sortir.
En conclusion, chers neurotypiques, comme disait cette ambassadrice du pays des autistes : « il faudrait vous faire à l’idée que nos intérêts spécifiques nous passionnent plus que votre petite personne ».
Un chouette témoignage de l’intérieur
Voilà, c’est du brut de fonderie de ma fille mais vous vous doutez que j’ai lu en partie ce même ouvrage (vive le format ePub) sur mon propre iPhone. Sauf que je n’ai pas été assez rapide…!
J’en suis au chapitre 6 mais je peux extraire deux longues citations qui leur sont communes…
Celle-ci…
Bien qu’en apparence autonome, j’étais curieuse et j’aimais apprendre de nouvelles choses. Si on m’avait proposé d’aller régulièrement à la bibliothèque, si on m’avait proposé d’apprendre à faire de la poterie ou de la peinture, en somme des activités solitaires mais qui exigeaient d’apprendre de nouvelles techniques et faire preuve de discipline avant d’être ensuite félicitée pour les progrès réalisés, j’en aurais été ravie.
Un gamin autiste est curieux de tout et dépasse (très, trop…!) souvent celui qui lui enseigne quelque chose…! J’ai ainsi laissé dans les mains de la mienne de coûteux cailloux — urbanbike | De la douceur dans les pixels — qu’elle emploie différemment de moi, voire avec nettement plus de talent…
Et puis cette autre car ma fille est…
Ils avaient (note : elle parle ici de sa famille paternelle) d’ailleurs eu de drôles de principes concernant les petites filles.
Ne pas se salir en jouant – comment aurais-je été censée faire alors que je passais mon temps à tomber par terre ?
Ne pas grimper aux arbres – pardon ? Il m’avait semblé que les arbres étaient faits pour cela, pour que les enfants y grimpent et y construisent des cabanes !
Porter de belles robes à frous-frous. Cette manie de m’engoncer dans une robe inconfortable et m’empêchant de jouer à mon aise m’avait tout particulièrement exaspérée, mais mon entêtement avait eu raison de leurs principes.
À cette époque de mon existence, on ne pouvait m’habiller autrement qu’avec des caleçons, aussi appelés leggins, et cette pièce reste aujourd’hui la préférée de ma garde-robe.
Héhé !
Bref, un régal tant pour mieux comprendre les autistes que suivre une trajectoire étonnante — là, c’est moi qui me suis retrouvé dans les délires sectaires de ma propre enfance — contée avec humour…
Je vous laisse, j’ai encore 34 chapitres à lire…! Sans oublier un autre livre que ma fille a déjà lu… Chaque mot est un oiseau à qui l’on apprend à chanter de Daniel Tammet…
Bon week-end…

On le sait tous, les neurones filent à fond de train, toutes les familles peuvent en parler et notre ami Aloïs s’invite trop souvent sans s’annoncer, parfois chez des sujets jeunes, bien trop jeunes.
En discutant avec notre amie Sylvie, médecin qui bosse dans des établissements pour personnes âgées depuis plus de dix ans, c’est toujours l’occasion d’échanges passionnants mais également l’occasion d’apprendre que de nouvelles techniques sont mises en place, expérimentées, pour raviver les souvenirs de personnes qui ne parlent plus, ne mangent plus.
Et c’est ainsi qu’elle a évoqué une méthode épatante développée au départ en Italie par Alessandro Biamonti du Politecnico di Milano, le thérapeute Ivo Cilesi et Lapo Lani, architecte, le voyage virtuel. Cela nous a remis en tête une très belle bande dessinée, celle de Paco Roca.
D’emblée, et c’est notre amie qui le rappelle, il faut se replonger dans l’univers de ceux qui sont actuellement dans des unités Alzheimer. Comment les stimuler ? Et c’est ici que ce dispositif de voyage reconstitué par ce décor d’un comportement de train, un écran sur lequel défile ensuite un film qui reprend toutes les caractéristiques d’un voyage en train fonctionne. Sans oublier un guichet pour prendre le billet vers la destination souhaitée.
En savoir plus :

Juste un détail, ne pas oublier qu’il faudra réadapter le cadre du voyage en fonction des prochaines générations. Elles auront peut-être besoin alors de se retrouver dans un wagon de TGV ou dans la reproduction d’une carlingue d’avion, voir dans l’habitacle d’une voiture ou d’un bus.